12.03.2007

L’élection présidentielle de 2007 : permanence et imprédictibilité du « troisième homme ».

Allez, je craque, voila un petit billet "élection présidentielle", dont mes fidèles lecteurs constateront que les conclusions ne me vaudront sans doute ni citations ni animosité...

L’élection présidentielle de 2007 ne constituera que la huitième depuis que le recours au suffrage universel direct a été (re)mis en vigueur en 1962. Les analystes de la vie politique et du droit constitutionnel n’ont donc que fort peu de recul pour tenter de mesurer les effets de structure marquant ces élections. Cela d’autant plus que depuis 1965, il semblait que l’histoire de l’élection présidentielle suivait une pente unique, celle de la bipolarisation progressive et croissante de la vie politique française, sous l’influence du « fait majoritaire » qui paraissait une des conséquences les plus massives de la Constitution de 1958 sur nos institutions politiques.
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Pourtant, l’élection de 2002, et le caractère « non-bipolaire », de son second tour, ont conduit à faire prendre conscience que cette donnée n’était peut-être pas inéluctable et que finalement, pour des déplacements de voix de quelques pourcents, de nouveaux équilibres, ou déséquilibres pouvaient se faire jour.

Dans ce contexte, évidemment, la montée significative de François Bayrou dans les sondages, comme d’ailleurs le maintien de Jean-marie Le Pen à des niveaux élevés invitent à s’interroger. Sur un mode, il faut bien le souligner purement hypothétique qui fait « comme si » les sondages étaient un reflet fidèle des intentions de vote, alors qu’on sait bien que tel n’est pas le cas. Mais cette hypothèse mérite toutefois d’être testée, car il semble qu’elle est susceptible de nous apporter des enseignements sur le futur de notre vie politique.

Cette hypothèse peut-être formulée dans les termes suivantes : quelles sont les conséquences d’une campagne électorale présidentielle, lorsqu’il apparaît que trois candidats de potentiel électoral similaire émergent ?

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22.02.2007

Spartacus vote Bayrou, ou les métamorphoses du poujadisme dans la Haute fonction publique

Les pages Rebonds de Libération ont publié ce jour le manifeste du collectif Spartacus, « collectif de 30 hauts fonctionnaires en activité dans l’administration centrale » qui revendique son soutien à François Bayrou dans la perspective de l’élection présidentielle.

Ce texte, assez classique en période de campagne électorale où ralliements et contre ralliements sont autant de communiqués de victoire pour chacun des candidats « la cote 110 a tenu, BHL est tombé… » repose sur une logique énoncée assez simple : voila des hauts fonctionnaires qui se revendiquent de gauche, socialistes même pour être précis, et qui dénoncent les programme de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy pour une même raison : le manque de chiffrage et l’irréalisme des propositions. Ils considèrent que seul « l’idéal de rassemblement de François Bayrou » est de nature à porter un espoir et ils invitent donc les électeurs de gauche à voter pour lui, pour faire barrage au candidat de l’UMP.
Jusque là rien de choquant. Les passerelles entre une certaine deuxième gauche et les chrétiens démocrates sont trop connues pour qu’il soit nécessaire d’y insister.

Mais, au-delà de cet énoncé explicite, ce manifeste contient un sous-texte beaucoup plus intéressant et que l’on peut analyser comme la réaction corporatiste de la Haute Fonction Publique en cours de déclassement : c’est donc une réaction que l’on peut, par analogie qualifier de poujadiste.

Cela se démontre facilement.

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