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07.05.2007
Ségolénisme des centres, sarkozysme des périphéries
Il est tout à fait frappant, lorsque l’on clique sur les différents départements, de constater qu’il existe une discordance frappante entre les résultats départementaux, et ceux de ces grandes villes.
Quelques exemples :
Savoie : NS : 57 % / Chambéry SR : 50,6 %
Manche : NS 56 % ; St Lô SR : 55 %
Doubs : NS 56 % ; Besançon SR 55 %
Le décalage peut aller jusqu’à plus de 10 points‚ (par ex dans l’Hérault/Montpellier ; Bas-Rhin / Strasbourg – 14 pts ici).
On voit même de grandes métropoles voter majoritairement pour SR (notamment Bordeaux et Toulouse), malgré une majorité municipale conservatrice.
Il y a naturellement quelques contre-exemples, comme Versailles ou Colmar, mais pour le reste cette tendance est pratiquement générale.
Il est à la fois trop tôt, au vu des données disponibles, et trop tard, au vu de l’heure de publication de cette note, d’essayer de faire l’analyse comparée du 1er et du 2nd tour de l’élection de ce point de vue, et de déterminer si les reports de voix de F. Bayrou a eu une incidence sur cette répartition.
Il est en tous les cas frappant de constater combien le vote de gauche, dans le prolongement des scrutins antérieurs, s’est notablement embourgeoisé, au point de donner dans certains cas le sentiment du « négatif » d’une carte de la France électorale d’il y a quelques décennies.
Je ne tirerai pas de conclusions de cette analyse par trop sommaire, mais il me semble que, vainqueurs comme défaits du scrutin devront s’y intéresser, aussi bien dans le but immédiat de préparer les élections législatives, que dans celui, plus lointain de réfléchir à leur assise sociologique.
01:12 Publié dans élections présidentielles au travers du droit | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
Commentaires
Certes, mais il me semblait quand même que les jeunes pops avaient un style vestimentaire qui n'était quand même pas très France qui se lève tôt...
Par ailleurs, il me semblait constant que le vote urbain était plutôt à gauche, et le vote rural traditionnellement acquis à la droite... On m'objectera aisément que les régions qui ont voté à gauche sont, à quelques exceptions notables, des zones rurales..
Ecrit par : erasoft | 07.05.2007
Egalement sur le site de Libération on trouve une page de tous les résultats ville par ville. Dans Paris, c'est intéressant: Paris 16ème: NS: 80,8% - SR 19,2%; Paris 7ème: NS: 74% - SR: 26%; Paris 18ème: SR: 63% - NS: 37%; Paris 19ème: SR: 60% - NS: 40%.
Le lien est :
http://www.liberation.fr/_looks/liberation/php/pages/pageResultatsElections.php#4788
Ecrit par : Michel Séjean | 07.05.2007
vote urbain à gauche, rural à droite....
oui mais, 80 % des français habitent en ville et ns a tout de mêmê obtenu 53 % des suffrages.
Ecrit par : kaptainkarott | 07.05.2007
La recentralisation des services publics dans les capitales régionales et départementales amorcé sous Jospin, durcie sous Raffarin n'est certainement pas étrangère à l'embourgeoisement des préfectures.
NB: La carte du vote OUI au TCE était très semblable à celle du vote Royal en 2007
Ecrit par : Passant | 07.05.2007
On constate deux choses:
1. votre paris est perdu
2. la France n'est pas tendre avec ces bobos des villes qui votent à gauche mais ne connaissent pas les sujets dont ils parlent!!
Bon vent quand même
Ecrit par : Guéant | 07.05.2007
Comme c'est étonnant, vous semblez avoir, dans un provincialisme bon ton, oublié Paris. Il me semble que Nicolas Sarkozy y a obtenu la majorité!
Ecrit par : Fillon | 07.05.2007
Ce resultat est à mettre en parallèle avec l'analyse du débat NS-SR faite par vos amis lieu communards.
Là ou ils ont vu une courte victoire de SR, les sondeurs ont vu une franche défaite. Il y a donc un net décalage entre votre perception et la réalité.
Vos amis sont plutôt instruits et vivent je pense à Paris intra muros. Ceci explique peut être cela.
J'ajoute que vous suivez la campagne de près (au passage bravo pour le droit au logement opposable). Le flou progratique de SR était donc connu de vous. Il ne l'était peut être pas du français moyen.
Ecrit par : Michel | 07.05.2007
Effectivement assez intéressant.
Aux États-Unis, une étude montre une forte corrélation entre la densité de population et le vote Républicain/Démocrate. En gros, plus c'est dense (en ville), plus on vote Démocrate, la banlieue éloignée votant naturellement républicain.
Le plus intéressant, c'est que la corrélation se maintient même si on suit un conté donné au cours du temps, et qu'il se densifie : à mesure qu'il se densifie, il bascule vers le camp Démocrate.
Une étude plus fine, canton par canton, permettrait sans doute d'observer aussi cette corrélation. Le département n'est vraiment pas la bonne échelle pour observer le résultat d'un vote. Pour le TCE, l'analyse canton par canton montrait que presque tous les cantons frontaliers avaient voté oui, même lorsque le département avait voté non.
Ecrit par : N. Holzschuch | 07.05.2007
Il me semblait pourant que le vote rural est depuis longtemps de droite, et que c'était pour ca que le Sénat ne bascule jamais à gauche, la ruralité étant sur-représentée chez les grands électeurs.
En tout cas Ipsos "sorti des urnes" confirme la tendance:
Rural NS:57% SR:43%
Moins de 20 000 habitants NS:54% SR:46%
De 20 000 à 100 000 habitants NS:56% SR:44%
Plus de 100 000 habitants NS:50% SR:50%
Agglomération parisienne NS:50% SR:50%
Ecrit par : Cyrille | 07.05.2007
Il me semblait pourant que le vote rural est depuis longtemps de droite, et que c'était pour ca que le Sénat ne bascule jamais à gauche, la ruralité étant sur-représentée chez les grands électeurs.
En tout cas Ipsos "sorti des urnes" confirme la tendance:
Rural NS:57% SR:43%
Moins de 20 000 habitants NS:54% SR:46%
De 20 000 à 100 000 habitants NS:56% SR:44%
Plus de 100 000 habitants NS:50% SR:50%
Agglomération parisienne NS:50% SR:50%
Ecrit par : Cyrille | 07.05.2007
@ N. Holzchuch : Merci pour cet intéressant rapprochement. De fait l'échelon départemental n'est sans doute pas le plus pertinent (quoique dans certains cas, que ce soit sous l'influence d'une personnalité structurante il puisse acquérir des traits politiques spécifiques, ex la Corrèze du temps de Chirac), mais, à la lecture du cahier de résultats du Monde, qui donne des indications ville par ville, et appliqué au département de l'Essonne, par ex. que je connais bien, le paradigme centre/périphérie confirme son caractère au moins partiellement opératoire. Avec un point notable : deux types de périphéries semblent se rejoindre dans le vote conservateur : la périphérie "menacée" (par ex. une ville comme Montgeron, dont une partie significative est tout proche de grands ensembles) et la périphérie "aisée", par ex. des villes dotées de lotissements de luxe assez importants comme Bondoufle. (Etant noté apr ailleurs que ces deux logiques ne sont pas exclusives l'une de l'autre).
Ecrit par : Frédéric Rolin | 07.05.2007
@ cyrille : Je n'évoquais pas principalement le vote rural, dont la tendance conservtarice est connue (quoiqu'elle s'atténue nettement dans l'ouest et le sud ouest), mais le vote des ensembles urbains périphériques.
Ecrit par : Frédéric Rolin | 07.05.2007
Je pense que cette analyse centre périphérie peut être enrichie par des éléments liés à l'âge des électeurs. En effet, la pyramide des âges n'est pas homogène selon la situation géographique d'une zone donnée (centre ou périphérie), or l'âge est un puissant facteur d'explication des comportements électoraux.
Il me semble.
Julien
Ecrit par : Julien BOBOT | 07.05.2007
C'est peut-être aussi que la séparation des pouvoirs est une doctrine moins bien connue des ruraux que des citadins.
Pour les serfs volontaires (des villes comme des campagnes) ayant préféré N.S. à S.R., je suggère vivement une petite (re)lecture de Monstesquieu, ainsi que, pour un exemple de violation récente du principe de séparation et de l'Etat de droit, l'arrêt du Conseil d'Etat du 17 janvier 2007 "Min. d'Etat, Min. de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire" n°294789, publié à l'AJDA du 5 mars 2007, p.484, avec les conclusions du commissaire du gouvernement Terry Olson. Ce dernier observe, notamment, qu'il s'agit d'une grande première dans l'histoire de la justice déléguée. Où l'on voit que les délinquants ne sont pas forcément ceux qu'on pense...Bien sûr, voler une pomme pour nourrir ses enfants peut paraître plus répréhensible aux yeux du maraîcher, sûrement pas à ceux du juriste... Puis-je me permettre de vous demander, M. le Professeur, votre opinion éclairée sur cet arrêt du C.E., non encore commenté?
J'en profite également pour vous remercier de faire exister ce blog, que nous sommes si nombreux à lire et à apprécier.
Ecrit par : Jérémie | 11.05.2007
Je ne partage pas tout à fait votre analyse "centre-périphérie", qui sous-entend que les urbains votent Ségolène et les ruraux Sarkozy.
Je proposerais plutôt une lecture est (NS)/ouest (SR), qui correspond à ligne France industrielle/France rurale, et qui recoupe d'ailleurs la ligne de partage du vote FN...
En effet, contrairement à ce qu'on croit, toutes les campagnes ne sont pas conservatrices. Ainsi en va-t-il de l'Allier, dont je suis originaire, berceau ancien des démoc-socs et qui connut le premier maire communiste.
Ecrit par : Emilie | 13.05.2007
Lorsque j'évoquais le terme de "périphérie", je ne pensais aux zones rurales, mais davantage aux zones "suburbaines", pour employer un anglicisme. D'ailleurs, on pourrait même souligner qu'il existe deux types de périphéries : la "micro-périphérie", qui vaut au tour du centre de chaque grande ville, et la "macro-périphérie", qui vaut pour les pourtours des plus grandes zones urbaines, et notamment de l'Ile de France. De ce dernier point de vue, il est frappant de constater que des départements comme la Marne, l'Aisne ou le Loiret, se droitisent progressivement.
Ecrit par : Frédéric Rolin | 14.05.2007




