09/04/2008
RGPP : chronique d’un échec annoncé.
Vous avez aimé la Commission de la Hache ?
Vous avez frissonné à l’évocation de la Commission de la guillotine ?
Vous vous êtes sentis américains à l’annonce de la « rationalisation des choix budgétaires » ?
Votre fibre deuxième gauche a tressailli à l’évocation du « mieux d’Etat » ?
Votre fayolisme latent (ça sonne curieusement « fayolisme »…) s’est réveillé au son des « audits Coppé ».
Alors vous êtes prêts pour cette nouvelle saison de « Comment je n’ai pas réformé l’administration ». Saison intitulée d’un acronyme aussi obscur que ceux de 24 heures chrono : « RGPP » pour « Révision Générale des Politiques Publiques ».
En réalité, cette « révision générale des politiques publiques » aura, comme son illustre devancière la commission de la hache, le but essentiel de parvenir à la suppression d’emplois publics. Pour le reste, les démarches de modernisation de l’administration suivront le train train habituel fait de « mutualisation » de « réorganisation » de « recentrage » avec parfois quelques audacieuses « suppressions », mais rassurez vous, tout cela n’ira pas bien loin.
Vous allez dire que je suis un observateur pessimiste de l’administration, que je me complais dans la critique, voire, pour les plus suspicieux d’entre vous, que je suis un horrible gauchiste.
Je ne puis être ni tout à fait en accord ni tout à fait en désaccord avec certaines de ces propositions, à charge pour vous de deviner lesquelles.
Mais pour la question qui nous préoccupe, je tiens à souligner que j’ai quelques arguments solides à faire valoir.
Toute politique publique doit aujourd’hui son site internet.
Les audits Coppé étaient mis en ligne sur "http://www.audits.performance-publique.gouv.fr"
Rendons nous y derechef.
13:36 Publié dans variétés | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : RGPP, révision générale des politiques publiques, échec
Dates des réunions de commissions de spécialistes
L'année passée, j'avais lancé un appel à la "coordination" des claendriers de commissions de spécialistes, afin que les candidats à la maitrise de conférence n'aient pas à courir à la France entière en tous sens, par rail ou par air, dans la même journée.
Disons le tout net, cet appel fut un échec complet, et le calendrier qui en ressortit fut aussi peu satisfaisant que les années précédentes.
Il faut dire que les contraintes imposées par le ministère pour la saisie des données rendent les choses très difficiles, et les différents jours fériés du mois de mai y ajoutent encore.
Aussi bien, sur l'invitation de quelques collègues et camarades, j'aurai cette année une mabition plus modeste : faire en sorte que les candidats soient informés, le plus en amont possible des dates de réunion.
L'estimé xddb a déjà donné les dates de Grenoble et de Montpellier, que je rappelle ici. Nous avons également celles de Paris I et Paris II. Je propose donc aux collègues d'ajouter celles des dates qu'ils connaissent en commentaire à cette note.
Faculté de droit de Grenoble, Section 02, 3 postes
Réunion le 21 mai à partir de 9h.
Faculté de droit de Montpellier, Section 02, 1 poste
Réunion le 14 mai à partir de 11h
- Paris 1 : 19 mai, après-midi
- Paris 2 : 20 mai, après-midi
10:24 Publié dans enseignement du droit | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : Facultés de droit, commission de spécialistes, dates de réunion.
02/04/2008
Renouveau du marché de « l’art français » le degré 0 (ou taux 0) des politiques publiques.
L’essentiel, la grande mesure phare, c’est le « prêt à taux 0 » pour les particuliers qui acquièrent une œuvre d’art, la banque accordant le prêt bénéficiant du statut juridique de mécène est des allègements fiscaux qui vont avec.
Prêts à taux 0.
Ah, la bonne idée, la nouvelle idée, l’illustration du génie français à l’œuvre dans la RGPP.
Prêt à taux 0.
Une idée merveilleuse, assurément approuvée par les instances de communication du ministère.
Une formule en trois mots. Pas dure à retenir.
La connotation « aubaine » : taux 0, la bonne affaire.
L’entrée dans un univers familier
prêt à taux 0 immobilier,
prêt à taux 0 « pour les jeunes »
prêt à taux 0 « mobilité des fonctionnaires ».
Bref, le prêt à taux 0 paradis et paradigme de l’Etat moderne.
On aurait pu, sans difficulté, user d’un autre mécanisme : l’œuvre d’art à « un Euro par jour ». Là aussi c’est une formule choc, qui manifeste un effet d’aubaine et qui aurait rejoint permis de conduire, ordinateur et diverses babioles du même genre.
Dans tous les cas c’est le JT de 20 heures assuré. Et après tout, là est bien l’essentiel.
Pourtant, parmi les spécialistes de la question il y a quelques voix discordantes.
19:35 Publié dans variétés | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : plan de renouveau de l'art français, politiques publiques, Chrstine Albanel
28/03/2008
La bombe de la CEDH contre les perquisitions fiscales à la française : l’affaire Ravon c. France
Etaient en question la conventionnalité des dispositions de l’article L 16 B du livre des procédures fiscales, au regard, en particulier de l’article 6 de la Convention EDH.
18:21 Publié dans libertés publiques | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : perquisitions fiscales, article 6 CEDH, Ravon
26/03/2008
Quelques observations sur le contenu et l’ergonomie du site Lexis-Nexis.
Du point de vue de l’ergonomie du moteur de recherche, il faut le souligner, nous sommes en présence à mon sens, de l’outil le plus abouti. La recherche par opérateurs y est particulièrement simple et accessible, la recherche par type de sources également.
On pourra toutefois formuler un regret qui tient au fait que les opérateurs chronologiques soient prédéfinis (il y a un mois, trois mois, …) mais cela reste une lacune mineure.
La qualité de l’ergonomie de la présentation des résultats souffre davantage de discussions.
De ce point de vue, quatre observations essentielles peuvent être faites.
D’abord, les résultats ne peuvent être triés que par type de source. On aimerait pouvoir les classer par ordre chronologique,selon des critères de pertinence par rapport à la recherche ou même en hiérarchisant à l’intérieur des types de sources les textes : études /chroniques / notules…) il est en effet très frustrant, dans le cadre d’une recherche de fond, de faire ressortir des notes en trois lignes qui n’apportent rien à la matière mais alourdissent les résultats.
Ensuite, il arrive très fréquemment que des contenus (notamment dans les jurisclasseurs mais pas uniquement) soient redondants (ainsi, une bonne partie du jurisclasseur construction est reprise dans le jurisclasseur notarial /géomètre expert /voire administratif), ce qui, pour des recherches qui font déjà sortir de nombreux résultats conduit à des listes infinies avec l’obligation à chaque fois d’aller vérifier si l’on est en présence d’un contenu original ou dupliqué.
Par ailleurs, et cela vaut tout particulièrement pour les nombreuses chroniques thématiques, la recherche est opérée sur l’ensemble de la chronique et non sur les arrêts commentés un par un. Par exemple, si vous tapez « urbanisme et contrat », toutes les chroniques de droit administratif sortent, alors qu’on ne souhaite disposer que des analyses portant sur le rapprochement de ces deux notions. Par ailleurs, l’opérateur de proximité n’est pas toujours efficace puisqu’il faut lui donner une très grande valeur pour être sûr de ne rien rater dans un article. Il est à noter que sur un échantillon de plusieurs dizaines de recherches effectuées ces derniers jours, j’ai relevé ce type de problèmes dans plus de 70% des recherches et constituant souvent plus de 20 % des résultats.
Enfin, si la possibilité de lire en ligne les revues, livraison par livraison est vraiment très intéressante, on peut regretter que pour certaines (JCP-A, DA...) on ne trouve dans les sommaire cliquables que les initulés des contenus sans que soi précisé ni leur nature (information rapide, note, article...) ni leur auteur.
Troisième et dernière série d’observations, elle touche cette fois la qualité globale des sources. J’ai ici quelques critiques que j’énoncerai prudemment pour ne froisser personne.
Il me semble que l’ensemble des sources est marquée par une très grande hétérogénéité. S’agissant des jurisclasseurs, par exemple, certains fascicules sont exceptionnels. D’autres sont utilisables et d’autres encore à peine utilisables, notamment du fait de leur péremption. C’est une vraie difficulté quand on procède à une recherche, notamment dans les domaines que l’on ne maîtrise pas car il est difficile d’arriver à faire le départ entre le bon grain et l’ivraie.
J’aurai également un reproche que je développerai un autre jour de manière plus générale : il me semble que lexis-nexis pratique ce qu’il est convenu d’appeler le « patriotisme éditorial ». Cela signifie que le plus souvent, les articles ou fascicules de jurisclasseur ne citent, notamment à la suite des arrêts, que les commentaires parus dans d’autres publications Lexis-Nexis. Un exemple caricatural puisé dans un article récent, à propos de l’arrêt Tropic : « (CE, ass., 16 juill. 2007, n° 291545, Sté Tropic travaux signalisation : Juris-Data n° 2007-072199 ; JCP A 2007, 2212, note F. Linditch ; JCP A 2007, 2221, note M.-Ch. Rouault ; JCP A 2007, 2227, note B. Seiller ; JCP G 2007, I, 193, chron. B. Plessix ; JCP G 2007, II, 10160 ; Dr. adm. 2007, repère 7 ; Dr. adm. 2007, comm. 142, Ph. Cossalter ; Contrats – Marchés publ. 2007, comm. 254, J.-P. Pietri ; S. Braconnier et F. Brenet, Le contentieux des contrats publics d'affaires : Contrats – Marchés publ. 2007, comm. 8) ».
Je trouve cette pratique assez contestable, en particulier pour les articles ayant une portée doctrinale car si il n’est plus possible, aujourd’hui, de pratiquer des citations exhaustives de toutes les notes d’arrêts, il me semble qu’une partie du travail doctrinal consiste précisément à identifier les commentaires de qualité, et cela ne peut pas passer uniquement par la référence aux « publications maison ».
Enfin, la base jurisprudence (et surtout, vous l’aurez compris la jurisprudence administrative), ne me semble pas reprendre l’ensemble des arrêts que l’on trouve (que l’on trouvait) sur Legifrance. En outre de nombreuses décisions ne figurent que par leurs abstracts juris-data qui, s’ils sont de qualité, n’emploient pas toujours le même vocabulaire que les tables du recueil Lebon. Or, l’homogénéité terminologiques me semble être un critère important pour la qualité de recherches jurisprudentielles.
Pour conclure si, comme, d’habitude, j’ai d’avantage mis l’accent sur les critiques que sur les compliments, il reste que ce service est sans doute le plus performant de ceux que qu’il m’a été donné d’utiliser : mémorisation des recherches, des documents consultés, veilles sur les recherches, lien hypertextes vers les arrêts ou les textes cités, tout cela est du bel ouvrage.
19:15 Publié dans documentation juridique, édition juridique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : lexis, lexisnexis, jurisclasseur, base de données, interrogation





