01.09.2008

Un défaut commun aux bases de données juridiques : les réponses doublonnées

Les vacances sont propices au travail ! Voilà un paradoxe digne de la poésie baroque. Mes collègues le savent, cependant : quoi de mieux que les vacances pour mettre la première ou la dernière main à un ouvrage, pour rattraper les retards accumulés dans la remise de ses articles, pour terminer sa contribution à des Mélanges pour lesquels la date de souscription est déjà dépassée ?

Note à destination des éditeurs juridiques avec lesquels je suis lié contractuellement et qui s'aventureraient sur ces pages : Je n'ai parlé que de mes collègues !

Et pour travailler, loin des universités et des bibliothèques aux portes closes il y a deux solutions.

Disposer chez soi de la 1e édition du Traité des contrats administratifs (3 vol 1956-57).

Ou

Disposer d'un accès distant sur les bases de données des grands éditeurs juridiques.

Si je bénéficiais de la première de ces solutions, je ne le clamerais pas sur les toits. Pensez vous, quelque doctorant ayant consommé ses droits à ATERat risquerait de le dérober pour le revendre à la Mémoire du droit.

Mais en revanche, grâce à l'initiative de mon université de rattachement, je bénéficie de la seconde depuis quelques semaines.

Qu'on y songe.

Dalloz
Lamyline Reflex
Lexis-Nexis
Lextenso

Un vrai pousse au crime.

Une fois que j'ai eu fini de taper « Rolin » dans tous les formulaires, puis de taper « X » et « Y » pour m'assurer qu'ils étaient bien moins cités que moi, bref, une fois que j'ai eu épuisé les charmes de l'égologie juridique, j'ai essayé de travailler sérieusement.

(Nota : en vérité le recensement des citations n'est pas si essentiel que cela, c'est plutôt le recensement des non-citations qui est important. Les non universitaires ne doivent pas savoir la torture du chercheur qui voit, sur son sujet fétiche, son œuvre méticuleusement ignorée par ses suiveurs. Ou encore, la citation bancale, comme ce docteur qui retrouve sous la plume de son directeur de thèse, la citation de sa thèse avec une faute à son nom et une erreur dans le titre de la thèse...).

D'ailleurs à ce propos je signale dans le dernier numéro de la Revue X de droit Y que j'aurais dû être cité par M... à propos du régime du retrait des décisions d'abrogation des actes non réglementaires non créateurs de droit pour motif de fraude. Cette omission n'augure rien de bon lors de son passage devant la  commission de spécialistes euh le comité de sélection de l'Université de Z. dont je serai membre.

Bref, j'ai essayé de travailler et de comparer les interfaces de recherches de chacun de ces outils.

J'avais déjà fourni quelques impressions personnelles sur ces questions.

Je voudrais ici les compléter brièvement.

Il me semble qu'il existe un défaut commun à l'ensemble des plates-formes que j'ai cités (sauf l'exception remarquable de lextenso qui mérite d'être soulignée), c'est la multi-citation des réponses.

Dans Lexis, si le même texte est repris dans plusieurs encyclopédies ou revues, il sera cité dans la liste des réponses autant de fois qu'il y aura de doublons.

Même chose dans Lamyline reflex avec en plus un affichage contextuel moins performant qui fait qu'après avoir ouvert dix fois le même document on finit par s'irriter.

Quant à Dalloz.fr, il annonce toutes matières confondues un nombre mirobolant de résultat, mais on constate ensuite que les références au Recueil Dalloz sont les mêmes que l'on soit dans la matière « droit administratif » ou « droit immobilier ».

Je ne voudrais pas donner l'impression de connaître la pierre philosophale de la bonne base de données juridique, mais il me semble qu'il faudrait au moins veiller à éliminer ces doublons qui font perdre un temps significatif dans les recherches. Et j'ai tendance à penser que cela pourrait s'opérer en cumulant deux outils.

D'abord une structuration des sources orientée « base de données » et non plus « papier ».

Ainsi, pour prendre l'exemple des jurisclasseurs, il est clair que si jadis il était utile de reproduire dans le juris-classeur construction, les fascicules urbanisme qui étaient contenus dans l'encyclopédie de droit administratif (pour les personnes qui ne pouvaient s'abonner à tous les contenus), aujourd'hui, ce doublonnage perd beaucoup de son intérêt. Idem pour la muli-publication des articles dans les différentes version de la semaine juridique.

Ensuite, un outil informatique qui repère les contenus identiques : après tout la comparaison de texte est déjà opérée par les outils anti-plagiat, pourquoi ne pas l'étendre au contrôle des réponses renvoyées à l'auteur d'une requête.

Voilà je soumets ces réflexions à la commaunauté universitaire et éditoriale et je retourne à mes requêtes test (savez vous par exemple que mon blog est cité 13 fois sur lexis, 14 fois sur Dalloz, 6 fois sur Lamy et 5 fois sur Lextenso ? Non, et bien comme ça je vous dispense de la recherche, y compris pour vérifier combien de ces citations sont des auto-citations...).

26.03.2008

Quelques observations sur le contenu et l’ergonomie du site Lexis-Nexis.



Comme je l’ai fait il y a quelques semaines à propos du site Dalloz, je poursuis mon petit tour d’horizon des bases de données juridiques en m’attachant cette fois au site Lexis Nexis, ou du moins à la partie du service intitulée « lexis-nexis jurisclasseur ».

Du point de vue de l’ergonomie du moteur de recherche, il faut le souligner, nous sommes en présence à mon sens, de l’outil le plus abouti. La recherche par opérateurs y est particulièrement simple et accessible, la recherche par type de sources également.

On pourra toutefois formuler un regret qui tient au fait que les opérateurs chronologiques soient prédéfinis (il y a un mois, trois mois, …) mais cela reste une lacune mineure.

La qualité de l’ergonomie de la présentation des résultats souffre davantage de discussions.

De ce point de vue, quatre observations essentielles peuvent être faites.

D’abord, les résultats ne peuvent être triés que par type de source. On aimerait pouvoir les classer par ordre chronologique,selon des critères de pertinence par rapport à la recherche ou même en hiérarchisant à l’intérieur des types de sources les textes : études /chroniques / notules…) il est en effet très frustrant, dans le cadre d’une recherche de fond, de faire ressortir des notes en trois lignes qui n’apportent rien à la matière mais alourdissent les résultats.

Ensuite, il arrive très fréquemment que des contenus (notamment dans les jurisclasseurs mais pas uniquement) soient redondants (ainsi, une bonne partie du jurisclasseur construction est reprise dans le jurisclasseur notarial /géomètre expert /voire administratif), ce qui, pour des recherches qui font déjà sortir de nombreux résultats conduit à des listes infinies avec l’obligation à chaque fois d’aller vérifier si l’on est en présence d’un contenu original ou dupliqué.

Par ailleurs, et cela vaut tout particulièrement pour les nombreuses chroniques thématiques, la recherche est opérée sur l’ensemble de la chronique et non sur les arrêts commentés un par un. Par exemple, si vous tapez « urbanisme et contrat », toutes les chroniques de droit administratif sortent, alors qu’on ne souhaite disposer que des analyses portant sur le rapprochement de ces deux notions. Par ailleurs, l’opérateur de proximité n’est pas toujours efficace puisqu’il faut lui donner une très grande valeur pour être sûr de ne rien rater dans un article. Il est à noter que sur un échantillon de plusieurs dizaines de recherches effectuées ces derniers jours, j’ai relevé ce type de problèmes dans plus de 70% des recherches et constituant souvent plus de 20 % des résultats.

Enfin, si la possibilité de lire en ligne les revues, livraison par livraison est vraiment très intéressante, on peut regretter que pour certaines (JCP-A, DA...) on ne trouve dans les sommaire cliquables que les initulés des contenus sans que soi précisé ni leur nature (information rapide, note, article...) ni leur auteur.

Troisième et dernière série d’observations, elle touche cette fois la qualité globale des sources. J’ai ici quelques critiques que j’énoncerai prudemment pour ne froisser personne.

Il me semble que l’ensemble des sources est marquée par une très grande hétérogénéité. S’agissant des jurisclasseurs, par exemple, certains fascicules sont exceptionnels. D’autres sont utilisables et d’autres encore à peine utilisables, notamment du fait de leur péremption. C’est une vraie difficulté quand on procède à une recherche, notamment dans les domaines que l’on ne maîtrise pas car il est difficile d’arriver à faire le départ entre le bon grain et l’ivraie.

J’aurai également un reproche que je développerai un autre jour de manière plus générale : il me semble que lexis-nexis pratique ce qu’il est convenu d’appeler le « patriotisme éditorial ». Cela signifie que le plus souvent, les articles ou fascicules de jurisclasseur ne citent, notamment à la suite des arrêts, que les commentaires parus dans d’autres publications Lexis-Nexis. Un exemple caricatural puisé dans un article récent, à propos de l’arrêt Tropic : « (CE, ass., 16 juill. 2007, n° 291545, Sté Tropic travaux signalisation : Juris-Data n° 2007-072199 ; JCP A 2007, 2212, note F. Linditch ; JCP A 2007, 2221, note M.-Ch. Rouault ; JCP A 2007, 2227, note B. Seiller ; JCP G 2007, I, 193, chron. B. Plessix ; JCP G 2007, II, 10160 ; Dr. adm. 2007, repère 7 ; Dr. adm. 2007, comm. 142, Ph. Cossalter ; Contrats – Marchés publ. 2007, comm. 254, J.-P. Pietri ; S. Braconnier et F. Brenet, Le contentieux des contrats publics d'affaires : Contrats – Marchés publ. 2007, comm. 8) ».

Je trouve cette pratique assez contestable, en particulier pour les articles ayant une portée doctrinale car si il n’est plus possible, aujourd’hui, de pratiquer des citations exhaustives de toutes les notes d’arrêts, il me semble qu’une partie du travail doctrinal consiste précisément à identifier les commentaires de qualité, et cela ne peut pas passer uniquement par la référence aux « publications maison ».

Enfin, la base jurisprudence (et surtout, vous l’aurez compris la jurisprudence administrative), ne me semble pas reprendre l’ensemble des arrêts que l’on trouve (que l’on trouvait) sur Legifrance. En outre de nombreuses décisions ne figurent que par leurs abstracts juris-data qui, s’ils sont de qualité, n’emploient pas toujours le même vocabulaire que les tables du recueil Lebon. Or, l’homogénéité terminologiques me semble être un critère important pour la qualité de recherches jurisprudentielles.

Pour conclure si, comme, d’habitude, j’ai d’avantage mis l’accent sur les critiques que sur les compliments, il reste que ce service est sans doute le plus performant de ceux que qu’il m’a été donné d’utiliser : mémorisation des recherches, des documents consultés, veilles sur les recherches, lien hypertextes vers les arrêts ou les textes cités, tout cela est du bel ouvrage.



06.02.2008

Modernisation de HUDOC : la Cour EDH sollicite l'avis des utilisateurs par un questionnaire

 

On pourra considérer qu'il s'agit d'une marotte, qu'après l'état d'urgence, sciences-po, le DALO, je fais une nouvelle démonstration de ma monomanie séquentielle.


De fait, je ne démentirai pas.


Mais il n'en reste pas moins que la différence de démarche est frappante entre la Cour EDH et notre cher Legifrance (à ce propos, le groupe sur facebook dont j'avais mentionné l'existence atteint désormais le nombre de 113 membres).


La nouvelle version de Legifrance a été conçue de manière strictement interne par l'administration et son prestataire. Un « levé de voile » sur les nouvelles fonctionnalités a été fait quelques semaines avant sa mise en ligne, devant un public d'initiés.


Puis cette mise en ligne a eu lieu et devant les récriminations, un appel aux « améliorations », ou plus exactement à la chasse au bugs a été lancé.


Or voilà que la CEDH envisage de moderniser le site qui permet l'accès à la base de données de ses arrêts, le service HUDOC.


Comment croyez vous que cette organisation internationale procède pour mener à bien cette modernisation ?


Elle procède à la mise en ligne d'un questionnaire.


« Afin d'apporter des améliorations à la base de données HUDOC, dans laquelle est publiée la jurisprudence relative à la Convention, la Cour a mis en ligne un questionnaire destiné aux utilisateurs tant confirmés qu'occasionnels de cette base ».

 

Je vous invite d'ailleurs à y répondre nombreux, car l'ergonomie de cette base n'est pas pour l'instant, des plus efficaces.  


Il restera à déterminer le mode de traitement des réponses ainsi que leur traduction concrète dans la nouvelle application, mais je ne peux m'empêcher de m'adresser aux gestionnaires de Legifrance : n'aurait-il pas été judicieux d'adopter une démarche analogue ?




04.02.2008

Les utilisateurs de Legifrance sur facebook…

Je jure sur la collection complète du recueil Lebon –en version papier ( !) – que je n’y suis pour rien. Mais force est de constater que je ne dois pas être le seul parmi les utilisateurs de la nouvelle version de Legifrance à ne pas retrouver mes petits puisqu’un groupe vient de s’ouvrir sur Facebook intitulé : « le Legifrance nouveau est arrivé, je n’y retrouve plus rien » qui compte déjà, en moins de trois jours d’existence, 34 membres.

 

Au-delà de l’anecdote, on pourra souligner que cet emploi de réseaux sociaux par des utilisateurs de services publics marque sans doute une innovation intéressante puisqu’elle permettra aux gestionnaires de ces services de mesurer la nature et l’ampleur des inquiétudes ou mécontentements qu’ils occasionnent, et elle permettra à ces usagers d’acquérir une visibilité nouvelle.

 

Le présent groupe en fournira une bonne illustration : si le chiffre de ses membres ne croit pas considérablement, il pourra être traité en quantité négligeable, en revanche, s’il atteint un chiffre respectable, il portera la démonstration que les critiques entendues ici ou là ne sont pas isolées mais traduisent un mécontentement global qui devra être entendu.

 

La seule limite à ce type d’initiative, provient naturellement du fait que la critique prime fréquemment sur les propositions d’amélioration. A moins que les gestionnaires de Legifrance ne sollicitent ce groupe en ce sens. Ce serait alors l’acte de naissance d’une « administration 2.0 » ! fol espoir ou perspective réaliste, nous verrons bien.

22.01.2008

Recensons les dysfonctionnements de la nouvelle version de Legifrance



Comme d'habitude, mon précédent billet m'a valu de nouvelles inimitiés. C'est étonnant comme, quand on dit les choses telles qu'elles sont, cela peut-être mal pris.


L'ensemble des retours que j'ai pu avoir, que ce soit dans les commentaires sous cette note, ou dans des discussions avec des collègues, montre que la réception de cette nouvelle version est globalement très négative.


Parmi les utilisateurs que je connais, personne n'est sensible à la principale amélioration, cette tentative cybernétique de pouvoir fournir la disposition en vigueur de chaque texte, à chaque date envisageable, dans le passé comme dans l'avenir (!).


En revanche, les mêmes utilisateurs sont fort mécontents des insuffisances ergonomiques des différents services, sans compter les problèmes d'alimentation des bases.


Laissons donc la polémique.


Et devenons constructifs.


Notez, amis lecteurs que la précédente phrase est au pluriel, car j'envisage de vous mettre à contribution.


Je voudrais que nous entreprenions de fournir au webmaster de Legifrance une liste de nos principales doléances pour que celles-ci puissent être prises en compte dans le cadre du debugage de l'application.


Je vous propose de distinguer deux catégories :


  • les questions d'ergonomie ;

  • les questions de fond.


Et dans chacune de ces catégories, de distinguer chacune des bases (Lois / réglements ; Codes ; jurisprudence judiciaire / administrative ; Autres).


Pour que la discussion soit fructueuse, j'essaierai de reprendre dans ce billet chacune des propositions faites pour que la discussion s'instaure.


Et enfin, quand nous aurons finalisé tout cela, je vous propose que nous adressions un envoi en Grande Pompe de cette liste de propositions aux autorités compétentes, pour que, cette fois, nous soyions enfin écoutés.


Je vous remercie d'avance pour vos contributions.


17.01.2008

Legifrance 2.0 : un symptôme de la mort du service public à la française


 

J'aurais aimé écrire l'article très exactement opposé à celui-ci.

 

J'aurais aimé pouvoir dire, et écrire, que la nouvelle version de Legifrance, activité phare du « service public de l'information juridique » constituait une évolution remarquable. Que, par rapport à la précédente, elle constituait une avancée qui manifestait l'implication des pouvoirs publics dans ce services public d'importance, puisqu'il concourt à mettre le droit à la disposition de tous les utilisateurs.

 

J'aurais aimé pouvoir ajouter que ce service prodiguait des services aussi utiles aux citoyens en général qu'à la catégorie aussi exigeante qu'insatisfaite des enseignants chercheurs en sciences juridiques.

 

J'aurais aussi aimé pouvoir citer ce service en exemple, montrer qu'il était supérieur, ou du moins égal, aux bases de données d'autres pays européens, voire aux bases de données américaines. Qu'en particulier, son caractère centralisé n'en faisait pas un outil ingérable et lui conférait au contraire une exhaustivité rarement atteinte ailleurs.

 

J'aurais également voulu pouvoir souligner que les auteurs de la révision du site avaient pris en compte les demandes utilisateurs (création de paniers de recherches, amélioration des formulaires de recherches, meilleure indexation des décisions...).

 

Bref, j'aurais voulu valoriser le modèle français du service public de la diffusion du droit.

 

Illusion.

 

Utopie.

 

La mise en ligne de la nouvelle version de Legifrance vient nous montrer, au contraire, avec une acuité rarement atteinte, l'état de délabrement de nos structures publiques, incapables de mener à bien un projet, certes exigeant, mais pas non plus hors de portée.

 

Tous les travers de l'action de l'Etat s'y retrouvent.

 

Une impréparation absolue, qui conduit à des bugs grotesques

 

Par exemple, tous les arrêts de 2007 des juridictions administratives ont disparu !

 

Par exemple, l'anonymisation a été opérée en dépit du bon sens (essayez de taper « rolin » dans jurisprudence administrative, vous comprendrez ce que je veux dire).

 

Par exemple, nos amis privatistes devront systématiquement décocher celles des juridictions sur lesquelles ils ne veulent pas faire de recherche car, par défaut cour de cassation / cours d'appel / juridictions du premier degré, sont sélectionnées... (et il faudra le faire à chaque recherche parce que les cases se recochent sytématiquement !).

 

N'importe quelle société de services (sauf peut-être celles recrutées par voie de marché public ?) aurait mis en place une version beta pour éviter ce genre de situation.

 

Une conception autiste qui refuse de prendre en compte les besoins des utilisateurs.

 

Vous vouliez pouvoir sauvegarder vos recherches complexes ?

Vous vouliez pouvoir exclure plus de termes dans le champ « sauf », pour rendre vos recherches plus pertinentes ?

Vous vouliez faire des recherches à partir de mots liés par un indicateur de proximité ?

Vous vouliez même, demande modeste, pouvoir aller au résultat, texte ou arrêt suivant, par un lien en bas de page et ne pas avoir à remonter jusqu'au sommet de cette page ?

 

Alors Legifrance 2.0 n'est pas fait pour vous...

Rien, absolument rien. Aucune de ces demandes générales et simples à réaliser des utilisateurs n'a été mise en œuvre.

 

 

Une conception extravagante qui conduit à des modes de recherche complètement abscons et inutiles

 

Par exemple, dans la recherche experte « textes consolidés » figurent les critères suivants : « substitué, disjoint, annulé, périmé... ». Amis juristes pour comprendre ce que signifient ces catégories, faites donc une recherche sur elles, en laissant tous les autres paramètres en blanc et vous aurez la réponse.

 

Rien, elles ne signifient rien : elles ne renvoient aucun résultat pour la plupart d'entre elles (et après avoir fait ce constat, n'essayez pas de revenir sur une liste de textes : le choix n'existe pas)...

 


Une interface et une présentation bâclées qui donnent l'impression d'avoir été conçues pour faire tourner les applications du Plan Calcul.

 

Même pas besoin de donner d'exemple, je crois que la première visite vous aura convaincu(e).

 

Ah si, un tout de même. Caricatural.

 

Dans le menu déroulant des juridictions « de première instance », de la recherche experte juridiction judiciaire, celles des juridictions dont les noms sont trop longs sont coupées en deux et la recherche ne s'effectue que sur un morceau de leur intitulé !

 

Par exemple, vous ne pourrez pas chercher sur « Tribunal des affaires de sécurité sociale » mais sur « tribunal des affaires de », ou sur « sécurité sociale ».

 

J'arrête là.

 

D'autres problèmes sont décrits sur la liste jurisconnexion.

 

Mais force est de constater que médiocre conception, surdité aux demandes des utilisateurs, impréparation dans l'exécution et incapacité de présenter un produit doté d'une image satisfaisante sont des maux qui rongent de nombreuses actions de l'Etat, au delà des mots et des affichages.

 

A l'heure de la notation des ministres, à l'heure des audits LOLF, à l'heure des «études d'impact » constitutionnelles, force est constater que nous nous payons de mots car les faits sont là : la faillite de l'évolution de Legifrance témoigne que l'Etat, dans ce domaine comme dans bien d'autres est de moins en moins capable de mener à bien les missions qu'il s'est assigné.

16.01.2008

Quelques observations sur l'ergonomie et le contenu du site Dalloz.fr

L'un des grands avantages de l'Université de Paris Ouest etc..., c'est que depuis tous les postes informatiques, il est possible d'avoir accès à tous les abonnements numériques de la bibliothèque : Lextenso, Lexis, Lamy, et Dalloz entre autres.


Et qui plus, pour chacun de ces éditeurs, la bibliothèque a souscrit l'abonnement le plus étendu de telle sorte que toutes les ressources sont disponibles.


Jaloux ?


Progressivement, cela modifie ma manière de chercher, et elle désormais loin la période où je bulletinais les tables annuelles de l'AJDA pour chaque article (d'autant que compte-tenu de mon ordre légendaire il y arrivait souvent qu'il y ait des trous...).


Pour autant, l'utilisation de ces ressources numériques exige d'arriver à saisir les spécificités de chaque interface, ainsi que le contenu des bases de données.


De ce point de vue, l'utilisation des bases Dalloz appelle de ma part un certain nombre d'observations critiques (que les autres éditeurs se rassurent, je publierai sûrement dans l'avenir quelques billets qui leurs seront consacrés !).

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04.12.2007

La bibliographie des ouvrages à numériser, dans le cadre du projet gallica-europeana de la BNF


Comme vous le savez, la bibliothèque Nationale de France a lancé, à l’initiative de Jean-Noël Jeanneney, un ambitieux programme de numérisation des fonds des grandes bibliothèques européennes qui vise, sinon à concurrencer, du moins à faire un contrepoids aux initiatives de google. Ce ptojet a pour nom « europeana », et en cliquant sur le lien, vous accéderez à la page test de ce site.

 

Ce projet, déjà remarquable en soi, présente encore cet intérêt que la direction de la BNF et les responsables du projet ont demandé à des spécialités des différentes matières de dresser des bibliographies des ouvrages dont la numérisation serait importante, dans le cadre de ce programme.

 

Pour les sciences juridiques, c’est mon collègue et ami très cher Yann Kerbrat qui a été chargé de superviser l’ensemble. Il a sollicité dans chaque matière des spécialistes (et votre serviteur a eu la redoutable tâche de s’atteler au droit administratif) qui ont établi des bibliographies qu’il s’est ensuite chargé de compiler et d’harmoniser. Il y a passé des nuits blanches, et vient de rendre sa copie : plus de 2500 ouvrages pour une liste de 115 pages que vous trouverez ici en PDF (attention c'est un fichier d'un Mo).

 

Il avait été convenu dès l’origine que les listes ainsi établies par les spécialistes, avant d’être soumises à la BNF feraient l’objet d’une discussion plus générale. Aussi bien, Yann Kerbrat m’a demandé de la publier sur ces pages, en invitant mes lecteurs à présenter leurs suggestions d’ajouts, voire de corrections.

 

Pour ce faire, il convient de donner quelques informations importantes :

 

1°) Il est convenu que cette liste ne doit comprendre que des ouvrages publiés avant 1945

 

2°) Les ajouts doivent être faits en signalant si la numérisation envisagée est indispensable/importante/souhaitable, étant entendu qu’il convient de privilégier la première catégorie.

 

3°) Il est encore convenu, même si certaines matières se sont d’ores et déjà écarté de cette règle, qu’il ne faut pas qu’il y ait plus de 200 ouvrages par champ thématique.

 

4°) Il faut que les propositions d’ajouts soient faites par rapport à un de ces champs thématiques.

 

Si donc, chers lecteurs, vous plongeant dans cette liste, vous souhaitez apporter vote concours à son élaboration, il vous suffit soit d’ajouter un commentaire ici, soit d’adresser un mail à Yann Kerbrat à l’adresse suivante : yann.kerbrat1@neuf.fr.

 

Merci d’avance.

 

Nb : pour ce quasi mois de silence, je vous en toucherai un mot dans une prochaine note… Mais ni vacances ni rien de grave !

 

 

 

17.09.2007

Etat des lieux de la mise à jour de la base « juridiction administrative » de Legifrance

En attendant que Legifrance 2.0 (appellation purement personnelle), prenne le relais de l’application actuelle, et règle, d’après les promesses faites à l’auteur de ces lignes, un certain nombre des dysfonctionnements qui ont été signalés dans plusieurs notes antérieures, ici et ici notamment, on peut à tout le moins faire un état des lieux de l’alimentation des bases de données.

Celle (l’alimentation) de la base « jade » des juridictions administratives présente une double caractéristique qui n’est pas sans poser de problèmes aux chercheurs.

D’abord, et cela est d’ailleurs assumé dans l’avertissement sur la mise à jour, l’alimentation en arrêts de Cours administratives d’appel se fait « selon une périodicité propre à chaque cour ».

Il en résulte que si certaines juridictions sont quasiment à jour, d’autres en revanche, présentent des retards significatifs. Notamment, la CAA de Nantes n’est alimentée que jusqu’au 12 avril.

Même si cette disparité, comme je l’ai dit, est assumée, elle n’en est pas moins contestable. Même s’il y a sans doute des considérations techniques, on a du mal à s’expliquer qu’il faille quelques jours à certaines juridictions (comme le Conseil d’Etat), pour procéder aux mises en ligne, et plus de 5 mois à d’autres.

Cette première difficulté est doublée d’une seconde qui est nettement plus problématique, liée à la qualité et à l’homogénéïté de l’alimentation de la base.

Pour en prendre la mesure, il faut donner le tableau de l’alimentation des différentes Cours, calculé en recherchant tous les arrêts rendus entre les 1er janvier et le 31 décembre 2006, publiés dans Legifrance, et comparer ce chiffre avec les données sur le nombre d’affaires jugées pour la même période, publiées dans le rapport public du Conseil d’Etat.


Nombre d’arrêts mentionnés dans Legifrance sur la période 01/01/2006-31/12/2006 :

Bordeaux : 2503 arrêts
Douai : 897 arrêts
Lyon : 225 arrêts
Marseille : 2732 arrêts
Nancy : 1624 arrêts
Nantes : 1715 arrêts
Paris : 1964 arrêts
Versailles : 919 arrêts.

Nombre d’arrêts rendus mentionnés dans le rapport du Conseil d'Etat :

CAA Bordeaux 3 656
CAA Douai 1 814
CAA Lyon 3 152
CAA Marseille 3 888
CAA Nancy 2 451
CAA Nantes 2 612
CAA Paris 6 030
CAA Versailles 2 811


Ce qui conduit au ratio nombre d’arrêts publiés sur Legifrance / nombre d’arrêts rendus sur la période

Bordeaux  68.4 %
Douai : 49.5 %
Lyon : 7.1 %
Marseille : 70 %
Nancy : 66.2%
Nantes 65.6%
Paris 32.5 %
Versailles : 32.7 %

Ces chiffres montrent que l’on peut regrouper les Cours en 4 catégories :

- celles qui publient les 2/3 environ de leurs décisions (Bordeaux, Marseille, Nancy, Nantes)
- celle qui publie la moitié de ses décisions (Douai)
- celles qui publient 1/3 de leurs décisions (Paris Versailles)

Et enfin, la Cour de Lyon qui est clairement en situation d’anomalie avec seulement 7 % de publication.

Pour prolonger cet échantillon, on peut donner également les résultats obtenus pour la publication sur Legifrance des arrêts rendus au cours de la période allant du 01/01/2007 au 31/08/2007, en les rapportant là encore aux données de 2006 sur le total des arrêts rendus (par définition, la donnée pour l’année en cours n’est pas disponible, même si il ne faut pas exclure certains biais statistiques, compte tenu de l’évolution des capacités de jugement).

On aboutit alors au résultat suivant :

Arrêts publiés sur Legifrance pour la période du 01/01/2007 au 31/08/2007 :


Bordeaux : 1333 arrêts
Douai : 436 arrêts
Lyon : 142 arrêts
Marseille : 1224 arrêts
Nancy : 1052 arrêts
Nantes : 102 arrêts
Paris : 1315 arrêts
Versailles : 664 arrêts.

Ce qui conduit au ratio suivant :

Bordeaux : 36 %
Douai : 24 %
Lyon : 4,5 %
Marseille : 31 %
Nancy : 43 %
Nantes : 4%
Paris : 21 %
Versailles : 23 %

On constate donc une certaine constance :

- Il y a toujours un « groupe de tête », composé des mêmes Cours, (Bordeaux, Nancy, Marseille), à l’exception de Nantes qui est en situation d’anomalie.

- La Cour de Douai est toujours dans une situation intermédiaire, quoique plutôt dans le bas de la fourchette ;

- Les deux Cours d’Ile de France ont toujours une proportion de publication inférieure de presque la moitié, par rapport à celles du groupe de tête ;

- La Cour de Lyon est toujours en situation d’anomalie.


Comment peut-on expliquer ces disparités ?

Il y a tout d’abord sans doute des effets liés à la nature des contentieux et à la nature des décisions : certains contentieux de masse, les décisions rendues par ordonnances… (qui ne font pas l’objet de publications sur Legifrance), ne sont sans doute pas équivalents dans toutes les Cours.

Mais au-delà de cela, il paraît nettement acquis que les décisions de sélection des décisions publiées sur Legifrance ne sont pas homogènes d’une Cour à l’autre.

De l’ensemble de ces analyses il nous semble résulter deux enseignements :

- D’abord il est nécessaire de résorber rapidement les situations d’anomalies qui sont vraiment très préjudiciables pour les recherches menées, et en particulier celles menées dans un objectif scientifique ;

- Ensuite, il est également important que la coordination de la politique de mise en ligne de chaque Cour soit renforcée pour tendre à une harmonisation.

J’ai la faiblesse de croire que ces améliorations ne sont pas tributaires de la mise en place de la nouvelle version de Legifrance et qu’elles pourraient être opérées rapidement. Mais compte-tenu du peu de succès de mes demandes antérieures, je demeure très prudent sur ce point.

18.12.2006

Souscription pour les « Mélanges » Danièle Lochak

Je ne doute pas que la récipiendiaire de ces Mélanges, si elle a connaissance de ces lignes, manifestera un certain désaccord, spécialement par le fait que j’emploie le terme de « Mélanges » pour désigner le volume d’hommages qui est ouvert à la souscription.

 

C’est que son intitulé exact est « Droits et libertés en questions, Billets d’humeur en l’honneur de Danièle Lochak » et que cet intitulé reflète la volonté de ne pas céder à l’institution désormais bien établie des volumes de Mélanges.

 

Je consacrerai sans doute un prochain billet à cet aspect très intéressant de la production éditoriale juridique, mais je confesse qu’à cet instant le temps me manque.

 

Aussi bien, pour l’heure, je ne dirai qu’un mot : « souscrivez ! ».

 

Allez, j’en ajoute un second : souscrivez parce que, quelle que soit l’appellation, vous ne pourrez être que séduits par ce volume qui recueille tout ce que la doctrine des droits et/ou libertés compte de sujets brillants et qui s’est livré (la doctrine) à un exercice des plus décapants et captivants.

 

Voilà donc le bulletin de souscription en lien

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