21.10.2007

Deux nouveautés aux éditions La Mémoire du Droit

 

Parmi mes activités, l'une de celles que j'assure avec le plus plaisir est celle de la direction scientifique des éditions de la Mémoire du Droit.

Je vous avais déjà narré, par le passé comment il m'arrivait d'emprunter à la librairie quelques ouvrages, avec la perspective plus ou moins avouée de ne pas les rendre...

Mais je voudrais ici, passant du versant Librairie au versant Edition, vous faire part de deux beaux projets qui viennent d'aboutir, en attendant un troisième qui devrait être prêt d'ici quelques mois.

0d9ade0281e25404e13ca62252036962.jpgLe premier de ces projets est la publication de Mélanges, consacrés à la mémoire de Maryse Carlin, Professeur d'histoire du droit qui nous a quitté il y a quelques années. Il faut souligner ici le dynamisme avec lequel son collègue de l'Université de Nice Olivier Vernier a mené à bien la réunion de ces Mélanges.

Le résultat en est plus que gratifiant. Il s'agit à mon sens d'un des meilleurs volumes de mélanges d'histoire du droit de ces dernières années. Pour qui voudra s'en persuader, il suffira de consulter la liste complète des contributions et contributeurs qui figure sur le bulletin de soucription accessible ici.

Et pour en donner déjà un avant goût avec quelques noms et titres qui parleront à un public qui sans être spécialiste d'histoire du droit, s'intéresse aux origines historiques des matières dans lesquelles il travaille.


Norbert OLSZAK : Porter des sabots à l’atelier nuit gravement au salaire

Maïté LAFOURCADE :La résistance des basques à la pénétration du droit romain

Yves TRIPIER : La loi du 9 décembre 1905: une tentative de privatisation des biens de l’Eglise catholique

Jean-Louis MESTRE : La propriété dans le cours de droit public de Jean-Jacques Duboys (1802)

Jean-Louis HAROUEL : Hugo aimait les assassins

Nicole DOCKES : Sur le contrat de travail

Jacques BOUVERESSE : Droit de la famille et code Napoléon ce qui passe, ce qui demeure

La souscription pour ces Mélanges se poursuit jusqu'au 31 octobre, date de rigueur pour pouvoir figurer dans la liste des souscripteurs, au pris de 69 €.



9d06aa0eb0200aed94e3aef12bb5fc8e.jpgLe second projet est la publication d'un superbe colloque qui s'est tenu à l'initiative de la Faculté de droit de Lyon et qui approche, sous l'angle de cette Faculté, les métamorphoses du droit et de la doctrine juridique sous la IIIe République.

Comme le sommaire est moins volumineux, je le donne ici en entier :

Frédéric AUDREN Comment la science sociale vient aux juristes? Les professeurs de droit lyonnais et les Traditions de la science sociale (1875-1935)


Jean-Louis HALPÉRIN L’originalité de l’oeuvre de René Garraud


David DEROUSSIN L. Josserand: le droit comme science sociale?


Nader HAKIM « Une revue lyonnaise au coeur de la réflexion collective sur le droit social : les Questions pratiques de législation ouvrière et d'économie sociale »


Farid LEKÉAL « Paul Pic entre Code civil et Code du travail : les voies du réformisme juridique »


Jean-Pierre POTIER L’enseignement de l’histoire de la pensée économique à la Faculté de droit de Lyon (1885-1939)


Olivier MORÉTEAU Éd. Lambert et l’enseignement du droit comme science sociale et comparative


Thierry KIRAT La méthode de jurisprudence comparative d’Edouard Lambert et son destin tragique


Bianca Gardella TEDESCHI Édouard Lambert : le rôle du droit comparé dans l’unification du droit


Ludovic FROBERT Le centenaire de l’insurrection de 1831 et les intellectuels lyonnais


Ludovic TOURNÈS La fondation Rockefeller et les économistes lyonnais (1925-1935)


Carlos Miguel HERRERA Droit et socialisme à la Faculté de droit de Lyon


Catherine FILLON La Faculté de Droit lyonnaise et l’expansion universitaire sous la Troisième République : la fondation de l’École de Droit de Beyrouth.

Je m'autorise à signaler tout particulièrement la série de contributions consacrées à Edouard Lambert qui trouve enfin ici une série de monographies qui redonne enfin à cet auteur majeur une actualité à la mesure de son importance.

Là encore, cet ouvrage est offert en souscription (ici le bulletin), jusqu'au 31 octobre au prix de 35 € (49 € ensuite).



Quant au troisième projet, en cours de finalisation, il s'agit d'un second volume de la « Bibliographie des Mélanges », de Xavier Dupré de Boulois, cette fois réalisé à 6 mains (autrement dit à trois personnes !) pour la période 2000-2006.

Je sais que les agrégatifs attendent avec impatience ce volume, en particulier pour la leçon de 24 heures, et les auteurs comme l'éditeur font tous leurs meilleurs efforts pour parvenir à tenir comme date de sortie le mois de janvier 2008. Mais, l'inflation de la production mélangiale fait que ce volume sera au moins aussi important que le tome 1 qui recueillait toutes les contributions depuis l'origine ! La tâche est donc beaucoup plus lourde que prévu.


Si vous me permettez, enfin, j'aimerais ajouter quelques considérations un peu moroses sur l'édition juridique scientifique.

Depuis quelques temps, La Mémoire du Droit a dû, pour des problèmes de coûts, réduire le rythme de sa production éditoriale. Le type d'ouvrage que nous présentons, malgré le fait qu'ils bénéficient parfois de subventions, devient de plus en plus difficile non pas à rentabiliser, ce qui n'a jamais été le but, mais seulement à amortir. Les coûts d'impression ont notablement augmenté depuis notre première publication (surtout si l'on souhaite maintenir une certaine qualité de papier est de reliure), et le public ne s'est pas étendu en proportion. On sent bien aujourd'hui que la composante historique du droit ne parvient pas à trouver, en France, la place qui devrait lui revenir. L'idée que le droit à une « mémoire », signe sou lequel nous avons placé ces productions éditoriales, disparaît au profit de celle qu'il est une production permanente et sans cesse renouvelée qui ne se déploie que dans l'actualité.

Et pourtant, pour ma part, plus je travaille sur certains sujets, plus je considère que le retour à l'histoire n'est pas seulement une forme de « culture » mais bien davantage une nécessité pour comprendre les ressorts intimes d'une notion juridique, d'une lignée jurisprudentielle... (j'espère d'ailleurs en avoir convaincu mes étudiants de Nanterre qui viennent de subir 6 heures d'histoire du droit de l'urbanisme à titre de chapitre préliminaire).

Aussi bien, nous continuerons, avec nos modestes moyens, à essayer de soutenir cette idée, mais au delà de cette modeste contribution, il me semble que dans la lutte pour le maintien de notre héritage juridique la connaissance des sources historiques de notre droit a un rôle éminent à jouer que chaque enseignant devrait veiller à transmettre.