01/02/2008

Evaluer les enseignements ? Oui bien sûr, mais pourquoi faire ?


 

L’évaluation des enseignants, pardon, des enseignements, fait partie des grands classiques de la réforme administrative. A mon sens, en terme de fréquence d’emploi elle doit venir juste après « gérer l’Etat comme une entreprise » et « créer une commission ».

 

S’agissant des enseignants supérieurs, cette évaluation existe déjà depuis dix ans puisqu’elle figure à l’article 23 d’un des célèbres « arrêtés Bayrou », lequel n’a pas été expressément abrogé par la réforme LMD.

 

Le Conseil d’Etat a d’ailleurs admis la légalité de la procédure instituée.

 

S’agissant des enseignants du supérieur, le principe constitutionnel de leur indépendance pose toutefois quelques limites. D’abord, l’évaluation faite parles étudiants ne peut-être adressée qu’à l’enseignant lui-même, ensuite il ne peut en être déduit aucune conséquence statutaire (v. sur ce point R. Schwartz et O. Schrameck, note sous CE avis 6 mars 1990, Grands avis du Conseil d’Etat 2e ed. n° 23).

 

On observera entre outre qu’à cette évaluation formelle s’ajoute des procédures autrement plus simples (et cruelles parfois) : il n’est qu’à vérifier l’état de remplissage des amphis, le nombre d’inscrit dans les diplômes ou les forums d’étudiants pour prendre la mesure de la perception des enseignements (et des enseignants)…

 

C’est dans ce contexte que notre Ministre a relancé le débat au cours d’un intervention radiophonique. Il faut évaluer les enseignements, il faut en tirer les conséquences sur le « format » des diplômes, mais pas sur les enseignants. Malgré les questions sagaces du journalistes, Valérie Pécresse s’est fort bien tiré de ce slalom entre les piquets jurisprudentiels et le verglas des susceptibilités professionnelles…

 

Si l’exercice a donc été parfaitement réalisé, sa finalité est difficile à percevoir (comme celle d’ailleurs du slalom qui consiste à descendre ce qu’on vient de monter…).

 

Ce qui est frappant dans le discours du Ministre, c’est qu’il reprend implicitement tous les sous-entendus du discours sur l’évaluation : il faut évaluer pour voir ce qui va mal et l’améliorer ( ou le supprimer, car il est évident que ce discours s’inscrit dans une économie de pénurie).

 

Mais en revanche, il est extrêmement frappant de constater que rien n’est dit sur les conséquences d’une bonne, voire d’une très bonne évaluation.

 

C’est un discours des plus classiques sur l’institution universitaire mais aussi un des plus inexacts. Il y a à l’université des enseignements, des diplômes, qui fonctionnent fort bien : bonne organisation, effectifs satisfaisants, professionnalisation excellente, équipes dynamiques et compétentes.

 

Or on ne lit pas, dans les propos de la Ministre, que les bonnes évaluations auront une quelconque incidence sur ces formations ou les enseignants qui les composent.

 

Pourtant j’ai tendance à penser que ces formations d’excellence, lorsqu’elles sont repérées, mériteraient d’être aidées, car elles sont précisément celles qui permettent de tirer l’Université vers le haut et par un effet d’entraînement, de concourir à pousser également les autres.  

 

Par exemple, on pourrait leur allouer des moyens supplémentaires, ou leur conférer un label qui les identifieraient.

 

Mais non, l’évaluation poursuit simplement la logique du « redresseur de torts », de « l’identification des dysfonctionnements », en vocabulaire administratif. Cela est aussi regrettable que révélateur du fait que reprendre le débat sur l’évaluation ne s’inscrit dans aucun projet constructif pour l’avenir de l’enseignement supérieur.

 

Oui, donc, à l’évaluation, mais à condition qu’elle soit la contrepartie d’objectifs clairs et constructifs. A défaut, nul doute que l’entropie propre aux systèmes administratifs lui fera perdre toute portée et tout intérêt.

 

 

Commentaires

Tout à fait d'accord avec ce billet mais si effectivement "l’évaluation des enseignants, pardon, des enseignements, fait partie des grands classiques de la réforme administrative" le "on pourrait leur allouer des moyens supplémentaires" est aussi un des refrains les plus entrainant. ;-)

Écrit par : TP | 01/02/2008

Une suggestion: à quand les mélanges Michel Bazex? Cet excellent enseignant et auteur le mérite! Qu'en pensez-vous?

Écrit par : Jean | 01/02/2008

Pourquoi pas une sanction pénale pour les mauvais enseignants ! C'est à la mode. Une sanction telle que le bannissement dans une université éloignée serait adaptée, sauf en cas de récidive : une peine plancher d'un mois de prison s'impose. Pour le bon enseignant, une image d'Epinal ou celle d'un mannequin en tenue légère permettrait de récompenser sans trop obérer les finances publiques.

Écrit par : Jean-Jacques | 02/02/2008

@ M. le Prof. Rolin:
Pour ce qui est des moyens supplémentaires alloués au diplomes qui marchent, ne pensez vous pas que les possibilités nouvelles ouvertes par l'autonomie des universités pourrait régler la question? Certaines universités, en quête de financements extérieurs, ont créé leur fondation d'entreprises. Ces fonds bénéficieront directement ou indirectement aux différents masters. Les masters bénéficieraient par ailleurs des contacts nombreux pris au niveau de l'université pour conclure plus facilement à leur niveau des partenariats. Certes, cela se pratique déjà, mais ces partenariats seraient encore plus nombreux.
D'ailleurs, comment se positionne Paris X sur la question de l'autonomie?
Cordialement

Écrit par : fluctuat nec mergitur | 02/02/2008

Outre les lacunes effectivement de la démarche, le réaliste de service se demande "qui évalue les évaluateurs" ? Ce qui revient à ce que vous disiez dans votre billet : par qui et comment sont choisis les critères d'évaluation ? Que fait-on si les critères sont insatisfaisants ? La question se pose, un peu dans ces termes là, pours la juridiction adve. Les magistrats et la juridiction sont évalués (il n'y a donc pas de lien juridique, au moins pour le CE, entre indédépendance et évaluation), notamment à l'aide d'un certain nombre d'indicateurs dont tout le monde convient qu'ils sont inutiles et même trompeurs.

Écrit par : R2nx | 02/02/2008

La problème de l'évaluation dans l'administration n'est pas un problème juridique mais pratique. Tous les outils permettant d'évaluer les fonctionnaires existent mais ils sont détournés en pratique. Ainsi, les enseignants du secondaire sont tous notés mais ils ont en pratique tous les mêmes notes (entre 19 et 20) et si un proviseur s'avise de mettre une note moins élevée c'est la levée de bouclier.
La solution pour l'évaluation n'est donc pas évidente car la pratique administrative détourne ces outils de leur sens.

Écrit par : TP | 02/02/2008

"Or on ne lit pas, dans les propos de la Ministre, que les bonnes évaluations auront une quelconque incidence sur ces formations ou les enseignants qui les composent", écrivez-vous. Mais si on récompense les bons, voire les meilleurs, il faut admettre alors de sanctionner les mauvais, car la récompense et la punition participent de la même logique.
Pour ma part, je pratique l''évaluation de mes enseignements depuis de longues années et je trouve cela assez positif. J'aurais souhaité, jeune professeur, être même "inspecté" par des collègues plus expérimentés pour me permettre de découvrir plus rapidement ce que j'ai trop lentement compris. Mais d'un autre côté, l'évaluation des enseignements - mais comme l'enregistrement des cours - bride l'enseignement que l'on dispense. Impossible de déraper sur un sujet un peu chaud, impossible de plaisanter, ou alors seulement très explicitement, impossible de laisser prospérer l'équivocité sur ses propres convictions - elles doivent être convenues ou inexistentes. Bref, il est de plus en plus difficile de développer une personnalité intellectuelle en cours. Mes meilleurs professeurs, les Rials, les Matringe (père), les Rouvier étaient injustes, partiaux, incorrects et parfois plus encore mais certains cours restent gravés dans mon esprit sans pourtant que je n'ai jamais adhéré à aucune de leurs idées. C'était un temps où l'on pouvait compter avec l'intelligence des étudiants. A l'heure de l'évaluation des enseignements et du droit à l'enregistrement, je crains que les trois personnes citées, pour ne parler que d'elles, finiraient devant les tribunaux de la République. C'est dommage!

Écrit par : Ph.D | 02/02/2008

Bonsoir,

Titre accrocheur pour qui est familier de l'évaluation des enseignements depuis... un certain temps, dans le supérieur, donc.

"Par exemple, on pourrait leur allouer des moyens supplémentaires, ou leur conférer un label qui les identifieraient."

Dans une tout petite, pardon moyenne, université de la province profonde, un système de Bonus Qualité Pédagogique (inspiré du modèle du Bonus Qualité Recherche, abondé par une fraction des montants des contrats de recherche, remis dans le pot commun) a été mis sur pied. Il intègre, entre autres, les résultats de l'évaluation des formations (en plus de l'inévitable "innovation pédagique" et de la non moins incontournable "insertion professionnelle...). Il n'a pu être appliqué par manque de crédits d'état (je vous passe les détails).

Quand donc nos gouvernants cesseront de faire accroire que les plans qu'ils présentent sont novateurs et issus de leurs réflexions alors qu'ils (les plans) ne font qu'entériner ce qui existe déjà sur le terrain (cf le plan Licence) ?

Écrit par : deuzeffe | 02/02/2008

Pour une évalutation des enseignats du supérieur ? Je vote oui. Mais comme certains l'on bien indiqué dans les commentaires précédents, il faut que cela soit constructif. La seule "sanction" de ce qui ne va pas ne suffit pas.
Les bons professeurs devraient être récompensés, d'une manière ou d'une autre. Récupérer les cours de professeurs quelques peu incompétents en tant qu'enseignant (je suis convaincu qu'enseigner correctement n'est pas donné à tout le monde fusse t-on une sommité dans la matière que l'on enseigne) est par exemple une solution... même si je pense peut-être ici davantage aux étudiants qu'aux professeurs, mais tout le monde devrait y trouver profit pour le plus grand bien de l'université elle même.
C'est une idée et maintenant que j'y pense, j'en aurais bien fait usage une ou deux fois (avec tout l'amphi). Je ne suis sans doute pas la seule à avoir des noms en tête et pour avoir été dans 3 universités différentes, le problème se pose partout.

Écrit par : Anne-Sophie B. | 03/02/2008

L'évaluation des enseignants du supérieur reviendrait à une évaluation de leurs méthodes pédagogiques et non du contenu même de leurs enseignements à moins de porter atteinte au principe vedelo constitutionnel (plus vedelo que constitutionnel) d'indépendance.

Or les méthodes pédagogiques dans le primaire et le secondaire sont imposées par le ministère. Il y a donc matière à contrôle. Il serait peut être possible d'imposer des méthodes pédagogiques aux enseignants du supérieur, bien que je n'y soit pas favorable et déterminer si elle sont respectées et mises en oeuvre.

L'évaluation de la qualité de la recherche est-elle, en revanche, un peu plus aisée à sanctionner en cas de défaut manifeste.
Je vais me faire des ennemis mais nous sommes des enseignants-chercheurs, rémunérés pour les deux activités.
Par conséquent, tout enseignant-chercheur qui n'aurait pas à son actif trois publications d'importance moyenne à son actif en cinq ans (ou l'équivalent en publication plus importantes) pourrait se voir sanctionné.
On limite notre service aux heures d'enseignement. Le service des heures de recherche doit aussi être fait.
N'oublions pas que ce n'est que le caractère particulier de notre matière d'étude qui empêche de nous affecter à un laboratoire de la faculté 8 heures pas jours comme le sont nos amis scientifiques. Si l'on ne cherche pas, on ne fait pas son service. C'est surtout cela qui doit être évalué.

PS : L'activité de conseil n'est pas une activité de recherche, même si elle peut y contribuer
L'activité adminsitrative dans l'université n'est pas une activité de recherche

Écrit par : léon | 03/02/2008

Je suis enseignant-chercheur dans une université non-Française; et nos enseignements sont évalués tous les ans, de façon assez poussée. Je me permets, au risque d'être un peu long, de décrire un peu ce qui se passe pour apporter des éléments concrets.

Nous sommes donc évalués pour chacun de nos modules, selon une grille assez détaillée -- les étudiants nous "notent" sur une quinzaine de critères, et ont l'opportunité de rajouter des commentaires libres. Ces évaluations sont ensuites compilées par un service central, puis renvoyées aux chefs de départements et aux interessés.

Les évaluations servent à plusieurs choses :

1) De façon peut être la plus spectaculaire, elles contribuent à nos évaluations de performance : la "note" des étudiants représente une petite moitié de la composante "enseignement" de notre évaluation, elle-même représentant entre le tiers et la moitié (négociable par chacun avec sa hiérarchie) du total. Notre évaluation annuelle a un impact direct sur notre progression salariale...

2) Plus profondément, elles permettent au chef de département d'avoir un "feedback" sur les enseignements de son département, et de voir ce qui s'y passe. Et le cas échéant, de prendre des mesures pour corriger des problèmes -- mesures qu'il est incité à prendre, puisque l'attractivité de son département va avoir des effets assez directs sur le nombre d'étudiants inscrits (les étudiants savent très bien quels sont les bons ou moins bons départements !), et donc sur les financements (au titre de l'enseignement, ou plus tard de la recherche) dont il peut espérer bénéficier...

3) La faculté utilise sans doute aussi ces évaluations lors des discussions sur la création (ou le maintien) de tel ou tel programme; plus de façon indirecte et non-interventionniste (si les étudiants désertent en masse une filière, elle sera finalementsupprimée; si il y a un afflux d'étudiants, tout va bien et on n'y mets pas le nez !), mais le cas échéant en regardant ce qui se passe dans les secteurs à problème.


JF

Écrit par : JF | 04/02/2008

Je signale une évaluation des enseignants en vigueur pour 14000 d'entre eux dans le supérieur, à savoir les professeurs agrégés "de droit commun" (c'est-à-dire ceux qui peuvent être affectés aussi bien dans le second degré que dans le supérieur, à la différence de agrégés de droit, de médecine, de pharmacie?...), environ 8000, les professeurs ENSAM (qui remplissent des rôles voisins de ceux des professeurs agrégés "de droit commun", mais dans des disciplines très tehcnologiques, et au delà de la seule ENSAM), pas très nombreux, et les professeurs certifiés.

Ils sont notés par le ministre, sur proposition du chef d'établissement, et avec recours administratif sous forme d'avis consultatif des CAP (commissions administratives paritaires) de leurs corps respectifs.

Le droit et la pratique sont ici totalement absurdes, injustes et incohérents :
le chef d'établissement n'appartient très souvent ni de près ni de loin au champ disciplinaire du noté (exemple parmi de nombreux autres, la notation du professeur d'anglais dans une école d'ingénieur)
les CAP ne sont en principe compétentes que pour la composante administrative de la note dans le second degré, soit 40% de la note totale (les 60% restants sont la note pédagogique, attribuée par le corps d'inspection), mais compétentes pour la totalité de la note dans le supérieur
pour les agrégés, la CAP compte 9 élus, et statistiquement, il y a davantage de chance de n'avoir aucun agrégé de sa discipline et aucun agrégé affecté dans le supérieur dans la CAP consultée que l'inverse (quant à avoir un agrégé de sa discipline affecté dans le supérieur, la probabilité est infime
en quoi un chef d'établissement serait-il compétent pour évaluer une activité, celle d'enseignement, qui est très souvent en substance la même que celle dispense par un enseignant-chercheur (notamment quand l'enseignant et l'enseignant-chercheur oeuvrent en parallèle en TD ou TP), alors qu'il ne l'est pas en ce qui concerne l'enseignant-chercheur?
En quoi la notation par le chef de l'établissement ne porterait pas atteinte à l'indépendance et à la liberté d'expression de l'enseignant alors qu'elle porte atteinte à celle de l'enseignant-chercheur ?

Sur cette dernière question, le conseil d'état a une position qui se comprend très bien psychologiquement et sociologiquement, mais pas très bien juridiquement. Car:

- la loi (articles L 123-9 et L 952-2 du code de l’éducation) et la décision 83-165 DC du Conseil Constitutionnel fait figurer les enseignants au côté des enseignants-chercheurs parmi les bénéficiaires de l'indépendance et de la liberté d'expression

-le Conseil d'état lui-même a dit pour droit dans un arrêt CE 18 Février 1998 Moschetto (req. N°185553) qu'il fallait compter les professeurs agrégés de droit commun et les professeurs certifiés parmi les enseignants visés par la loi précitée le conseil d'état (requête n°229659) a en revanche considéré « que si l'article L. 952-2 du code de l'éducation dispose que "les enseignants et les chercheurs jouissent d'une pleine indépendance et d'une entière liberté d'expression dans l'exercice de leurs fonctions d'enseignement", il ne fait pas obstacle à ce que la notation des professeurs agrégés affectés dans les établissements d'enseignement supérieur soit fixée [...] par le ministre de l'éducation nationale compte tenu des notes en appréciation par le président de l'université d'affectation ».

« Pas obstacle » ? On notera le caractère approfondi de la motivation (et je ne vous parle pas de l'examen des moyens...). Les enseignants-chercheurs pourraient-ils donc eux aussi être notés de la même façon ?

Le Conseil d'état, toujours dans le même arrêt, et sans que la question ait été invoquée ni par le demandeur, ni par le défendeur (je suis bien placé pour le savoir), considère par ailleurs « que le principe à valeur constitutionnelle d'indépendance des professeurs ne s'applique qu'aux professeurs des universités ». Mais alors, qui sont ces mystérieux « enseignants » placés par la décision précitée du Conseil Constitutionnel et par la loi au côté des « enseignants-chercheurs » ? Sont-ce des professeurs d'université qui ne sont pas des enseignants-chercheurs ? Diantre !

Et quid de l'article 62 de la Constitution (« Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles ») ? Le Conseil d'état n'est-il ni une autorité administrative, ni une autorité juridictionnelle, ni un pouvoir public pour que la décision du Conseil Constitutionnel ne s'impose pas à lui ?

Et le professeur Chapus aurait-il commis une grosse erreur en considérant que « le principe à valeur constitutionnelle d'indépendance » s'appliquait aussi aux maîtres de conférences ?

« Les juges, qui les jugera? » et bien personne, puisque ce sont eux qui jugent!

Écrit par : Denis ROYNARD | 13/02/2008

La décision 94-355DC du 10.01.1995 est pourtant claire :

"Considérant en deuxième lieu, qu'en vertu du deuxième alinéa du même article, les magistrats exerçant à titre temporaire ne peuvent exercer aucune activité d'agent public, à l'exception de celles de professeur et de maître de conférence des universités dont l'indépendance est garantie par un principe à valeur constitutionnelle "

Écrit par : MCF | 13/02/2008

Elle est claire en effet en ce qui concerne les maîtres de conférences, et précise ce qui était déjà clair dans la décision 83-165 DC, puisqu'il n'ya pas lieu de distinguer là où la loi ne distingue pas (lato sensu), et donc dans une décision du CC.

Il y a donc bel et bien violation de l'article 62 de la Constitution par le Conseil d'état, si du moins il fait partie de ceux auxquels l'autorité des décisions du CC s'applique (et personnellement je le pense).

Pour les autres enseignants fonctionnaires titulaires affectés à l'université, la décision 94-355 ne nous apprend rien, puisqu'étaient seuls considérés les emplois (sous forme de PAST) de professeur et de maître de conférences.

Le conseil constitutionnel fait pour les maîtres de conférences une interprétation fonctionnelle de l'indépendance (leurs fonctions "non seulement permettent, mais demandent, dans l'intérêt même du service" ...), alors que le conseil d'état se fonde sur une appréciation liée au grade ou au mode de nomination (les professeurs d'université sont nommés en conseil des ministres, mais pas les maîtres de conférences). A noter que pour les professeurs d'université, l'indépendance repose également sur un autre fondement, un PFLR, la faculté de cumuler leur emploi avec un emploi de député ou de sénateur. C'est peut-être sur ce fodnement là, et sur lui seul, que le conseil d'état ne reconnaît la portée constitutionnelle du principe qu'aux seuls professeurs d'université. On retrouve en tout cas cet obiter dictum anticontraconstitutionnel dans plusieurs arrêts du Conseil d'état, il doit donc y tenir...

Mais puisque l'interprétation du CC est fonctionnelle, tout comme celle de la CEDH à l'égard des personnes ayant à juger (qu'ils soient juges professionnels ou occasionnels et à titre accessoire), c'est sur des critères fonctionnels qu'il faut apprécier.
Si l'enseignant est noté, l'atteinte à l'indépendance et à la liberté d'expression se manifeste par une sanction déguisée. Si l'enseignant se fiche de sa note, il continue à faire usage de son indépendance et de sa liberté d'expression, mais en subit le contrecoup.

Une autre question est celle de l'inamovibilité, qui ne bénéficie en droit textuel qu'aux enseignants-chercheurs. Et pourtant, son fondement est l'indépendance et la liberté d'expression. La logique juridique matérielle voudrait donc que cette inamovibilité bénéficie à tous les enseignants en position normale d'activité dans une université, mais comme c'est le conseil d'état qui statue en dernier ressort, lla garantie du droit substantiel est très incertaine...

Écrit par : Denis ROYNARD | 13/02/2008

@ JF : Ce que vous écrivez est très intéressant. Vous serait-il possible d'indiquer les critères utilisés pour l'évaluation des enseignements ?

Écrit par : YK | 14/02/2008

@YK

Désolé, je repasse par ici 15 jours plus tard.... Je ne retrouve que la version Afrikaans des critères, je cherche une traduction et je reviens !

Écrit par : JF | 05/03/2008

Voilà, j'ai trouvé (en anglais, ça vous dérange pas? Flemme de traduire en Français...)

The module:

I achieved the learning outcomes (what I need to know and what I must be able to do) for the module.

The prescribed study material (textbooks, printed and electronic resources etc.) met the aims of the module.

The assignments were significant (relative to the specified learning outcomes).

Attending tutorials, group activities, practicals and/or clinical work was helpful.

Assessment (e.g. tests, reports, coursework, practical work) tested insight and did not require a mere repetition of memorised content.

Assessment (e.g. tests, reports, coursework, practical work) was fair.

Achieving the outcomes of the module was an academic challenge.

The credits for the module were in proportion to the total time I devoted to it.

The module is relevant to the program.

Self-study was essential for success in the module (i.e. not all sections of the module were covered in contact sessions).

Self-assessment mechanisms enabled me to gauge my progress


The lecturer:

is enthusiastic about the study material that is offered in this module.

is well prepared for contact sessions (e.g. lectures, tutorials, group activities, practicals and/or clinical work).

appears to have a good general expertise in the subject.

organises the learning environment (practicals, study material, electronic resources) effectively in order to support my learning.

guides me to understand difficult concepts.

uses a variety of educational methods effectively (e.g. self-study, group work).

uses relevant examples and applications from the real working environment.

uses educational technologies (e.g. overhead projector, the computer, the web) effectively.

communicates clearly (orally, through writing and electronically).

encourages learners to participate during learning opportunities, e.g. tutorials, lectures.

is accessible to learners.

is punctual regarding appointments, lectures, tutorials etc.

provides feedback on tasks, reports, tests etc. within reasonable time.

Écrit par : JF | 05/03/2008

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