01/09/2008

Un défaut commun aux bases de données juridiques : les réponses doublonnées

Les vacances sont propices au travail ! Voilà un paradoxe digne de la poésie baroque. Mes collègues le savent, cependant : quoi de mieux que les vacances pour mettre la première ou la dernière main à un ouvrage, pour rattraper les retards accumulés dans la remise de ses articles, pour terminer sa contribution à des Mélanges pour lesquels la date de souscription est déjà dépassée ?

Note à destination des éditeurs juridiques avec lesquels je suis lié contractuellement et qui s'aventureraient sur ces pages : Je n'ai parlé que de mes collègues !

Et pour travailler, loin des universités et des bibliothèques aux portes closes il y a deux solutions.

Disposer chez soi de la 1e édition du Traité des contrats administratifs (3 vol 1956-57).

Ou

Disposer d'un accès distant sur les bases de données des grands éditeurs juridiques.

Si je bénéficiais de la première de ces solutions, je ne le clamerais pas sur les toits. Pensez vous, quelque doctorant ayant consommé ses droits à ATERat risquerait de le dérober pour le revendre à la Mémoire du droit.

Mais en revanche, grâce à l'initiative de mon université de rattachement, je bénéficie de la seconde depuis quelques semaines.

Qu'on y songe.

Dalloz
Lamyline Reflex
Lexis-Nexis
Lextenso

Un vrai pousse au crime.

Une fois que j'ai eu fini de taper « Rolin » dans tous les formulaires, puis de taper « X » et « Y » pour m'assurer qu'ils étaient bien moins cités que moi, bref, une fois que j'ai eu épuisé les charmes de l'égologie juridique, j'ai essayé de travailler sérieusement.

(Nota : en vérité le recensement des citations n'est pas si essentiel que cela, c'est plutôt le recensement des non-citations qui est important. Les non universitaires ne doivent pas savoir la torture du chercheur qui voit, sur son sujet fétiche, son œuvre méticuleusement ignorée par ses suiveurs. Ou encore, la citation bancale, comme ce docteur qui retrouve sous la plume de son directeur de thèse, la citation de sa thèse avec une faute à son nom et une erreur dans le titre de la thèse...).

D'ailleurs à ce propos je signale dans le dernier numéro de la Revue X de droit Y que j'aurais dû être cité par M... à propos du régime du retrait des décisions d'abrogation des actes non réglementaires non créateurs de droit pour motif de fraude. Cette omission n'augure rien de bon lors de son passage devant la  commission de spécialistes euh le comité de sélection de l'Université de Z. dont je serai membre.

Bref, j'ai essayé de travailler et de comparer les interfaces de recherches de chacun de ces outils.

J'avais déjà fourni quelques impressions personnelles sur ces questions.

Je voudrais ici les compléter brièvement.

Il me semble qu'il existe un défaut commun à l'ensemble des plates-formes que j'ai cités (sauf l'exception remarquable de lextenso qui mérite d'être soulignée), c'est la multi-citation des réponses.

Dans Lexis, si le même texte est repris dans plusieurs encyclopédies ou revues, il sera cité dans la liste des réponses autant de fois qu'il y aura de doublons.

Même chose dans Lamyline reflex avec en plus un affichage contextuel moins performant qui fait qu'après avoir ouvert dix fois le même document on finit par s'irriter.

Quant à Dalloz.fr, il annonce toutes matières confondues un nombre mirobolant de résultat, mais on constate ensuite que les références au Recueil Dalloz sont les mêmes que l'on soit dans la matière « droit administratif » ou « droit immobilier ».

Je ne voudrais pas donner l'impression de connaître la pierre philosophale de la bonne base de données juridique, mais il me semble qu'il faudrait au moins veiller à éliminer ces doublons qui font perdre un temps significatif dans les recherches. Et j'ai tendance à penser que cela pourrait s'opérer en cumulant deux outils.

D'abord une structuration des sources orientée « base de données » et non plus « papier ».

Ainsi, pour prendre l'exemple des jurisclasseurs, il est clair que si jadis il était utile de reproduire dans le juris-classeur construction, les fascicules urbanisme qui étaient contenus dans l'encyclopédie de droit administratif (pour les personnes qui ne pouvaient s'abonner à tous les contenus), aujourd'hui, ce doublonnage perd beaucoup de son intérêt. Idem pour la muli-publication des articles dans les différentes version de la semaine juridique.

Ensuite, un outil informatique qui repère les contenus identiques : après tout la comparaison de texte est déjà opérée par les outils anti-plagiat, pourquoi ne pas l'étendre au contrôle des réponses renvoyées à l'auteur d'une requête.

Voilà je soumets ces réflexions à la commaunauté universitaire et éditoriale et je retourne à mes requêtes test (savez vous par exemple que mon blog est cité 13 fois sur lexis, 14 fois sur Dalloz, 6 fois sur Lamy et 5 fois sur Lextenso ? Non, et bien comme ça je vous dispense de la recherche, y compris pour vérifier combien de ces citations sont des auto-citations...).

22/01/2008

Infidélité...

 

 

 

Non, ceci n'est pas un billet sur les moeurs privées des hommes publics. (Vous aurez peut-être remarqué, d'ailleurs, que les patronymes de ces éminents personnages sont depuis quelques semaines, totalement absents de ces lignes ce qui est une grande singularité dans la blogosphère).

 

Non non, ce titre, je le confesse, un peu racoleur, pour signaler que je viens de commettre une infidélité à l'égard de moi-même.

 

J'ai décidé de muter dans la section 01 du CNU,

 

J'ai écrit un article expliquant que les contrats administratifs n'existaient pas,

 

J'ai décidé de ranger mon bureau,

 

J'ai dit du mal de Denis Mazeaud,

 

J'ai dit du bien de Legifrance,

 

 

Je viens d'écrire un billet sur un autre blog que le mien !

 

Et j'ajoute la publicité à l'infidélité, puisqu'en voici le lien,

 

Et j'ajoute l'imprudence à l'infidélité et à la publicité car ce blog, le blog Dalloz, me talonne dans le palmarès des « top blogs » wikio et que si je lui apporte fréquentation et liens, il risque de me dépasser !

 


 

 

16/01/2008

Quelques observations sur l'ergonomie et le contenu du site Dalloz.fr

L'un des grands avantages de l'Université de Paris Ouest etc..., c'est que depuis tous les postes informatiques, il est possible d'avoir accès à tous les abonnements numériques de la bibliothèque : Lextenso, Lexis, Lamy, et Dalloz entre autres.


Et qui plus, pour chacun de ces éditeurs, la bibliothèque a souscrit l'abonnement le plus étendu de telle sorte que toutes les ressources sont disponibles.


Jaloux ?


Progressivement, cela modifie ma manière de chercher, et elle désormais loin la période où je bulletinais les tables annuelles de l'AJDA pour chaque article (d'autant que compte-tenu de mon ordre légendaire il y arrivait souvent qu'il y ait des trous...).


Pour autant, l'utilisation de ces ressources numériques exige d'arriver à saisir les spécificités de chaque interface, ainsi que le contenu des bases de données.


De ce point de vue, l'utilisation des bases Dalloz appelle de ma part un certain nombre d'observations critiques (que les autres éditeurs se rassurent, je publierai sûrement dans l'avenir quelques billets qui leurs seront consacrés !).

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