16/01/2008

Quelques observations sur l'ergonomie et le contenu du site Dalloz.fr

L'un des grands avantages de l'Université de Paris Ouest etc..., c'est que depuis tous les postes informatiques, il est possible d'avoir accès à tous les abonnements numériques de la bibliothèque : Lextenso, Lexis, Lamy, et Dalloz entre autres.


Et qui plus, pour chacun de ces éditeurs, la bibliothèque a souscrit l'abonnement le plus étendu de telle sorte que toutes les ressources sont disponibles.


Jaloux ?


Progressivement, cela modifie ma manière de chercher, et elle désormais loin la période où je bulletinais les tables annuelles de l'AJDA pour chaque article (d'autant que compte-tenu de mon ordre légendaire il y arrivait souvent qu'il y ait des trous...).


Pour autant, l'utilisation de ces ressources numériques exige d'arriver à saisir les spécificités de chaque interface, ainsi que le contenu des bases de données.


De ce point de vue, l'utilisation des bases Dalloz appelle de ma part un certain nombre d'observations critiques (que les autres éditeurs se rassurent, je publierai sûrement dans l'avenir quelques billets qui leurs seront consacrés !).


1 – La première et la principale critique que je dois faire, tient à ce que la consultation des revues ne peut pas s'opérer numéro par numéro. Autrement dit, il n'est pas possible de lire l'AJDA ou la RFDA en ligne. Je comprends bien la logique commerciale de cette limitation, qui vise à préserver les abonnements papiers, mais je ne comprends pas pourquoi il n'est pas possible de lire sa revue préférée en ligne, comme on la lirait sur papier (quitte à ce qu'un abonnement supplémentaire soit nécessaire). Et ce qui vaut pour les revues vaut aussi pour les répertoires : il est purement et simplement impossible de liure tout l'article d'un répertoire.


2 – La seconde observation tient à ce que le contenu des bases n'est pas clairement indiqué et parfois lacunaire. Ainsi, à titre d'exemple, et s'agissant de la RFDA, j'ai constaté que la « chronique des thèses » n'est pas publiée numériquement. Or cela n'est mentionné nulle part ( si ce n'est dans la rubrique « aide » qui mentionne que de la RFDA ne sont publiés que les « articles », ce qui laisse à penser que cette chronique n'est pas considérée comme constituée « d'articles », sur le fondement d'une logique qui est loin d'être évidente). Pourtant pour la RTDciv, la chronique des thèses est bien numérisée, alors que les renseignements de la rubrique « aide » sont strictement identiques à ceux de la RFDA. Comprenne qui pourra.


3 – Certaines des techniques de recherche sont peu performantes. Il en va ainsi de la recherche à partie de la « table analytique). Si je reprends l'exemple de la RFDA, le croirez vous mais il n'y a que 4 articles indexés à « contrat de partenariat » et, par exemple, l'article de Pierre Delvolvé que les « contrats globaux » n'en fait pas partie. Ceci invite d'ailleurs à une réflexion plus générale : il me semble que dans toutes les recherches sur ces bases, les plus performantes sont celles qui s'appuient sur le contenu des bases et non sur les méthodes d'indexation mises en place par les éditeurs.


4 – Le Lebon est purement et simplement inutilisable, notamment parce que le plan de classement des arrêts n'est pas proposé comme critère de recherche.


4 – Les résultats des recherches sont parfois contradictoires. Ainsi, si vous cherchez « permis d'aménager », directement dans l'AJDA, vous trouverez 10 résultats, alors que si vous le chercher dans la « base matière » droit administratif ou droit immobilier, il ne sortira aucun résultat pour l'AJDA...


5 – Enfin, il n'est pas possible de personnaliser ses recherches, notamment en mémorisant un « panier » de sources dans lequel on pourrait ensuite chercher.



Au total, si la richesse des fonds Dalloz fait de cette base de données un incontournable, force est toutefois de constater qu'aussi bien l'ergonomie de la recherche que sa fiabilité sont très largement perfectibles. J'ai également le sentiment que, plus encore que d'autres sites, le site Dalloz est réservé aux personnes qui ont déjà une grande expérience de la recherche papier et qui savent comment « allez chercher dans les coins », lorsque les requêtes directes ne renvoient pas à des résultats satisfaisants.



Commentaires

Alors, que pensez-vous du nouveau Légifrance ? :-)fonctionnellement beaucoup mieux mais graphiquement plutôt moche, non ?

Écrit par : Sirey | 16/01/2008

Premières observations sur légifrance :

Dans la base jurisprudence administrative aucune décision 2007 et la recherche par n° de décision ne fonctionne pas.

Par ailleurs, le moteur de rechreche me semble moins performant puisqu'en mot clef "urbanisme" la base judiciaire sortait, hier encore, 85 résultats là où ce matin elle n'en sort plus que 71...

Écrit par : Jurisurba | 16/01/2008

Je mitonne un petit billet de derrière les fagots... ç a va saigner !

Écrit par : Frédéric Rolin | 16/01/2008

Encore moins pratique et plus lent : la nouvelle version des codes sur legifrance !

Écrit par : augustus | 16/01/2008

j'utilise pour ma part la base commerciale "lexisnexis" à laquelle les mêmes griefs peuvent être opposés.

J'y ajouterai l'inutilité de la fonction "veille juridique par e-mail" - que j'ai créée pour ma part avec un champ très génèral pour qu'elle soit fréquente et dense - laquelle m'est adressée, en moyenne, tous les deux à trois mois (!) pour me signaler, au mieux, un arrêt du Conseil d'Etat rendu il y'a plusieurs semaines et dont, souvent, j'ai du mal à saisir ce qui lui vaut cet honneur...

PS: Pour Légifrance, c'est encore pire que mes premières observations de ce matin...

Écrit par : Jurisurba | 16/01/2008

C'est qu'au moment du précédent post, je n'avais pas encore eu le loisir d'essayer la jurisprudence administrative sur legifrance.
argh.

Écrit par : augustus | 16/01/2008

Je suis entièrement d'accord avec M. Rolin. C'est dommage que le site de Dalloz contrairement au Jurisclasseur et à Lamy ne permette pas d'accéder directement aux numéros des revues.

En revanche sachez qu'avec Cujas nous avons désormais accès à toutes ces bases (sauf Jurisclasseur) de chez soi à partir de son numéro de carte.

Jaloux !

Écrit par : TP | 16/01/2008

Je suis entièrement d'accord avec M. Rolin. C'est dommage que le site de Dalloz contrairement au Jurisclasseur et à Lamy ne permette pas d'accéder directement aux numéros des revues.

En revanche sachez qu'avec Cujas nous avons désormais accès à toutes ces bases (sauf Jurisclasseur) de chez soi à partir de son numéro de carte.

Jaloux !

Écrit par : TP | 16/01/2008

Effectivement pour les revues il est impossible de les consulter par numéro de revue ce qui est vraiment dommage et prejudiciable, à mon sens, à la très bonne qualité de cette base de données. d'autant que d'autres éditeurs offrent cette possibilité. Par contre, pour les répertoires, il est tout à fait possible de télécharger une étude complète (à l'identique du papier)

Écrit par : FUSIL | 16/01/2008

J'ai renoncé à utiliser Dalloz.fr, et je me demande si le manque cruel "d'ergonomie" de ce site n'est pas un frein à l'extension de l'usage de l'informatique documentaire par les juristes : comment imaginer que celui qui fait ses premières armes en utilisant ce site ne sera pas dégouté de l'informatique juridique ?

Mon jugement est sévère, à la mesure de ma déception.

Écrit par : Christophe Buffet | 16/01/2008

Je connais des ami(e)s travaillant chez DALLOZ dans des services différents. De leur aveu même, la maison est très mal gérée et elle s'avachit sur sa réputation historique, sans chercher à se remettre en question.

S'il n'est pas possible de feuilleter l'AJDA ou la RFDA, il est en revanche possible de télécharger la couverture de chaque numéro ainsi que son sommaire, pour peu que la base de données soit régulièrement mise à jour.

En se référant au(x) titre(s) des articles, on peut opérer une recherche ciblée en mentionnant la page recherchée.

La remarque s'applique également à Lexisnexis, Lamylinereflex et Lextenso.

Écrit par : Romanis | 16/01/2008

Je trouve les dernières critiques un peu sévères. Je crois qu'il est difficile de se passer des fonds dalloz, et je pense que c'est une maison qui se renouvelle malgré tout, même si il est vrai qu'elle connaît les pesanteurs des maisons historiques. mais dans le domaine de l'édition les

Écrit par : F. Rolin | 17/01/2008

Je me permets un petit détournement de post pour poser la question du traitement infligé par ces éditeurs numériques aux universités en particulier sur le plan tarifaire.

Est-il normal qu'elles soient traitées de la même manière que les cabinets d'avocats et autres opérateurs économiques. Les universités ont le devoir pour des raisons scientifiques de fournir à leurs usagers un accès à des sources diverses de telles sortes qu'elles sont contraintes de s'abonner à plusieurs éditeurs numériques. Que penserait-on d'un faculté qui excluerait dalloz.fr au profit de LExis. Et d'une thèse ou d'un article amputés d'une partie non négligeable de la production doctrinale. Les universités ne peuvent donc pas faire jouer la concurrence entre ces éditeurs contrairement aux opérateurs économiques du droit. Est-ce normal?

Par ailleurs, plusieurs universités (dont la mienne) ont mis en place des formations à l'utilisation de ces ressources électroniques de telles sortes que leurs étudiants, futurs praticiens, deviendront, pour certains, des clients de ces éditeurs numériques. Les facs font de la publicité pour ces supports. Avec quelles contreparties?

Est-il normal qu'un centre de recherche consacre 20% ou plus de son budget rien que pour ce type de ressources?

Mais faut-il attendre des réponses?

Écrit par : xddb | 17/01/2008

Concernant les abonnements Cujas, je ne suis pas certain qu'il suffit de son numéro de carte... je crois qu'il faut aussi être inscrit à Paris I pour avoir accès aux ressources numériques. Tous les lecteurs enregistrés à Cujas n'ont donc pas accès aux bases de données, sauf changement très récent !!

Je signale aussi, pour que d'autres universités en prennent exemple, que Bordeaux IV met à disposition de tout ses étudiants, par le biais de l'ENT, notamment Dalloz et Lextenso. À quand la généralisation de cette pratique ?

Écrit par : RR | 17/01/2008

Cher ami, la lecture de vos notes consacrées aux bases de données juridiques est très instructive et intéressante (comme toujours d'ailleurs). Dans ce domaine, certains éditeurs ont décidé il y a quelques années d'adopter une attitude réservée à l'égard des SGBD juridiques, justement pour les motifs que vous évoquez. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne réfléchit pas à la question.
Je ne voudrais pas paraître prendre la défense de Dalloz ou de Legifrance, qui sont assez grands pour le faire eux-mêmes, mais "Paris n'a pas été créée en un jour". C'est d'ailleurs pour cela que votre examen critique sera salutaire, s'il est suivi d'effets ...
Ceci étant, pour ce qui est de la lecture en ligne, et sans dévoiler de secret de fabrique, les enquêtes marketing et les essais déjà effectués montrent que, globalement, cette faculté ne convainc guère les lecteurs. Et cela s'explique très bien : la lecture d'un texte composé sur plusieurs colonnes est quasiment impossible sur un écran, sauf à jouer de la molette à longueur de pages. La technique consisterait donc à transformer le texte "colonné" en un texte "déroulant", tout en gardant sa mise en forme et ses attributs (rubrique, titre, intertitres, images, encadrés (aux bons endroits !)). Il existe des logiciels qui font cela en mode XML, mais cela suppose de concevoir le texte, dès l'origine, pour un "double usage", et aussi de transformer dans ce format toutes les archives, ce qui représente une somme de travail démesurée compte tenu de ce que les lecteurs sont prêts à payer pour avoir accès aux ouvrages sous cette forme. Accepteriez-vous de payer 500 de plus par an pour avoir l'AJDA sur votre écran comme sur du papier ? Vous peut-être, mais cela risque de ne pas suffire si vous êtes le seul abonné !
Par ailleurs, pour ce qui est de la mémorisation des profils de recherche, il s'agit naturellement d'une fonction très utile. Mais vous admettrez certainement que celle-ci ne soit pas accessible à partir d'une université avec un abonnement par définition "collectif" (donc pas de profil...).

Écrit par : C.E. | 17/01/2008

Personnellement, je dirais que tout est perfectible...

Mais honnetement en tant que jeune chercheur habitant à 60 km de ma BIU je trouve que l'accès Dalloz, ou encore Lexis Nexis... sont de véritables bénédictions...

Petit calcul...Me rendre à la BIU me coûte entre le train et le tram (montpellierain et oui nous avons aussi accès à ces bases en province...Moins Jaloux du coup...) environ 20€ pour un aller-retour (je ne compte pas les cafés indispensables lors de mes recherches...)

alors que là ca ne me coûte qu'une demi cafétière de bon café de la maison quand de reste devant mon ordinateur à chercher sur ces sites...alors oui il est possible que ces sites soient à améliorer mais vu l'amélioration de ma qualité de vie je vais leur dire un grand MERCI!

Et puis je retournerais au papier le jour où en bas de ma revue papier je pourrais saisir contrôle F pour retrouver un passage précis dans un article de 12 pages... ; )

Écrit par : Icecream | 18/01/2008

Avec une telle masse d'infos...
Ne devrait-on pas s'en tenir aux textes officiels, aux jurisprudences et à quelques articles de fond sur les concepts... mais cela nous ramène pour l'essentiel à la désespérante version 2.0 de légifrance...

Écrit par : EDL | 18/01/2008

Etudiante en M1 Droit Public, je ne peux évidemment pas me passer des ressources proposées par Dalloz. Cependant, il m'est difficile d'effectuer des recherches sur Dalloz.fr sans perdre un temps précieux.
Je préfère donc, je l'avoue, le support papier de l'AJDA ou de la RFDA, et je me rends donc chaque fois que j'en ressens le besoin à la BU de ma faculté pour consulter un article, sauf quand le week-end arrive et que je n'ai pas d'autre choix que d'effectuer mes recherches sur Internet. Je suis déçue par le manque de fonctionnalité et d'accessibilité du site. Le moteur de recherche me boude. Et je trouve dommage de ne pas pouvoir lire ma revue favorite en ligne. Un avis que partage nombreux de mes camarades.

Écrit par : Mista | 21/01/2008

Et sur les prix et la politique commerciale de LexisNexis -- car l'interface est ok, aucun pb majeur --, auriez vous des observations à formuler ?

Écrit par : ckfd | 26/01/2008

Écrire un commentaire