30.06.2008

l'agrégation de droit public en débats

Comme je l'ai promis, voici sous la forme d'une revue de presse, les commentaires qui ont été postés sous les billets relatifs aux résultats de l'agrégation de droit public.

Il faut tout d'abord souligner que les débats sur les modalités d'organisation du concours n'ont pas commencé ces derniers jours : leçon de 24 heures, origine des candidats (géographique, universitaire ou autre), cela avait déjà été longuement évoqué, y compris par moi-même.

Mais, dans les commentaires qui ont suivi la publication de ces résultats, on a vu, avec une sorte d'effet boule de neige, les critiques devenir de plus en plus virulentes, bien qu'entrecoupées d'appels au calme, et d'analyse plus réfléchies.

Les premières escarmouches se sont produites à propos des universités de « rattachement » des candidats, et du critère qui permettait de le déterminer.

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Suppression des commentaires sur les notes relatives aux résultats de l'agrégation de droit public

Comme il y a deux ans j'avais proposé, au moment des résultats de l'agrégation de droit public, de mettre à disposition des lauréats les pages de ce blog, tout en soulignant auprès de ceux qui m'avaient sollicité qu'autant, j'en étais d'accord pour ce qui concerne les informations sur les services, autant quelques débordements passés m'incitaient à la prudence pour les échanges relatifs aux affectations et je sais gré à Bérangère Taxil d'avoir, de ce point de vue pris une initiative qui a permis que ces derniers échange se déroulent discrètement.

Mais, et là est à la fois le plus important et le plus grave, les débordements n'ont pas cessé, loin de là, et nonobstant une modération des commentaires, j'ai été pris de vitesse à certain moment face à des propos parfois très vindicatifs et d'une ampleur inhabituelle (même si l'analyse des adresses IP laisse à penser que de nombreux commentaires sont le fait de personnes identiques).

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26.06.2008

résultats et affectations de l'agrégation de droit public 2008

Voici les résultats du concours de l'agrégation de droit public, cuvée 2008, avec les affectations indiquées dans la liste fournie par Bérangère Taxil (que je remercie pour cette information).

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18.02.2008

Liste des sujets de la 1ere leçon d'agrégation de droit public

Voici la liste des sujets proposés aux candidats pour la première leçon en loge (jusqu'au 14 février).

Par rapport au lien sur le site du Ministère, j'ai ajouté les textes pour lesquels je n'avais pas d'hésitation. En revanche, d'autres se présentent sous la forme  d'extraits qui ne sont pas facilement identifiables. Si des personnes qui ont eu connaissance de ces sujets veulent bien les ajouter en commentaire cela complètera l'information.

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28.01.2008

Equipes de leçon en 24 heures (suite).


Je dispose de plusieurs propositions de qualité pour appuyer des candidats durant leur leçon de 24 heures, principalement en droit administratif et droit constitutionnel avec, pour certaines propositions, des ouvertures vers le droit comparé, le droit économique, la théorie du droit ou la science administrative.

 

Avis aux candidats intéressés, je suis à votre disposition pour forwarder les mails reçus..

24.01.2008

Agrégation de droit public : aide à la constitution des équipes pour la leçon en 24 heures.

 

 

Je sais bien que le moment n'est pas des mieux choisis. Les résultats de la sous-admissibilité n'ont pas encore été proclamés, de sorte que les incertitudes sont encore fortes pour les candidats et prudentes les perspectives de projection dans l'avenir.

 

Il n'en reste pas moins que le moment est venu de songer sérieusement à la constitution des équipes épaulant les candidats au cours de la leçon dite « en préparation libre », mieux connue sous son petit nom de « leçon en 24 heures ».

à l'usage de nos amis lecteurs qui ne seraient pas familiers avec le concours de l'agrégation des Facultés de droit, et qui toutefois envisageraient de jeter un oeil distrait aux lignes qui vont suivre, il faut dire quelques mots sur cette leçon;

 

Le concept en est très simple : le candidat vient choisir son sujet à une heure donnée, au lieu où se déroule le concours et le lendemain, à la même heure, il viendra entretenir le jury de ce même sujet durant 45 minutes. Entre ces deux bornes, le candidat aura pu préparer sa leçonde manière entièrement libre, avec le concours des personnes qu'il souhaite, dans le lieu qu'il souhaite, et toute la documentation qu'il juge utile.

 

Cette "performance" fait partie de la mythologie du concours. Jadis, toutes les épreuves se déroulaient ainsi, une seule a aujourd'hui été conservée. Elle témoigne que les agrégations de droit (public, privé et histoire) sont un peu à part des autres concours, de même que les juristes se sentent un peu part du reste de la communauté universitaire. En somme la leçon de 24 heures est notre "channel" à nous.

 

Mais il faut également savoir que cette leçon suscite aujourd'hui de grands débats chez les enseignants chercheurs des Facultés de droit, débats qui traduisent une ligne de fracture entre les traditionnalistes et les modernistes. Pour les premiers, il convient de maintenir ce monument, symbole de notre spécificité. Pour les seconds, cette leçon produit une inégalité entre les candidats, favorisant les parisiens (qui n'ont pas à financer le voyage de leur équipe) et ceux qui bénéficient d'un réseau important (qui sont souvent les mêmes que les sus-cités). 

 

Le Conseil d'Etat a d'ailleurs été saisi de cette question qui a prudemment répondu que les conditions de prérapation de cette leçon "n'introduisent par elles-mêmes aucune discrimination entre les candidats", le "par elle-même", étant une manière habile de poser que les choses ne sont pas claires.

Bref, entrerons nous dans l'Euro ou garderons nous les insignes de notre ancienne gloire, voilà qui n'est pas encore tranché.

 

Ces précisions apportées, revenons en à notre sujet. 

 

 

Quelques conseils, tout d'abord, pour la constitution de cette équipe.

 

1 – Plutôt une équipe resserrée qu'une équipe pléthorique.

 

On pourrait reprendre la phrase de Woody Allen « l'Eternité c'est long, surtout vers la fin », pour dire que 24 heures de préparation c'est long, sauf vers la fin... Mais, pour faire en sorte de gérer au mieux cette durée un peu étrange, je crois pouvoir conseiller de recourir davantage à une équipe composée de d'un petit nombre de membres qu'à une équipe très étendue.

 

Pour avoir expérimenté les deux versions ( soit comme équipier, soit comme candidat), j'ai pu constater que les équipes nombreuses génèrent toujours, sauf de très rares exceptions, des lourdeurs de gestion (l'intendance n'est pas rien !), des difficultés relationnelles (ah, l'ego des universitaires), une dilution des décisions qui conduit à des leçons « consensuelles », et finalement assez insipides.

 

Aussi bien, il me semble qu'une équipe de rédacteurs de 4 à 5 personnes est amplement suffisante.

 

 

2 – Plutôt des amis que des stars.

 

Durant chaque concours, il y a des équipiers particulièrement recherchés, grands espoirs de la matière, précédés d'une réputation souvent justifiée, et auxquels les candidats cherchent à faire appel en priorité. J'ai tendance à penser que cette stratégie n'est pas la plus efficace. Il faut souligner qu'une leçon en 24 heures n'est pas une oeuvre scientifique et qu'il n'est pas forcément utile de disposer des spécialistes les plus pointus de la matière, cela d'autant plus que lesdits spécialistes, si vous ne les connaissez que de loin, ne seront sans doute pas pleinement impliqués dans la confection de la leçon.

 

Il me semble qu'il vaut mieux s'entourer d'amis proches, véritablement motivés, et qui se mettront à votre service de toute leur énergie pendant la préparation.

 

3 – structuration de l'équipe

 

Les candidats ont tendance à essayer d'organiser à l'avance la structure de l'équipe: les jeunes à Cujas, les vieux routiers à l'introduction, l'ami proche et un peu autoritaire à la gestion de l'équipe. Si je ne disconviens pas que cette organisation a du bon, je pense également (surtout dans le cadre d'une équipe resserrée comme préconisé ci-dessus) qu'il ne faut pas hésiter à laisser le champ libre à une certaine improvisation créatrice. Mais ici, c'est sans doute davantage une tendance personnelle que je livre.

 

4 – Paris / province.

 

Il est indéniable, on a déjà eu l'occasion de le rappeler abondamment dans ces pages, que candidats de province, et ceux issus d'universités à petits effectifs en particulier, sont clairement défavorisés dans le cadre de la préparation de la leçon en 24 heures : coût des déplacements et hébergements, petit nombre d'équipiers potentiels, mauvaises connaissances des ressources documentaires parisiennes.

 

Aussi, il me semble que minimiser ces inconvénients, les candidats auront utilement recours à des parisiens, en particulier pour la recherche documentaire. Les bons étudiants en master ou les jeunes doctorants sont souvent très disponibles pour cela.

 

Au delà de ces conseils, qui valent ce qu'ils valent, et j'invite d'ailleurs mes commentateurs à ne pas hésiter à les critiquer, je propose, comme pour le précédent concours, d'organiser une « bourse des équipiers » pour la préparation de cette leçon.

 

J'invite ainsi les candidats à user de la boîte mail pour m'indiquer la matière dans laquelle ils composent et leurs besoins, et j'invite les personnes qui seraient intéressées pour participer à de telles équipes, de m'adresser également un mail (avec si possible un bref CV dans le corps du mail), et j'assurerai la mise en relation.

 

J'ai hésité à organiser un système plus ouvert ( par exemple avec un groupe yahoo ou un blog) mais je pense que les personnes concernées préféreront sans doute un système qui ne mette pas sur la place publique leurs coordonnées.

 

20.09.2007

Leçon sur travaux de l’agrégation de droit public : Comment est-il possible de s’y préparer ?

Depuis hier, les candidats au concours de l’agrégation de droit public connaissent la date de début des épreuves et la lettre tirée pour déterminer l’ordre de passage.

Et la question circule de groupes en en groupes : comment se préparer à la première épreuve sur travaux ? A chacun naturellement, sa méthode, mais la tonalité générale laisse apparaître deux axes essentiels : le réinvestissement sur les travaux, et la vérification des sujets de prédilection des membres du jury, qui pourraient entrer en congruence avec ces travaux.

Mais, au delà de ces deux points, il est possible de se demander s’il existe des méthodes pour se préparer à l’épreuve sur travaux, et le cas échéant lesquelles.

Je profite d’ailleurs de cette note pour souligner que j’invite les personnes qui ont une certaine expérience du concours à faire part de leurs réactions : il me semble qu’il n’y a pas de méthode unique et de recette applicable à tous et chacun. Mais en revanche, il me semble également que des lectures faites par plusieurs personnes de leurs expériences il résulte un panorama qui peut-être très utile aux candidats.

1°) Faut-il se plonger à corps perdu dans ses travaux ?

A cette question, la réponse est plutôt non. Assurément, il ne faut pas être désarçonné par une question d’un membre du jury à laquelle on répondrait « tiens, j’ai écris ça, moi ? ». Mais, il me semble que l’idée générale est plutôt de parvenir à prendre de la hauteur par rapport auxdits travaux, d’être capables de les resituer dans des contextes plus larges. Il me semble en effet que si, au delà de la qualité intrinsèque des travaux, l’épreuve en elle-même joue un rôle, c’est bien celui de permettre au candidat de faire la démonstration d’une certaine hauteur de vue, comme on dirait en langage « éducation nationale », d’une contextualisation de ses propres recherches.

A cela s’ajoute également, me semble-t-il, la capacité à reconnaître les insuffisances sur certains points de ses recherches, tout en montrant que l’on en a pris la mesure et que l’on détient désormais les clefs pour les surmonter.


2°) Faut-il préparer des questions ?

Selon les jurys, l’épreuve sur travaux est plus ou moins proche des écrits des candidats, certaines années, elle a même davantage ressemblé à une épreuve de culture générale de droit public. Le présent jury, d’après les informations recueillies, n’ayant pas donné d’indications sur ce point, ce sont les premiers passages qui permettront de prendre la mesure de la doctrine qu’il élaborera sur ce point.

Cette incertitude fondamentale, naturellement, empêche de préparer, au sens strict, cette épreuve. Tout particulièrement, je crois fort peu à l’utilité d’une sorte de bachottage de dernière minute : ce qu’on n’a pas appris en dix ans, ce n’est pas en 8 jours qu’on va l’apprendre. Et comme je le soulignais dans le point précédent, c’est plus de hauteur de vue qu’il faut se préoccuper, que de volume de connaissances.

Il me semble donc que la meilleure solution consiste donc à faire comme d’habitude : lire ses revues, avec peut-être un champ disciplinaire un peu plus large, se tenir au courant, continuer de se cultiver en hantant les rayonnages d’une bibliothèque.

Si donc on ne peut pas anticiper les questions d’ordre général susceptibles d’être posées par le jury, il est en revanche possible de prendre la mesure de celles qui risquent d’être posées directement sur les travaux :

Au cours de son cursus honorum, le candidat et surtout ses travaux ont été soumis à l’appréciation de nombreuses instances : jury de thèse, Conseil National des Universités, Commissions de spécialistes, éventuellement précédent jury du concours (si si, ça arrive…).

Ce que l’on constate généralement c’est que dans chacune de ces instances, les points positifs ou négatifs qui ont été relevés à propos de travaux sont relativement constants : un problème de plan, des passages meilleurs que d’autres, des problèmes de forme… Cette constance est moins le fait d’un côté « moutonnier », de ces différentes instances que le produit de l’habitude l’analyse de travaux : les personnes qui sont habitées à ce type d’exercice repèrent généralement les mêmes qualités et les mêmes défauts.

Il y a donc de fortes chances qu’à l’occasion de l’épreuve sur travaux, les rapporteurs n’aboutissent à des conclusions semblables ou du moins approchantes. Dès lors, il me semble qu’une des formes les plus efficaces de préparation du candidat à la leçon sur travaux consiste à prendre la mesure des critiques qu’il a régulièrement entendues, et de trouver soit des justifications supplémentaires, soit des amendements qui attestent qu’il est capable de les prendre en compte. Cette démarche s’inscrit dans celle que j’évoquais précédemment : prendre de la hauteur, c’est là un des enjeux essentiels.

3°) Faut-il faire une (ou des) leçon blanche ?

C’est une question délicate à laquelle j’avais proposé des éléments de réponse dans une note publiée ici à l’occasion du précédent concours. Cette note, mais encore davantage le commentaire de « GJG » qu’elle avait suscité ne me semblent appeler aujourd’hui de précisions supplémentaires.

4°) Et quoi d’autre ?

Quoi d’autre ?

L’essentiel.

Je le dis ici, et je le répèterai dans les mois qui viennent, le succès au concours dépend moins de la qualité de sa préparation que de la quantité de sommeil.

Je caricature, évidemment, mais je souhaite ici rappeler avec le plus de force de conviction possible que la réussite au concours est d’abord question de forme physique et de disponibilité d’esprit. Alors profitez de cette année pour faire du sport, vous aérer, vous cultiver, ne pas vous en fermer dans des projets trop lourds ou des préparations de cours trop contraignantes.

Il me reste donc à souhaiter bonne chance aux candidats et à remercier tous ceux qui, en donnant ici des illustrations de leur expérience, contribueront à rendre plus compréhensibles aux candidats les tenants et les aboutissants de cette leçon.