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28.03.2008
La bombe de la CEDH contre les perquisitions fiscales à la française : l’affaire Ravon c. France
Etaient en question la conventionnalité des dispositions de l’article L 16 B du livre des procédures fiscales, au regard, en particulier de l’article 6 de la Convention EDH.
18:21 Publié dans libertés publiques | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : perquisitions fiscales, article 6 CEDH, Ravon
26.03.2008
Quelques observations sur le contenu et l’ergonomie du site Lexis-Nexis.
Du point de vue de l’ergonomie du moteur de recherche, il faut le souligner, nous sommes en présence à mon sens, de l’outil le plus abouti. La recherche par opérateurs y est particulièrement simple et accessible, la recherche par type de sources également.
On pourra toutefois formuler un regret qui tient au fait que les opérateurs chronologiques soient prédéfinis (il y a un mois, trois mois, …) mais cela reste une lacune mineure.
La qualité de l’ergonomie de la présentation des résultats souffre davantage de discussions.
De ce point de vue, quatre observations essentielles peuvent être faites.
D’abord, les résultats ne peuvent être triés que par type de source. On aimerait pouvoir les classer par ordre chronologique,selon des critères de pertinence par rapport à la recherche ou même en hiérarchisant à l’intérieur des types de sources les textes : études /chroniques / notules…) il est en effet très frustrant, dans le cadre d’une recherche de fond, de faire ressortir des notes en trois lignes qui n’apportent rien à la matière mais alourdissent les résultats.
Ensuite, il arrive très fréquemment que des contenus (notamment dans les jurisclasseurs mais pas uniquement) soient redondants (ainsi, une bonne partie du jurisclasseur construction est reprise dans le jurisclasseur notarial /géomètre expert /voire administratif), ce qui, pour des recherches qui font déjà sortir de nombreux résultats conduit à des listes infinies avec l’obligation à chaque fois d’aller vérifier si l’on est en présence d’un contenu original ou dupliqué.
Par ailleurs, et cela vaut tout particulièrement pour les nombreuses chroniques thématiques, la recherche est opérée sur l’ensemble de la chronique et non sur les arrêts commentés un par un. Par exemple, si vous tapez « urbanisme et contrat », toutes les chroniques de droit administratif sortent, alors qu’on ne souhaite disposer que des analyses portant sur le rapprochement de ces deux notions. Par ailleurs, l’opérateur de proximité n’est pas toujours efficace puisqu’il faut lui donner une très grande valeur pour être sûr de ne rien rater dans un article. Il est à noter que sur un échantillon de plusieurs dizaines de recherches effectuées ces derniers jours, j’ai relevé ce type de problèmes dans plus de 70% des recherches et constituant souvent plus de 20 % des résultats.
Enfin, si la possibilité de lire en ligne les revues, livraison par livraison est vraiment très intéressante, on peut regretter que pour certaines (JCP-A, DA...) on ne trouve dans les sommaire cliquables que les initulés des contenus sans que soi précisé ni leur nature (information rapide, note, article...) ni leur auteur.
Troisième et dernière série d’observations, elle touche cette fois la qualité globale des sources. J’ai ici quelques critiques que j’énoncerai prudemment pour ne froisser personne.
Il me semble que l’ensemble des sources est marquée par une très grande hétérogénéité. S’agissant des jurisclasseurs, par exemple, certains fascicules sont exceptionnels. D’autres sont utilisables et d’autres encore à peine utilisables, notamment du fait de leur péremption. C’est une vraie difficulté quand on procède à une recherche, notamment dans les domaines que l’on ne maîtrise pas car il est difficile d’arriver à faire le départ entre le bon grain et l’ivraie.
J’aurai également un reproche que je développerai un autre jour de manière plus générale : il me semble que lexis-nexis pratique ce qu’il est convenu d’appeler le « patriotisme éditorial ». Cela signifie que le plus souvent, les articles ou fascicules de jurisclasseur ne citent, notamment à la suite des arrêts, que les commentaires parus dans d’autres publications Lexis-Nexis. Un exemple caricatural puisé dans un article récent, à propos de l’arrêt Tropic : « (CE, ass., 16 juill. 2007, n° 291545, Sté Tropic travaux signalisation : Juris-Data n° 2007-072199 ; JCP A 2007, 2212, note F. Linditch ; JCP A 2007, 2221, note M.-Ch. Rouault ; JCP A 2007, 2227, note B. Seiller ; JCP G 2007, I, 193, chron. B. Plessix ; JCP G 2007, II, 10160 ; Dr. adm. 2007, repère 7 ; Dr. adm. 2007, comm. 142, Ph. Cossalter ; Contrats – Marchés publ. 2007, comm. 254, J.-P. Pietri ; S. Braconnier et F. Brenet, Le contentieux des contrats publics d'affaires : Contrats – Marchés publ. 2007, comm. 8) ».
Je trouve cette pratique assez contestable, en particulier pour les articles ayant une portée doctrinale car si il n’est plus possible, aujourd’hui, de pratiquer des citations exhaustives de toutes les notes d’arrêts, il me semble qu’une partie du travail doctrinal consiste précisément à identifier les commentaires de qualité, et cela ne peut pas passer uniquement par la référence aux « publications maison ».
Enfin, la base jurisprudence (et surtout, vous l’aurez compris la jurisprudence administrative), ne me semble pas reprendre l’ensemble des arrêts que l’on trouve (que l’on trouvait) sur Legifrance. En outre de nombreuses décisions ne figurent que par leurs abstracts juris-data qui, s’ils sont de qualité, n’emploient pas toujours le même vocabulaire que les tables du recueil Lebon. Or, l’homogénéité terminologiques me semble être un critère important pour la qualité de recherches jurisprudentielles.
Pour conclure si, comme, d’habitude, j’ai d’avantage mis l’accent sur les critiques que sur les compliments, il reste que ce service est sans doute le plus performant de ceux que qu’il m’a été donné d’utiliser : mémorisation des recherches, des documents consultés, veilles sur les recherches, lien hypertextes vers les arrêts ou les textes cités, tout cela est du bel ouvrage.
19:15 Publié dans documentation juridique , édition juridique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : lexis, lexisnexis, jurisclasseur, base de données, interrogation
25.03.2008
Le rapport sur le contrôle de légalité préfectoral : pas d'amélioration en vue !
Le constat global que l’on peut tirer de ce rapport tient à ce que malgré certaines évolutions, rien en change en profondeur et que le contrôle de légalité reste toujours marqué par les mêmes limites que celles qui sont soulignées depuis plus de 25 ans désormais. En voici quelques preuves.
16:31 Publié dans collectivités locales | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : droit, collectivités locales, préfet déféré préfectoral
11.03.2008
Vers une restriction du droit de fumer dans les lieux privés ? l’analyse du Bundesgerichthof allemand
En l’occurrence, un propriétaire avait loué un appartement à usage d’habitation à de gros fumeurs, pour une brève période (2 ans), au terme de laquelle papiers peints et peintures étaient si imprégnés de tabac qu’ils devaient être changés pour permettre une relocation à des personnes qui pourraient de pas tolérer cette odeur imprégnée.
La loi allemande sur les baux d’habitation prévoit qu’il appartient de réaliser les réparations esthétiques maintenant l’habitation dans l’état dans lequel elle a été louée, ou d’en supporter le coût.
Le BGH décide que si les conséquences de ce fort tabagisme peuvent être réparées par ce biais, le propriétaire n’a droit à aucune autre indemnité que celle liée à cette remise en état (et qui, d’après ce que j’ai compris, ne peuvent excéder la valeur de la caution).. En revanche, si ces conséquences dépassent ces « menues réparations », alors, le propriétaire a droit à une indemnité supplémentaire car, et c’est le point intéressant de la décision « le tabagisme excède l'usage contractuel d’un appartement de location » et fonde un droit à indemnisation du propriétaire, s’il cause des dégradations (au bien considéré).
On le voit, cette décision, sans remettre en cause le droit de fumer dans un lieu privé, le classe parmi les usages potentiellement anormaux susceptibles d’engager la responsabilité du preneur.
Cette décision s’inscrit donc clairement dans un mouvement général qui vise à faire du tabagisme une activité constitutive d’une faute, au delà même des prescriptions de droit public la réglementant ou l’interdisant.
La transposition de cette solution serait-elle envisageable en France ? Il me semble que cela est loin d’être inconcevable.
Source : lexetius.com.
(Avec toutes mes excuses pour les erreurs de traduction ou d’analyse que j’ai certainement commises).
13:09 Publié dans lutte contre le tabagisme | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : interdiction de fumer, lieux privés, droit allemand
Elections municipales : D'où vient l'électorat MODEM et où ira-t-il ?
Et, depuis tout ce temps, toujours le même rituel : l'endroit où j'habite, puis les points sensibles sur lesquels les émissions de la veille au soir n'ont pas donné d'information assez précise (vous pouviez dire, vous, au vu du 37/32 de Montreuil qui allait l'emporter de Jean-Pierre Brard ou de Dominique Voynet ? ) et quelques départements pour lesquels j'ai un intérêt particulier.
Puis la grande revue, page après page. Pour essayer de se faire une impression, pour comprendre les mouvements, pour essayer de mesurer les potentialités du second tour, pour essayer de répondre aux questions que la soirée électorale n'a pu apporter.
Or donc, aujourd'hui, outre le fait que les progression de la gauche m'a parue plus nette que ce qu'en disait radio et télévision, j'ai été frappé par un point : Modem 8%, Modem 15%, Modem 11%... que de villes, notamment dans les plus de 20.000 habitants, dans lesquelles le Modem réalise un score significatif. De ceux qui faisaient dire, quand ils étaient réalisés par l'extrême droite : « percée d'extrême droite ». Pourtant écoutez la radio, regardez la télévision, personne ne parle de « percée » du Modem. Tout au plus de « situation d'arbitre ».
Mais une idée en entraînant une autre je me suis également fait la remarque que si le Modem avait été effectivement fait une entrée remarquée sur la scène locale, le FN et le MNR (ainsi que le RPF dans une moindre mesure), en étaient eux sortis. Si bien qu'une question nouvelle m'est venue : l'électorat du Modem ne serait-il pas, pour une part au moins, l'ancien électorat de l'extrême droite ?
Ne vous récriez pas, modemistes qui me lisez, pas tout de suite du moins : il ne s'agit que d'une hypothèse, voire moins : de l'étincelle qui suscite l'intérêt pour une question.
Quoi qu'il en soit, voilà donc que je refeuillette mon supplément, cette fois en en essayant de faire des calculs, des soustractions, des additions, pour parvenir à quelque conclusion.
La première de ces conclusions est banale : il est des régions de France dans lesquelle le Modem est purement et simplement absent de la compétition électorale. Si certaines de ces régions correspondent à des terres jadis peu favorables à l'UDF (comme la région PACA), d'autres sont pourtant des terres historiquement centristes comme l'Alsace. En revanche, on constate que le Modem est représenté, et d'ailleurs avec des résultats honorables, dans toutes les villes centres (Paris/Lyon/Marseille/Toulouse/Nantes/Lille) et dans les communes périphériques les plus peuplées : de ce point de vue, l'ïle de France est est très marquante.
Il y a sans doute une stratégie d'appareil derrière ces différences de présence : le caractère plus politique de la représentation dans les grandes métropoles offrait sans doute une meilleure visibilité. De surcroît, il est évident que les pertes d'élus et de militants ont dû, dans des collectivités plus petites rendre difficiles les constitutions de listes.
Il est évident que cette considération pèse sur les résultats électoraux, et les conclusions que l'on peut en tirer. Pour autant, elle ne les rend pas impossibles.
Venons en donc à l'analyse des résultats.
Ce qui m'a frappé, sur un échantillon d'environ 100 communes, c'est qu'il est très difficile de trouver des espèces de règles simples qui pourraient se transposer facilement, même en acceptant de laisser quelques % en route. En cela la situation du Modem diffère de l'implantation de l'extrême droite : dans les années 80-90 on pouvait voir à mesure de sa progression, qu'il érodait presqu'identiquement la gauche et la droite au premier tour, même si le reclassement au second tour s'opérait souvent à 2/3 1/3 au profit de la droite.
Ici rien de tel.
J'ai donc essayé d'affiner un peu (pour reprendre un langage commun aux producteurs de camembert fermiers et de camemberts statistiques) et il me semble qu'on peu finalement identifier 4 types de situations.
1 – Le Modem qui capitalise en tout ou en partie l'ancien électorat UDF
Outre quelques villes où le candidat Modem l'emporte on constate en ce cas en règle général une perte de points (environ 1/3) par rapport au score de 2001. c'est le cas à Saintes (Modem 13 % au lieu de 21 % pour l'UDF), à Meylan (Modem 13 % au lieu d'un UDF à 20 %), à la Garenne-Colombes (10 %% au lieu d'un UDF CNI à 17 %) lorsqu'on confronte de villes où il existait deux candidatures de droite en 2001. dans certaines villes, toutefois, le score du Modem équivaut à celui de le l'UDF en 2001 (Saint-Cloud, 11 %, par ex.)
2 – Le Modem qui empiète exclusivement sur l'électorat de droite.
Cette situation peut être mise en évidence dans quelques situations typiques (union de la droite en 2001, UMP + Modem en 2008) : Chevilly Larue union de la droite 27 % en 2001, UMP 14 % + Modem 13 % en 2008 ; Saint Malô, union de la droite 61% en 2001, UMP 47 + Modem 13 en 2008 ; Chelles : Union de la droite 48 % en 2001, UMP 38 + Modem 10 en 2008; Poitiers : 42 en 2001 contre 21 + 16 en 2008). Notons que dans tous ces cas, la gauche est demeurée strictement au même niveau.
3 – Le Modem qui empiète majoritairement sur l'électorat de droite.
C'est le cas au Perreux, où les 16 % du Modem font perdre 10% à la droite et 7 % à la gauche, c'est encore le cas à Nevers, à Draveil ou à saint Amand Montrond.
Mais il est à noter que cette situation spécifique est finalement plus rare qu'on ne peut le penser abstraitement.
4 – Le Modem capte l'électorat d'extrême droite.
C'est mon hypothèse de départ, et on va constater qu'elle se vérifie de manière très frappante dans certaines situations. Je donne pour cela les séries complètes de résultats :
Montrouge: 2001 : Droite 55 / Gauche 34 / MNR 7 / Ext G 4 /// 2008 : Droite 49.5 / Gauche + div G 40 / Modem 10 : il est évident ici que le Modem a conquis, au moins en partie le vote MNR.
Melun : 2001 : Droite 45 / gauche 39 / FN 15 /// 2008 : droite : 48 /gauche : 36 / modem 15. Là encore, le transfert du FN vers le Modem est évident.
Villeneuve La Garenne : 2001 : Droite 52 / Gauche 35 / MNR 12 /// 2008 : Droite 52 / gauche 36 / Modem 11. Même cas que le précedent
Romans sur isère : 2001 : PS 43 / droite 31 / FN + MNR 24 /// 2008 : PS 39 / droite 33 / Modem 16 / FN 11. Là encore, malgré le présence d'un candidat d'extrême droite la percée du modem n'a pu se faire que sur l'électorat d'extrême droite.
La même situation, je vous épargne les chiffres, se trouve encore à Clichy sous bois, Neuilly sur Marne ou Franconville.
Il est vrai qu'il n'est pas possible de tirer de ces exemples une loi générale, cela d'autant plus que les transferts de voix, pour être repérables supposent des scores suffisamment substantiels, ce qui réduit l'échantillon.
Mais il n'en reste pas moins, que le Modem a donc capté, dans un certain nombre d'endroits le vote protestataire qui s'exprimait auparavant à l'extrême droite.
Au total, il apparaît que le Modem s'est exclusivement ou majoritairement imposé sur un électorat de droite ou d'extrême droite. Or, si l'on en croit un sondage « sortie de urnes » publié par le parisien, 49 % des électeurs du Modem sont favorables à une alliance à gauche et 35 % à une alliance à droite. Cela signifie donc que pour cette élection du moins, le Modem est un point de passage de la droite vers la gauche. Si cette tendance est confirmée dimanche prochain, on peut donc penser que les résultats seront sans doute en partie plus favorable à la gauche que ce que les calculs mathématiques peuvent laisser apparaître.
Mais cela, le supplément électoral du Monde de Lundi prochain nous permettra, ou pas, de le vérifier.
00:55 Publié dans variétés | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : élections municipales, modem, Fn extrême droite
07.03.2008
La « procolisation » du Conseil d’Etat : Bref aperçu sur le décret n° 2008-225 du 6 mars 2008 relatif à l'organisation et au fonctionnement du Conseil d'Etat
Parmi les mesures importantes de ce décret figurent les suivantes :
- restriction du principe de la « double appartenance », des membres du Conseil d’Etat à une section administrative et à la section du contentieux. Pour les maîtres des requêtes, en particulier, cette double appartenance n’est plus une obligation.
- Modification de la composition de certaines formations de jugement et en particulier de l’Assemblée du contentieux. Celle-ci sera désormais plus fortement colorée « contentieux », avec le fait qui siègeront 4 Présidents de sous-section ( on notera également que le Vice-Président du Conseil d’Etat perd sa voix prépondérante, alors que s’agissant des sous-sections jugeant seules, le Président de la Sous-section en bénéficie désormais).
- Institution d’une règle de déport pour le Président de la section administrative et les membres des sections administratives qui ont eu à délibérer sur une affaire. On notera que le décret ne semble pas distinguer entre les textes examinés en section et ceux examinés en Assemblée générale, et qu’il ne prévoit pas non plus de déport pour le Vice-président.
- Création d’une nouvelle section administrative la « section de l’administration », et abandon de la règle selon laquelle toutes les affaires d’un département ministériel devaient être attribuées à la même section.
- Création de « Présidents-adjoints » des sections administratives, ce qui est l’occasion de donner un statut aux anciens Présidents de section, maintenus en surnombre, qui seront « Présidents-adjoints » de droit.
- Création d’une formation restreinte dans les sections administratives, adaptation des règles de quorum de l’Assemblée générale (notamment pendant les vacances…) et de la commission permanente.
Enfin, plus symbolique mais assez réjouissant, l’abrogation de l’article R. 123-15 CJA qui prévoyait que : « Les ministres ont rang et séance à l'assemblée générale du Conseil d'Etat. Chacun a voix délibérative pour les affaires qui dépendent de son département ».
Ce ne sont ici que quelques éléments analytiques visant à débroussailler le texte. Pour les débats plus généraux, je laisse le soin à mes commentateurs d’ouvrir le feu…
12:40 Publié dans contentieux administratif | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Conseil d'Etat, organisation, sections adminsitratives, section du contentieux, dualisme fonctionnel
06.03.2008
Six choses insignifiantes que mes lecteurs ne savent pas de moi.
Me voilà donc à mon tour investi à la fois par Versac et Jules, du devoir de poursuivre cette chaîne sur les « six choses insignifiantes que mes lecteurs ne savent pas de moi ».
En langage blog ça s’appelle « être taggé » (ou taggué pour les puristes), ce que j’ignorais avant d’en avoir fait les frais.
En langage plus commun ça s’appelle une chaîne, et l’on prend, si on la rompt, le risque d’abominables catastrophes.
Ma tendance naturelle étant de mettre ce genre de choses au panier, et par ailleurs de ne pas notablement m’étendre sur des questions a-juridiques, j’ai eu la forte tentation de ne pas y répondre.
Mais en remontant la chaîne, j’ai constaté que les billets qui en résultaient et souvent poétiques et réussis, et que, de surcroît, si tous les universitaires économistes avaient pu le faire, pourquoi pas un juriste.
Quoi une rivalité en entre juristes et économistes ? Qu’allez vous chercher là.
Donc six choses.
Insignifiantes.
Et que mes lecteurs, disons, ceux de mes lecteurs qui ne me connaissent pas, ne savent pas de moi.
1 – j’ai assisté au délibéré de l’arrêt Nicolo. A l’époque où je travaillais comme fonctionnaire de catégorie B au Conseil d’Etat, j’étais en même temps en train de poursuivre mes études de droit, et j’ai eu l’impression de vivre un moment historique.
2 – j’ai été juge de cassation. Auprès de la désormais défunte « Commission spéciale de cassation des pensions adjointe temporairement près le Conseil d’Etat » (temporaire qui a duré presque 70 ans, il y a des institutions "définitives" qui pourraient être jalouses).
3 – A ma souvenance, je crois n’avoir rendu qu’un seul article dans les délais qui m’étaient impartis.
4 – Après avoir été déclaré admissible au concours d’agrégation de 1998, je me souviens d’être dit « il faudrait vraiment être c… pour se trouver parmi les dix qui ne seront pas admis ».
5 – A la proclamation des résultats du même concours, je me souviens avoir entendu le doyen Favoreu annoncer dans la liste des admis « Frédéric R… - le temps du roulement de R, avoir pensé, ça y est, c’est gagné – ouvillois… ».
(mais si l’ami Rouvillois me lit, cela fait partie des choses qu’il savait déjà…).
6 – La première fois que j’ai utilisé Internet remonte à 1996. Le premier site que j’ai utilisé était yahoo, et ma première requête « bookseller law ».
Je poursuis donc la chaîne, et j'invite d'autres juristes à y répondre à leur tour :
Une professeure : Geneviève Koubi (pour saluer la récente ouverture de son site).
Un étudiant : Bloghorrée (même si c'est un statut un peu usurpé...)
Un avocat : Jurisurba (s'il daigne utiliser un peu de la SHON de son blog à autre chose qu'à de l'urbanisme)
Un fonctionnaire territorial : Bartmann (si les élections municipales lui laissent un peu de loisir).
Un collectif : droit administratif (ça ne leur fera que 2 choses par personne, à moins qu'ils n'en aient des communes).
Un grand ami : Dimitri Houtcieff, (ça lui fera un billet facile pour réveiller son blog, enparlant d'autre chose que de Miss France).
18:59 Publié dans dans la blogosphère | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
05.03.2008
La liste 2008 des candidats qualifiés aux fonctions de maître de conférences par la section 02 du CNU
J’y ai ajouté un tableau répertoriant le nombre de qualifiés par université.
Je remercie vivement Frédéric Sudre de me l’avoir adressée.
Compte-tenu des regrettables débordements de l’année dernière, tout en maintenant les commentaires ouverts, j’avertis que je modérerai toute observation qui contiendrait des considérations personnelles.
Comme pour les années passées, et peut-être encore davantage, mes pensées vont également aux candidats qui n’ont pas été qualifiés.
16:23 Publié dans enseignement du droit | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note | Tags : maîtres de conférences, 2008, CNU 02, qualification
04.03.2008
Le mouvement critique du droit en colloque
La « Critique du droit » est un des mouvements juridiques français les plus captivants de ce dernier demi-siècle. Et, pour manier la figure de style, il est aussi un des plus français des mouvements juridiques de ce même demi-siècle.
Originellement fondé sous des auspices clairement marxistes (Pour une critique du droit, Maspero- PUG 1978), il a très vite éclaté entre un courant post marxiste et un courant fondé sur l’analyse critique de « l’art juridique » qui conteste que le droit puisse se réduire à une superstructure des conditions économiques et sociales en un temps et un lieu déterminé.
En cela le mouvement critique du droit se situe clairement dans le prolongement de la Revue progressiste de droit français, fondée par Gérard Lyon-Caen en 1952.
A la vérité, ce qui fait aussi que la critique du droit est terriblement française, c’est qu’elle a toujours peiné à être un « mouvement » voire une « Ecole ». Même si elle a opté pour certains fonctionnement collectifs, elle reste marqué par un fort individualisme, et de fortes individualités (l’un expliquant sans doute en partie l’autre).
Que reste-t-il, plus de trente ans après le manifeste que nous venons de citer de ce « Mouvement critique du droit ? ».
C’est une vaste question.
Elle nécessite aussi bien des réflexions historiques, sensiblement plus développées que celles auxquelles nous venons de nous livrer.
Elle nécessite aussi de réfléchir à cette forte formule de Michel Miaille « La critique du droit est une pratique sociale » (M. Miaille, La critique du droit, Droit et société n° 20-21/1992) en la replaçant dans des contextes actuels.
C’est à cette mission importante qu’est consacré la captivant colloque qu’organise la Faculté de droit de Grenoble les 13 et 14 mars prochains intitulé : « La critique du droit des années 70 à nos jours, histoires, influences, perspectives », et dont vous trouverez Plaquette colloque Grenoble.pdf.
Mon collègue et ami Xavier Dupré de Boulois (qui annote parfois ce blog de manière crypto-anonyme, avec une alacrité toute proche de la « critique du droit »), m’a demandé de bien vouloir y contribuer en développant le thème « Nouvelles technologies et engagement social du juriste », ce qui, bien entendu, est une autre manière d’essayer de me faire parler de ce blog, de ses engagements, de ses dérives droitières ou gauchistes, et plus globalement, du rôle que peuvent jouer les juristes à travers ce nouveau mode d’expression.
Je ne peux donc que vous inciter vivement à participer à ces travaux qui, en ces temps de polémiques sur les résultats de concours d’agrégation, nous montreront sans doute que l’histoire et l’actualité du droit ne sont pas hémiplégiques…
15:48 Publié dans colloques , recherche juridique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Critique du droit, Colloque, Grenoble
Que le coupable se dénonce !
Il y a quelques constantes : les noms de collègues, ou le mien (avec toutes les orthographes possibles, ah que ne me suis-je appelé "Frédérique Rollin"), des notions juridiques aussi (fortement ancrées autour du droit des contrats administratifs), et quelques termes mystérieux échappés de billets. Je suis ainsi très fort sur « politesse » ou « échalotte », ceci étant dû à d'anciennes notes dont mes plus fidèles lecteurs voudront peut-être bien se souvenir.
Parmi ces variables, l'une des plus amusantes est celle qui concerne les arrêts. Il y à certes des arrêts qui sont des pourvoyeurs réguliers. Les « CE 16 juillet 2007 Tropic », les « Kress », les « Martinie ». Mais il y en a d'autres qui connaissent de fortes et brèves poussées de fièvre. Ce fut le cas il y a quelques mois des « Contremoulin » : presque 100 connexions durant un week end, et plus récemment des « Jean-Claude Decaux 2005 ».
Mon esprit sagace a rapidement soupçonné que ces mots clefs pouvaient venir des blanches mains d'étudiants auxquels ces arrêts avaient été offerts en exercice. Aussi, je tiens à m'excuser auprès du collègue qui a dû lire dans plus d'une copie des bribes de mon interprétation particulièrement constructive de l'arrêt Contremoulin. Je me doute bien qu'il a dû ressentir, à la fin du paquet de copies, une certaine irritation.
Mais voici que depuis quelques jours, je vois émerger dans ses statistiques un nouveau venu. Je le cite tel quel : « TC, 27 octobre 1931, Société Pannier c/ Protectorat du Tonkin ».
J'ai été passablement étonné par ce mot clef car je n'ai strictement aucun souvenir d'avoir cité cet arrêt et pour tout dire je n'ai même aucun souvenir de l'arrêt lui-même (ce dernier aveu étant particulièrement lourd à porter).
Il s'agit donc de la décision de principe qui pose qu'en matière fiscale, la prohibition faite au juge judiciaire d'apprécier la légalité des actes administratifs ne s'applique pas.
Mais alors, une question me taraude.
Quel est le collègue qui a eu l'idée brillante de donner cet arrêt à commenter ?
Un fiscaliste, voulant montrer la glorieuse autonomie de sa matière ?
Un administrativiste, voulant faire accéder par là les étudiants à une réflexion sur les solutions dérogatoires d'opportunité (vous imaginez si le juge judiciaire avait dû renvoyer au juge administratif toutes les questions de légalité des parties réglementaires du CGI et du LPF...) ?
Ou bien un civiliste, voulant montrer que la séparation des pouvoirs n'est pas ce qu'on dit et que principe constitutionnel ou pas, il serait bon d'étendre cette solution dans tout le contentieux judiciaire ?
Alors oui, il est nécessaire, pour que je puisse avoir l'explication de cette poussé de fièvre googlienne, et pour que mes lecteurs, désormais mes complices et maintenus dans un suspens haletant retrouvent leur quiétude, il est nécessaire que le coupable de ce bien innocent forfait se dénonce !
09:47 Publié dans dans la blogosphère , variétés | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Pannier Tonkin, google, mots clefs, statisitiques de fréquentation, blog




