« annonce 2 : Un colloque à Poitiers sur la qualité des décisions de justice | Page d'accueil | Quelques compléments sur l’emploi du vocable « poujadisme », à propos de la démarche du collectif Spartacus. »
22.02.2007
Spartacus vote Bayrou, ou les métamorphoses du poujadisme dans la Haute fonction publique
Ce texte, assez classique en période de campagne électorale où ralliements et contre ralliements sont autant de communiqués de victoire pour chacun des candidats « la cote 110 a tenu, BHL est tombé… » repose sur une logique énoncée assez simple : voila des hauts fonctionnaires qui se revendiquent de gauche, socialistes même pour être précis, et qui dénoncent les programme de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy pour une même raison : le manque de chiffrage et l’irréalisme des propositions. Ils considèrent que seul « l’idéal de rassemblement de François Bayrou » est de nature à porter un espoir et ils invitent donc les électeurs de gauche à voter pour lui, pour faire barrage au candidat de l’UMP.
Jusque là rien de choquant. Les passerelles entre une certaine deuxième gauche et les chrétiens démocrates sont trop connues pour qu’il soit nécessaire d’y insister.
Mais, au-delà de cet énoncé explicite, ce manifeste contient un sous-texte beaucoup plus intéressant et que l’on peut analyser comme la réaction corporatiste de la Haute Fonction Publique en cours de déclassement : c’est donc une réaction que l’on peut, par analogie qualifier de poujadiste.
Cela se démontre facilement.
Esclaves de qui ou de quoi ?
D’abord esclaves de leur propre condition. Comme ils le soulignent, ils sont des « hauts fonctionnaires en activité en administration centrale ». En activité, cela signifie qu’ils n’ont pas pantouflés et « en administration centrale », cela signifie qu’ils subissent à la fois la dictature des cabinets ministériels, les assauts de la déconcentration et du démantèlement de l’Etat en agences ou autorités diverses) et la montée de la décentralisation.
De fait oui, ce sont bien les esclaves de l’Etat : ceux qui font tourner la machine et qui ne reçoivent aucune des gratifications financières symboliques ou politiques qui sont l’apanage de leurs concurrents.
Et de ce point de vue, les reproches qu’ils imputent aux deux candidats qu’ils combattent sont très révélateurs.
Quels griefs ont-il à l’égard de Ségolène Royal, au-delà de son programme jugé peu réaliste. Une phrase, très étrange, les résume : « Elle compte gérer la France comme on gère une région ou un département ». Tout est dit. Le mépris intense de l’administration centrale à l’égard des collectivités décentralisées d’abord. Mais surtout, la perception que ce modèle de gestion des collectivités locales est en train de menacer ce qui reste de notre technostructure gaullienne : Ségolène Royal, c’est l’anti-Paul Delouvrier, le fidèle grand commis de l’Etat qui sait pour les territoire ce qui est le mieux pour eux.
Et à l’égard de Nicolas Sarkozy ? Ces griefs sont-ici d’un autre ordre. Ils contestent implicitement la politisation qu’il opére de la sphère étatique : il est le « ministre candidat », il est celui qui prépare une France « sans foi ni loi », c'est-à-dire une France ou les intérêts particuliers l’emporteront sur le sens de l’intérêt général dont ils sont les garants. D’ailleurs ce « sans loi », manifeste leur inquiétude de se voir privés d’une de leur dernières attributions : la préparation des textes normatifs qui seront désormais élaborés sous l’influence des « intérêts sectoriels », autrement dit des lobbys.
Voila donc les idées qui courent sous le discours affiché par ce texte. Mais, pourrait-on se demander, pourquoi choisir alors François Bayrou comme héraut de cette lutte.
A mon sens, il s’agit là d’un choix par défaut. Je ne suis pas certain qu’ils soient fascinés par ce candidat, et d’ailleurs les mots employés pour justifier de ce ralliement sont trop ronflants pour être honnêtes : « courage, responsabilité clairvoyance, valeurs, idéal de rassemblement », un vrai fourre tout de langue de bois de campagne électorale.
François Bayrou joue à mon sens davantage comme une fonction que comme un porteur de valeur. Si l’on veut bien me passer ce rapprochement audacieux : il est le Le Pen des hauts fonctionnaires : le candidat qui n’est pas dans le système, qui est en mesure de faire trébucher ceux qui sont installés, mais qui, c’est essentiel pour la Haute Fonction Publique, manifeste une respectabilité et un sens du réel qui fait qu’il n’est pas indécent de voter pour lui.
Au total, ce texte est donc la complainte d’une Haute Fonction Publique qui se sent délaissée et qui cherche à faire entendre sa voix. C’est une voix qui mérite d’être entendue pour ce qu’elle est vraiment, car il est vrai que la dégradation de notre HFP est préoccupante, mais de là à croire qu’elle peut justifier sur des arguments de fond un vote pour le candidat de l’UDF, c’est une autre paire de manche…
12:25 Publié dans élections présidentielles au travers du droit | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : Spartacus, Bayrou, Royal, Sarkozy, élections, haute fonction publique
Commentaires
Excellente analyse ; j'avais surtout été choqué par la contradiction flagrante entre "spartacus", "socialistes" et "bayrou", une sorte de continuum impossible qui ratisse large, mais je n'aurais jamais pris au sérieux ce vécu de révolte. Par contre le mépris pour la politique tournée vers les citoyens ordinaire est flagrant.
Ecrit par : Guillermo | 22.02.2007
Serait-ce donc une charge indirecte contre la décentralisation ?
Ecrit par : Matt-san | 22.02.2007
Excellent article ! Reste à espérer que la légitimité qui entoure le statut de "haut fonctionnaire en activité" n'entraîne pas les lecteurs de Libé à la suite de Bayrou... qui sont sociologiquement plus proches de "Spartacus" que de l'électeur moyen de Ségolène Royal, à mon avis.
Ecrit par : Manu | 22.02.2007
Excellente analyse d'une tribune étonnante, des hauts fonctionnaires se revendiquant de gauche mais qui menacent de voter Bayrou pour des raisons assez peu fondées (absence de chiffrage ??? non seulement le chiffrage existe mais est-ce si important, leur analyse à l'emporte-pièce des propositions semble bien légère).
Il est intéressant de voir une analyse sociologique de ce ralliement, Bayrou, le candidat antisystème pour ceux qui sont déjà au coeur du système ?
Ecrit par : alcibiade | 22.02.2007
Je ne me préoccupe pas trop de ce que peuvent penser quelques énarques, fonctionnaires hors échelle.
Il est vrai que décentralisation et priorités budgétaires obligent, l'Etat a sans doute du mal à traduire sur le terrain de l'action les effets d'annonce du discours politique.
Il n'a d'ailleurs plus beaucoup de moyens, ainsi qu'en témoigne notamment la misère des préfectures.
Ce qui m'interpelle en tant que citoyen c'est plutôt ce sondage IFOP, selon lequel 83 % des Français seraient “favorables à un gouvernement d’union nationale composé de personnalités politiques de divers camps”
Au fond, ne serait-ce pas là, ce même message que les électeurs de nos villages adressent régulièrement à leurs élus municipaux ?
Pour le reste Edgard Faure disait, il y a déjà longtemps, que ce ne sont pas les girouettes qui changent, mais le vent.
Ecrit par : marcus | 22.02.2007
L'émouvant plaidoyer de ce groupe désignant de "corps d'élite" les élèves de Normale Sup sent quand même grandement le corporatisme de bas-étage. Si effectivement les gestionnaires des considérables moyens publics raisonnent réellement ainsi, il y a de quoi s'inquiéter.
Vivent-ils réellement dans notre dimension ?
Ecrit par : Passant | 22.02.2007
Professeur,
Votre billet est excellent, mais le titre n'est-il pas un peu exagéré ? Il me semble qu'un plaidoyer pro-administration centrale reste assez éloigné du poujadisme ...
Surtout, j'ai été très intéressé car vous m'avez apporté des éléments que je n'avais pas du tout envisagés.
Sur les griefs à l'égard de Ségolène Royal, je dirais que les paragraphes 2 et 3 du manifeste sonnent "Bercy" comme un carillon : gare à la dette, réaménageons la fiscalité, haro sur les collectivités territoriales (avec lesquelles les relations financières sont à couteaux tirés), non aux dépenses électoralistes, réformons les retraites. Et les solutions éculées : réductions de charge ... que propose F. Bayrou (une des deux seules mesures citées, avec l'inscription d'une règle d'or dans la Constitution, qui d'ailleurs s'inspire directement ... de l'expérience des colletivités locales).
Ce qui se retrouve ensuite dans la critique de N. Sarkozy : le cauchemar d'une France sans IR, sans ISF et sans IS, donc, sans Bercy.
Bien vu, Passant pour avoir fléché sur Normale Sup' le passage assez ésotérique sur l'Education nationale.
Enfin je ne dirais pas que Bayrou est un choix par défaut : candidat "raisonnable", il ne présente aucune des aspérités programmatiques que l'administration déteste mettre en musique (et financer) à la place de ses propres propositions.
Et face aux deux autres candidats "jouables" qui déstabilisent la haute administration en jouant l'un sur les lobbys et l'emballement médiatique, l'autre sur un discours anti-technocratique (d'où un choix "erratique" et "incohérent" du Parti socialiste), F. Bayrou se présente comme un homme politique classique, ,qui ne brusquera personne par volontarisme, bref, fera preuve d'une "sérénité" qui laissera les hauts fonctionnaires aux commandes dont ils ont peur d'être dépossédés.
Ecrit par : Scif | 23.02.2007
aujourd' hui je sais que je ne voterais pas ROYAL. Elle nous promet le changement mais elle nous ressort tous les ministres de Mitterrand. Le masque est tombé . Merci de nous avoir fait réver quelques mois.
Un nouveau round pour la gauche caviar ?
sans moi, sans nous
Ecrit par : emilie | 23.02.2007
@ Emilie
Voterez-vous Bayrou lorsque vous saurez la vérité sur lui : il usurpe la fonction de Président de l'UDF depuis 2 ans pour disposer des facilités attachées à cette fonction, manipuler les adhérents de l'UDF et bénéficier du soutien, c'est à dire les fonds, la logistique, la notoriété, les locaux, le personnel ... de l'UDF pour sa course à l'Elysée, dont il a fait un objectif strictement personnel ?
Ecrit par : Marie-Christine BLIN | 23.02.2007
Superbe : en fréquentant les forums politiques, vous vous rendrez compte que poujadiste est l'insulte préférée des trolleurs, après fasciste. C'est une bonne façon, bien péremptoire, de mettre fin à une conversation écrite.
L'annonce de Spartacus est certes du grand-guignol, mais ça n'autorise tout de même des raccourcis d'écriture. En outre, plutôt que de tenter une analyse psychologique un peu vaine, vous auriez mieux fait de critiquer le texte, qui peut être aisément criticable.
Vous présumez des auteurs : c'est donc une attaque ad hominem sur des personnes supposées, ce qui n'est pas brillant, mais dans l'air du temps.
Ecrit par : Franck | 23.02.2007
Vous sortez avec bonheur d'une problématique purement juridique pour faire une analyse sociologique d'un article, qu'on pourrait considérer comme une application de la théorie "bourdieusienne" de l'homologie structurale
Ecrit par : somni | 23.02.2007
Je suis étonné qu'un blog dit juridique, dont on apprécie le recul sur les évènements (droit au logement, propos de ministres sur la justice, etc ...), se lance dans des analyses politico-sociologiques dont la précision est très discutable. Je ne pense pas que la comparaison entre un démocrate de haute tenue comme François Bayrou et Jean-Marie Le Pen soit judicieuse. Ce genre d'analyse se retrouve sur tous les forums de militants très impliqués où les termes de poujadisme et de fascisme sont employés sans aucune rigueur. Ce raccourci m'étonne pour des billets qui sont souvent plus pertinents. Les réponses au message portant sur les orientations de vote à la présidentielle prouvent que l'on perd un peu le but de ce blog : le droit. Pour reprendre les propos d'une tribune de F. Rome, il serait dommage que la réactivité de ce blog ne se transforme en "blogorrhée".
Ecrit par : Josh | 23.02.2007
Mais en quoi voter Bayrou est plus poujadiste que voter Royal: n'est-elle pas elle aussi le chantre d'un Etat qui serait à l'écoute des petits et des sans grades, qui viendrait glisser à chaque Français qui en a besoin d'un piti chèque sous l'oreiller, qui a fait disparaître (dicit) les Velsatis de son Conseil régional (mais elle ne dit pas par quoi elles les a remplacées... des 2CV, des Vespas?), qui se gargarise de formules creuses sur l'ordre juste, la politique autrement, le gagnant-gagnant, etc. Et reprocher à Bayrou d'avoir fait de l'UDF une machine à gagner une élection présidentielle est aussi naïf que de vanter les mérites de Royal qui se battrait contre les éléphants du PS... Cette élection manifeste fort bien le désastre dans lequel nous ont conduit des politiques à courte vue et sans aucune perspective à long terme. The question is: qui de Royal, Sarkozy, Bayrou, Le Pen, Buffet, Bové, Laguiller, Besancenot et j'en passe a une vision d'avenir? Bien malin qui peut donner une réponse claire et ferme, hein?
Ecrit par : Bartlet | 23.02.2007
Ah oui, c'est bien pratique de taper sur Bayrou. amis au fond, M. le Prof. Rolin, voous nous dîtes ce que les gens "raisonnables" de droite disent aux électeurs "déraisonnables" de Le Pen: arrêtez de vouloir sortir des clous, restez dans la ligne de notre bon vieux PS bien solide, ce parti si cohérent sur les 35h, la valeur travail, l'Europe, ah l'Europe! Elle est bien amusante la cohérence du PS! Et dire que dnas la bande des Royalistes, y a des gens aussi "rassemblés" que Emmanuelli, StraussK, Fabius et même Jospin, car oui, elle est tellement fine et intelligente et tout ça la Royale, qu'elle a su convaincre YoYo de la rejoindre. Même qu'à la radio ils disent que c'est un coup de tonnerre!!!! Té le tonnerre il gronde, il gronde mais y a pas la pluie pour autant!!!
Ecrit par : Matègne | 23.02.2007
En quoi la situation de notre HFP est elle dégradée ou préoccupante? Ils ne sont plus les rois du pétrole, et alors?
Ecrit par : Merlin | 23.02.2007
Professeur,
Je ne suis pas d'accord avec vous, lorsque vous parlez du: "mépris intense de l’administration centrale à l’égard des collectivités décentralisées d’abord. Mais surtout, la perception que ce modèle de gestion des collectivités locales est en train de menacer ce qui reste de notre technostructure gaullienne".
D'abord, ce jugement me semble un peu trop manichéen.Et si la campagne électorale à pour effet de diviser les Français, ce n'est pas la peine d'en rajouter, à mon avis, dans les blogs, par des interprétations oiseuses de ce genre. ce serait comme comparer l'infanterie de marine et les chasseurs alpins. Cela n'a aucun sens, chacun intervenant au niveau qui est le sien, en vertu de deux principes cumulatifs: le principe de spécialité et le principe de complémentarité.
Ensuite, sans être membre du groupe Spartacus, je suis assez d'accord avec lui quand il soutient qu'un Etat ne se gère pas comme une collectivité territoriale, même si certaines techniques juridiques et financières sont parfois communes. Ce n'est pas dénigrer les collectivités locales que de le dire car l'approche politiques des problèmes n'est pas la même selon que l'on se situe à l'un ou l'autre des niveaux décisionnels. En sens contraire, je dirai que ce n'est pas parce que l'Europe communautaire souhaite promouvoir les entités locales sur la base d'un substrat ethnico-culturel (charte des langues régionales, charte des minorités, charte de la coopération transfrontalière, etc.) qu'il faut pour autant dénigrer ce qui nous reste d'Etat.
Enfin quant au rapprochement "poujadiste", il est un procédé de rhétorique facile, car toute défense de corps est taxé de ce type de qualificatif.
Par ailleurs, je rejoins Bartlet quand il pose la question du vide sidéral des candidats à l'élection présidentielle quant à leur "vision d'avenir"...
Ecrit par : masque de fer | 23.02.2007
Je ne sais si l'assertion suivant laquelle Madame Royale «compte gérer la France comme on gère une région ou un département » est l'expression d'un "mépris intense de l’administration centrale à l’égard des collectivités décentralisées", mais il me semble important de remarquer qu'eu égard au caractère marginal de l'activité opérationnelle des régions et à leur caractère principal de pourvoyeur de fonds, la comparaison systématique entre la gestion régionale et ses promesses d'une gestion étatique aussi efficace, revèle une présomption (pour ne pas écrire prétention) dont on pourrait largement critiquer la dimension fallacieuse.
Ecrit par : Morphéus | 23.02.2007
Compte tenu du caractère inhabituellement critique des commentaires qui précèdent, en particulier sur l'emploi du terme "poujadisme", je me livre à une petite auto-justification dans une nouvelle note publiée ce jour : http://frederic-rolin.blogspirit.com/archive/2007/02/23/quelques-complements-sur-l%E2%80%99emploi-du-vocable-poujadisme-a-pr.html
Ecrit par : Frédéric Rolin | 23.02.2007
Merci pour cette analyse eclairante.
La demarche etait trop fourbe pour etre honnete.
Ecrit par : Gasper | 23.02.2007
A propos de la décentralisation chère à Ségolène, Hayek militait pour un développement de celle-ci . L'inspirateur de l'école de Chicago justifiait la décentralisation notamment pour cause (je cite) : d'impraticabilité de la planification centralisée "socialiste" !
Ecrit par : jf calmette | 23.02.2007
Personne ne semble s’offusquer de l’anonymat de ce manifeste. C’est curieux car on n’est pas encore en période de réserve et ils auraient pu avoir le courage d’assumer leurs propos.
Mais l’analyse est très juste, bravo.
Ecrit par : Astorg | 23.02.2007
Hum ! Quand la politique entre dans le prétoire… :-)
A lire la blogosphère, il y a manifestement encore beaucoup de travail à faire pour parvenir à réunir des gens de sensibilités différentes our les faire travailler ensemble sur des objectifs communs d'intérêt général.
Le bon sens n'est-il pas pourtant la chose la mieux partagée ?
Se réunir contre quelque chose ou quelqu'un est sans doute plus facile et c'est d'ailleurs l'un des puissants ressorts du scrutin majoritaire qui veut qu'au premier tour on choisisse et qu'au second on élimine. Chaque élection est ainsi propice au déchainement des passions partisanes.
Est-ce bien raisonnable pour un système politique qui, in fine, aux législatives, conduira à sur-représenter une majorité parlementaire (qu'elle soit UMP ou PS) minoritaire dans le pays réel ?
Cette problématique renvoie clairement à la légitimité politique de l'action des gouvernements et à la perte de confiance des citoyens dont beaucoup seront exclus de toute représentation parlementaire. A la stabilité juridique de nos réformes aussi, puisque des décisions brutales, qui ne sont pas fondées sur un consensus politique et social établi, seront perçues comme illégitimes et provoqueront nécessairement des crispations politiques, des ressentiments et des frustrations dans l'opinion.
Il y a probablement quelque chose à inventer pour rénover notre vie politique et échapper à ce climat mortifère pour la démocratie.
Ecrit par : marcus | 24.02.2007
Vous semblez ne pas apprécier F. BAYROU. pourtant les enseignants sont de plus en plus nombreux à reconnaître sa probité !! Parmi eux des philosophes, des agrégés, des docteurs... Ils reconnaissent la probité de F.Bayrou. F. BAYROU avait déjà émis une proposition de Loi pour réduire la précarité des formateurs en CDD, qu'il n'a pu mettre en oeuvre du fait de la dissolution du gouvernement.
F. BAYROU est le seul qui repsect à sa juste valeur le travail des professeurs et en reconnaît l'extrême nécessité pour notre jeunesse.
Je vous rappelle que lorsqu'il était ministre de l'Education Nationale cette institution a enregistré un reccord de satisfaction. Rappelez vous également qu'il avait gardé au prés de lui le directeur de cabinet précédent qui était du PS.
Bien à Vous,
Alain Duchesne
Ecrit par : Alain Duchesne | 25.02.2007
@ Astorg : "ils auraient pu avoir le courage d’assumer leurs propos "
le devoir de réserve interdit toute prise de parole publique des fonctionnaires, tout le temps.
La tradition veut qu'ils s'expriment donc, mais la plupart du temps sur des sujets plus techniques, sous un pseudonyme évident. Qu'ils fassent état de leur fonction est beaucoup plus rare...
Il y a des fameux précédents, comme JP Chevènement critiquant l'ENA sous le pseudo de J Mandrin.
Ecrit par : Matthieu | 25.02.2007
@ Alain duchesne : les actes valant mieux que les paroles, les universitaires se souviennent fort bien des "arrêtés Bayrou" de 1997 qui étaient un chef d'oeuvre de démagogie et de complication techno-administrative. Mais ceci étant dit je n'ai rien à dire ni contre ni pour ce candidat.
Ecrit par : Frédéric Rolin | 26.02.2007
Bonjour à vous.
Pourquoi s'enfoncer dans de profondes pseudo réflexions sociologiques sur le sens du déclassement de la haute fonction publique.
A mon avis ces grands hommes que sont les hauts fonctionnaires, garants de l'intérêt général comme vous le rappelez, ont sans doute compris que les candidats du PS et de l'UMP nous entrainent sur le déclin.
A mon avis ces gens ont comprsi que la Franc ene saurait se satisfaire des mesures corporatsies et clientéliste du PS comme de l'UMP.
Oui aujourd'hui peut etre que ces technocrates (non péjortaif) sont le reflet d'une France qui voit le besoin du vrai changement.
Bone semaine à vous
Robin
Ecrit par : Robin | 26.02.2007
J'hésite entre lamentable et affligeant... j'avais un peu de respect pour vos analyse que je survolais de temps en temps (j'avoue que j'avais tord). Tord car en approfondissant... on mesure l'importance de la bêtise. Le billet oscille entre le vide sidéral et la connerie d'un gardien du temps bien maladroit et surtout en mal d'arguments.
"A mon sens" pour reprendre une de vos formules préférée, Faut réfléchir de temps en temps l'ami.
Un lecteur qui sera moins assidu.
Ecrit par : lecteur | 26.02.2007
@ lecteur. Vous voyez, je ne modère pas les commentaires, et donc pas les qualificatifs substantivés délicats que vous accrochez au revers de mon billet. Mais je ne procède pas non plus à une correction gracieuses des fautes d'orthographes, dont certaines sont toutes proches du solécisme, et qui mieux que je ne pourrais le faire discréditent votre propos.
Ecrit par : Frédéric Rolin | 26.02.2007
Bravo professeur!
J'avoue que votre sens de l'humour est assez dévastateur. J'apprécie et, n'en déplaise à Hanimal Lecteur, j'ai bien ri.
Je n'ai jamais compris l'outrance verbale.Il n'y a pas longtemps, dans la blogosphère, je me suis fait rabroué vertement, à la limite de l'insulte. J'ai remarqué que devant une argumentation serrée, les interlocuteurs ont le choix entre l'anathème ou l'injure. C'est dire que les c... ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît, du reste.
Ecrit par : masque de fer | 26.02.2007
Bonsoir,
quoi que l'on pense de la démarche des auteurs de cette tribune, les comparaisons successives avec Poujade et Le Pen ne me semblent nulle part justifiées dans ce billet. Ou ai-je mal lu ?
L'extrême-droite a toujours eu pour bêtes noires les démocrates, et a toujours su s'arranger de la gauche mitterrandienne comme de la droite d'affaires.
Le rapprochement, que l'on voit beaucoup d'auteurs faire ces temps-ci, entre M. Bayrou et M. Le Pen, me semble plus souvent traduire le dépit devant l'intérêt des Français pour autre chose que les vieilles recettes UMP et PS, même dopées par des promesses à 50/100/130 milliards - qu'une analyse politique étayée.
Ou peut-être vous ai-je mal lu.
Ecrit par : FrédéricLN | 26.02.2007
Précision utile de J.M.Thenard (de Libération), sur France5 hier soir: les hauts fonctionaires en question seraient pour l'essentiel des... Fabiusiens.
On peut comprendre que la technocratie fabiusienne, autrefois flamboyante, devait se sentir bien mal à l'aise au PS, depuis que le chef de file s'était autoproclamé aîle gauche du parti. Comment pouvaient-ils digérer un tel revirement? Ils ont tenu quelques années, mais leur départ était inévitable...
Ecrit par : tardif | 27.02.2007
@ tardif : d'où peut-être ce passage peu relevé de l'article sur le PS qui fut jadis un "modèle de démocratie interne"...
à frederic LN : une analogie de "structure". Je ne suis ni journaliste ni politicien et je ne joue pas des connotations.
Ecrit par : Frédéric Rolin | 27.02.2007
Je trouve votre analyse sociologique très pertinente. Cette "Haute fonction publique" me semble particulièrement emblématique d'un mépris énorme pour nous, le vulgum pecus des citoyens lambda. Qu'ils osent encore se prétendre "socialistes" est pur abus de langage.
Ils ne me semblent guère plus fondés à utiliser le nom de Spartacus que Sarko à citer Jaurès, Blum (et pourquoi pas Lénine, Trotsky ou Mao ?). Ils ont également oublié (l'ont-ils jamais su ? Le niveau culturel est tombé si bas... que ce fut aussi le nom d'un groupe d'extrême-gauche massacré par les socialistes allemands au lendemain de la première guerre mondiale... - mouvement insurrectionnel à Berlin en 1919 - qui se souvient encore de Rosa Luxembourg ou Karl Liebknecht ?
Quant aux vrais "esclaves", qu'ils aillent partager le sort de tous ceux qui travaillent vraiment pour des salaires de plus en plus réduits, de tous ceux qui subissent les ravages de 'l'entreprise barbare", au mépris de ce qui reste de droit du travail.
L'intérêt de la méthode de Ségolène Royal c'est, contrairement à la plupart (aussi bien de gauche que bien évidemment à droite et au centre) elle ait donné la parole à ceux que l'on n'écoute jamais... c'est peut-être tactique mais j'y vois aussi un parallèle avec les "cahiers de doléances" de 1789.
Ecrit par : Kamizole | 03.03.2007
Voilà un nouvel exemple de blabla faussement intello et d'arguments spécieux. Vous n'avez en rien démontré le caractère Poujadiste de ce ralliement et votre comparaison avec Le Pen est encore plus tirée par les cheveux. Votre seul but est de discréditer ces hauts fonctionnaires en utilisant des mots "épouventails" dont vous savez qu'ils impressionneront les lecteurs inattentifs. Article complaisant, mal étayé et intellectuellement très faible.
Certains propos jugent d'eux-mêmes leur auteur.
Ecrit par : Jérôme | 14.03.2007
Vous avez-vu, Prof, l'affaire a rebondi ... Après les Gracques, c'est Hannibal qui s'y met : http://www.blog-hannibal.com/.
Ecrit par : Scif | 04.04.2007




