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07.05.2007

Quel destin pour le Mouvement Démocrate, Lib-dem ou FDP ?

Les élections législatives qui s’approchent n’auront sans doute pas de véritable enjeu programmatique : tout a été dit au cours de la campagne présidentielle et on ne voit ni le candidat élu, ni les candidats battus (du premier comme du second tour) se livrer à l’élaboration d’une nouvelle plate-forme électorale en quelques jours.

L’argumentation sera donc sans doute essentiellement rhétorique : une majorité pour le Président / pas tous les pouvoirs au président, etc…

Mais naturellement, une des questions centrales sera donc celle des alliances électorales, et par suite celle de la stratégie du « Mouvement Démocrate », qui se situe au centre de tous les dispositifs envisageables.

Pour essayer de réfléchir à l’espace possible pour ce parti centriste, il faut tout d’abord rappeler quelques données de notre système électoral.


Le mode de scrutin pour les élections législatives, c'est-à-dire le scrutin majoritaire à deux tours, produit deux types d’effets principaux.

D’abord, il donne une forte prime aux deux partis (ou coalitions de partis) arrivés en tête, et au sein de celles-ci, il donne une surprime encore plus forte, à celle arrivée la première.

On se souvient ainsi qu’en 1981, le Parti socialiste obtint avec 35% des voix (au premier tour) la majorité absolue à l’Assemblée Nationale, tandis que, plus récemment, l’UMP obtint en 2002 une très forte majorité absolue en sièges, avec environ 33 % des voix (toujours au premier tour).

Ensuite, ce scrutin est marqué par une très forte volatilité des résultats : un déplacement de quelques % d’un camp à l’autre entraînant des effets de bascule très importants : ainsi le score du PS n’a pratiquement pas bougé (toujours au premier tour) entre 1997 et 2002, pourtant, dans le premier cas il remporte les élections, et dans le second, les perd largement.

Cette volatilité s’explique essentiellement par la forte surprime donnée à la coalition arrivée en tête, et ainsi, dans la période récente, par l’effet de nuisance des candidatures qui parviennent à se maintenir au second tour (d’extrême droite, notamment) qui privent la coalition à laquelle ils prennent des voix, de la possibilité de collecter cette surprime (sans toutefois d’ailleurs que ces partis ne parviennent eux-mêmes à conquérir de sièges).

Une fois posés ces rappels synthétiques (et, je m’en excuse auprès des spécialistes, passablement simplifiés), on peut se demander quel pourra être la place du parti qu’envisage de créer F. Bayrou, dans ces schémas électoraux.

Cette question est évidemment marquée par une incertitude de taille : celle de son score national. Mais, postulons ici qu’il sera sans doute inférieur au 15% annoncés par les premiers sondages, mais sans doute supérieur à 5 %. Disons que la plus forte probabilité est celle d’un score autour de 10%, avec naturellement des répartitions géographiques très variables.

En soi, un tel score interdit au parti de F. Bayrou de postuler à constituer le pivot d’une coalition.

Il est également de nature à lui interdire, dans le cadre d’une stratégie autonome de conquérir un nombre significatif de députés : rappelons que le FN, avec des scores supérieurs, biens concentrés géographiquement (ce qui est un avantage important dans un scrutin de circonscription) n’y est pas parvenu en 20 ans.

Aussi bien, le « Mouvement démocrate » va se trouver confronter à deux stratégies possibles.

1 – la stratégie des libéraux démocrates (Lib-dem) britanniques, qui malgré des scores électoraux parfois proches des 20 % n’obtiennent qu’un nombre très restreint de sièges de membres de la chambre des communes, car il ne participent à aucune coalition.

Leur fonction est donc essentiellement tribunicienne, leur poids de parti de gouvernement est inexistant.

2 – La stratégie du FDP allemand qui, malgré des scores beaucoup plus faibles (souvent proches de 5 %), s’intègre dans des stratégies de coalition, et acquiert ainsi un nombre significatif de membres du Bundestag, et de postes ministériels en cas de victoire de cette coalition.

Cette stratégie du FDP peut d’ailleurs le conduire à des renversements d’alliance (comme celui de 1982 qui conduisit à la chute du cabinet FDP et à l’accession d’Helmut Kohl au pouvoir).

Le choix entre ces deux stratégies peut reposer sur deus considérations.

D’abord une considération d’image : incontestablement les Lib-Dem britanniques ont une meilleure image que les Libéraux allemands, dont l’opportunisme politique est souvent raillé.

Ensuite, une considération d’efficacité politique : seule une politique de mise en place de coalition est de nature à permettre de peser sur les choix politiques.

Les semaines à venir nous permettront de déterminer quel sera le choix de F. Bayrou.

Notons simplement qu’un choix de type « lib-dem », peut se comprendre en France, si l’objectif essentiel est la présidentielle de 2012 : ce qui est important dans ce contexte, en effet, c’est moins d’avoir des élus que de conserver un fort soutien d’opinion, dans la perspective de la future élection nationale.

En revanche, un choix « FDP », fait peser sur les élections à venir une hypothèque importante : si F. Bayrou se rallie à l’UMP, non seulement la gauche ne gagnera pas les élections, mais subira sans doute une déroute au moins aussi importante qu’en 1993, s’il forme une coalition avec le PS, il y a une chance significative pour qu’il puisse apporter à cette coalition la «prime » en voix nécessaire pour arriver en tête, auquel cas le risque de bascule de l’Assemblée à gauche est réel.

Mais cette seconde stratégie a pour elle le défaut d’être plus difficile à mettre en place dans un temps raccourci : elle suppose un minimum d’entente programmatique, des accords électoraux toujours difficiles à négocier, cela d’autant plus qu’au sein du PS, les voix discordantes seront sans doute nombreuses.

En conclusion, on soulignera que si le poids électoral de ce mouvement sera sans doute significatif, son avenir dépendra de l’objectif principal de François Bayrou, et en particulier de savoir s’il entend en faire un parti de gouvernement ou une assise pour une future candidature à l’élection présidentielle. Mon petit doigt me dit que la seconde possibilité est sans doute la plus probable…







Commentaires

Il faut souligner que les Lib-Dem ont pu participer à des coalitions notamment en Ecosse où leur poids politique est plus fort que dans le RU pris dans son ensemble.

Mon vote personnel de sympathisant MD, dans une circonscription où Ségolène Royal a fait 50,3 % et où on s'achemine (sauf accord électoral) vers une triangulaire favorable à l'UMP va donc être très calibré, puisque l'objectif de soutien au candidat MD sera moins prioritaire que celui de barrage à l'UMP (sans aucune illusion pour les raisons rappelées dans votre texte).

Et j'imagine que ça va être le calcul de très nombreux nouveaux électeurs de François Bayrou qui ont des valeurs de gauche très fortes en matière de libertés publiques et sont plus agnostiques en terme d'économie (libéraux-libertaires), sauf accord de désistement mutuel PS-MD, auquel je ne crois quasiment pas. Accord qui de surcroit a peu de chances de permettre à l'assemblée de basculer à gauche.

Je vous rejoins donc dans votre analyse et je vois donc François Bayrou plutôt tenter de poursuivre dans le ni-ni jusqu'en 2012. Mais retrouvera-t-il alors les mêmes conditions idéales ? Un candidat de droite très à droite et une candidate de gauche problématique. Cornélien pour lui.

Ecrit par : Sergent Howie | 07.05.2007

Oui, mais il ne faut pas oublier que du score aux élections générales vont dépendre les finances du nouveau mouvement... Et la capacité de peser dans l'avenir sur les scrutins futurs. Aussi bien faut-il des députés au MD.

Ecrit par : jules (de diner's room" | 07.05.2007

L'analyse du Pr. FR est très intéressante. J'ajouterais deux choses. La comparaison avec le FN doit être relativisée. Dans un mode de scrution majoritaire, l'une des variables à prendre en compte est d'être capable de faire des alliances. Le MD a cette culture que le FN n'a pas. Dès lors, et c'est une second point d'importance, le plus grand localisme des législatives peut permettre des négociations au cas par cas lorsque le PS ou l'UMP sont en mauvaise posture. Il pourrait en découler des arbitrages nationaux en fonction d'offres réciproques. En s'alliant à gauche comme à droite, le MD afficherait sa capacité à s'entendre avec tous comme faire obstacle à des candidats à la députation peu à même de représenter la Nation (je pense, par exemple, à Alain Carignon à Grenoble ou certains élus en région parisienne).

Ecrit par : Josh | 07.05.2007

Le FDP est grandement aidé par la proportionnelle qui désigne 50% des députés au Bundestag !

C'est cela qui en fait un partenaire potentiel voire nécessaire.

L'exemple à prendre aurait paradoxalement été le PC en France : faible poids électoral, mais nombreux élus de par son appartenance à une coallition.

Jusqu'à maintenant, car il n'y aura pas cette année d'accords globaux, et donc pas je pense de groupe PC.

AUTRE REMARQUE :

Je ne crois pas à l'influence décisive de Bayrou : en tout cas pas de son choix personnel.
Des aaccords de désistements mutuels PS-MD seraient favorables au MD. C'est son seul moyen d'avoir de nombreux députés.

Pour le PS, cela évite seulement des triangulaire qui desservent autant l'ump que le PS. On voit bien à ces élections que l'électorat centriste s'est réparti entre les deux candidats.

La solution possible serait une forme de programme commun, mais inimaginable en quelques semaines, alors que les députés PS ont été choisis et que la ligne du parti est à définir....
Sauf à faire montre d'audace... A voir.

Ecrit par : jani-rah | 07.05.2007

L'analyse du Pr. FR est très intéressante. J'ajouterais deux choses. La comparaison avec le FN doit être relativisée. Dans un mode de scrution majoritaire, l'une des variables à prendre en compte est d'être capable de faire des alliances. Le MD a cette culture que le FN n'a pas. Dès lors, et c'est une second point d'importance, le plus grand localisme des législatives peut permettre des négociations au cas par cas lorsque le PS ou l'UMP sont en mauvaise posture. Il pourrait en découler des arbitrages nationaux en fonction d'offres réciproques. En s'alliant à gauche comme à droite, le MD afficherait sa capacité à s'entendre avec tous comme faire obstacle à des candidats à la députation peu à même de représenter la Nation (je pense, par exemple, à Alain Carignon à Grenoble ou certains élus en région parisienne).

Ecrit par : Josh | 07.05.2007

Quid du re-découpage des ciconscriptions électorales ?

Ecrit par : ninous | 07.05.2007

Pour suivre la question d'assez prêt dans mon département je voudrais vous apporter les précisions suivantes.

Tout d'abord, l'UMP cherche à maintenir dans son giron un pôle de centre droit sous le nom UDF, ce qui semble juridiquement permis en raison de la propriété du nom déposé en son temps par M. Hervé De Charette (UMP) et pratiquement en raison du ralliement massif des parlementaires UDF avant le second tour des présidentielles.

Une fois les présidentielles passées, je ne crois pas un instant à la sincérité du discours d'ouverture du président élu ni au grand pardon que François Bayrou ne sollicite d'ailleurs pas. Mais le Président de la République et sa majorité auront quand même besoin de cette image plus consensuelle.

François Bayrou a une volonté farouche d'indépendance. Il recherche la constitution d'un mouvement avec une large assise populaire http://soutien.bayrou.fr/index2.php pour capitaliser le succès de sa campagne dans l'opinion publique. Dans l'esprit de tous, c'est clairement l'objectif 2012. Il annonce qu'il présentera des candidats dans toutes les circonscriptions sous l'étiquette MD (ne serait-ce à mon avis que pour le financement public attaché à cette élection).

L'UMP cherche déjà, sur le terrain, à tuer ce mouvement dans l'œuf et s'efforce de dissuader les premiers candidats pressentis et les plus en vue : pressions, intimidations, promesses de "solutions pour eux" etc…

J'ai rencontré des militants UDF véritablement en rupture de ban avec la droite, qui se veut désormais décomplexée. J'ai donc le sentiment que les militants sont plus dans le sillage de Bayrou qui propose quelque chose somme toute de plus exaltant que d'être membre d'un petit parti à la remorque d'une UMP triomphante et condescendante.

Les parlementaires sortants sont évidemment plus tentés, pour des raisons de survie bien compréhensibles, de faire le dos rond avec l'UMP et d'attendre que l'orage passe.

Symétriquement, je ne vois pas très bien le PS en position de faire des accords avec le MD sans être tenté de les présenter comme le signe du ralliement du faible au fort ce qui, évidemment, ne sera pas acceptable pour Bayrou qui veut précisément rompre avec ce centre là.

Dans cette perspective le mouvement démocrate risque évidemment d'être laminé aux législatives. Mais au fond, est-ce là l'essentiel ? Je n'en suis pas persuadé.

Ecrit par : Richard | 08.05.2007

"tout a été dit au cours de la campagne présidentielle et on ne voit ni le candidat élu, ni les candidats battus (du premier comme du second tour) se livrer à l’élaboration d’une nouvelle plate-forme électorale en quelques jours."

Je ne suis pas d'accord avec cette analyse.

Dites quel argument rationnel (je veux dire, autre que strictement idéologique) pourrait inciter un électeur rationnel à voter pour un député d'opposition si celui-ci n'a pas défini quel rôle il se donnerait comme député d'opposition, c'est à dire, en se définissant par rapport au programme de la majorité ?

Vous me direz que rien de tel n'avait été exigé des députés socialistes de 2002. Je l'admets. MAis, justemment, ne reproche-t-on pas au PS de s'être globalement vautré dans l'inaction 5 ans durant?

Ecrit par : Passant | 08.05.2007

Merci pour toutes ces remarques fort intéressantes, je rebondis sur certaines d'entre elles :

- Sur le mode de scrutin allemand. Il est vrai que le système allemand est assez significativement proportionnel (j'hésite à dire à moitié car il est tellement complexe que mesurer le taux de majoritaire et de proportionnel est difficile). Je note toutefois que cela n'exclut pas la possibilité de ne pas se coaliser (comme l'a montré l'attitude du parti communiste d'origine est-allemande).

@ passant : "quel rôle il se donnerait comme député d'opposition" : cela rejoint ce que j'avais qualifié d'arguments rhétoriques : intensité de l'opposition, nature de l'opposition..., ce la ne constitue pas une base programmatique.

(et cela postule que le PS partirait en campagne pour être dans l'opposition..)

@ Richard : cela confirmerait ma conclusion : F. B Viserait davantage 2012 que les législatives à venir. Cela étant dit, n'exister qu'à l'état "gazeux" pendant cinq ans est quand même un très grand risque.

Ecrit par : F. rolin | 09.05.2007

Vous avez raison professeur, la traversée du désert n'est pas donnée à tout le monde, certainement pas la garantie d'en sortir un jour.

Ecrit par : Richard | 09.05.2007

Ne pensez-vous pas que le choix d'un homme réalisé à l'occasion des élections présidentielles soit différent du choix d'un programme aux élections législatives? On sait très bien que F. Bayrou a bénéficié de nombreuses voix venant de déçus de Royal ou de Sarkozy et que ces franges sont ensuite pour la plupart repartis à "la maison" en quelque sorte en votant à droite ou à gauche comme si l'aventure Bayrou n'avait été que temporaire pour manifester une sorte de mécontentement.
Je ne nie pas l'existence d'un vrai centre, mais aux législatives pensez-vous qu'il puisse bénéficier de la même puissance de feu car en l'occurrence il ne s'agira pas d'un combat de personnes mais d'un combat d'idées. Dès lors les déçus de Sarkozy, mais électeurs traditionnels de la doite, et les déçus de Royal, électeurs traditionnels de la gauche, ne vont-ils pas voir les limites de leurs votes Bayrou au premier tour qui n'aura déboucher sur rien ou presque...

Ecrit par : Xavier | 10.05.2007

Merci d'avoir consacré un billet à cette question, et l'alternative du titre est très bien posée, je crois.

Il me semble cependant y avoir au moins trois points contestables :

* "la plus forte probabilité est celle d’un score autour de 10%"

Ce serait supposer que le parti n'a fait aucun progrès depuis 2002 : en 2002, il avait 11% en moyenne dans les circonscriptions (+-170) où il était opposé à l'UMP et à des candidats de gauche. C'est possible, mais est-ce le plus probable ?

* "[Ceci lui interdit] dans le cadre d’une stratégie autonome de conquérir un nombre significatif de députés : rappelons que le FN, avec des scores supérieurs, biens concentrés géographiquement (ce qui est un avantage important dans un scrutin de circonscription) n’y est pas parvenu en 20 ans."

Il y a une différence très importante, qui n'est pas la capacité à nouer des alliances : c'est que le MoDem est mieux situé que le FN dans l'ordre des préférences de ses non-partisans. En d'autres termes, les "voix PS" peuvent se reporter sur le MoDem contre l'UMP, les "voix UMP" contre le PS, etc., ce dont le FN a rarement été en situation de bénéficier.

Les LibDems bénéficient un peu de cet effet.

* Le mode de scrutin est spécifique à la France (les Libdems subissent les horreurs :-) du scrutin uninominal à 1 tour, le nombre de sièges à l'Assemblée allemande est à la proportionnelle exacte selon les "2èmes voix", celles pour les listes des partis). Effectivement, avec 10%, le MoDem pourrait n'avoir aucun député, mais avec 20%, il en aurait beaucoup au second tour (alors que les LibDems en ont eu seulement une cinquantaine malgré leur score - 25% des voix). Est-ce possible de faire 20% ou plus ? oui, si, tenant compte de la leçon du 22 avril / 6 mai, les électeurs se rendent compte que le vote Démocrate est la seule alternative à l'Etat-UMP.

* Enfin, l'alternative subtilement tactique finale (viser un groupe ou 2012) ignore une chose assez simple : le crédit de François Bayrou dans l'opinion repose sur sa volonté de faire de la politique "autrement", de façon sincère, ouverte, et transparente. Des alliances secrètes, que ce soit avec la gauche ou la droite - secrètes et qui seraient évidemment connues de tous dès le lendemain - seraient le plus sûr moyen de faire fuir ses électeurs.

Ecrit par : FrédéricLN | 10.05.2007

Qu'adviendra-t-il d'un PS en ébullition ?
DSK ne pourrait-il à son tour faire un coup d'éclat en ralliant DM
?
Dans cette hypothèse, quel serait le score de DM, sans doute plus proche de 15 %
De plus cela faciliterai une alliance DM PS au 2ème tour et assurerai à DM un certain nombre de sièges.
Il me semble que beaucoup de données sont encore inconnues et c'est cela qui va rendre cette élection un peu excitante !
DSK un peu de courage :-)

Ecrit par : grandnaïf | 11.05.2007

Sur le mode de scrutin allemand.
Il n'est pas proportionnel pour 50% du Bundestag.
"il est tellement complexe que mesurer le taux de majoritaire et de proportionnel est difficile". Non, il est parfaitement proportionnel. Même si la moitié des députés sont élus au scrutin majoritaire uninominal à un tour (c'est la première voix de l'électeur), et l'autre moitié au scrutin proportionnel plurinominal (c'est la seconde voix de l'électeur), chaque parti obtient au total un nombre de sièges proportionnel à sa force électorale. Les sièges décrochés au scrutin majoritaire sont acquis, mais sont déduits du nombre de sièges gagnés au scrutin proportionnel, de manière à ce que la députation reflète parfaitement la force du parti telle qu'exprimée par le scrutin proportionnel.
Un peu compliqué, mais cela permet de conjuguer préférence partisane et préférence personnelle.

Ecrit par : delley | 11.05.2007

@ delley : merci pour ces précisions. Ceci étant dit, le scrutin allemand n'est pas "parfaitement proportionnel", et cela pour deux raisons.

D'abord l'élimination des partis n'ayant pas obtenu 5% des voix ou 3 députés élus directement du partage proprotionnel ;

Ensuite, et peut-être surtout, le fait que ce scrutin se déroule dans le cadre des Länder : Si vous reprenez les résultats électoraux du PDS, vous en aurez une démonstration frappante : en 1994, le PDS obtient 50 sièges avec 4.4 % des voix au niveau fédéral, alors que les Verts n'en obtiennnent que 49 avec 7.4 % des voix. Autrement dit, l'ancrage géographique du PDS dans les länder issus de la RDA lui permet de "surperformer" par rapport aux Grünen dont la répartition géographique est plus homogène.

Mais, il est vrai, pour aller dans votre sens, que pour les grands partis, cet effet est beaucoup moins notable, mais précisément, ma comparaison était orientée sur les partis charnières, et non sur les grands partis.

Ecrit par : Frédéric Rolin | 14.05.2007

J'ai trouvé votre article remarquable de justesse et de profondeur d'analyse.
Bravo à vous
Jean

Ecrit par : Jean | 14.05.2007

Monsieur le Professeur,

Vos lecteurs et vous-même êtes cordialement invités à la première du one-man show "Fils de juge", écrit par Diane Roche et joué par Charles-Louis Roche, lui-même juriste et fils de magistrat.

Elle a lieu le samedi 26 Mai à 22 h 15 au Théâtre de la Main d'Or, 15, passage Main d'Or, dans le 11ème arrondissement de Paris - Métro Ledru-Rollin (ligne 8).

Famille, amis et publicité bienvenus.

Pour plus d'informations :
http://filsdejuge.tripod.com

Ecrit par : Molière | 16.05.2007

Malgré ma forte sympathie pour FB, le problème de se revendiquer du centre, c'est que par définition on ne tire une identité qu'au travers des autres partis qui n'y sont pas.

La politique annoncée aux élections municipales du raliement au cas par cas ne favorise guére l'émergence d'un projet politique.

A force de regarder les trains passer, on finit par rester sur place et 5 ans c'est long.

Ecrit par : Dominique Fausser | 18.05.2007

Pour l'avenir :

voir cet article:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-823448,36-911704@51-841384,0.html

Ecrit par : arik | 19.05.2007

Quel destin pour le Modem? 10 députés! Moins que le PCF! Belle initiative de son Président en effet!

Ecrit par : Major tom | 21.05.2007

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