15.03.2007

A propos des débordements qui ont suivi ma note publiant la liste des qualifiés par la section 02 du CNU

 

Lorsqu’il y a quelques jours j’ai publié la liste des candidats qualifiés par la section 02 du Cnu, aux fonctions de maître de conférences, je ne m’attendais pas à ces débordements vindicatifs et anonymes. De fait, j’avais procédé à la même publication l’année passée sans que cela ne produise de réactions aussi véhémentes. Je dois dire que j’ai été très embarrassé par cette situation, et un peu dépassé.

Après avoir parlé de cette question, et je dirais même, pour moi ce problème, avec différentes personnes, j’en suis arrivé aux conclusions suivantes :

1°) Compte tenu du fait que les commentaires restent et qu’ils sont googlisables, j’ai pris le parti de procéder à une nouvelle modération de ceux qui me paraissent les plus contestables.

Et j’ai usé à cette fin des outils les plus radicaux d’Anastasie puisque je n’ai pas seulement supprimé quelques commentaires, mais j’en ai « réformé » d’autres.

Si leurs auteurs, toujours anonymes, préfèrent la suppression pure et simple à cette réformation, il peuvent m’envoyer un mail et j’y procéderai.

2°) En revanche, j’ai pris le parti de ne pas effacer toute l discussion parce que, comme le soulignait un des mes amis commentateurs, cette libération de la parole est un fait qu’il ne faut pas occulter.

3°) Surtout, pour équilibrer les points de vue, et pour rappeler quelques évidences, je souhaiterais ici rappeler quelques faits concernant le fonctionnement actuel de la section 02 du CNU.

Tout d’abord, si ces critiques peuvent se faire entendre, c’est parce que le fonctionnement actuel de la section est placée sous le signe de la transparence: si cette liste n’était pas disponible, alors elle ne pourrait pas être critiquée, or je rappelle que la diffusion la plus large possible de cette liste a été voulue par le président de la Section et qu’elle n’est pas la pratique des autres sections du CNU.

De la même façon, il faut souligner que la section 02 publie chaque année un rapport dans lequel sont clairement posés les critères de qualification, là encore de manière transparente.

Ensuite, comme l'indique justement ce Rapport, un membre du CNU dont un thésard est candidat à la qualification se retire de la salle et n'assiste ni ne participe à la délibération relative à cette candidature. Il est difficile, en conséquence, de croire que ce membre du CNU, fut-il le Président, aurait une influence telle qu'il parviendrait, hors sa présence, à infuencer 35 autres collègues !

Enfin, il n'est guère surprenant que les facultés de Montpellier et d' Aix aient un nombre important de qualifiés dès lors que chacune de ces Facultés (voire même, selon les années, tel ou tel de leurs professeurs) "produisent" pour chacune d'elles un nombre de docteurs en droit nettement supérieur à chacune des autres facultés de province. Les résultats au CNU étant, par ailleurs, confortés par les résultats de l'agrégation pour ce qui concerne Montpellier : 4 agrégés, qui avaient été qualifiés en 2004, 2005 et 2006. De surcroît, ces Facultés ont su créer de véritables logiques de laboratoire qui expliquent sans doute l’élévation globale du niveau des thèses, la cohérence des sujets et le moindre taux d’abandon.
J'ajouterai d'ailleurs, de ce point de vue, que pour avoir eu l'occasion d'utiliser les travaux produits par certains de ces candidats, dans le cadre de mes activités de recherche, ou d'en avoir fait le compte-rendu à la chronique des thèses de la RFDA, j'ai pu juger de leur remarquable qualité et du fait que la qualification était évidemment justifiée, de sorte que je considère que les considérations statistiques sur cette "concentration" sont très largement trompeuses.



4°) Et enfin, en tant que responsable de ce qui se publie sur ces pages, y compris pour les commentaires dont je ne suis l’auteur, je souhaite dire ici aux personnes qui ont été visées par ces attaques, candidats, directeurs de thèses et membres du CNU, toute mon estime et ma sympathie et leur présenter mes excuses pour les propos qui ont été tenus à leur encontre.

Frédéric Rolin