02/09/2008

Toute la vérité sur les origines cachées de la crise immobilière

Vous avez aimé le Grenelle de l'environnement,

Vous avez voté la révision du préambule de la Constitution relative à la charte de l'environnement (cette ligne ne s'adresse naturellement qu'aux parlementaires ou anciens parlementaires en poste lors de cet événement)

Il vous arrive de penser qu'il est légitime de s'opposer par la force à des expérimentations scientifiques susceptible de porter atteinte à l'environnement,

Lorsque vous entendez parler de développement durable, vous n'imaginez par un lièvre à la royale de 15 kg (pardon, je le confesse, c'est un très mauvais jeu de mots).

Bref, pour vous « on peut tout faire Madame le Ministre », Charenton est enfin fréquentable, et à Longjumeau les postillons sont naturels.

Oyez, alors cette anecdote qui me fut narrée par un mien ami (je suis désolé mais j'ai regardé hier la Folie des Grandeurs en DVD et je suis encore sous l'emprise du vocabulaire Ouryano-historique).

Ledit ami possédait un terrain, acquis à la sueur de son front, et qui, quoique situé non loin de zones naturelles, était classé en zone constructible.

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08/10/2007

C'est la rentrée !

J’en vois des qui sourient (des collègues), j’en vois des qui s’esclaffent (des anti-fonctionnaires), j’en vois des qui ne comprennent pas (des non-fonctionnaires), j’en vois des qui s’indignent (des anti-fonctionnaires libéraux), j’en vois des qui s’étonnent (des collègues d’universités ayant adopté le nouveau rythme septembre/avril), j’en vois des qui s’inquiètent (des étudiants, qui ne me connaissent pas encore), j’en vois des qui s’inquiètent davantage encore (des étudiants qui me connaissent), j’en vois des qui anticipent le pire (des responsables de diplômes qui affûtent déjà leurs armes pour récupérer mes copies en fin de semestre).

Oui certes, une rentrée le huit octobre, cela a quelque chose d’irritant, de provocateur, d’anti gouvernemental.

Oh, alors je pourrais trouver des excuses, ou des justifications :

Oui, mais la rentrée administrative a déjà eu lieu.

Oui, mais la session de septembre s’est déjà déroulée (en septembre).

Oui, mais j’avais plein de nouveaux cours à monter.

Oui, mais j’ai déjà écrit plein d’articles.

Et de notes sur ce blog.

Oui, mais non. Pas d’excuses, pas de justifications.

Car la vraie rentrée, la seule qui compte, l’essentielle, celle pour laquelle j’ai voulu faire ce métier, bref, la rentrée des cours a eu lieu aujourd’hui à Nanterre.

En ce qui me concerne, elle a débuté par un cours de droit de l’urbanisme, tout nouveau pour moi, même si je l’avais déjà enseigné en travaux dirigés, et évidemment beaucoup rencontré dans la pratique.

Je suis entré dans la salle avec le même mélange d’envie et d’anxiété que chaque année. Quoiqu’avec peut-être plus d’envie et moins d’anxiété cette année.

Comme à chaque nouveau cours, chaque nouvelle année, ce premier cours a été un mélange compliqué.

Les étudiants ont besoin de jauger ce nouvel enseignant.

L’enseignant a besoin de prendre la mesure (ce qui veut dire la même chose mais évite la répétition) de ce qui lui apparaît comme un groupe compact indifférencié et frontal.

Il a aussi besoin de ressentir rapidement si son message passe. S’il suscite l’ennui, l’intérêt poli, l’adhésion, la curiosité, la réprobation.

Lorsqu’il débute un nouveau cours, de surcroît, il a besoin de savoir s’il peut se reposer sur ses notes, où si celles-ci sont trop complexes, ou pas assez, ou trop détaillées, ou pas assez.

Voilà quelques uns des éléments de cette interaction complexe.

Pour ce premier cours j’avais choisi à la fois la facilité et la difficulté.

Après avoir évacué en quelques minutes les questions de bibliographie (et avoir cité en bonne place, il le mérite, jurisurba), j’ai débuté par une introduction historique.

Ceux qui me connaissent un peu savent qu’il est rare que je débute autrement un cours. C’était donc une facilité.

Mais difficulté aussi, car croyez vous vraiment que des étudiants de 2007 soient captivés d’emblée par la description de l’urbanisme cistercien, du cardo de la rue Saint-Jacques, des lotissements de l’Odéon, de la description de Richelieu ou de Versailles (ah, les avenues rayonnant du château comme figure de l’urbanisme politico/symbolique) ?

Pas certain du tout.

Mais voilà, dans cette alchimie que j’évoquais, il y a aussi la nécessité d’affirmer son style d’enseignement. Et le mien est fait de ces références historiques quand bien elles ne passent que difficilement.

Il est également fait d’une incapacité absolue de rester dans le périmètre de mes notes de cours : voilà déjà que le plan annoncé de cette introduction ne correspond pas à celui que j’avais noté. Lorsque je reprendrai jeudi, il faudra que je me souvienne de ces subdivisions nouvelles, ce qui est loin d’être certain.

Je jalouse les collègues qui peuvent noter entièrement en cours, et s’y tenir. Pour ma part, j’en suis bien incapable. Tant que n’a pas eu lieu la prise de parole, la matière me paraît inerte, statique, et les idées, les mises en relations, les enjeux les problématiques ne me viennent qu’à mesure que j’avance dans mon exposé.

Moyennant quoi, terminer le programme annoncé dans l’enveloppe de temps allouée mais tout aussi difficile.

Bref. Pendant 90 minutes, j’ai fait passé toutes sortes d’images de l’urbanisme ancien, de ses logiques, de ses métamorphoses, et je voyais en même temps l’horloge tourner, trop vite.

Au point qu’à la fin du cours j’aurais voulu retenir les étudiants, poursuivre ces évocations, ces réflexions. L’enthousiasme de cet instant m’a accompagné toute la journée :

Oui, assurément, c’est la rentrée. La vraie, la seule. Celle qui ranime chaque semaine la foi que l’on peut avoir dans cette mission de passeur. Et je mesure combien, durant ces derniers mois, l’enseignement m’a manqué.

C’est la rentrée. Enfin. Et voilà que je me prends presque à redouter que l’année ne soit trop courte !

22/12/2006

Droit de l’urbanisme et vieux Paris : un cadeau de noël juridique et esthétique

Dans la liste des cadeaux obligés, en cette fin d’année, figurent les « beaux livres ». Il vaut mieux considérer qu’il s’agit d’une expression figée, parce qu’il y aurait beaucoup à dire sur le beauté annoncée de nombre de ces volumes.

 

Quoi qu’il en soit, si vous voulez vraiment faire plaisir aux récipiendaires de ces cadeaux, remplacez ces volumes encombrants par ce lien.

 

Qui, soulignons le, a en outre le mérite notable d’être gratuit.

 

Vous y verrez comment la Commission du Vieux Paris, chargée de donner un avis sur les projets de permis de démolir et de construire fait un travail absolument exceptionnel.

 

Bien davantage même, vous entrerez, par des photographies remarquables, dans des immeubles dont vous ne soupçonniez pas la beauté intérieure.

 

-         un sublime escalier à vis centrale en bois du 17e siècle, rue Saint Etienne du Mont

-         les merveilleux décors de l’hôtel Cambacéres rue Montalembert (ça c’est pour les civilistes ou pénalistes)

-         ou ceux d’un hôtel particulier dû à Contant d’Ivry, rue d’Anjou

 

(et encore ne s’agit-il là que d’exemples tirés de la dernière livraison du compte-rendu d’activité mensuel de la commission).

 

Et si vous voulez continuer de faire du droit (de l’urbanisme en l’occurrence), vous pourrez constater que si certains pétitionnaires font les choses dans les règles, la pratique des travaux sans permis a encore de beaux jours devant elle, de même que celle de la ruine programmée de bâtiments d’un intérêt pourtant remarquable.

 

Alors oui, renoncez à ces supposés beaux livres au profit de cette visite exceptionnelle du patrimoine parisien.

 

Et profitons pour remercier la Commission du vieux Paris pour cette exceptionnelle mise en ligne de ses travaux.

 

Joyeux noël à tous