09/04/2008

Dates des réunions de commissions de spécialistes

L'année passée, j'avais lancé un appel à la "coordination" des claendriers de commissions de spécialistes, afin que les candidats à la maitrise de conférence n'aient pas à courir à la France entière en tous sens, par rail ou par air, dans la même journée.

 

Disons le tout net, cet appel fut un échec complet, et le calendrier qui en ressortit fut aussi peu satisfaisant que les années précédentes.

 

Il faut dire que les contraintes imposées par le ministère pour la saisie des données rendent les choses très difficiles, et les différents jours fériés du mois de mai y ajoutent encore.

 

Aussi bien, sur l'invitation de quelques collègues et camarades, j'aurai cette année une mabition plus modeste : faire en sorte que les candidats soient informés, le plus en amont possible des dates de réunion.

 

L'estimé xddb a déjà donné les dates de Grenoble et de Montpellier, que je rappelle ici. Nous avons également celles de Paris I et Paris II. Je propose donc aux collègues d'ajouter celles des dates qu'ils connaissent en commentaire à cette note.

 

Faculté de droit de Grenoble, Section 02, 3 postes
Réunion le 21 mai à partir de 9h.

Faculté de droit de Montpellier, Section 02, 1 poste
Réunion le 14 mai à partir de 11h

- Paris 1 : 19 mai, après-midi

- Paris 2 : 20 mai, après-midi

 

 

05/03/2008

La liste 2008 des candidats qualifiés aux fonctions de maître de conférences par la section 02 du CNU

Voici la liste des candidats qualifiés par la section 02 du CNU pour les emplois de maîtres de conférences. Vous trouverez, pour chaque personne le nom/le sujet de thèse/ le directeur de thèse / l’université de soutenance.
J’y ai ajouté un tableau répertoriant le nombre de qualifiés par université.

Je remercie vivement Frédéric Sudre de me l’avoir adressée.

Compte-tenu des regrettables débordements de l’année dernière, tout en maintenant les commentaires ouverts, j’avertis que je modérerai toute observation qui contiendrait des considérations personnelles.

Comme pour les années passées, et peut-être encore davantage, mes pensées vont également aux candidats qui n’ont pas été qualifiés.

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01/02/2008

Evaluer les enseignements ? Oui bien sûr, mais pourquoi faire ?


 

L’évaluation des enseignants, pardon, des enseignements, fait partie des grands classiques de la réforme administrative. A mon sens, en terme de fréquence d’emploi elle doit venir juste après « gérer l’Etat comme une entreprise » et « créer une commission ».

 

S’agissant des enseignants supérieurs, cette évaluation existe déjà depuis dix ans puisqu’elle figure à l’article 23 d’un des célèbres « arrêtés Bayrou », lequel n’a pas été expressément abrogé par la réforme LMD.

 

Le Conseil d’Etat a d’ailleurs admis la légalité de la procédure instituée.

 

S’agissant des enseignants du supérieur, le principe constitutionnel de leur indépendance pose toutefois quelques limites. D’abord, l’évaluation faite parles étudiants ne peut-être adressée qu’à l’enseignant lui-même, ensuite il ne peut en être déduit aucune conséquence statutaire (v. sur ce point R. Schwartz et O. Schrameck, note sous CE avis 6 mars 1990, Grands avis du Conseil d’Etat 2e ed. n° 23).

 

On observera entre outre qu’à cette évaluation formelle s’ajoute des procédures autrement plus simples (et cruelles parfois) : il n’est qu’à vérifier l’état de remplissage des amphis, le nombre d’inscrit dans les diplômes ou les forums d’étudiants pour prendre la mesure de la perception des enseignements (et des enseignants)…

 

C’est dans ce contexte que notre Ministre a relancé le débat au cours d’un intervention radiophonique. Il faut évaluer les enseignements, il faut en tirer les conséquences sur le « format » des diplômes, mais pas sur les enseignants. Malgré les questions sagaces du journalistes, Valérie Pécresse s’est fort bien tiré de ce slalom entre les piquets jurisprudentiels et le verglas des susceptibilités professionnelles…

 

Si l’exercice a donc été parfaitement réalisé, sa finalité est difficile à percevoir (comme celle d’ailleurs du slalom qui consiste à descendre ce qu’on vient de monter…).

 

Ce qui est frappant dans le discours du Ministre, c’est qu’il reprend implicitement tous les sous-entendus du discours sur l’évaluation : il faut évaluer pour voir ce qui va mal et l’améliorer ( ou le supprimer, car il est évident que ce discours s’inscrit dans une économie de pénurie).

 

Mais en revanche, il est extrêmement frappant de constater que rien n’est dit sur les conséquences d’une bonne, voire d’une très bonne évaluation.

 

C’est un discours des plus classiques sur l’institution universitaire mais aussi un des plus inexacts. Il y a à l’université des enseignements, des diplômes, qui fonctionnent fort bien : bonne organisation, effectifs satisfaisants, professionnalisation excellente, équipes dynamiques et compétentes.

 

Or on ne lit pas, dans les propos de la Ministre, que les bonnes évaluations auront une quelconque incidence sur ces formations ou les enseignants qui les composent.

 

Pourtant j’ai tendance à penser que ces formations d’excellence, lorsqu’elles sont repérées, mériteraient d’être aidées, car elles sont précisément celles qui permettent de tirer l’Université vers le haut et par un effet d’entraînement, de concourir à pousser également les autres.  

 

Par exemple, on pourrait leur allouer des moyens supplémentaires, ou leur conférer un label qui les identifieraient.

 

Mais non, l’évaluation poursuit simplement la logique du « redresseur de torts », de « l’identification des dysfonctionnements », en vocabulaire administratif. Cela est aussi regrettable que révélateur du fait que reprendre le débat sur l’évaluation ne s’inscrit dans aucun projet constructif pour l’avenir de l’enseignement supérieur.

 

Oui, donc, à l’évaluation, mais à condition qu’elle soit la contrepartie d’objectifs clairs et constructifs. A défaut, nul doute que l’entropie propre aux systèmes administratifs lui fera perdre toute portée et tout intérêt.

 

 

29/01/2008

Revivez l’émotion des partiels : Combien auriez vous obtenu en Contentieux administratif ?

Pour nous aérer un peu l’esprit, je vous propose le sujet « pratique », que j’ai soumis à mes étudiants de M1 hier après midi. Je ne le crois pas très compliqué. Vous trouverez, dans le commentaire n°1 ( pour ne pas tricher), une liste des points qu’il fallait évoquer suivi du barême. Et vous, quelle note auriez vous obtenu ?

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08/10/2007

C'est la rentrée !

J’en vois des qui sourient (des collègues), j’en vois des qui s’esclaffent (des anti-fonctionnaires), j’en vois des qui ne comprennent pas (des non-fonctionnaires), j’en vois des qui s’indignent (des anti-fonctionnaires libéraux), j’en vois des qui s’étonnent (des collègues d’universités ayant adopté le nouveau rythme septembre/avril), j’en vois des qui s’inquiètent (des étudiants, qui ne me connaissent pas encore), j’en vois des qui s’inquiètent davantage encore (des étudiants qui me connaissent), j’en vois des qui anticipent le pire (des responsables de diplômes qui affûtent déjà leurs armes pour récupérer mes copies en fin de semestre).

Oui certes, une rentrée le huit octobre, cela a quelque chose d’irritant, de provocateur, d’anti gouvernemental.

Oh, alors je pourrais trouver des excuses, ou des justifications :

Oui, mais la rentrée administrative a déjà eu lieu.

Oui, mais la session de septembre s’est déjà déroulée (en septembre).

Oui, mais j’avais plein de nouveaux cours à monter.

Oui, mais j’ai déjà écrit plein d’articles.

Et de notes sur ce blog.

Oui, mais non. Pas d’excuses, pas de justifications.

Car la vraie rentrée, la seule qui compte, l’essentielle, celle pour laquelle j’ai voulu faire ce métier, bref, la rentrée des cours a eu lieu aujourd’hui à Nanterre.

En ce qui me concerne, elle a débuté par un cours de droit de l’urbanisme, tout nouveau pour moi, même si je l’avais déjà enseigné en travaux dirigés, et évidemment beaucoup rencontré dans la pratique.

Je suis entré dans la salle avec le même mélange d’envie et d’anxiété que chaque année. Quoiqu’avec peut-être plus d’envie et moins d’anxiété cette année.

Comme à chaque nouveau cours, chaque nouvelle année, ce premier cours a été un mélange compliqué.

Les étudiants ont besoin de jauger ce nouvel enseignant.

L’enseignant a besoin de prendre la mesure (ce qui veut dire la même chose mais évite la répétition) de ce qui lui apparaît comme un groupe compact indifférencié et frontal.

Il a aussi besoin de ressentir rapidement si son message passe. S’il suscite l’ennui, l’intérêt poli, l’adhésion, la curiosité, la réprobation.

Lorsqu’il débute un nouveau cours, de surcroît, il a besoin de savoir s’il peut se reposer sur ses notes, où si celles-ci sont trop complexes, ou pas assez, ou trop détaillées, ou pas assez.

Voilà quelques uns des éléments de cette interaction complexe.

Pour ce premier cours j’avais choisi à la fois la facilité et la difficulté.

Après avoir évacué en quelques minutes les questions de bibliographie (et avoir cité en bonne place, il le mérite, jurisurba), j’ai débuté par une introduction historique.

Ceux qui me connaissent un peu savent qu’il est rare que je débute autrement un cours. C’était donc une facilité.

Mais difficulté aussi, car croyez vous vraiment que des étudiants de 2007 soient captivés d’emblée par la description de l’urbanisme cistercien, du cardo de la rue Saint-Jacques, des lotissements de l’Odéon, de la description de Richelieu ou de Versailles (ah, les avenues rayonnant du château comme figure de l’urbanisme politico/symbolique) ?

Pas certain du tout.

Mais voilà, dans cette alchimie que j’évoquais, il y a aussi la nécessité d’affirmer son style d’enseignement. Et le mien est fait de ces références historiques quand bien elles ne passent que difficilement.

Il est également fait d’une incapacité absolue de rester dans le périmètre de mes notes de cours : voilà déjà que le plan annoncé de cette introduction ne correspond pas à celui que j’avais noté. Lorsque je reprendrai jeudi, il faudra que je me souvienne de ces subdivisions nouvelles, ce qui est loin d’être certain.

Je jalouse les collègues qui peuvent noter entièrement en cours, et s’y tenir. Pour ma part, j’en suis bien incapable. Tant que n’a pas eu lieu la prise de parole, la matière me paraît inerte, statique, et les idées, les mises en relations, les enjeux les problématiques ne me viennent qu’à mesure que j’avance dans mon exposé.

Moyennant quoi, terminer le programme annoncé dans l’enveloppe de temps allouée mais tout aussi difficile.

Bref. Pendant 90 minutes, j’ai fait passé toutes sortes d’images de l’urbanisme ancien, de ses logiques, de ses métamorphoses, et je voyais en même temps l’horloge tourner, trop vite.

Au point qu’à la fin du cours j’aurais voulu retenir les étudiants, poursuivre ces évocations, ces réflexions. L’enthousiasme de cet instant m’a accompagné toute la journée :

Oui, assurément, c’est la rentrée. La vraie, la seule. Celle qui ranime chaque semaine la foi que l’on peut avoir dans cette mission de passeur. Et je mesure combien, durant ces derniers mois, l’enseignement m’a manqué.

C’est la rentrée. Enfin. Et voilà que je me prends presque à redouter que l’année ne soit trop courte !