12/04/2008

agrégation de droit public : liste des candidats admissibles

Vous trouverez ci-après une version recopiée de ma blanche main des candidats admissibles à l'agrégation de droit public.

J'ai une pensée particulière pour certain(e)s candidat(e)s dont le nom ne figure pas sur la liste.

A ceux qui poursuivent pour les deux prochaines épreuves je présente tous mes encouragements et j'adresse un clin d'oeil amical à ceux qui lisent voire qui commentent ces pages, que ce soit sous leur vrai nom ou sous des appellations fantaisistes.

Je signale enfin que je tiens toujours à la disposition des candidats qui le souhaitent les CV des personnes qui se sont proposées pour faire partie d'équipes de leçon de 24 heures.


Baudoin Marie-Elisabeth

Benlolo Carabot Myrian

Berrod Frédérique

Blanco Florent

Bosse-Platière Isabelle

Boumghar Mouloud

Brenet François

Carpentier Elise

Cartier Emmanuel

Catteau Damien

Cazala Julien

Chamard Caroline

Coutron Laurent

Delaunay Benoît

Denizeau Charlotte

Dero-Bugny Delphine

Donier Virginie

Dubin Laurence

Dubout Edouard

Dubreuil Charles-André

Duffy Aurélie

Eveillard Gweltaz

Forey Elisa

Gahdoun Pierre-Yves

Gay Laurent

Geslin Albane

Grabarczyk Katarzyna

Haupais Nicolas

Hourquebie Fabrice

Janicot Laëticia

Latty Franck

Le Bot Olivier

Lombard Frédéric

Makowiak Jessica

Marciali Sébastien

Martin Jean-Christophe

Mastor Wanda

Melloni David

Papadopoulos Elina

Pierucci Christophe

Raimbault Philippe

Roblot-Troizier Agnès

Roland Sébastien

Slama Serge

Sorbara Jean-Gabriel

Taxil Bérangère

Touzé Sébastien

Vial Claire

Commentaires

Un grand merci à frédéric Rolin pour la publication de cette liste et bravo.
Mes pensées vont vers ceux qui ne sont pas sur la liste. Je profite pour féliciter les admissibles et notamment les deux toulousains.

Écrit par : hugues kenfack | 12/04/2008

Quelle perf' d'Aix!!!!! Huit admissibles! Et comme on dit à la télévision "spéciale dédicace" aux trois nanterriens qui perpétuent la tradition des grands publicistes de Paris X.
Jolie moisson de Paris 2, à noter trois admissibles de Rennes, 4 de Montpellier, 2 de dijon (je crois) etc... Bref, une marque assez bien répartie qui montre la vitalité de la recherche sur tout le territoire.
C'est sans conteste un concours de grande qualité, visionnaire celui qui peut pronostiquer quels seront les heureux élus...

Écrit par : fluctuat nec mergitur | 12/04/2008

Félicitations aux admissibles. Pensées amicales pour ceux qui ne sont pas sur la liste.

Une remarque sur les résultats : les filles s'accrochent ! Et, sauf erreur de calcul ou d'appréciation - il y avait un piège avec le prénom Gweltaz :

- 42,7 % (71/166) de candidates ;
- 38,8 % (35/90) de sous-admissibles du beau sexe ;
- 41,7 % (20/48) de femmes parmi les admissibles.

Il faudrait vérifier en détail, mais je pense que c'est un record absolu. Et il s'en sera fallu de peu que le cénacle des "tauliers" de la section 02 bruisse de la rumeur incongrue que les thésards mâles de Paris II sont défavorisés à l'agrégation de droit public.

Espérons quand même que tout cela se confirmera au stade de l'admission (on ressortira nos calculatrices).

Et bon courage à tous, filles et garçons, pour la suite.

Écrit par : Egon Jestaz | 12/04/2008

Y a-t-il moyen de faire la ventilation par université d'origine (thèse) et d'attache (pour les maître de conférences et les ATER)?

Écrit par : école rolinienne | 14/04/2008

Vive les femmes dont le nombre - au moins 15, sauf erreur - me fait plaisir!

Maintenant, il faut souhaiter que les agrégés à venir animeront la science juridique et se consacreront essentiellement à l'enseignement, même si on peut comprendre que certains d'entre eux puissent s'intéresser au conseil ou au barreau.

Y a-t-il dans le groupe un élève de Stéphane Rials?
Ce professeur, élitiste, est très original.
Dommage que depuis quelques temps, il vive en peu en retrait au sein de Paris 2, comme, avant lui, un autre très grand : Paul Amselek.

Y a t-il parmi les admissibles un élève de Jean-Jacques Bienvenu?

Aix est bien là : malgré la disparition de Louis Favoreu et le départ de Jean-Marie Pontier pour Paris 1, cette faculté se défend très bien.

Y a-t-il un Bordelais dans le lot?

Combien de candidats originaires du Nord de la France?

Des étudiants de master 2 m'ont demandé : pourquoi le blog du professeur Rolin ne publie t-il pas des sujets de mémoire sur différentes matières du droit public?
Je leur ai promis de poster leur question.
J'espère que des collègues donneront ici satisfaction à mes étudiants.

Pour terminer, bravo à Frédéric Rolin pour son dynamisme.

Écrit par : Laboca | 15/04/2008

à Egon Jestaz , pour vos statistiques, sachez que Gwelatz est un prénom breton masculin. C'est l'occasion de féliciter Gweltaz pour cette admissibilité bien méritée! Puissions-nous désormais avec son équipe lui permettre d'atteindre cette fameuse agrégation!
Bon courage à tous et une pensée à ceux qui ne figurent pas sur cette liste et qui n'ont certainement pas démérité par ailleurs.

Écrit par : Xavier | 15/04/2008

Pour info: JM Pontier est peut être Parisien, mais il est toujours chargé de nombreux cours et fonctions à Aix...

Sinon une petite coquille: c'est Laurence Gay qui est admissible (et non laurent)...

Pour ce qui est des aixois:

Blanco Florent, MCF Grenoble, sujet de thèse : « Pouvoirs du juge et contentieux administratif de la légalité », s. dir. J-M Pontier

Carpentier Elise, MCF Aix-Marseille III, sujet de thèse : « La résolution juridictionnelle des conflits entre organes constitutionnels », s. dir. L. Favoreux et A. Roux

Duffy Aurélie, MCF Paris II, sujet de thèse : « La protection des droits et libertés au Royaume-Uni », s. dir. G. Scoffoni

Gay Laurence, IR CNRS GERJC, sujet de thèse : « Les « droits créances » constitutionnels », s. dir. L. Favoreu

Le Bot Olivier, MCF IUT Caen, sujet de thèse : « le référé liberté fondamentale », s. dir. L. Favoreu et A. Roux

Lombard Frédéric, AJ CAA Marseille, sujet de thèse : « La cause dans le contrat administratif », s. dir. J-C. Ricci

Mastor Wanda, MCF Toulouse, sujet de thèse : « Contribution à l'étude des opinions séparées des juges constitutionnels », s. dir. L. Favoreu


Et il doit en manquer un …

Écrit par : toto | 15/04/2008

En ce qui concerne Bordeaux, à ma connaissance, il y a un ressortissant, brillant par ailleurs : F. Hourquebie, MCF Bdx, "Le Juge sous la Vème République, entre pouvoir et contre-pouvoir. Contribution au débat sur la notion de contre-pouvoir." dir. S. Milacic (2003)

Écrit par : Lyobodo | 15/04/2008

D'un point de vue strictement statistique et sans esprit de polémique bien davantage que l'Université de soutenance ou l'Université d'affectation le critère le plus pertinent pour figurer dans cette liste soit... le directeur de thèse (stat sous toutes réserves):


Directeurs de thèse:
Verpeaux (5)
Favoreu (4)
Picod (3)
Decaux (2)

Université de soutenance
Paris II (11)
Aix-Marseille (8)
Montpellier (4)
Paris X (3)
Rennes (3)

Université d’affectation (MCF)
Paris II (8)
Paris X (3)
Paris 1 (3)
Aix-Marseille III (2)
Evry-Val-d’Essonne (2)
Toulouse 1 (2)

Écrit par : critère pertinent | 15/04/2008

"Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs" [...]

Article 6 de la DDHC: "Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents".

Écrit par : a dream.. | 15/04/2008

@critère pertinent
Je suis assez convaincu par les critères relévés. J'ai le souvenir d'avoir utilisé les mêmes critères les années précédentes et d'avoir eu le même genre de résultats (avec des directeurs différents, bien entendu).
Mais, je m'interroge, comment peut-il y avoir 5 Verpeaux et n'y avoir que 3 soutenance à Paris 1 ? Ca fait un bail qu'il n'est plus à Dijon.

Écrit par : jeune voix | 16/04/2008

@ a dream :
Pour le dire autrement : bon courage à l'ensemble des admissibles régionaux qui auront à supporter des frais de déplacement, de logement (et j'en passe) que n'auront pas à supporter les candidats originaires de Paris. Un vieux débat, un vieux tabou, mais toujours d'actu !

Écrit par : Léon | 16/04/2008

@jeune voix : M. Verpeaux a été à Paris II entre Dijon et Paris 1

Écrit par : ldp | 16/04/2008

@ a dream : tout à fait d'accord avec vous : bientôt, on aura des statistiques sur l'origine ethnique des candidats (combien de grecs ?...), sur leur couleur de cheveux (combien de blondes ?) ou sur leur nombre d'enfants ? (politique familiale ?)

Mais comme on ne pourra pas empêcher les statisticiens de "statistiquer", une petite suggestion : il serait peut-être plus scientifique de faire des analyses en valeur relative (rapporter le nombre d'admissibles ayant tel critère avec le nombre de candidats autorisés à concourir ayant le même critère....). Les chiffres en valeur absolue ne sont pas forcément les plus pertinents : par ex: 5 candidats ayant soutenu à X sur 25 candidats inscrits (=1/5); 2 candidats de Y sur 4 inscrits (=1/2)... Si une fac produit beaucoup de thésards, il est logique qu'il y ait un nombre relativement important de reçus.
Et puis, on pourrait aussi pondérer tout cela avec un autre critère : le nombre de fois que le concours a été tenté...

NB : @ Léon : si on voulait rendre le concours + équitable, il serait possible d'imaginer a minima la mise à disposition de locaux pour tous les candidats... (mais en temps de restrictions budgétaires, on peut rêver...).

Écrit par : candide | 16/04/2008

On pourrait aussi faire une statistique générale en réunissant sept personnes et en faisant passer des docteurs sur diverses épreuves.
On les classe après par ordre de mérite...

Vos commentaires sous-tendant que le jury choisit les candidats en fonction des directeurs de thèse sont aussi rebattus qu'ils sont infondés et ne font que masquer une réelle aigreur.
Ils sont insultants pour les candidats admissibles qui ont fourni de nombreux efforts pour en arriver là et qui n'ont pas choisi les membres du jury.

Un peu de respect pour leur travail

Écrit par : D.C. | 16/04/2008

@ Léon: je suis d'accord avec vous. On peut lire l'article 6 de deux façons: tel que.. ou tel quel.

@ D.C. Vous avez entièrement raison. Les admissibles sont les meilleurs - aux yeux du jury - , ils ont beaucoup travaillé - ce qui peut être le cas des non admissibles -; les membres du jury choisissent avec la plus grande objectivité et sans aucune partialité. Quand aux statistiques, elles ont quelque chose de réducteur....; mais il ne faut pas non plus croire complètement au père Noël et savoir apprécier les choses avec justesse... La vérité est souvent au milieu. Le fait d'avoir son directeur de thèse dans le jury et d'écrire dans certaines annales de droit constitutionnel n'est pas handicap, (même si ce n'est pas du tout suffisant); tout le monde en conviendra. Tous mes encouragements pour la suite et bonne....... chance (?) !

Écrit par : a dream | 16/04/2008

@ dream

A mon avis, vous vous trompez d'interlocuteur... Je ne suis pas l'auteur du commentaire précédent, un homonyme sans doute...
Bien entendu, je ne prendrais pas part à ce débat... mais d'accord avec vous, ce n'est sans doute pas un handicap (encore que)... mais ce qui est certain en tout cas, c'est que ça ne fait pas tout... loin de là...
Merci pour vos encouragements, il m'en faudra... je crois...

Écrit par : L'autre D.C. | 16/04/2008

Y a-t-il une fatalité à ce que, dès que l'on sélectionne des universitaires dans le cadre de tel ou tel procédure de recrutement, il émerge immédiatement un débat sur les supposés injustices ou inégalités de ce processus de recrutement ?

je suis d'autant plus frappé par les débats ci-devant, qu'ils me semblent à terriblement courte vue. Il y a plus de thésards de X que de Y... voila qui scandalise. Qu'en revanche, il y ait 90 % de candidats issus de familles "CSP +", voila qui n'est même pas évoqué.

Pardonnez moi, mais cela me fait l'impression des débats entre originaires de Grande Bretagne, de France ou des Pays Bas à certaines époques de l'Afrique du Sud.

J'ai fréquemment contesté par ailleurs certains biais de l'agrégation. je me souviens avoir ironisé sur l'arrêt du CE estimant que "par elle même" la leçon en 24 heures ne portait pas atteinte à l'égalité entre les candidats.

Mais là ne sont pas les débats essentiels.

n'est-il pas plus surprenant que le "cursus honorum" des études de droit soit, autant que l'ENA, l'ENS ou autres, réservé à des candidats pour une large part issue de classes sociales qui maitrisent les stratégies pour y parvenir ?

Qu'il n'y ait aucune voie de rattrapage lorsqu'on a raté le coche de l'allocation de recherches.

Qu'une bonne thèse soit nécessairement une thèse abstraite qui démontre des capacités de raisonnement disciplinaire et rien d'autres (allez, avec un petit morceau de Santi Romano pour faire chic) ?

Le concours, et le jury du concours, ne sont pour rien là dedans.

Alors arrêtons de récriminer sur tel ou tel favoritisme allégué et à la vérité douteux et marginal, et réfléchissons plutôt à la remise en cause de nos logiques de reproduction qui conduisent à éliminer tous ceux qui auraient d'autres modèles que "le principe de... en droit administratif" ou "contribution à une théorie générale du..."

Écrit par : F. Rolin | 16/04/2008

@ candide

et avez-vous essayé de faire ce rapport, par directeur de thèse, candidats/ sous-admissibles/ admissibles?

Ca devrait être assez parlant...

@ F. Rolin
Votre commentaire est très juste.

Écrit par : critère pertinent | 16/04/2008

Qu'est-ce qu'une « thèse abstraite »? Une thèse de quelqu'un qui réfléchit un minimum? Depuis quand est-ce condamnable? Depuis quand le droit est-il une pragmatique sans sens ni conscience? A quoi opposez-vous la thèse « abstraite »? à la « thèse concrète »? Mais alors, qu'est-ce qu'une thèse concrète?

Écrit par : olziibat | 16/04/2008

Par-delà les petites phrases sur ceux qui sont pris ou ne sont pas pris, sur les inégalités et/ou supposées injustices, la question de savoir qui sont les "héritiers", au sens bourdieusien, ou, au sens plus académique (ceux qui sont les plus méritants), est tout de même très intéressante.
Et sans doute ne faut-il pas la rejeter, la sous-estimer, la "mépriser", parce qu'elle conduirait, indirectement et d'un certain angle d'analyse - qui est à courte vue -, à remettre en cause des légitimités, des situations personnelles, lesquelles ne présentent aucun intérêt dès lors que l'on élève le débat.
L'Université, ce sont les enseignants-chercheurs; et s'interroger sur leur profil renvoie à un choix politique: quelle université?, quel enseignement?, des techniciens, des intellectuels, les deux, quelle proportion? Et c'est largement de la composition des jurys ainsi que des choix que ceux-ci opèrent dans les procédures de recrutement que dépendent ces questions, hautement et noblement politiques! Il est inutile de faire un schéma pour comprendre que tel CNU ou tel jury d'agrég favorise tel ou tel profil. L'université est un bien commun, elle se construit, et ceux qui décident de sa composition ont un pouvoir très grand. Le fait de discuter, de commenter les choix qui sont opérés par les jurys ne fait de mal à personne. Plus on parlera de leurs choix, plus les gardiens du temple seront ainsi "bien gardés"... Mais naturellement, il faut le faire en respectant les jurys, bien qu'ils puissent, très théoriquement, être tentés d'abuser de ce pouvoir extraordinaire qu'ils possèdent. On relira Montesquieu...

Écrit par : dream | 16/04/2008

@ Pr. Rollin

D'accord avec vous : la maîtrise des stratégies d'accès aux études dites d'élite, et plus largement des codes sociaux dominants, est une formidable inégalité sociale.

Je me permets néanmoins de nuancer le propos en rappelant deux évidences :

1. que cette explication n'est pas toujours la seule ; autrement dit, que même avec un tel avantage, certains ne feraient pas pour autant de brillantes études ; c'est une condition presque nécessaire, mais rarement suffisante.

2. que le nombre de personnes bénéficiant d'un tel avantage étant bien plus important que le nombre de personnes réalisant des études brillantes, ces dernières n'en sont pas moins méritantes ; moins qu'il y paraît de prime abord, dans la mesure où la sélection s'effectue plus entre les membres de quelques classes d'âge de "CSP +" qu'entre tous les membres de ces classes d'âge, mais méritantes quand même, disons relativement méritantes.

Par ailleurs, je m'interroge en toute sincérité sur deux points de votre commentaire :

1. lorsque vous dites qu'il n'y a pas de voie de rattrapage pour ceux qui ont raté le coche de l'allocation de recherche, vous voulez dire que cela empêche matériellement de soutenir une thèse, ou que cela empêche d'être agrégé ?

2. Et pour la "bonne" thèse, vous parlez d'une thèse qualifiable ou agrégable ?

Très cordialement,

Écrit par : Mathieu | 16/04/2008

@ F. Rolin

Je pense que vous avez tout à fait raison.
La plus grande inégalité dans les concours de ce type, n'est pas tant géographique que sociale.
Combien de fils d'ouvriers agrégés de droit ?
Une étude sociologique sur le sujet serait à mener.
Cette uniformité sociale des professeurs a sans doute des répercussions sur la doctrine.
Heureusement, il y a quelques exceptions parmi les agrégés et l'inégalité sociale est encore plus accentuée lorsque les recrutements se font sans concours.

Écrit par : Jean-Jacques | 16/04/2008

Ces débats autour de la ségrégation sociale me paraissent toujours très approximatifs, et pleins de suffisance ou de condescendance. En fait les choses sont d'une infinie complexité et laissent beaucoup de place aux initiatives et trajectoires individuelles. Je le sais bien pour être né d'un père qui a été ouvrier à 13 ans, mineur de fond à 15 ans et qui a ensuite gravi, sur le tas, les échelons de la maîtrise (je parle des agents de maîtrise, bien sûr) et d'une mère qui a eu la noble carrière de femme de mineur. Autour de moi des grands-pères, des oncles et des cousins, tous mineurs... Le vrai problème pour l'agrégation, c'est que figurez-vous, ces chez gens-là, on ne sait même pas que c'est quelque chose de bien, ni même que cela existe. La réussite c'est de devenir ingénieur ou médecin. Ensuite, quand j'ai choisi de suivre une autre voie, je n'ai jamais éprouvé le moindre problème lié à une origine sociale. On dira que je suis naïf, mais non, je suis agrégé!

Écrit par : Stirner | 16/04/2008

@ Stirner

Le propos n'est pas de dire qu'il y a ségrégation sociale.
Au contraire, l'université est plus ouverte aux talents des plus divers. En revanche, il est nettement plus aisé d'être agrégé en étant issu d'un milieu intellectuel supérieur qu'en étant issu d'un milieu populaire, sauf à se fondre dans ce moule.
Parmi les obstacles figure notamment la méconnaissance des codes sociaux propres à ce milieu.
Né de parents ouvriers n'ayant gravit aucun échelon, je n'ai pas non plus subit de rejet liés à mon origine (elles ne sont pas affichées). Je suis qualifié par le CNU. Néanmoins, les circonstances pour préparer une thèse, sans financement public, ne sont pas les mêmes que pour certains...

Écrit par : Jean-Jacques | 16/04/2008

Bonjour Monsieur,

étant admissible au concours d'agrégation je compose actuellement mon équipe en droit constitutionnel. Dans la mesure où certains profils me font défaut pour l'instant je souhaiterais savoir si votre "banque des équipiers d'agrég" pouvait répondre à mes besoins : je suis à la recherche d'un équipier au point en contentieux constitutionnel et juridprudence constitutionnelle récente. Des connaissances en droit comparé seraient aussi les bienvenues.

Je ne sais comment vous entendez procéder (peut être pouvez vous me procurer les coordonnées des personnes intéressées?). Dans l'attente d'une réponse de votre part.

Cordialement

LF

Écrit par : LF | 17/04/2008

Il vaudrait mieux laisser les statistiques aux statiticiens.

Pour interpréter et faire des statistiques, des études très spécifiques sont requises. Une lecture, même intelligente, de Bourdieu ne suffit pas.

les propos qui ont été inscrits à ce sujet mériteraient d'être effacés tant ils sont faux ou incomplets (ce qui les rend faux) pour la simple et bonne raison qu'ils ne sont étayés par aucune preuve scientifique (je ne dis pas que la preuve n'existe pas, mais on peut apparenter cela à un défaut de formalité substantielle).

dire que c'est "réservé à des candidats pour une large part issue de classes sociales qui maitrisent les stratégies pour y parvenir", ce n'est ni faux, ni vrai. c'est pire, c'est dangereux. parce que non étayé par une preuve scientifique.

c'est peut-être vrai, c'est peut-être faux, là n'est pas la question. il faudrait paramétrer les calculs pour savoir qu'elles sont les CSP "qui maîtrisent les stratégies pour y parvenir", quelles sont ces stratégies etc...

je peux très bien dire: les enfants de prof réussissent mieux que les enfants de cadres supérieurs. ce n'est ni vrai, ni faux car je n'ai pas dit à quoi correspondait la réussite.

trop rigoriste? non.

le juriste parle de droit, le scientifique de sciences. si le juriste veut utiliser des données scientifiques, qu'il emploie le langage scientifique.

Écrit par : Ada | 17/04/2008

Tout ceci n'élude pas le fait que l'épreuve de la leçon de 24h est empreinte d'une profonde inégalité entre candidats parisiens et régionaux, et que réformer le concours d'agrégation est un vieux serpent de mer puisque le réformer reviendrait à remettre en cause l'excellence des actuels agrégés et à dire que le processus de sélection dont ils ont fait jusqu'à présent l'objet était imparfait (ouh que ma phrase est grammaticalement longue...).

Écrit par : Léon | 17/04/2008

@ Ada : "le juriste parle de droit, le scientifique de science"

Le droit n'est donc pas une science selon vous ? Des biologistes vous diraient que la sociologie n'en est pas une non plus... il règne à cet égard un certain relativisme et je vous prierai de ne plus user de votre argument d'autorité qui m'a l'air pas vraiment pertinent. D'autant que la critique que vous formulez peut être intéressante si elle est adressée à un travail scientifique. Vous l'utilisez ici pour couper court à la discussion.

Or, il me semble que cette discussion n'a, je le concède bien volontiers, rien de scientifique puisqu'il s'agit de poser des hypothèses pour expliquer ce qu'un sens de l'observation finalement pas si développé permet de constater : les agrégés ne sont pas majoritairement issus des catégories défavorisées, tout comme les ouvriers dit spécialisés ne sont pas en majorité des fils d'agrégés.

Mais vous avez raison sur un point, une étude sociologique sur la reproduction sociale dans l'accès aux grandes écoles (ENA, ENS) ou aux plus prestigieux concours (dont agrégation de droit) éclairerait et alimenterait notre débat.

Là vous pourrez alors sortir vos arguments "scientifiques" contre les conclusions d'une telle étude qui, si elle existait, se présenterai sûrement comme le fruit d'une science.

Écrit par : Lyobodo | 17/04/2008

@ada
Le droit n'est pas une science, mais le discours sur le droit en est une. De même que l'herbe n'est pas une science mais, les discours qui sont faits sur l'herbe, par ceux quui l'étudient, en sont une.

Pour continuer dans le registre un peu scientifique, ce n'est pas parce qu'un enfant d'ouvrier devient agrégé que cela invlaide la thèse selon laquelle il est plus difficile pour un enfant d'ouvrier de devenir agrégé ou énarque que pour un fils de médecin. Cela l'invaliderait si on soutenait que jamais une enfant d'ouvrier ne devient agrégé. En revanche ce n'est pas le cas. Et toutres les études qui sont faites périodiquement sur l'origine socila des lauréats des grands concours montrent - démontrent - que Bourdieu, sur ce point, ne s'était pas trompé.
En revanche, il n'est pas facile non plus pour un fils de médecin de devenir agrégé ou énarque : ce sont des concours difficiles. Le mérite des admissibles est donc très grand. Celui des sous admissibles (quelle élégance dans le choix de ce mot !) est très grand aussi. Il y a probablement assez peu de différences d'ailleurs entre les 2. Pour avoir cotoyé beaucoup ds de ceux qui appartiennent ou ont appartenu à l'une pu à l'autre de ces catégories, je n'ai pas vraiment vu de différences entre les 2. La plupart d'excellent juriste. Oserai-je dire que j'ai vu aussi de mauvais chercheurs agrégés, de bon chercheurs agrégés, de mauvais enseignants agrégégés, de bons ensiegnants agrégés, de mauvais chercheurs pas agrégés, de bons chercheurs pas agrégés etc...

Enfin, je ne comprends pas ce que cela a d'offensant ou de ridicule, de noter que parmi les agrégés (ou les admissibles, ou les non admissibles) un grand nombre ont des liens avec les membres du jury. Cela ne décridibilise pas leurs compétences (jurys et agrégés ouadmissibles ou sous admissibles...), ils sont tous compétents. Seulement, ça permet de mettre l'accent sur certaines stratégies plus porteuses (payantes !) que d'autres. Par exemple, certains professeurs n'ont jamais été contactéS pour faire partie du jury, leurs étudiants ne sont pas agrégés, ne terminent d'ailleurs par leur thèse etc.. ID'autres en revanche, ont beaucoup de thésards qui achèvent leur thèse, ont 5 de leurs étudiants agrégés l'année où ils président le concours. ll s'agit donc moins de décridibiliser une instituion et des candidats que,à un moment donné, faire le point sur "quelle a été la bonne stratégie pour être agrégé, telle année". En gros, faire une science de l'agrégation . Science descriptive, bien sûr.

Écrit par : jeune voix | 17/04/2008

Un constat s'impose : il faudrait réaliser une étude sociologique sur les professeurs de droit et peut-être sur les Maîtres de conférences afin de valider ou d'infirmer les propos tenus sans argumentations "scientifiques". Ce serait également l'occasion d'approfondir la sociologie de la doctrine. Une étude de grande qualité sur la doctrine (surtout privatiste) publiée il y a quelques années par deux professeurs manquait sérieusement de justification empirique. Encore faut-il les moyens et la volonté de réaliser une telle recherche...
S'agissant de l'agrégation, certains se sont déjà risqués à une analyse quantitative et qualitative des résultats (mais pas sous l'aspect social) : M. Fabre-Magnan, Radiographie de l'agrégation, Mélanges Malaurie, Defrénois, 2005, p. 215 (pour le seul droit privé).

Écrit par : Jean-Jacques | 17/04/2008

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