11/03/2008

Elections municipales : D'où vient l'électorat MODEM et où ira-t-il ?

Lundi d'après élection c'est supplément électoral du Monde. Depuis désormais plus de vingt ans, je crois que je n'ai jamais raté un de ces suppléments. J'ignore qui le rédige, j'ignore comment sont sont agrégées les informations, mais je dois dire une chose : si la presse écrite a encore un avenir, c'est assurément dans ses suppléments électoraux. Nulle part, ni dans les medias audiovisuels (bien sûr) ni sur internet, vous ne trouverez un document aussi complet, facilement consultable et fiable que ce supplément.

Et, depuis tout ce temps, toujours le même rituel : l'endroit où j'habite, puis les points sensibles sur lesquels les émissions de la veille au soir n'ont pas donné d'information assez précise (vous pouviez dire, vous, au vu du 37/32 de Montreuil qui allait l'emporter de Jean-Pierre Brard ou de Dominique Voynet ? ) et quelques départements pour lesquels j'ai un intérêt particulier.
Puis la grande revue, page après page. Pour essayer de se faire une impression, pour comprendre les mouvements, pour essayer de mesurer les potentialités du second tour, pour essayer de répondre aux questions que la soirée électorale n'a pu apporter.

Or donc, aujourd'hui, outre le fait que les progression de la gauche m'a parue plus nette que ce qu'en disait radio et télévision, j'ai été frappé par un point : Modem 8%, Modem 15%, Modem 11%...  que de villes, notamment dans les plus de 20.000 habitants, dans lesquelles le Modem réalise un score significatif. De ceux qui faisaient dire, quand ils étaient réalisés par l'extrême droite : « percée d'extrême droite ». Pourtant écoutez la radio, regardez la télévision, personne ne parle de « percée » du Modem. Tout au plus de « situation d'arbitre ».

Mais une idée en entraînant une autre je me suis également fait la remarque que si le Modem avait été effectivement fait une entrée remarquée sur la scène locale, le FN et le MNR (ainsi que le RPF dans une moindre mesure), en étaient eux sortis. Si bien qu'une question nouvelle m'est venue : l'électorat du Modem ne serait-il pas, pour une part au moins, l'ancien électorat de l'extrême droite ?

Ne vous récriez pas, modemistes qui me lisez, pas tout de suite du moins : il ne s'agit que d'une hypothèse, voire moins : de l'étincelle qui suscite l'intérêt pour une question.

Quoi qu'il en soit, voilà donc que je refeuillette mon supplément, cette fois en en essayant de faire des calculs, des soustractions, des additions, pour parvenir à quelque conclusion.

La première de ces conclusions est banale : il est des régions de France dans lesquelle le Modem est purement et simplement absent de la compétition électorale. Si certaines de ces régions correspondent à des terres jadis peu favorables à l'UDF (comme la région PACA), d'autres sont pourtant des terres historiquement centristes comme l'Alsace. En revanche, on constate que le Modem est représenté, et d'ailleurs avec des résultats honorables, dans toutes les villes centres (Paris/Lyon/Marseille/Toulouse/Nantes/Lille) et dans les communes périphériques les plus peuplées : de ce point de vue, l'ïle de France est est très marquante.

Il y a sans doute une stratégie d'appareil derrière ces différences de présence : le caractère plus politique de la représentation dans les grandes métropoles offrait sans doute une meilleure visibilité.  De surcroît, il est évident que les pertes d'élus et de militants ont dû, dans des collectivités plus petites rendre difficiles les constitutions de listes.

Il est évident que cette considération pèse sur les résultats électoraux, et les conclusions que l'on peut en tirer. Pour autant, elle ne les rend pas impossibles.

Venons en donc à l'analyse des résultats.

Ce qui m'a frappé, sur un échantillon d'environ 100 communes, c'est qu'il est très difficile de trouver des  espèces de règles simples qui pourraient se transposer facilement, même en acceptant de laisser quelques % en route. En cela la situation du Modem diffère de l'implantation de l'extrême droite : dans les années 80-90 on pouvait voir à mesure de sa progression, qu'il érodait presqu'identiquement la gauche et la droite au premier tour, même si le reclassement au second tour s'opérait souvent  à 2/3 1/3 au profit de la droite.

Ici rien de tel.

J'ai donc essayé d'affiner un peu (pour reprendre un langage commun aux producteurs de camembert fermiers et de camemberts statistiques) et il me semble qu'on peu finalement identifier 4 types de situations.

1 – Le Modem qui capitalise en tout ou en partie l'ancien électorat UDF

Outre quelques villes où le candidat Modem l'emporte on constate en ce cas en règle général une perte de points (environ 1/3) par rapport au score de 2001. c'est le cas à Saintes (Modem 13 % au lieu de 21 % pour l'UDF), à Meylan (Modem 13 % au lieu d'un UDF à 20 %), à la Garenne-Colombes (10 %% au lieu d'un UDF CNI à 17 %) lorsqu'on confronte de villes où il existait deux candidatures de droite en 2001. dans certaines villes, toutefois, le score du Modem équivaut à celui de le l'UDF en 2001 (Saint-Cloud, 11 %, par ex.)

2 – Le Modem qui empiète exclusivement sur l'électorat de droite.

Cette situation peut être mise en évidence dans quelques situations typiques (union de la droite en 2001, UMP + Modem en 2008) : Chevilly Larue union de la droite 27 % en 2001, UMP 14 % + Modem 13 % en 2008 ; Saint Malô, union de la droite 61% en 2001, UMP 47 + Modem 13 en 2008 ; Chelles : Union de la droite 48 % en 2001, UMP 38 + Modem 10 en 2008; Poitiers : 42 en 2001 contre 21 + 16 en 2008). Notons que dans tous ces cas, la gauche est demeurée strictement au même niveau.

3 – Le Modem qui empiète majoritairement sur l'électorat de droite.

C'est le cas au Perreux, où les 16 % du Modem font perdre 10% à la droite et 7 % à la gauche, c'est encore le cas à Nevers, à Draveil ou à saint Amand Montrond.

Mais il est à noter que cette situation spécifique est finalement plus rare qu'on ne peut le penser abstraitement.

4 – Le Modem capte l'électorat d'extrême droite.

C'est mon hypothèse de départ, et on va constater qu'elle se vérifie de manière très frappante dans certaines situations. Je donne pour cela les séries complètes de résultats :

Montrouge: 2001 : Droite 55 / Gauche 34 / MNR 7 / Ext G 4 /// 2008 : Droite 49.5 / Gauche + div G 40 / Modem 10 : il est évident ici que le Modem a conquis, au moins en partie le vote MNR.

Melun : 2001 : Droite 45 / gauche 39 / FN 15 /// 2008 : droite : 48 /gauche : 36 / modem 15. Là encore, le transfert du FN vers le Modem est évident.

Villeneuve La Garenne : 2001 : Droite 52 / Gauche 35 / MNR 12 /// 2008 : Droite 52 / gauche 36 / Modem 11. Même cas que le précedent

Romans sur isère : 2001 : PS 43 / droite 31 / FN + MNR 24 /// 2008 : PS 39 / droite 33 / Modem 16 / FN 11. Là encore, malgré le présence d'un candidat d'extrême droite la percée du modem n'a pu se faire que sur l'électorat d'extrême droite.

La même situation, je vous épargne les chiffres, se trouve encore à Clichy sous bois, Neuilly sur Marne ou Franconville.

Il est vrai qu'il n'est pas possible de tirer de ces exemples une loi générale, cela d'autant plus que les transferts de voix, pour être repérables supposent des scores suffisamment substantiels, ce qui réduit l'échantillon.

Mais il n'en reste pas moins, que le Modem a donc capté, dans un certain nombre d'endroits le vote protestataire qui s'exprimait auparavant à l'extrême droite.


Au total, il apparaît que le Modem s'est exclusivement ou majoritairement imposé sur un électorat de droite ou d'extrême droite. Or, si l'on en croit un sondage « sortie de urnes » publié par le parisien, 49 % des électeurs du Modem sont favorables à une alliance à gauche et 35 % à une alliance à droite. Cela signifie donc que pour cette élection du moins, le Modem est un point de passage de la droite vers la gauche. Si cette tendance est confirmée dimanche prochain, on peut donc penser que les résultats seront sans doute en partie plus favorable à la gauche que ce que les calculs mathématiques peuvent laisser apparaître.

Mais cela, le supplément électoral du Monde de Lundi prochain nous permettra, ou pas, de le vérifier.



Commentaires

Autant je partage votre admiration pour les suppléments post-électoraux du Monde, autant votre analyse concernant le transfert d'électeurs du FN vers le Modem me semble contestable.

La similitude de chiffres entre les scores obtenus dans certaines villes par le total des listes MNR+FN en 2001 et les résultats du Modem en 2007 ne prouve rien en soi. Il est tout à fait possible que les électeurs de l'extrême droite se soient reportés vers les listes de droite et de gauche (et vers l'abstention), les électeurs du centre provenant eux de déçus de l'UMP et du PS (et d'anciens abstentionnistes). Ainsi, une droitisation de l'UMP pourrait avoir comme conséquence d'attirer d'ancien électeurs du FN tout en lui faisant perdre des électeurs de centre-droit, qui voteraient pour le Modem.

Et il semble bien que ce soit plutôt ce type de schéma qui est à l'oeuvre, si l'on examine un peu en détail les résultats du sondage sortie des urnes de l'institut CSA.
http://www.csa-fr.com/dataset/data2008/opi20080309-sondage-jour-du-vote-1er-tour-elections-municipales-2008.pdf

D'une part (page 6), le profil sociologique des électeurs du Modem cadre mal avec celui de l'électorat traditionnel du FN : le Modem superforme chez les jeunes, les CSP+, les étudiants et les fonctionnaires alors qu'il fait de très mauvais scores chez les artisans, commerçants, chefs d'entreprise.

D'autre part (page 7), la répartition du vote en fonction des préférences partisanes et des votes antérieurs contredit radicalement la thèse d'un transfert de voix du FN vers le Modem : le pourcentage de sondés proches du FN votant pour le Modem est de ...0% (contre 12% pour les listes de gauche, et même 2% pour l'extrême gauche). Même chose pour ceux ayant voté Le Pen en 2007 : le pourcentage de transfuge vers les listes Modem est également de 0%.

Bien entendu, les pincettes sont de mises concernant un sondage national dont les sous-échantillons induisent des marges d'erreur énormes. Mais, à tout le moins, les données publiques (je n'ai pas trouvé d'autre sondage sortie des urnes aussi détaillé sur Internet) ne vont pas dans le sens de votre hypothèse.

Écrit par : Emmanuel | 11/03/2008

Le MODEM, érigeant (comme le PS de François Hollande d'ailleurs, mais ça ce voit moins...) le refus de modèle de société en stratégie politique, avait tout à gagner aux municipales : scrutin local par excellence, il pouvait surfer sur le net désamour des français pour les grands discours sociétaux pour se concentrer sur une réflexion locale, dans la lignée de la stratégie traditionnellement proposée par les écologistes (penser globalement, agir localement).

Il ne me semble donc pas étonnant que le MODEM ait réussi de belles percées là où la stratégie, correctement menée, a pu fonctionner, grâce au talent particulier des hommes en place.

Rien n'interdit cependant que cette fraction que l'électorat qui échappe aux sondeurs en instrumentalisant leur vote, en votant par habitude pour des partis qui n'ont aucune chance de remporter l'élection dans l'espoir de susciter des échos chez les commentateurs à défaut d'inflexions dans les politiques ait choisi de voter MODEM, pour les mêmes raisons : s'imaginer changer le monde en frappant les esprits (faute de mieux)

Écrit par : Passant | 11/03/2008

Spontanément, je ferais presque une hypothèse inverse: Bayrou avait attiré des anciens électeurs de Le Pen et le Modem les a perdu en route
Le cas de Romans peut être lu différemment: la gauche faisait 43, elle aurait du gagner 3 ou 4 points dans un contexte national de poussée à gauche. Or elle en perd 4. On peut faire l'hypothèse que le Modem lui a pris 7 ou 8 points et autant à droite, ce qui explique les intentions de vote au deuxième tour

Un autre exemple dans un sens différent, à Paris
Si on examine les 5ème, 6ème et 7ème arrondissement de Paris
Bayrou fait 24.4, 23.3 et 20.3 % des voix: il diminue vers l'Ouest
Aux législatives, le Modem fait 16% dans la 2ème circonscription qui représente le 5ème et la moitié du 6ème, et 11% dans la 3ème circonscription avec l'autre moitié du 6ème et le 7ème
Logique
Aux municipales, le Modem fait 14.3% dans le 5ème, 9.9% dans le 6ème et surprise, 15.7% dans le 7ème!
Pourquoi?
Simple!
La tête de liste UMP dans le 7ème est Rachida Dati
Elle est d'origine maghrébine
Cela ne plait guère aux bons bourgeois du 7ème
Mais ils ne se salissent pas les mains en votant FN
Ils votent Modem

Écrit par : Verel | 11/03/2008

Si j'avoue avoir pensé au début du billet : "mais il est complètement fou !", j'ai finalement été convaincu par votre réflexion. Je ferai simplement un petit complément.

Si le MoDem a capté les voix du FN, ce ne sont surement pas celles des "traditionnalistes". En effet, les scores du FN ont considérablement augmentés ces vingt dernières années. Pourquoi ? La france est devenue raciste ?(qu'on pardonne ce raccourci du programme frontiste) Je ne le pense pas.
Ou alors le FN a attiré un certain nombre de déçus des modes politiques "classiques".... Je pense... En 2002, le FN avait attiré bon nombre d'électeurs qui ne se retrouvaient plus dans le schéma politique d'alors.
Depuis, la droite s'est unifiée (ou presque) et l'UDF a alors pu être catalogué de seul parti de centre-droit. Le centre-gauche s'est éclaté avec certaines dissidences au sein du PS. Par ailleurs le PC et la gauche anti-capitaliste ont attiré un certain nombre d'électeurs du centre-gauche et ont ainsi nettement gonflé.
Dans le même temps, le FN, fort de son score de 2002, a un peu relaché son électorat et (ou car ?) a réintroduit explicitement ses thèmes traditionnels de préférence nationale... par exemple. Ce regain de thèmes "racistes" a pu faire fuir ceux qui étaient venus voter pour le FN en tant qu'électeur perdu. Du coup, le MoDem qui se veut un parti ouvert aux différentes idées (gauche, droite, écolo...) a pu apparaître comme un parti intéressant pour eux. Ce qui explique peut-être la chute de l'extrême droite et la montée spectaculaire du MoDem...

Écrit par : Matthieu Lefranc | 11/03/2008

Monsieur le Professeur,
Votre analyse,très complète, est naturellement juste sur bien des points et, pour être franc, ne diffère pas vraiment des analyses qui avaient été faites au lendemain des élections de 2007. Toutefois, je pense que, si le MODEM a pu attirer des voix d'extrême droite, il est clair que le profil des électeurs et des militants de ce parti sont bien différents pour plusieurs raisons :
1/ Dans certaines villes que vous citez, il est difficile d'évaluer le score du centre auparavant puisqu'il était fondu dans celui de la droite, bien souvent dès le premier tour. Or, les scores de l'UDF (qui aurait agit à l'époque seule et en présence de l'extrême droite) auraient été proches de ceux que le MODEM réalise
aujourd'hui.
2/ Dans la plupart des cas, le MODEM fédère une partie du centre gauche, du centre droit et de l'ancienne UDF, alors qu'il est clair que l'UMP a clairement pris sur le FN. Militant rhône-alpin, je peux vous dire que la discussion entre un électeur du FN et un électeur du MODEM finit souvent mal. Les fidèles de l'extrême droite se sont donc nettement rabattus vers l'UMP.
3/ Il ne faut pas non plus oublier le score de l'extrême gauche qui demeure fort dans certaines villes. Je pense que, dans votre analyse, il aurait été pertinent d'évoquer les scores cumulés de l'extrême gauche. Au regard de la sociologie des électeurs des deux extrêmes, souvent similaire, le report sur le MODEM des voix du FN me paraît très contestable.
4/ Pour être plus polémique, je crois que vous vous fiez trop aux apparences pour nier l'existence d'un centre. Parce que le MODEM est arbitre comme l'a été le FN en son temps, l'assimilation paraît évidente. Toutefois, cela ne correspond pas au constat vérifié que l'UMP a repris une bonne part de l'électorat "stable" du FN et que l'extrême gauche a repris une partie de l'électorat défavorisé de l'extrême droite. La sociologie des électeurs du MODEM montre clairement qu'il s'agit majoritairement de professions intellectuelles supérieures et de cadres. Cela se vérifie aussi aussi au sein des militants, plutôt à gauche et souvent issus du corps enseignant et des chercheurs. Nous n'attendons plus que vous, M. le Professeur Rolin !

Écrit par : Josh | 11/03/2008

Petite correction : dans le premier paragraphe, lisez "le profil et les idéaux des électeurs et des militants de ce parti sont bien différents" ...

Écrit par : Josh | 11/03/2008

@ Emmanuel et Josh

J'admets bien volontiers que mon analyse est loin des standards de la sociologie électorale et en particulier qu'il puisse y avoir des reclassements plus complexes que ceux que je propose.

Toutefois, même si le sondage CSA est intéressant, il ne porte que sur une mise en relation avec les élections de 2007. Pour la question qui nous préoccupe, la mise en relation avec les élections de 2002 aurait sans doute été plus utile, car le FN pesait encore d'un poids mesurable par la voie des sondages.

Je souligne encore que le reclassement de l'extrême droite n'est qu'un des éléments de l'analyse que je propose, la tonalité plus générale visant à montrer que l'origine de l'électorat Modem est essentiellement à droite mais que sa destination est peut-être plus à gauche.

Écrit par : F. Rolin | 11/03/2008

Et donc F. Rolin-Larquet a trouvé l'explication de l'attitude de François Bayrou lors de la soirée électorale: il s'est transformé en Thierry Rolland...
Vivement la seconde mi-temps

Écrit par : tout à fait Frédéric | 11/03/2008

F. Rolin : "Toutefois, même si le sondage CSA est intéressant, il ne porte que sur une mise en relation avec les élections de 2007. Pour la question qui nous préoccupe, la mise en relation avec les élections de 2002 aurait sans doute été plus utile, car le FN pesait encore d'un poids mesurable par la voie des sondages."

Le Pen a quand même fait 10,5% en 2007, ce qui n'est pas totalement négligeable. Mais, effectivement, ce qui nous intéresse est de tenter d'évaluer le transfert entre 2001 et 2008. Le sondage CSA sortie des urnes après le premier tour des présidentielles de 2007 permet d'avoir des données d'une présidentielle à l'autre.
http://www.csa-fr.com/dataset/data2007/opi20070422-sondage-sortie-des-urnes.pdf

Il s'avère que l'électorat de François Bayrou vient d'abord des abstentionnistes de 2002 (27%), puis des électeurs de Chirac (24%), Jospin (17%) et évidemment Bayrou (12%). 6% de l'électorat bayrouiste en 2007 vient des électeurs de Le Pen de 2002. Le transfert est donc réel, mais il reste à un niveau faible (1% des votants de 2007), qui n'explique qu'une toute petite partie du succès (relatif) des listes Modem en 2008.

La thèse d'un Bayrou comme point de passage de la droite vers la gauche est plus intéressante, à mon sens. Quoique la lecture des sondages ne permet pas une conclusion trop catégorique.

D'une part parce qu'une bonne part de l'électorat de Bayrou vient de la gauche : 2/5e de l'électorat Bayrou de 2007 avait voté à gauche en 2002, 3/8e des électeurs des listes Modem en 2008 avait voté pour des listes de gauche en 2001.

D'autre part parce que les mêmes électeurs Modem qui se prononcent majoritairement des alliances avec la gauche souhaitent dans le même temps davantage une victoire d'une liste de droite (19%) que de gauche (14%) dans leur ville (61% préférant une victoire d'une liste du centre). Va comprendre...

Écrit par : Emmanuel | 12/03/2008

Cher professeur,

Voici un billet très intéressant. Concernant la situation que je ne connais que trop bien, je pense que l'hypothèse d'un repport des voix du MNR vers le MoDem ne tiens pas et je vais tenter de l'expliquer.

Le maire sortant, UDF jusqu'en 2007, a choisi de rallier le Nouveau Centre et la majorité présidentielle juste après les élections législatives. Je pense que ce choix à entraîné à la fois un décallage à droite de son électorat (et le captage de l'électorat MNR) et libéré un espace au centre pour le MoDem. Plutôt qu'un saut de l'extrême droite vers le centre, je pense qu'il s'est plutôt produit un glissement du centre droit vers la droite, permettant aisi au MoDem de se positionner sur terrain.

Sans tirer de conclusions générales, je pense que cette théorie du glissement du centre droit à droite semble plus à même d'expliquer les résultats du MoDem, comme ceux de l'extrême droite, compte-tenu de la divergence évidente des valeurs qui caratérisent ces deux mouvement.

Écrit par : candidat modem montrouge | 14/03/2008

Monsieur Rolin,

Ce commentaire n'a rien à voir avec le Modem et son électorat mais quelque chose me perturbe. Au Plessis-Robinson, Philippe Pemezec (UMP) a vu sa liste réélue dans un fauteuil alors que lui-même avait été rendu inéligible pour un an par une décision du Conseil constitutionnel du 27 novembre 2007 qui avait également annulé son élection à l'Assemblée nationale en juin. Comment se fait-il qu'il a pu mener valablement une liste à ce scrutin municipal ?

Écrit par : Steven | 17/03/2008

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