08.10.2007
C'est la rentrée !
Oui certes, une rentrée le huit octobre, cela a quelque chose d’irritant, de provocateur, d’anti gouvernemental.
Oh, alors je pourrais trouver des excuses, ou des justifications :
Oui, mais la rentrée administrative a déjà eu lieu.
Oui, mais la session de septembre s’est déjà déroulée (en septembre).
Oui, mais j’avais plein de nouveaux cours à monter.
Oui, mais j’ai déjà écrit plein d’articles.
Et de notes sur ce blog.
Oui, mais non. Pas d’excuses, pas de justifications.
Car la vraie rentrée, la seule qui compte, l’essentielle, celle pour laquelle j’ai voulu faire ce métier, bref, la rentrée des cours a eu lieu aujourd’hui à Nanterre.
En ce qui me concerne, elle a débuté par un cours de droit de l’urbanisme, tout nouveau pour moi, même si je l’avais déjà enseigné en travaux dirigés, et évidemment beaucoup rencontré dans la pratique.
Je suis entré dans la salle avec le même mélange d’envie et d’anxiété que chaque année. Quoiqu’avec peut-être plus d’envie et moins d’anxiété cette année.
Comme à chaque nouveau cours, chaque nouvelle année, ce premier cours a été un mélange compliqué.
Les étudiants ont besoin de jauger ce nouvel enseignant.
L’enseignant a besoin de prendre la mesure (ce qui veut dire la même chose mais évite la répétition) de ce qui lui apparaît comme un groupe compact indifférencié et frontal.
Il a aussi besoin de ressentir rapidement si son message passe. S’il suscite l’ennui, l’intérêt poli, l’adhésion, la curiosité, la réprobation.
Lorsqu’il débute un nouveau cours, de surcroît, il a besoin de savoir s’il peut se reposer sur ses notes, où si celles-ci sont trop complexes, ou pas assez, ou trop détaillées, ou pas assez.
Voilà quelques uns des éléments de cette interaction complexe.
Pour ce premier cours j’avais choisi à la fois la facilité et la difficulté.
Après avoir évacué en quelques minutes les questions de bibliographie (et avoir cité en bonne place, il le mérite, jurisurba), j’ai débuté par une introduction historique.
Ceux qui me connaissent un peu savent qu’il est rare que je débute autrement un cours. C’était donc une facilité.
Mais difficulté aussi, car croyez vous vraiment que des étudiants de 2007 soient captivés d’emblée par la description de l’urbanisme cistercien, du cardo de la rue Saint-Jacques, des lotissements de l’Odéon, de la description de Richelieu ou de Versailles (ah, les avenues rayonnant du château comme figure de l’urbanisme politico/symbolique) ?
Pas certain du tout.
Mais voilà, dans cette alchimie que j’évoquais, il y a aussi la nécessité d’affirmer son style d’enseignement. Et le mien est fait de ces références historiques quand bien elles ne passent que difficilement.
Il est également fait d’une incapacité absolue de rester dans le périmètre de mes notes de cours : voilà déjà que le plan annoncé de cette introduction ne correspond pas à celui que j’avais noté. Lorsque je reprendrai jeudi, il faudra que je me souvienne de ces subdivisions nouvelles, ce qui est loin d’être certain.
Je jalouse les collègues qui peuvent noter entièrement en cours, et s’y tenir. Pour ma part, j’en suis bien incapable. Tant que n’a pas eu lieu la prise de parole, la matière me paraît inerte, statique, et les idées, les mises en relations, les enjeux les problématiques ne me viennent qu’à mesure que j’avance dans mon exposé.
Moyennant quoi, terminer le programme annoncé dans l’enveloppe de temps allouée mais tout aussi difficile.
Bref. Pendant 90 minutes, j’ai fait passé toutes sortes d’images de l’urbanisme ancien, de ses logiques, de ses métamorphoses, et je voyais en même temps l’horloge tourner, trop vite.
Au point qu’à la fin du cours j’aurais voulu retenir les étudiants, poursuivre ces évocations, ces réflexions. L’enthousiasme de cet instant m’a accompagné toute la journée :
Oui, assurément, c’est la rentrée. La vraie, la seule. Celle qui ranime chaque semaine la foi que l’on peut avoir dans cette mission de passeur. Et je mesure combien, durant ces derniers mois, l’enseignement m’a manqué.
C’est la rentrée. Enfin. Et voilà que je me prends presque à redouter que l’année ne soit trop courte !
18:01 Publié dans enseignement du droit | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : université, enseignement, droit, urbanisme, histoire
20.02.2007
les soirées de la salle de droit public
En cette période d'activité passablement intense, je vous propose sous un titre qui ne doit pas faire croire que les juristes viennent de créer un nouveau lieu des nuits parisiennes, le programme d'une initiative aussi originale que captivante pour qui s'intéresse aux dimensions historiques du droit administratif.
Je n'ai pas d'adresse mail à vous fournir, mais je ne doute pas que les initiateurs de ce projet se feront un plaisir de répondre aux question qui pourraient être posées en commentaires.
Le séminaire libre
d’histoire du droit administratif
Les Soirées de la salle de droit public
se réunira à 18 h 00
dans la Salle de droit public
de l’Université Paris 2 - Panthéon-Assas
12 place du Panthéon 75005 Paris
le mercredi 28 février 2007
Benoît Plessix
« Aux frontières du droit public et du droit privé: les origines de la revue "Droit social" et la jurisprudence de la Cour supérieure d'arbitrage »
Le mercredi 28 mars 2007
Jean-Jacques Bienvenu
« Un acte fondateur du droit administratif : la contrainte »
Le mercredi 25 avril 2007
Grégoire Bigot
« Les impasses conceptuelles de la notion d'Administration (1789-1799) »
Le mercredi 23 mai 2007
Mikhaïl Xifaras
« Réflexions historiques autour des mutations domaniales »
Le mercredi 20 juin 2007
Norbert Foulquier
« L’exotisme de la juridiction ministérielle : le gouverneur général des colonies »
Jean-Jacques Bienvenu
Professeur à l’Université Paris 2 - Panthéon-Assas
Norbert Foulquier Benoît Plessix
Professeur à l’Université d’Evry Professeur à l’Université Nancy II
13:15 Publié dans enseignement du droit | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : droit adminsitratif, histoire




