19.05.2008

Live blogging depuis Bâton Rouge (4) : un document exclusif !

Au cours de la pose du déjeuner, nos hôtes louisianais nous ont particulièrement choyés et fait confiance : ils nous ont en effet présenter un certain nombre de locaux tops secrets.

En effet, une mission de l'Université française s'est rendu il y a quelques mois à la Faculté de droit de Bâton Rouge (Louisiana State University) pour mettre au point un certain nombre d'infrastructures modernes et adaptées aux besoins des étudiants.

Et nos hôtes louisianais nous ont donné accès à quelques uns des projets retenus, et qui devraient être réalisés dans les prochains mois dans certaines universités françaises.

Pour les personnes qui me font l'amitié de suivre ce live blogging, je dévoile deux de ces projets.

D'abord, le nouvel aspect du Restaurant Universitaire du centre Bullier de Port Royal (une duplication est prévue à Nanterre).
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Ensuite, le projet de rénovation des espaces de la bibliothèque Cujas. Ici représenté en photo, les espaces dévolus aux doctorants.
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Je ne puis qu'être d'accord avec mes lecteurs : on doit se féliciter que la loi sur l'autonomie des universités produise, en si peu de temps, des projets aussi remarquables. Assurément, on mesure tout l'intérêt des réformes qui se produisent en France depuis le mois de mai dernier. Enfin, nos universités sont en train d'atteindre les standards internationaux.

10.01.2008

Rompre avec l'esprit de 68... Pour Nanterre, c'est fait !


Il y avait eu quelques signes avant-coureurs.


Songez : un Président de la République qui avait usé ses fonds de culottes sur les bancs de l'Université et qui appelait, justement à rompre avec l'esprit de 68 qui y avait pris naissance le 22 mars...


Et puis il y avait ce logo, dans lequel se trouvait mis en valeur la Grande Arche, alors même qu'elle n'est pas sur le territoire de la commune de Nanterre.


Et puis aussi ces discussions de couloir. « « Paris-la Défense » ça sonnerait mieux... » « oui mais nos valeurs » « bon d'accord mais notre attractivité internationale »...


Et bien voilà. C'est accompli.


L'université de Paris X – Nanterre a vécu.


Il faut désormais l'appeler « Université de Paris Ouest-Nanterre- La Défense ».

 

C'est l'oeuvre du Conseil d'administration qui a voté au mois de novembre dernier, en même temps que la révision des statuts, cette nouvelle dénomination. 


j'en vois des qui sourient.


C'est vrai que s'appeler comme un panneau indicateur de l'Autoroute A 13 un dimanche soir au retour de Deauville, ce n'est pas très réjouissant.


C'est vrai qu'on aurait pu trouver plus moderne.


Universitalia, pour faire comme les grands groupes du CAC 40


Nanteroo, pour faire comme les starts-up numériques


L'univ' pour ressembler aux tentatives de public jeune du service public


Voire-même


Université de Paris Ouest Daniel Cohn Bendit pour copier par dessus l'épaule de Sceaux


Ou plus audacieux :


Université des Hauts-de Seine Nicolas Sarkozy, pour essayer de capter les crédits d'une des 10 rénovations de campus annoncées avant hier...


Mais mon petit doigt me dit que le fait d'avoir choisi un nom aussi long et malagréable est une suprême habileté.


Rappelez vous.


Quand Raider est devenu Twix, quand Philips est devenu Whirlpool, quand Weil est devenu Terré, on a toujours connu une période intermédiaire ou les deux noms étaient réunis.


Et bien songez maintenant que Paris Ouest Nanterre La Défense se prêterait fort bien à une telle évolution.

 

Mais en attendant je souhaite bien du courage à tous ces initiateurs de projets Nanterrois qui avait avait habilement utilisé le « X » de Paris X pour dénommer leurs projets.


Que deviendra « Dix de choeur », la remarquable chorale de l'Université ? (Je ne suis pas sur que « à l'ouest gentille à l'ouest » convienne).


Que deviendra EconomiX le centre de recherche du brillant Eric Brousseau qui jouait habilement sur les sonorités anglo-saxonnes et le visuel gaulois du «X » ?


Bon évidemment, en contrepartie on peut aussi y gagner.


Si par exemple les alter-mondialistes y organisent leur Université d'été, on pourra l'appeller « Université Attac-Défense »...


Ou si Paris V abandonne son « centre droit et défense », on pourra l'appeler Défense2.


Ou bien encore, si on installe un centre de recherche sur la Russie on pourra l'appeler Paris Ouest-Est.


Vous le voyez, tout est possible si l'imagination est au pouvoir.


Mais il reste un dernier combat à mener : rebaptiser la station de RER « La Défense -Université ».


Pour « Chambre des députés » il a fallu plus de 40 ans. Mais comme il nous a également fallu 40 ans pour rompre avec l'esprit de 68, nous sommes sur la bonne voie !

08.10.2007

C'est la rentrée !

J’en vois des qui sourient (des collègues), j’en vois des qui s’esclaffent (des anti-fonctionnaires), j’en vois des qui ne comprennent pas (des non-fonctionnaires), j’en vois des qui s’indignent (des anti-fonctionnaires libéraux), j’en vois des qui s’étonnent (des collègues d’universités ayant adopté le nouveau rythme septembre/avril), j’en vois des qui s’inquiètent (des étudiants, qui ne me connaissent pas encore), j’en vois des qui s’inquiètent davantage encore (des étudiants qui me connaissent), j’en vois des qui anticipent le pire (des responsables de diplômes qui affûtent déjà leurs armes pour récupérer mes copies en fin de semestre).

Oui certes, une rentrée le huit octobre, cela a quelque chose d’irritant, de provocateur, d’anti gouvernemental.

Oh, alors je pourrais trouver des excuses, ou des justifications :

Oui, mais la rentrée administrative a déjà eu lieu.

Oui, mais la session de septembre s’est déjà déroulée (en septembre).

Oui, mais j’avais plein de nouveaux cours à monter.

Oui, mais j’ai déjà écrit plein d’articles.

Et de notes sur ce blog.

Oui, mais non. Pas d’excuses, pas de justifications.

Car la vraie rentrée, la seule qui compte, l’essentielle, celle pour laquelle j’ai voulu faire ce métier, bref, la rentrée des cours a eu lieu aujourd’hui à Nanterre.

En ce qui me concerne, elle a débuté par un cours de droit de l’urbanisme, tout nouveau pour moi, même si je l’avais déjà enseigné en travaux dirigés, et évidemment beaucoup rencontré dans la pratique.

Je suis entré dans la salle avec le même mélange d’envie et d’anxiété que chaque année. Quoiqu’avec peut-être plus d’envie et moins d’anxiété cette année.

Comme à chaque nouveau cours, chaque nouvelle année, ce premier cours a été un mélange compliqué.

Les étudiants ont besoin de jauger ce nouvel enseignant.

L’enseignant a besoin de prendre la mesure (ce qui veut dire la même chose mais évite la répétition) de ce qui lui apparaît comme un groupe compact indifférencié et frontal.

Il a aussi besoin de ressentir rapidement si son message passe. S’il suscite l’ennui, l’intérêt poli, l’adhésion, la curiosité, la réprobation.

Lorsqu’il débute un nouveau cours, de surcroît, il a besoin de savoir s’il peut se reposer sur ses notes, où si celles-ci sont trop complexes, ou pas assez, ou trop détaillées, ou pas assez.

Voilà quelques uns des éléments de cette interaction complexe.

Pour ce premier cours j’avais choisi à la fois la facilité et la difficulté.

Après avoir évacué en quelques minutes les questions de bibliographie (et avoir cité en bonne place, il le mérite, jurisurba), j’ai débuté par une introduction historique.

Ceux qui me connaissent un peu savent qu’il est rare que je débute autrement un cours. C’était donc une facilité.

Mais difficulté aussi, car croyez vous vraiment que des étudiants de 2007 soient captivés d’emblée par la description de l’urbanisme cistercien, du cardo de la rue Saint-Jacques, des lotissements de l’Odéon, de la description de Richelieu ou de Versailles (ah, les avenues rayonnant du château comme figure de l’urbanisme politico/symbolique) ?

Pas certain du tout.

Mais voilà, dans cette alchimie que j’évoquais, il y a aussi la nécessité d’affirmer son style d’enseignement. Et le mien est fait de ces références historiques quand bien elles ne passent que difficilement.

Il est également fait d’une incapacité absolue de rester dans le périmètre de mes notes de cours : voilà déjà que le plan annoncé de cette introduction ne correspond pas à celui que j’avais noté. Lorsque je reprendrai jeudi, il faudra que je me souvienne de ces subdivisions nouvelles, ce qui est loin d’être certain.

Je jalouse les collègues qui peuvent noter entièrement en cours, et s’y tenir. Pour ma part, j’en suis bien incapable. Tant que n’a pas eu lieu la prise de parole, la matière me paraît inerte, statique, et les idées, les mises en relations, les enjeux les problématiques ne me viennent qu’à mesure que j’avance dans mon exposé.

Moyennant quoi, terminer le programme annoncé dans l’enveloppe de temps allouée mais tout aussi difficile.

Bref. Pendant 90 minutes, j’ai fait passé toutes sortes d’images de l’urbanisme ancien, de ses logiques, de ses métamorphoses, et je voyais en même temps l’horloge tourner, trop vite.

Au point qu’à la fin du cours j’aurais voulu retenir les étudiants, poursuivre ces évocations, ces réflexions. L’enthousiasme de cet instant m’a accompagné toute la journée :

Oui, assurément, c’est la rentrée. La vraie, la seule. Celle qui ranime chaque semaine la foi que l’on peut avoir dans cette mission de passeur. Et je mesure combien, durant ces derniers mois, l’enseignement m’a manqué.

C’est la rentrée. Enfin. Et voilà que je me prends presque à redouter que l’année ne soit trop courte !

12.04.2007

Appel des membres des Facultés de droit contre la remise en cause de l’utilité des études juridiques

Voici le texte de l’appel qu’entendent lancer les membres des Facultés de droit, à la suite de l’édiction de l’arrêté du 21 mars 2007 reconnaissant le diplôme de l’IEP de Paris comme équivalent à une maîtrise de droit, pour l’accès à l’examen d’entrée aux centres régionaux de formation à la profession d’avocat.

Il a recueilli depuis hier soir plus de 40 signatures, malgré la période peu propice des vacances universitaires, ce qui témoigne des fortes réactions suscitées par cette décision.

Toutes les personnes qui souhaitent signer cet appel peuvent le faire en adressant un mail à l’adresse suivante :
 

Par ailleurs, le recours annoncé dans cet appel devrait être déposé en début de semaine prochaine.

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