02/05/2007

(Quasi) live blogging sur le débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy

A l’écoute du débat qui est en train de se dérouler, on ne peut avoir que des impressions et des sentiments contradictoires.

1°) La référence au passé.


Par rapport aux débats antérieurs, l’un des aspects frappants est à la fois le métier acquis par les candidats, on sent moins les ficelles, et en même temps, on assiste à une forme de « zapping propositionnel », comme si chaque candidat était un VRP « multicartes ».

Là où la TVA sur les chiens et le chats, en 1988, était une caricature, aujourd’hui, ce type d’anecdote devient une figure imposée du discours.

ON doit également souligner que, de ce point de vue, Ségolène Royal se passe même de la direction journalistique : elle ne répond pas aux questions, et fait comme si PPDA n’existait pas, alors que N. S. continue d’obéir à ses injonctions.

2°) Un homme et une femme

Ce débat me semble marquer une rupture dans la forme de la conceptualisation politique. Au discours généralisant, chiffrant, de N. S., SR répond par une argumentation qualitative fondée sur des exemples.

Ainsi, sur le « bouclier fiscal », N. S. dit « 50 % des revenus », S. R. lui répond X a touché 7 millions d’euros, et lorsqu’il tente de faire valoir « ce n’est qu’un cas particulier », elle lui répond « c’est la conséquences de votre politique ».


3°) La compassion


Il est très frappant que le ressort principal de ce débat, et le clash sur la scolarisation des enfants handicapés, en est très illustratif est la compassion : sur la sécurité, sur le Darfour, sur l’enseignement, sur les retraites…

Incontestablement, ce soir « De Gaulle est mort ».


4°) Que nous apprend le débat par rapport à la campagne ?

Rien sur les programmes, davantage sur la filiation personnelle des candidats.

S.R. est évidemment un autre Mitterrand, alors que N.S. est une figure nouvelle, en ruptur en avec toutes les figures précédentes, sauf peut-être le VGE de 1974.

5°) Qui a gagné ?

Electoralement, je l’ignore, mais idéologiquement, c’est évidemment S. R., qui a réussi à purger, par la compassion toutes les questions délicates (sécurité, immigration), et a dominé son adversaire sur tous les autre sujets, politique étrangère comprise, en lui imposant ses logiques, ses structures de pensées.

6°) Si vous voulez avoir la cravate de N.S., je mets le même modèle (acheté à Londres voilà dix ans) aux enchères…



Commentaires

oui, je suis d'accord avec vous sur le "vainqueur" inattendu du rapport de force, avec une différence notable des gestes et des regards entre les deux candidats... notamment la conclusion achevée par Royal les yeux dans les yeux avec nous...

Écrit par : tetedecom | 02/05/2007

Franchement, sur la question des effectifs de fonctionnaires, quand elle a sorti le fait divers de la policière violée à Bobigny, j'ai vraiment eu un grand moment de honte et de solitude.
Broder sur l'émotionnel à partir d'un fait divers sordide, je pensais que c'était l'apanage de Sarkozy...

Bref, je ne trouve pas que la politique en sorte vraiment grandie et je persiste à penser que le débat télévisuel n'est pas la meilleure forme possible pour le débat d'idées et les choix fondamentaux de société.

Écrit par : Le Monolecte | 03/05/2007

Les commentaires aussi élogieux que délirants du Pr FR sur le CNU (et son fonctionnement prétendument idéal), avaient donné à pensé que notre cher blogueur vivait dans l'attente crispée d'une promotion rapide à la première classe des professeurs des universités.

Ses commentaires de ce soir montrent que FR brigue en réalité tout autre chose (mais il est vrai que l'un n'empêche pas l'autre) : un poste de conseiller ministériel, voire élyséen ; ou, mieux encore un petit poste de Recteur Chancelier des universités. La Guyane pour commencer, petit détour par l'Auvergne pour suivre, puis retour triomphal vers Paris, la capitale du monde. Presque aussi bien que préfet, avec la robe en plus, quelques emmerdements en moins et la classe exceptionnelle en un temps record en ligne de mire. Laquièze, méfie-toi, il veut te piquer le job !

Plus sérieusement, SR a été pathétique au début, s'est un peu reprise à la fin. Mais elle reste nulle sur le fond (même si elle a été assez bonne sur la question du droit opposable qui est un autre temps fort du débat). Et elle a fini par anesthésier SR, PPDA et AC dans les circonvolutions de son discours embrouillé et a imposé son rythme. Bref, Sarkozy est narcosé, mais c'est quand même pas gagné vu l'impression mauvaise maîtrise des dossiers qui se dégage de l'ensemble du discours royalien. Finalement, je vais voter blanc.

FR, prépare les cartons, tu emmenages bientôt dans les lambris de la République.

Écrit par : Egon Jestaz | 03/05/2007

@Agnes Sur l'utilisation de ce fait divers, j'ai eu le même malaise que vous.

Écrit par : Duncan | 03/05/2007

Il ne faut jamais écrire dans le précipitation : M. le recteur emmenage bientôt sous (et non pas dans) les lambris de la République.

Mais au fait, y-a-t-il des lambris dans les palais de la République en Guyane ? Voilà en tout cas une question que le débat de ce soir n'a pas réglée : à quand un droit opposable au lambris pour les jeunes recteurs nouvellement affectés à Cayenne. Je vous le demande !

Écrit par : Egon Jestaz | 03/05/2007

Moi j'ai vu un petit mec assez banal et une grande dame qui ne s'en laisse pas compter et qui sait parfaitement où elle va, c'est pas nouveau pour moi mais ce soir c'était en direct et visible par tout le monde. Ségolène Royal a infiniment plus de classe et d'énergie que Nicolas Sarkozy, elle saura réformer la France ét defendre efficacement ses positions à l'exterieur, Sarkozy sera l'auxiliaire assez faible des libéraux, un piètre destin pour mon pays qui n'en mérite pas tant. Question programme Sarkozy a été à la peine avec le bilan qu'il n'a pas sur défendre, et pour cause. Pour être sympa et ne pas tirer sur l'ambulance je dirais que les deux candidats sont désormais au même niveau question crédibilité, c'est donc à 50 /50 maintenant. Et la droite peut commencer à s'interroger sur ses illusions et autres certitudes.
Désormais c'est aux électeurs de Sarkozy de se poser sérieusement des questions sur les qualités de leur champion pour défendre les intérêts de la France à l'intérieur comme à l'extérieur.
De Gaulle est mort, oui il y a quelques années maintenant, mais je pense qu'une part de sa trace était plus à gauche ce soir qu'à droite.

Écrit par : petitjardin | 03/05/2007

Libre à vous de vous esbaudir devant les prestations de S.R., comme vous dites, mais pitié, ne comparez pas l'incomparable. Je suis assez écoeuré par la fadeur de ses propos, certes dégoulinants de bonne volonté, mais formulés de manière totalement utopique. Vous avez le droit de croire à ses promesses non chiffrées. Vous avez le droit de souscrire à sa démocratie participative, laquelle est tout bonnement la dénégation de la démocratie représentative et ne saurait trouver d'autre traduction qu'un gouvernement fondé sur les sondages et des formules tellement alambiquées qu'on en croirait des contrepétries ("sécurité durable" etc...). Je trouve que le style de Ségolène Royal incarne la démagogie à son extrême. Comment ne pas se sentir insulté lorsque, afin de promouvoir le référendum d'initiative populaire, elle ose énoncer que les Français sont plus intelligents que les hommes politiques? Il n'est pas question de politique de droite ou de gauche, il est question de savoir ce que l'on attend des politiques. Le nivellement par le bas ne saurait décemment être tenu pour une victoire idéologique.

Écrit par : Basile | 03/05/2007

Deja vendue la cravate???

Écrit par : trust | 03/05/2007

Encore une fois, nous apprécions l'objectivité de M. Rolin. Pour un professeur qui défend l'enseignement du droit en plus de trois semestres, on constatera l'analyse plus politique que juridique du débat. Apparemment, personne n'a été gêné de l'applomb de Madame Royal quand elle mélange les trois fonctions publiques et ignore les règles les plus basiques du droit budgétaire. Quant à Monsieur Sarkozy, le revoilà avec le droit opposable. Et pour les deux, personne n'est choqué du peu de discussions sur l'université et la recherche. Bref, une fois encore, on a eu droit à des propos nombrilistes et populistes sur la France et souvent imprécis sur le fond. Je regrette que ce blog juridique se refuse à toute critique objective dès qu'il s'agit de parler de Mme Royal. Quant à l'UMP et son représentant, il a déjà été servi en ces lieux tout à fait logiquement au regard des propos tenus antérieurement. Sincèrement, croyez-vous que le débat vole haut ? Qu'il est intéressant de savoir qui "a gagné" comme dans un vulgaire match de foot ? Ne serait-il pas plus intéressant de savoir si c'est la France et les Français qui gagneront ? Parlons enfin du fond, notamment par le droit qui permet une analyse objective et cessons de compter les points comme en boxe. Moralité, le débat sur France 3 qui a suivi s'est résumé à une rencontre entre artistes, sportifs, écrivains et "pro" de la com. Ni juriste, ni économiste, ni sociologue, ni chercheur ! Mais, apparremment cela ne dérange personne ...

Écrit par : Josh | 03/05/2007

@ Josh. ...ni économiste... sur FR3 ah bon ! Piketty, Baverez, il font quoi dans la vie ?

Écrit par : petitjardin | 03/05/2007

Je ferai ceci, je ferai cela.
Ce n'est pas avec les bribes de pouvoir normatif qui sont les siennes que notre futur président fera grand chose.
Il serait intéressant que nos professeurs de droit enseignent à ceux qui ne le savent pas et rappellent à ceux qui l'ont oublié la nature réelle de notre régime politique.

Écrit par : Jérôme Francès | 03/05/2007

@ josh : nous savons tous que ce type de débat, surtout à la veille du second tour, est essentiellement une opposition de personnes et, dans une moindre mesure, une opposition de structures de discours. Croire qu'il va apporter quelque chose en terme de programme, ou plus simplement de projet, est peu réaliste.

@ J. Francès : bonne remarque, mais il me semble que précisément, ce discours volontariste, dans un contexte de régime parlementaire avec élection du PR au SUD témoigne bien d'une spécificité française : le maintien d'un rôle fort du PR, alors que dans tous les autres pays où ce régime est pratiqué, le PR a progressivement perdu son influence politique (Portugal, Finlande, Irlande...) ou semble dans un processus le conduisant à la perdre (Roumanie, Lituanie, et de manière plus complexe, Pologne).

Écrit par : Frédéric Rolin | 03/05/2007

j'ai souvent entendu que l'on disait de toi que tu étais nunuche!! et bien bravo ségolène!!! tu as démontré à la france entière le contraire.

Écrit par : nanak | 03/05/2007

Personne n'a encore soulèvé ce qui a réellement fait le débat d'hier: la profession de NS. En effet personne n'est sans savoir qu'il a une formation d'avocat. Je pensais sincèrement être en désaccord avec ses idées politiques, mais je le croyais compétent. Or il m'est apparu que je ne pouvais pas être en désaccord avec ses idées car pas un instant il n'en a fait état.

NS s'est contenté de jouer son rôle d'avocat, avocat par ailleurs très moyen: le propre de cette profession est de savoir jouer avec les mots pour arriver à convaincre sur le fond. Or le fond était inexistant, NS n'a réussi qu'à attaquer par la parole en inversant les rôles : "que pensez-vous de ceci?" "QUe feriez-vous concrètement?", sans finalement répondre à ses propres questions, mais en utilisant les techniques de destabilisation digne d'un expert en psychologie.

Quant à SR, il faut beaucoup de sang froid pour réussir à ramener le débat sur des questions politiques quand on a face à soi un contradicteur qui ne fait que tenter de destabiliser par de petites phrases stratégiques dénuées de tout intérêt politique. Et le pari est gagné, SR, malgré de virulentes critiques, a dominé le débat que Mr NS souhaitait détourner de sa fonction initiale.

Enfin, les critiques quant à l'imprécision d'un tel débat semblent assez enfantines: comment débattre précisément en 2h30 sur tous les thèmes que le Président de la République française aura à résoudre durant les cinq années à venir? Essayons d'être un peu moins simplistes...

Écrit par : laetitia | 03/05/2007

La prestation orale de S.R. a quand même été très mauvaise. Elle parle avec un ton d'institutrice, sans savoir quand mettre de césures entre les mots. Elle a fait un nombre incalculable de fautes de français et a terminé beaucoup de phrases qu'elle n'a pas terminées. S.R. avait un discours construit, posé, calme.

Sur l'environnement, on a pu avoir l'impression que S.R. dominait. En réalité, 78% de l'électricité française est d'origine nucléaire (bonnet d'âne aux deux candidats).

J'ai eu l'impression de voir, d'un côté, une candidate agressive, ne maîtrisant pas les sujets; de l'autre, un candidat calme, bien préparé, et bien plus à la hauteur de la fonction présidentielle.

Écrit par : arik | 03/05/2007

elle a commencé des phrases qu'elle n'a pas terminées... (au secours, je me royalitudise :))

Écrit par : arik | 03/05/2007

En réalité cela me fait sourire de voir qu'il est possible de critiquer sans s'être tout d'abord renseigné soi-même pour savoir de quoi il est question. Les questions techniques ont été traitées le mieux possible par chaque candidat, avec des compétences techniques nettement supérieures à NS en ce qui concerne SR. Prenons l'exemple du nucléaire: j'invite chacun à s'informer quant aux gérérations de centrales dont il était question: alors, quelle génération??

Concernant le discours "construit" de NS, peut-être n'ai-je en réalité pas compris son argumentation. Pourrait-on m'éclairer quant à ses intentions concrètes (réformes législatives qu'il n'a pas pu faire avant n'étant que ministre de l'intérieur, les conséquences positives des changements proposés, etc...)?

Effectivement, pour être à la hauteur de la fonction présidentielle, il faut maîtriser les sujets. Tout comme les personnes appelées à voter doivent comprendre que l'essentiel de la fonction présidententielle ne réside pas dans la maitrise physique de son adversaire.

Écrit par : laetitia | 03/05/2007

@ petitjardin : entendez-moi bien, je parle tout au long de mon message d'objectivité. Piketty est certes un bon économiste, mais quelle objectivité ? Quant à Baverez, je n'en parle même pas. En outre, leur temps de parole a pour le moins été réduit. De toute façon, deux économistes non objectifs et pas d'autres représentants de la société civile pour parler du fond, je trouve cela dommage. Par ailleurs, j'attends votre analyse juridique des propos puisque vous venez faire de la propagande sur un blog juridique. Vous avez le vôtre déjà assez partisan.

@ FR : très heureux de votre réponse qui démontre que votre blog, dès qu'il s'agit de politique, ne dit rien d'autre que les médias ou les autres blogs pro-ségolène. Cela nuit à la qualité du fond de votre site à mon avis, car vous-même reconnaissez que discuter de ce débat, ce n'est pas parler du fond. Quel est alors l'intérêt de votre billet dans le contexte juridique de ce blog ?

Écrit par : Josh | 03/05/2007

Amusant tous ces messages qui vous reprochent de prendre des positions. Au moins vous en avez.
C'est par ailleurs incroyable le nombre de personnes qui pensent que parce que vous êtes professeur, vous ne pouvez pas avoir d'avis politique. En tout cas, d'avis différent du leur (rires).

Personnellement - puisque tout le monde donne des avis, je vais m'y mettre - je trouve dommage qu'Alex ait été éliminé de la Nouvelle Star. Il chantait pas mal le bougre.
Je sais, c'est très osé de ma part de tenir ce discours engagé . Je pressens qu'Ergon Jestaz va me reprocher de briguer un poste au ministère de la culture (ou l'a-culture, je ne sais plus vraiment).

Nota : très bonne idée ce post "sur le vif". Vous avez manqué le "je veux relancer la consommation" suivi du "il faut des taxes aux frontières pour limiter la circulation des poids lourds sur le territoire". Je suis sans doute un peu couillon (je précise pour les gens du nord qu'en-deçà d'Avignon, le terme perd sa connotation péjorative et familière pour se muer en nom tout ce qu'il y a de plus commun), mais si on bloque les camions aux frontières, ça va po être simple de remplir les rayons favoris des consommateurs ... Enfin moi ce que j'en dis ...

Nota bis : désolé pour ce post inutile mais à force de lire des sottises, je voulais m'assurer que je savais en écrire aussi !

Écrit par : Stéphane Darmaisin | 03/05/2007

Moi j'ai trouvé Bayrou excellent durant ce débat !

Écrit par : françois bayrou | 03/05/2007

j'avoue être surpris et déçu par le commentaire de l'auteur de ce blog; autant j'apprécie les analyses juridiques qu'on y trouve, autant l'appréciation portée sur le débat (vive SR) me paraît emprunte d'une totale mauvaise foi. Peut être faudrait il apprendre à séparer les convictions personnelles (totalement honorables) et leur expression d'un blog d'analyse juridique. ça éviterait les déceptions comme celle que je viens d'éprouver à la lecture d'un commentaire pathétiquement partisan (logique? structure de pensée? parce qu'il y avait une structure de pensée dans le débat d'hier, d'un côté comme de l'autre, d'ailleurs?). Enfin, s'il s'agit juste d'avoir un poste, pas besoin de hurler sur le blog : envoyer votre CV directement au PS et au QG de Mme Royal. Bref, si le Pr Rolin parlait de droit, et pas de politique? ça nous reposerait les neurones!

Écrit par : HF | 03/05/2007

"Bref, si le Pr Rolin parlait de droit, et pas de politique? ça nous reposerait les neurones!"

Le droit repose les neurones ?

Si l'analyse du Pr Rolin te déplait, expose, argumente. Tu te contentes d'attaquer la personne sans participer au débat. C'est sot non ?

Juste une suggestion, si ce ce blog te déplait, passe ton chemin.

Écrit par : Nicostère | 03/05/2007

curieux pas un n'a relevé la boulette sur l'autonomie des collectivités territoriales et la leçon de droit du ministre de l'intérieur à la présidente de région.

Écrit par : kaptainkarott | 03/05/2007

Je me demande ce qu 'il vous a fallu penser avant d'écrire qu' "incontestablement SR a gagné" sur un plan médiatique . Je vous en prie, reprenez- vous !
J'apprécie ce blog, je respecte vos idées et ne m'interdis jamais de penser qu'en tant que personne de centre droit, je ne conçois pas de société sans des hommes et des femmes de gauche, de droite.
Ceci étant, ni la presse ( qui souhaite naturellement vendre et n'a aucun interêt à tirer à boulets rouges sur mme R mais le fera volontiers après le 06 mai !! ) ni l'amertume de beaucoup de socialistes devant cette campagne ne m'empêcheront de penser que cette femme est d'une nullité sans bornes pour un poste pareil.
Le débat d'hier a très bien illustré tout cela. Inutile de chercher à argumenter, elle se débrouille très bien seule ! Allez vous soutenir qu'une coherence rassurante hante MMe " R"? C'est votre droit. Il vous est également loisible de penser que votre famille politique ( il me semble ! ) est mal représentée. Loisible de considérer qu'à sa décharge, Mme R fut durant cette campagne une femme bien seule, sans doute lâchée par les " éléphants ". loisible de penser 1000 choses sans doute plus justes !
Alors, en définitive, pourquoi soutenir une position qui vous décrdibilise? On peut être de gauche et honnête intellectuellement, il n 'est nul besoin de s'aventurer avec "mme R" sur des chemins tortueux, ( de nuit et sans fonctionnaire de police !!) ou de s'appeller FB et de penser qu'un jeu d'alliances comblera nos concitoyens de bonheur ... Oui monsieur, la gauche doit se reconstruire. Pour moi c'est une chance. Elle ne reprendra décisivement la main qu'à ce prix.

Écrit par : ren | 03/05/2007

Je suis assez d'accord avec votre analyse... que je partage dans mon propre commentaire ci-dessous (je n'avais pas lu votre post avant) :

On a assisté hier soir à un débat intéressant à plus d’un titre, parce qu’il a permis de se faire une idée plus précise des personnalités des deux candidats, mais aussi de leur conception de la présidence de la république. S’il y a indéniablement du Mitterrand chez l’une, on a aussi découvert du Giscard chez l’autre. Reste à savoir si on était en 74 ou en 81...



Volonté, courage, pugnacité, des deux côtés, on est tranquille : le prochain Président ne sera pas une couille molle. Ce ne sera pas non plus un brillant technocrate. J’ai rapidement cru, au bout de 10 minutes, que Sarkozy avait pris un avantage décisif, et que la suite allait être un long calvaire pour tous les militants de gauche. Et puis, puisant des ressources on ne sait où, elle a refait surface, a réussi à le déstabiliser et a reprendre l’avantage, et surtout, de mon point de vue, à le garder jusqu’au bout sans rien lâcher. Seule, sa conclusion un peu convenue et mécanique, était faible (comme celle de Mitterrand en 1981). Etonnante, cette femme debout !



Sarkozy a cherché dès le début à la coincer sur l’argument de la compétence. Donnant l’impression de maîtriser parfaitement ses dossiers, il a fait un remarquable début de débat, limpide, argumenté et pédagogique, alors que Ségolène donnait l’impression de répondre à côté et de passer sans arrêt du coq à l’âne. Manifestement crispée, lui plutôt détendu et sûr de lui, il partait pour une victoire facile lorsque soudain la tactique de Ségolène a commencé à payer.



Manifestement Ségolène avait prévu de ne pas se laisser enfermer dans un débat technique et de replacer la discussion au niveau des valeurs et des principes, projet contre projet. Dès la première question, elle a pris des chemins de traverse et est allée jusqu’à court-circuiter les journalistes pour tenter de prendre la maîtrise des débats. Sarkozy voulant à tout pris paraître fair-play, n’avait d’autre choix que de la suivre à travers champ.



Pourquoi aurait-elle eu des scrupules ? La campagne ayant démarré comme elle a démarré, à savoir une grande entreprise de déstabilisation de Ségolène Royal attaquée sur ses compétences, ses bourdes etc… elle n’avait aucune raison de ne pas en faire elle aussi à sa tête dans un débat peut-être crucial.



Ce faisant, en refusant le débat technique, elle a également souligné avec force les différences de conception de la Présidence de la République. Du côté de Sarkozy, nous avons un Président pragmatique, technicien, qui souhaite maîtriser personnellement l’ensemble des dossiers, qui pour cela trempe ses mains dans le cambouis, mais qui, le nez dans le guidon, et parce qu’il n’a pas le temps de creuser les dossiers en profondeur, veut apporter des réponses trop simples et trop arrêtées à des problèmes complexes et évolutifs : la Turquie ? « C’est non définitif parce qu’elle est en Asie mineure ». Le nucléaire ? « C’est oui à l’EPR, parce qu’on émettra moins de CO2 ».



Sarkozy est apparu par moment prisonnier de ses dossiers, manquant cruellement de hauteur « On ne peut pas le faire, ce n’est pas le même budget ». « Eh bien moi je le ferai ! » a beau jeu de répondre Ségolène Royal. Et c’est bien ce qu’on attend d’un Président, de pouvoir changer les choses, pas de buter sur des arguties budgétaires. Il y a du Giscard dans cette présidence technicienne, mais en plus besogneux et moins brillant : le cancre Sarkozy réapparaît dès qu’il ne maîtrise plus un dossier : « La part de l’énergie nucléaire en France ? 50%. L’EPR ? 4e génération ». Prisonnier de l’image qu’il veut donner qu’il maîtrise tous les dossiers, il préfère dire des bêtises plutôt que dire qu’il ne sait pas. Malheureusement le lapsus de Ségolène Royal (le nucléaire représente 17% de l’énergie consommée en France et non pas de la seule électricité) a enlevé de la force à cette démonstration.



A contrario, du côté de Ségolène Royal, nous avons une Présidente visionnaire, qui trace un chemin clair (la social-démocratie, le développement durable, la place de la France en Europe et dans le monde) mais qui perd en précision ce qu’elle gagne en hauteur de vue. Sa position sur la Turquie et sur le nucléaire est évidemment plus forte car plus réfléchie, mais elle ne semble pas trop maîtriser les détails de la mise en œuvre qu’elle souhaite déléguer à son équipe ministérielle. Elle semble abuser de la formule « Ce seront les partenaires sociaux qui se mettront d’accord » pour esquiver tout chiffrage précis, mais comment lui reprocher de mettre en œuvre les principes mêmes de la social-démocratie moderne qu’elle défend, à savoir le refus d’imposer des mesures sans concertation préalable. Il y a du Mitterrand chez cette femme. Beaucoup de Mitterrand. Lui aussi ne maîtrisait pas les détails, confondant parfois les milliers avec les millions, sortant d’énormes incongruités « on va nationaliser toutes les banques » que l’on peut comparer à « on va raccompagner toutes les femmes policiers le soir », mais il avait, comme elle, l’art de distinguer les priorités et les enjeux de demain et l’art de déléguer à des experts la mise en œuvre de leur feuille de route. Je préfère cela à un Sarkozy pas fondamentalement intellectuel ou brillant, qui veut se mêler de tout et qui ne donne pas l'impression de savoir déléguer.



Et les centristes dans tout ça ?



Il n’y a pas eu d’appel du pied significatif de la part de Royal, sauf peut-être lorsqu’elle a dit que les paroles de François Hollande ne l’engageaient pas. Tout appel trop pressant eût pu être de toute façon mal interprété. L’argument majeur, c’est qu’elle a manifestement choisi l’axe Strauss-Kahn, que ce dernier sera son premier ministre, qu’il s’est déclaré prêt pour la fonction et qu’il se « portait garant du programme économique de Royal ». Ensuite, son projet est profondément social-démocrate, soutenu par Delors, Rocard, Prodi, et qu’il est dans le sens de l’histoire d’envisager à terme l’alliance PS – centre pour gouverner, face à une coalition conservatrice - droite dure, comme en Italie. Ségolène, désormais au dessus des partis, paraît prête à cela.

Écrit par : Bernard | 03/05/2007

Deux remarques me viennent immédiatement à l'esprit en lisant votre message :
- Est ce que vous avez, du côté de Nanterre ou plus vraissemblablement de votre bel appartement parisien, regardé le même débat télévisé ?
- Vous venez, par votre petit message partisan, de discréditer l'ensemble du corps professoral ayant répondu à l'appel contre l'arrêté. Tout cela pour un petit message qui relève davantage de la petite lycéenne jouant sa révolté à l'âge où il faut se donner un genre qu'un message d'un professeur dont le site est consulté par la plupart des doctorants de France.
C'est précisément parce que l'université française est peuplée de professeur, mandarin, se pensant tout permis, se livrant à des petits caprices de gamin, que l'université est discréditée et se trouve contournée via l'ENA.

Bravo l'artiste !

PS : Anonyme évidemment ce message, papa n'est pas professeur, j'ai des choses à perdre moi

Écrit par : ps | 03/05/2007

à Nicostère

Parce qu'il y avait une analyse et des arguments ? je n'avais pas remarqué. Mais je n'ai pas ta clairvoyance, petit procureur du net.

Écrit par : HF | 03/05/2007

"Alors, en définitive, pourquoi soutenir une position qui vous décrdibilise? On peut être de gauche et honnête intellectuellement, il n 'est nul besoin de s'aventurer avec "mme R" sur des chemins tortueux"

@ Ren
On peut aussi voter pour des idées et pas des personnes. Cela s'appelle avoir des convictions.

Écrit par : jean | 03/05/2007

Avons-nous regardé et écouté le même débat, cher Professeur ????

Écrit par : bobi | 03/05/2007

"Sarkozy est apparu par moment prisonnier de ses dossiers, manquant cruellement de hauteur « On ne peut pas le faire, ce n’est pas le même budget ». « Eh bien moi je le ferai ! » a beau jeu de répondre Ségolène Royal. Et c’est bien ce qu’on attend d’un Président, de pouvoir changer les choses, pas de buter sur des arguties budgétaires. "

Certes, la campagne présidentielle est faite pour apporter du rêve. Certes, vous avez pleinement le droit de penser que, par la seule force de sa volonté, Ségolène Royal va traduire ses belles intentions en politiques concrètes, ce qui nous permettrait au pasage de savoir en quoi consiste "l'ordre juste". Vous n'êtes pas sans savoir que les derniers candidats à avoir offert aux Français leur poids en rêve étaient le Jacques Chirac de 1995 et le François Mitterrand de 1981. Vous n'ignorez donc pas qu'en dépit des promesses qui s'attachaient à leur campagne, lesquelles consistaient respectivement à "réduire la fracture sociale" et "changer la vie", l'ivresse de la victoire a rapidement été contrainte de céder sa place au dur rappel de la réalité.
Nos marges de manoeuvre sont limitées, c'est une évidence. Elles l'étaient déjà en 1981 et en 1995 et nous en payons toujours le prix. N'est-il pas temps de renoncer à l'utopie? N'est-il pas temps de regarder les choses en face?
Enfin, j'avoue être assez gêné par la comparaison que vous esquissez entre François Mitterrand et Ségolène Royal. N'oubliez pas le Mitterrand de 1981, donné en difficulté face à VGE mais n'hésitant pas, au nom de ses convictions personnelles, à braver l'opinion publique d'alors en la prévenant que son élection s'accompagnerait de l'abolition de la peine de mort, pourtant si populaire à l'époque.
N'oubliez pas non plus la Ségolène Royal de 2007, laquelle a indiqué, au sujet de l'adhésion de la Turquie dans l'Union européenne, que son opinion serait celle du peuple français.
Sans vouloir vous heurter, je ne vois là rien d'autre que de la médiocrité et je crois que notre pays mérite mieux.

Écrit par : Basile | 03/05/2007

Je suis assez surpris... Je pensais qu'après le prestation de SR, les dés étaient jetés... Elle a été d'une nullité affligeante, aucune proposition sérieuse, aucun argument crédible. Ah, mais oui! "Je suis une femme, une môman de quatre enfants et je fais relancer la croissance (mais je ne vous dis pas comment, hihihi..)". Avec ça, on n'est pas fauché! Voter pour cette greluche sans consistance, c'est vraiment donner un chèque en blanc à quelqu'un qui nous a fait montre de ce que beaucoup essaient de dissimuler, mais qui est ressorti au grand jour: aucun esprit d'ouverture, de débat, autoritarisme et refus de toute contradiction.
Juste un mot sur "l'immoralité politique": faire référence au viol de cette policière, qui plus est quelques jours seulement après ce drame, est absolument LAMENTABLE! Tout ça pour reprocher à son interlocuteur de ne pas avoir fait escorté cette femme... C'est ridicule et honteux. Mais il y a une satisfaction dans tout ça: pour une fois, une socialiste (si elle en est encore une!) s'est préoccupée de la victime et pas du coupable! Du jamais vu...
Je n'ai ni voté Sarko, ni voté Ségo. Mais même si toutes les idées de NS ne me plaisent pas, avec lui, je sais où je vais. Avec elle, ce sont des promesses dépensières et le flou artistique. Alors, oui, POUR MOI C'EST SARKOZY!

Écrit par : Rob | 03/05/2007

Oh la jolie escadrille de sarkozystes...

Écrit par : festgabe | 03/05/2007

"Oh la jolie escadrille de sarkozystes..."

C'est précisément pour ce genre de phrases que je ne peux pas voter ségolène, cette suffisance, ce mépris pour ceux qui ne pensent pas comme eux....

Encore un jeune fils à papa qui ne s'assume pas et qui ne sait pas s'il doit sa réussite à ses mérites ou aux relations du père et qui s'exonère en se disant de gauche

D'ailleurs je me pose une question, j'ai vu la première édition des grands avis du conseil d'Etat, dans lesquels le maître de ces lieux écrit alors qu'il n'est pas encore professeur ....comment cela se fait il ? Y a t il eu un passe droit ??? Cela est il du au relation du jeune rolin ....je ne peux y croire cela n'est pas possible, ségolène la dit hier soir, elle est la candidate de ceux qui n'ont pas de relations...

Y a t il un rapport avec les mélanges Rolin??? papa serait il professeur ??? Elle est belle la gauche

Écrit par : bourdieu | 03/05/2007

Ce blog commence à être mal fréquenté. La rançon du succès?

@ bourdieu
Pour sortir de telles élucubrations dénuées de fondement, osez ne pas vous cacher derrière un pseudo - surtout aussi mal choisi [ou alors lisez Bourdieu, ça vous fera du bien]

Aucun passe droit pour les Grands avis.
Lisez juste le début de ce billet vous comprendrez (enfin si vous en êtes capable)
http://frederic-rolin.blogspirit.com/archive/2007/03/30/petite-tentative-d-analyse-s%C3%A9miologique-de-la-salle-du-conte.html

Écrit par : Serge Slama | 03/05/2007

Au bistrot, une règle de base veut que - sauf à risquer de voir s'évaporer sa clientèle - le patron doit s'abstenir de parler politique avec ses clients - surtout s'ils sont un peu bourrés.

Aller patron, une petite dernière pour la route !

Écrit par : Egon Jestaz | 03/05/2007

Mais voyons, les jeux sont déjà faits.

Quand on arrive, dans le processus électoral, au paroxysme du second tour, les forces des deux camps se rassemblent autour de leur champion respectif, et vivent dans une intense communion avec lui. Il y a de la ferveur, de l'espérance dans chaque camp. Plus que jamais Royal devient donc l’icône des forces de gauche, qui se posent, en l’occurrence, comme forces de conservation, liguées contre le vrai changement qu’a incarné dès le début Nicolas Sarkosy, et qu’il est seul apte à conduire.

Mais comme je l'ai dit, les jeux sont déjà faits. Il n'y aura pas de salut pour Ségolène, quel que soit le relent de bondieuserie qui maintenant la pousse à engager le plus intime d'elle-même dans l'œuvre de conquérir le pouvoir.

Elle a trop pris les caractères distinctifs de son "concurrent", pour ne pas, finalement, sembler n’avoir été qu’un leurre politique, une habile tentative de clonage destinée à semer la confusion, un peu comme cette scène classique de films d’aventure où un héros négatif étant le sosie d’un héros positif, l’un et l’autre s’exclament : « C’est moi le bon héros, l’autre n’est qu’un sosie ! »

Dans cette élection, la gauche n’a pas donné le la. Le bluff des dernières heures n’aura pas d’autre vertu que d’émoustiller les espoirs de la gauche. Ce qui lui promet, au lendemain de l’élection, une bonne gueule de bois.

Écrit par : Ferraille | 04/05/2007

@ egon jestaz : vous êtes dans le vrai, j'aurais dû m'abstenir. Je suis en tous les cas toujours frappé par le carcatère très vindicatif de certains commentaires, dès que je me risque, non pas à exprimer mes opinions politiques, mais simplement à faire part d'une observation.

@ Bourdieu : oui, j'ai bénéficié d'un passe droit, d'un horrible passe droit, d'un de ceux que vous aurez dû mal à obtenir : avoir trouvé cette idée d'ouvrage.

@ PS : quelle élégance dans l'insinuation.

Écrit par : Frédéric Rolin | 04/05/2007

Mais Cher Professeur, c'est précisément parce que vous prétendez émettre une observation et non une opinion que votre propos est cpontestatble. l'observation est, prise stricto sensu, un constat objectif qui, à ce titre, ne souffre aucune colntestation (contrairement à l'opinion). Or en "observant" que , A L'EVIDENCE (sic) SR a été idéologiquement supérieure à NS, vous n'émettez aucune observation, mais une simple opinion qui est de surcroît parfaitement contestatble.

Écrit par : bernie | 04/05/2007

Ne convient-il pas juridiquement d'analyser les faits avant de savoir quelle règle de droit s'applique? Or une "observation" n'est en réalité qu'une constatation des faits. Certains seraient-ils particulièrement gênés par le fait que le Pr Rollin ait tenté de décrire de simples faits? Seraient-ils trop aigris par leur ferveur politique? Il est vrai que les faits peuvent être interprétés différement selon l'endroit d'où la personne les observe...

Néanmoins observons la colère à peine voilée dans les propos de certains billets. Les auteurs seraient-ils frustrés par le fait que leur candidat favori n'ait pu exprimer sa propre colère, sa véritable personnalité, lors d'une émission télévisée à grande audience?

Simples observations...

Écrit par : san | 04/05/2007

@ Bernie : si vous reprenez mon propos exact, vous pouvez constater que je parle d'une victoire "idéologique", en particulier du fait de la forte domination du registre compassionnel. Je réserve en revanche la question de la victoire en terme de gains d'intentions de vote, et je ne porte aucune appréciation sur le sentiment que me procure cette victoire.

je ne vois donc pas ce qui justifie des réactions aussi agressives. D'autant que si le débat (je veux dire le débat dans les commentaires de ce billet), s'étaient portés sur l'appréciation qu'il convient de donner de cette utilisation de la compassion comme outil de réthorique politique, j'aurais sans doute été conduit à dire tout le mal que j'en pensais.

Vous le voyez, les choses ne sont donc pas si simples, mais une fois de plus je constate que dés que j'essaye de porter une appréciation sur une question strictement politique, les commentaires deviennent réducteurs et fielleux.

Finalement ce sont les candidats qui ont raison : autant utiliser de grosses ficelles et des arguments tronqués puisque, de toute façon, on ne sera lu ou entendu sur ces questions qu'au travers d'un prisme qui difractera l'argumentation en fonction du point de vue du récepteur

Écrit par : Frédéric Rolin | 04/05/2007

@ Bourdieu

Enervé ou en colère ?

Écrit par : Festgabe | 04/05/2007

@ Bernard : un petit conseil de lecture pour vous immuniser contre l'argument faux évoquant le "sens de l'histoire" : Karl R. Popper, Misère de l'historicisme, trad. H. Rousseau et R. Bouveresse, Plon, 1956.

L'avenir est ouvert et les possibilités infinies : pourquoi, par exemple, ne pas envisager l'explosion du PS dont la cohérence idéologique (sur l'europe par exemple, mais aussi sur le rôle de l'état dans l'économie) est pour le moins douteuse ? S'il y a bien une gauche de tendance libérale en France et de ce fait susceptible de s'allier avec le centre, il y a également une part de la gauche qui adopte une posture de rupture avec le capitalisme. Cela permet de douter d'une possible alliance avec le centre. Faut-il rappeller que la gauche française a très majoritairement voté non au référendum sur la Constitution européenne ? Ce non est parfaitement incompatible avec les idées constamment portées par le centre, idées qui font précisément l'irréductible originalité de ce mouvement politique.

Écrit par : Bibi Fricotin | 04/05/2007

@ à condition de ne pas considérer votre exemple, autrement que comme un des exmples d'un des milles possibles que vous évoquez, faute de quoi, l'historicisme serait de retour.

Sur les fait que la gauche a "très largement" voté non au referendum, est-ce aussi acquis que cela ?

Écrit par : Frédéric Rolin | 04/05/2007

C'est génial ce blog... C'est mieux que Voici ou Gala...

SR avec ses pics de colère n'a pas été bonne...

1°- Elle est présidente de Régions et connait le principe de séparation budgétaire. Malgré cela, elle s'est emporté "moi, je le pourrais! moi je le pourrais!"...

2°- De plus, elle coupait sans cesse la parole et a même agressé PPDA!

3°- Dossier le nucléaire: 17% concerne la part de nucléaire dans la consommation totale d'énergie par la France (Voitures et tout compris) et non l'électricité. Ici, c'est 78%.

4°- Le viol de la femme policier: elle va un peu loin je trouve ...

5°- Sur la Forme elle récitait...
ex: je vous le dit demain (silence) si je suis élue présidente... : je croyais qu'elle parlait en direct! (rire)

6°- Elle a perdu totalement le contrôle lors de sa colère préméditée sur les enfants handicapés... D'ailleurs, même un ministre socialiste de Jospin s'est dit outré par les mensonges de mme SR!

Bref, j'ai été très déçue. D'ailleurs les sondages affirme que pour 67% des français c'est NS qui a gagné le débat et ils le donnent tous gagnant à environ 53/54%!

Écrit par : Jessica | 04/05/2007

"S'il y a bien une gauche de tendance libérale en France et de ce fait susceptible de s'allier avec le centre, il y a également une part de la gauche qui adopte une posture de rupture avec le capitalisme."

Absolument. C'est ce que François Bayrou entend certainement exploiter. Il souhaite être au PS ce que Mitterrand a été au PC, à savoir son bourreau. Créer un parti de nature à accueillir le centre gauche et vouer le PS à l'implosion. On aura alors un Fabius transformé bien malgré lui en Oskar Lafontaine. Grâce aux forces de l'esprit, Mitterrand doit se réjouir de voir que, sans lui, la gauche n'est vraiment pas en mesure de se présenter unie au porche de l'Elysée.

Écrit par : Basile | 04/05/2007

J'aime beaucoup la formule de Jessica "Les sondages affirment ...".
Je vais donc voter Nicolas puisque les sondages le donnent vainqueur et que je préfère faire la nouba dimanche soir. Heureusement que nous avons les sondages sinon, pour être franc, je n'aurais pas su pour qui voter.

Écrit par : IFLOP | 04/05/2007

@ Frédéric Rolin : N'ayant pas de vocation de prophète, je me suis simplement contenté de souligner que de mulptiples pistes pouvaient être imaginées, en proposant une autre possibilité. Il en existe évidemment d'autres, plus que je ne saurais en concevoir.

Concernant le non au référendum, le "très largement" manquait en effet de modération. Sans être spécialiste de la question, il me semble raisonnable de soutenir que la gauche a majoritairement voté non, et en toute hypothèse dans une proprotion nettement plus considérable que les électeurs centristes, traditionnellement très favorables à la construction européenne (on sait au demeurant le rôle du dernier centriste Président de la République dans l'élaboration du texte soumis à l'approbation des français).

Écrit par : Bibi Fricotin | 04/05/2007

Mais mince ! Le prof, comme les 80 ou 90% des Français qui iront voter, a le droit d'avoir une opinion et pourquoi pas de l'exposer sur son blog. C'est idiot de l'agresser pour çà.

Écrit par : Scif | 04/05/2007

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Ce blog a un énorme succès et nous savons tous que derrière ces multiples surnoms, initiales et acronymes se cachent un grand nombre d'universitaires jeunes et moins jeunes, connus et moins connus.
Ce message est donc un appel à l'aide. En effet, suite à la lecture de nombreux messages ci-dessus je me trouve plongé dans un doute profond !
Rassurez-vous, il ne s'agit pas ici de critiquer telle ou telle opinion politique ! Non, il est tellement méritoire d'avoir en ce 21ème siècle des idées politiques que je respecte les prises de position (dès lors bien évidemment, comme dirait la Cour européenne des droits de l'homme, que...).
Mon problème est autre... Nous approchons des oraux de fin d'année... Et là... j'ai un doute... un très GROS doute. A croire nombre de réactions, SR aurait été la meilleure (je suis trop nul en politique pour en juger)... Dois en déduire que lors des oraux je dois mettre une bonne note aux étudiants, tout sourire, n'ayant aucune connaissance et idée et dissimulant leur ignorance derrière de grands phrases mais ayant une bonne dose de toupet et sachant jouer la comédie ? Et à l'inverse, si je vois un nabot, à l'air un peu faux-cul, mais ayant des connaissances, un sens de la démonstration et des idées (qui peuvent être bien évidemment critiquables), je dois l'éclater méchamment ? Voilà mon problème... à lire certaines réactions (majoritaires) je crois que finalement il y a des années que je note des étudiants à l'oral... et que je me trompe !

Faut-il donc privilégier la méthode affirmative à la méthode démonstrative... si tel est le cas je me demande si j'ai bien fait de signer la pétition/Sce Po !

Merci de votre aide chers pairs

Écrit par : ubu | 05/05/2007

@ Ubu

Vous avez bien de la chance d'être affecté dans une université où des épreuves orales se pratiquent encore.

Vous enseignez où déjà ?

Écrit par : Egon Jestaz | 05/05/2007

@Josh

"Parlons enfin du fond, notamment par le droit qui permet une analyse objective".

Relisez David Hume mon cher !

Écrit par : duchange | 05/05/2007

@Egon

C'est mon secret...
Allez... je vous aide... mon Université à son siège dans un quartier parisien très agréable... bon jeu de piste.
Si vous voulez je peux partager avec vous mes 150 oraux de la semaine à venir !

Écrit par : ubu | 05/05/2007

@ ubu

Paris, la capitale du monde, un quartier très agréable... Et en plus sans travailler (en tout cas pas l'orthographe) et en conservant un esprit chafouin. Tout cela est infiniment chic...

Écrit par : Egon Jestaz | 05/05/2007

"5°) Qui a gagné ?

Electoralement, je l’ignore, mais idéologiquement, c’est évidemment S. R., qui a réussi à purger, par la compassion toutes les questions délicates (sécurité, immigration), et a dominé son adversaire sur tous les autre sujets, politique étrangère comprise, en lui imposant ses logiques, ses structures de pensées."

Remarque assez pitoyable de la part d'un juriste, espérons seulement qu'elle ne soit le fruit que de la pensée idéologique d'un homme uniquement.

Ou alors du moins, j'espère que vous ne prodiguez pas les mêmes délimitations de sujet à vos étudiants lors de la méthodologie de la dissertation. Le droit ce n'est pas pyramide, le Darfour n'est pas le Chine, une explication se justifie, quand on avance une idée, c'est comme en droit, on la justifie.

Purgé quoique ce soit ? J'en doute fortement, mais je pense en effet qu'elle a gagnée la bataille des chiffres et des lettres. Avec votre logique, je ne pense pas être contredit.

Écrit par : Laurent | 05/05/2007

@ laurent : "assez pitoyable" ? à quoi bon cette assertion ?

Écrit par : f. rolin | 06/05/2007

je pense que mme royal ne demeurera qu' une vaste blague dans l'histoire politique de ce pays.
Ce qui m ennnuie le plus, c 'est l'absence de tout projet cohérent à gauche, la desesrtion du terrain. Je trouve que c 'est inquietant.
Il y a quelque chose qui me déplaît fortement dans cette décomposition politique. Bourdieu , au sujet du clivage droite /gauche, parlait de rapport à l'ordre.
Aron, lui, y voyait plutot une nécessaire redistribution de ce qu'ils distingait comme plusieurs droites et plusieurs gauches. Partant, la nécessité d 'un clivage politique a souvent été associée au fonctionnment regulier de nos démocraties. La question institutionnelle soulevée par F Bayrou n'est donc pas un hasard..

Je l'ai deja dit plus haut, dans un autre message, je suis de droite. Mais une société sans gauche m' inquieterait aussi ! (vous voyez, on peut voter sarkosy, lire bourdieu et se poser des questions ..) . La période qui s'ouvrira après ce 6 mai sera à ce titre importante. Or j'observe que ces elections donnent lieu à des echanges plus que mediocres. Le fond, la "vision" ( comme jai pu le lire plus haut, mme royal = visonnaire : on delire ou quoi?!!) ce qu on attend de la politique me semblent bien loin effectivement. Pourtant nous aurons besoin d'un clivage pour en discuter.


Peut être importe t il de décrire ce que nous aurons envie de faire dans 100, 200 ou 300 ans pour savoir ce qui nous tente à 20 ans d 'intervalle. Or je reste persuadé que seule une Europe politique possède la capacité d'offrir ce genre de projet d'ensemble, cette vue collective qui nous manque tant. Je suis d'accord avec ce qui a été dit du non de M Sarkosy. La justification etait un peu rapide. Neanmoins je partage l'analyse de fond ; la notion de valeurs communes , de nation, l importance de l'identité et de civilisation comptent plus que l histoire ou la geographie. Reduire la chose au probleme religieux serait trop court et mal compris . Mais pour autant, pouvons nous aujourd hui esperer former cette nation europeenne avec les turcs ? La religion n'est elle pas une composante essentielle de la civilisation? la civilisation est elle une identité soluble dans d 'autres ensembles actuellement et pour les cinq siecles à venir ? Repondre est necessaire. Repondre à cela est aussi perilleux. Je crois qu 'un type a tenté le coup, son nom m'échappe.. Huntington?

Je serais tenté de laisser les gens s' exprimer, apres tout la faisabilité d une nation nest pas l avis d un seul ou de quelques uns.
D'un autre côté, ne pas donner d'avis et être responsable politique, c'est , en conséquence, prendre le risque de laisser n importe qui s exprimer, alors même que sa propre fonction induit de s 'exprimer, de prendre position, d 'orienter.
Je pense que Nicolas Sarkosy a eu rason de prendre position sur ce sujet qui est déterminant au regard de la construction de l'Europe. Comment en effet vouloir s 'unir davantage sans nous être cooptés, sans définir avec clarté ce qu'est l'Europe ? Le discours tenu aux Turcs est irresponsable. Parler de conditions remplies ou non est inacceptable : soit la Turquie a vocation à nous rejoindre, soit elle ne l'a pas, ce qui est mon point de vue. Pourquoi attendre?

Écrit par : ren | 06/05/2007

@f.Rolin

Vous êtes objectif ? J'aimerais juste lire à froid de quelle façon S.R. a répondu de façon précise, claire, en "délimitant son sujet" ,en argumantant ses réponses et bien entendu sans attendre une note de bas de page, une justification.
Cela sera ma dernière "observation".

Comme cela, je pense répondre à votre commentaire de façon large, sans aucun rapport avec l'assertion...
|-- Ma "théorie" est que vous n'êtes en aucun cas objectif, qu'il ne s'agit pas d'une observation objective, mais d'une opinion. De plus, le language mathématique nécessite forcémenent une démonstration... La est mon assertion.

Dans ce cas, à quoi bon vouloir un peu d'objectivité, surtout de la part d'un juriste, fortement reconnu et respecté, mais dans les grands moments les mythes s'effondrent...

Écrit par : Laurent | 06/05/2007

Oups, dernière remarque, concernant la pétition concernant l'adminssibilité au capa pour les étudiant de science po. Mme Royal est issue d'une formation économiste (licence) puis science po pour finir à l'ENA (grande promotion au passage). Enfin (et oui ce n'est pas fini) pour finir son CV universitaire, elle obtient le diplome d'avocat en 1994, sans n'avoir fait de fillière juridique au sens propre...

Écrit par : Laurent | 06/05/2007

Pour votre information, si cela vous intéresse, dans le reste de la France, c'est Sarko qui a gagné, je me permets de le dire dès fois que vous vous fendiez d'une brillante analyse sur l'incontestable victoire de marie ségolène

Écrit par : PS | 07/05/2007

@ duchange : je viens de lire votre réflexion "relisez Hume mon cher" à propos de l'objectivité du droit. Je faisais référence à l'objectivité de la règle face aux propos mensongers de Mme Royal lors du débat qui n'ont pas été relevés au profit d'une appréciation purement subjective de l'analyse. Elle avait donc objectivement tort au regard des règles de finances publiques et de la fonction publique, par rapport à une analyse subjective d'un juriste en prise avec son appréciation politique. Mon point de vue n'avait de portée que vis-à-vis du débat dont je ne prétendrais pas qu'il a la portée philosophique que vous lui accordez ... mais c'est tellement facile de briller à peu de frais ... Rdv sur des blogs de philo où j'interviens aussi. A quand votre analyse des termes "compassion" "domination" et "idéologique" qui font l'objet de réflexions philosophiques dans un sens tout à fait différent de M. Rolin. A ce rythme là, on approche la censure pour motif philosophique ...

Écrit par : Josh | 07/05/2007

@Egon

"sans travailler" ?

Pour l'orthographe... la prochaine fois je relirai les épreuves !

"esprit chafouin" ! (inutile de me donner la déf. ... même un illettré tel que moi a un dictionnaire... rassurez-vous).

Écrit par : ubu | 09/05/2007

@ ubu

Faute avouée a (!) moitié pardonnée... (comme disait un ami cocu - les plus chers - qui trompait sa femme, mais ne lui en voulait pas)...

Écrit par : Egon Jestaz | 11/05/2007

@Egon

Monseigneur est trop bon !

Écrit par : ubu | 12/05/2007

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