29.01.2007

Publication du rapport définitif sur l'enseignement du droit

Le groupe de travail dirigé par Didier Truchet et Frédéric Sudre, qui avait été chargé par le directeur général de l’enseignement supérieur de réfléchir aux possibles réformes des études juridiques vient de rendre son rapport définitif.

Celui-ci reprend, avec des modifications de présentation et quelques différences de fond les pré-rapports qui avaient été commentés dans ces colonnes. Toutefois, une lecture plus globale de ce document apporte des éclairages nouveaux sur la conception d’ensemble qui le sous-tend.

Il nous semble que les orientations générales de ce rapport peuvent être résumées en une phrase : il s’agit de renforcer la spécificité des études de droit, et des facultés de droit, au sein de l’Université, pour tenter de proposer une alternative crédible au développement des Grandes Ecoles qui prennent pied sur le marché du droit.

Cette volonté se traduit en particulier par un renforcement des logiques de sélection, notamment au dépens des bacheliers professionnels et technologiques, qui avait déjà été évoqué ici, par un maintien de la spécificité des études doctorales, en particulier en ce qui concerne la durée des thèses (v. ici), et une rationalisation des modalités de recrutement (avec en particulier une tentative de limitation du « localisme » et une refonte des voies d’accès au statut de professeur.

Il y a, dans cette démarche, de très nombreux points positifs. Mais, j’espère que les auteurs du rapport et mes lecteurs ne m’en voudront pas si j’apporte ici quelques observations plus critiques.

1°) Une lecture malthusienne des cursus juridiques.

Ce rapport me paraît fondé sur une approche très restrictive en ce qui concerne l’accès des bacheliers de l’enseignement secondaire aux études de droit. Pour ma part, je suis profondément en désaccord avec l’idée que les bacheliers technologiques et professionnels devraient être exclus, ou à tout le moins maintenu à une distance certaine des études de droit.

Peut-être est-ce dû au fait que j’ai réalisé tout mon parcours professionnel au sein d’Université qu’il est convenu de qualifier de « périphériques », mais je suis très frappé par le fait que les études de droit constituent une (et peut-être une des dernières) formes de l’ascenseur social au sein de l’université. Chaque année j’ai pu constater, et dans des proportions importantes, que les publics issus des formations professionnelles ou technologiques réussissaient dans les études de droit.

Dans ces conditions, je milite pour ma part pour un maintien de l’ouverture la plus large possible, tout en améliorant les possibilités de réorientation pour les étudiants qui, faute d’aptitudes ou de goût pour le droit, se détournent de la formation. Mais véritablement, plutôt qu’une suspicion systémique, tempérée de dérogations, je crois beaucoup plus en un système ouvert et confiant, à condition qu’il puisse proposer des alternatives aux étudiants en échec.


2°) Une absence de réponse aux difficultés des doctorants


En maintenant l’idée d’une durée des thèses universitaires de 4 à 5 années, en n’évoquant pas corollairement un allongement des systèmes de financement, en sous-estimant la possibilité de « travail de laboratoire », pour la réalisation de thèses, il me semble que le rapport reste dans une logique très (trop) traditionnelle, du statut des doctorants.

Si pourtant, aujourd’hui, le taux d’abandon en cours de thèse s’accroît, c’est bien parce que les doctorants sont confrontés à des difficultés croissantes. Difficultés liées d’abord à leur isolement intellectuel : on sait bien que seules les logiques de laboratoire sont de nature à permettre aux doctorants de s’inscrire dans des courants de recherche qui favoriseront les leurs. Pour ne citer que des exemples issu du droit public, est-ce un hasard si les taux de qualifications aux fonctions de maîtres de conférences sont élevés parmi les doctorants de droit européen de Montpellier, de droit constitutionnel d’Aix-Marseille, ou de théorie du droit de Paris X ?

Assurément non. Et il n’est qu’à constater l’attente très forte des doctorants pour le renforcement des centres de recherche auxquels ils sont rattachés, pour prendre la mesure qu’il s’agit d’une demande essentielle pour eux.

Mais ces difficultés tiennent ensuite, également, à des questions à cheval entre le scientifique et le matériel. Comment peut-on admettre, comme le fait le rapport, qu’un doctorant qui vise une carrière universitaire devra rédiger sa thèse en « 4 à 5 années » ? Chacun sait qu’aujourd’hui, pour être qualifié aux fonctions de maître de conférences, il faut en outre avoir rédigé un article de fond, ce qui conduit à une durée de la formation doctorale d’au moins cinq années. Ce qui signifie encore que pour les candidats, même ceux qui auront été allocataires puis ATER, il y aura forcément ou presque une année de chômage.

Si l’on ajoute à cela que les charges d’enseignement s’alourdissent avec les contrats d’ATER et que les contrats port-doctoraux sont quasiment inexistant en droit et on comprendra qu’il est nécessaire de concevoir une évolution bien plus forte du système des thèses juridiques pour parvenir à une solution satisfaisante.


3°) une vision très nationale et défensive du droit.


Au début du XX e siècle, la doctrine juridique française était une des plus en vue. Elle rivalisait avec la doctrine allemande et les œuvres de cette période conservent, aujourd’hui encore une notoriété internationale (Demogue, Saleilles, Gény au Japon, les « institutionnalistes français », aux Etats-Unis, Duguit en Amérique du sud…).

Au début du XXI siècle, soyons clair, rares sont les auteurs français qui conservent une audience internationale (si ce n’est peut-être en Droit international public et privé).

Comme en d’autres matières, la France s’est donc provincialisée juridiquement et elle subit l’assaut de toutes les courants de pensée extérieurs, en se contentant de suivre : que ce soit sur l’analyse économique du droit, sur la théorie du droit, et même sur les nouveaux modèles de contrats administratifs, le droit français et la doctrine française ne pèsent que très peu.

Or, je suis frappé par le fait que le rapport ne contienne que fort peu de propositions pour faire pièce à cette évolution inquiétante, dans la sphère des études de droit.

Rien, sur la nécessité pour les enseignants de maîtriser l’anglais. Fort peu de choses sur la valorisation des parcours internationaux, pas davantage sur des centres de recherches inscrits dans des perspectives internationales.

C’est pourquoi il apparaît aujourd’hui nécessaire que se développe, en complément de ce rapport, une véritable réflexion sur la place des Facultés de droit dans la revitalisation de l’attractivité du droit français, en particulier en donnant toute leur place aux Facultés, aux centres de recherches, et aux programmes qu’elles accueillent, dans la définition et la mise en place des structures telles que la Fondation pour le droit continental.



Conclusion

Au delà de ces très brèves remarques, il est clair que ce rapport ouvre des perspectives importantes et concourt à insuffler un nouvel élan aux Facultés de droit. Ses auteurs, tout au long de son processus d’élaboration, ont souligné la nécessité qu’il permette également d’instaurer un débat. Je continue donc, à ma manière un peu provocatrice et progressiste de concourir à celui-ci, et j’invite mes lecteurs à y contribuer également. Ce n’est que par une discussion intense au sein de la communauté juridique universitaire que parviendra à se dessiner les pistes d’un avenir dynamique pour les Facultés de droit.


Commentaires

Mr le Professeur,

tout d'abord merci pour la mise en ligne de ce rapport, fort dense et sujet effectivement à débat.

- Concernant la sélection des bacheliers STT (essentiellement), la proposition est sans nul doute radicale. Dès lors, ne glisse-t-on pas subrepticement mais surement vers une sélection généralisée à l'entrée des universités? D'un autre côté, les taux de réussite oscillant entre 4 et 7% au DEUG (de mémoire), n'est-on pas également en face d'un échec humain qu'il convient de résoudre? Il ne faudrait pas faire de ces bacheliers des sortes de bouc émissaire mais d'un autre côté est-ce un service que de les laisser s'inscrire librement dans une filière ô combien sélective?

- pour ce qui est de l'ouverture à l'international, il me semble que le rapport insiste à plusieurs reprises sur la maîtrise d'une langue étrangère et insiste sur Erasmus. Donc je ne serai pas aussi critique que vous sur ce point. De +, le rapport a raison de souligner le caractère statocentré de la discipline juridique, qui n'empêche d'ailleurs pas de voir d'excellentes thèses comparatistes émerger.

- concernant le recrutement des MCF, je suis assez enthousiaste quant aux propositions. L'idée de jurys interrégionnaux est une bonne idée (car être au chomage et multiplier les déplacements dans des commissions de spé sans aucune chance souvent d'être recruté est indigne comme le dit le rapport). Interdire le recrutement dans l'université où l'on a fait ses études est une bonne chose aussi.

- par contre, il est dommage effectivement qu'il n'y ait rien sur les post-docs. Peut-être la nouvelle strcuture prévue chagera-t-elle qqch, le CNRS n'étant pas d'un grand secours pour nous... Ensuite, concernant les logiques de labo, je suis tout à fait d'accord avec vous, mais le risque est un regroupement par filière au détriment des petites et moyennes universités. Peut-être serait-il intéressant d'obliger les centres de recherche à conclure des partenariats entre eux, sur la base de programme de recherches communs et de déplacements de profs. Par ex, toutes les universités ne sont pas "équipées" de théoriciens du droit et plutôt que d'obliger les étudiants à monter à Nanterre, on pourrait concevoir un enseignement raisonnable dans le cadre d'un partenariat.

Désolé d'avoir été un peu long

Ecrit par : Joseph Alois | 29.01.2007

Mr le Professeur,

Je suis allocataire moniteur dans une petite université de province. Je ne partage pas votre point de vue au sujet de l'admission de bachelier issus des filières techniques et professionnelles.

Dans mes TD de première année, ces étudiants ont manifestement de lourdes difficultés et un retard conséquent à combler ne serait-ce que dans l'expression écrite. La voie de la capacité en droit me parait plus adaptée à ce public.

Au sujet des thèses et de leur durée, je trouve également illusoire de maintenir une durée théorique de 3 ans; surtout lorsque le doctorant a quelques travaux dirigés en charge. A fortiori lorsqu'il est ATER à temps plein (192h).

En ce qui concerne le recrutement des maîtres de conférences, on ne peut que se réjouir de la suppression des faveurs aux candidats locaux et des auditions multiples organisées sciemment à la même date au quatre coins du territoire.

Salutations
kaptainkarott

Ecrit par : Kaptainkarott | 29.01.2007

Aux lecteurs,

Je voudrais juste soulever un point du rapport qui me paraît incroyablement discriminatoire et profondément en désaccord avec l'objet de l'Université.

Il est souligné à maintes reprises que les baccalauréats technologiques et professionnels sont responsables, en grande partie, de l'échec en faculté de droit...
Par conséquent, il faudrait leur fermer la voie du savoir en la matière.
Je pense que cette idéologie fera des petits... et si l'on analyse les statistiques mises en ligne sur le site de l'Université de Paris I Panthéon - Sorbonne, je me demande s'il ne faudrait pas plutôt n'ouvrir la filière qu'aux scientifiques...
En somme, la technique de la rustine et de la ségrégation ne m'apparaît ni convaincante ni propre à répondre à l'objet de l'Université, de l'enseignement en général, lequel est de faire accéder le plus grand nombre au savoir et de tenter d'élever la connaissance de ceux qui fréquentent ses enseignements.

Ce qu'il manque aux UFR de droit par contre c'est la capacité à motiver les étudiants afin qu'ils prennent conscience que c'est le travail qui conduit à la réussite...
Parce qu'au final en martelant à une catégorie de la population qu'elle n'est pas capable, qu'elle ne pourra pas accéder comme les autres à la réalisation de ses ambitions on conduit à la mise en place d'une distinction que la catégorie devra accepter, ce qui justifiera ainsi la discrimination à venir.

Un ATER à l'Université de Paris I... ancien "bac" STT.

Ecrit par : Peu importe | 29.01.2007

J'avais publié un billet sur la sélection des étudiants STT et pros. Je l'ai perdu (mes déménagements sur la blogosphère, ou plutôt, les expulsions de serveur, même en saison hivernale ^^ en ont eu raison). Et je me ralliais, il y a quelques mois, à l'avis que vous formez aujourd'hui.

Ce qui me fait le plus peur, ce sont les motivations, très (et trop) "discrimination positive" à mon goût. On fait appel à l'honnêteté et à la loyauté pour finalement mettre des batons dans les roues, sans effectivement s'intéresser aux personnes.

Rappelons que des bacheliers STT ont un peu de droit dans leur programme. Plus, en tout cas, que les bacheliers S (dont je faisais partie). Rappelons également qu'ils sont *bacheliers* et que la capacité en droit ne leur serait pas ouverte, tout simplement, en réponse à un commentaire précédent.

Par ailleurs, si on veut faire de belles statistiques avec un taux de succès magnifique, allons-y directement, ne soyons pas timorés. Imposons un 15 de moyenne, et un bac S pour prétendre s'inscrire ; et même alors, créons un concours d'accès (pardon, un examen avec un nombre limité de places). De la sorte, oui, il est clair que l'on aura un taux de réussite incroyable. Mais finalement, assez peu de _vraies_ réussites, c'est-à-dire de lycéens qui commencent peut-être (et encore, cela resterait à démontrer, et également juridiquement, une fois n'est pas coutume), un peu plus bas, et qui arrivent bien plus haut que leurs camarades.

Et dire que cette "loyauté" et "honnêteté" serait fondé sur un article du code de l'éducation (http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnArticleDeCode?code=CEDUCATL.rcv&art=L612-3), c'est au mieux prendre un parti pris douteux, au pire... je n'ose y songer, venant, après tout, de professeurs de droit.

En l'absence d'une recommandation n°103 un peu mieux motivée, je pense qu'elle est clairement dangereuse. Sans même avoir à préjuger du fond.

Quand à l'anglais, bigre, je m'auto-censure. Je pose simplement la question, naïvement : ce n'est donc pas le cas ?

Ecrit par : Erasoft | 29.01.2007

Pour un effet surprenant du rapport dont vous faites état : http://mcf01.wordpress.com/2007/01/27/recommandations-pour-lenseignement-du-droit-ou-comment-expliquer-aux-maitres-de-conferences-quils-nont-pas-leur-mot-a-dire/
Si j'ai bien suivi, c'est l'absence de MCF dans le groupe qui a servi de point de départ.
J'avoue que certains des arguments évoqués interpellent ... De quoi cogiter en attendant les résultats du CNU et mon éventuelle intégration dans le corps des MCF ...

Ecrit par : Knock | 29.01.2007

@ joseph Alois : merci pour votre contribution. Permettez moi de reprendre quelques uns des points que vous abordez.

- Sur les bacs pros et techno : Le taux de réussite des bacs STT au DEUG est de 15.4 % en 3 ans (source Conseil national d’évaluation, chiffres pour l’année 2001), à comparer aux 53, 60, 78 %respectivement des filières L, E, S. (Les bacs pros ne représentent que 4 % des effectifs des deug droit et ne sont pas documentés spécifiquement).

Il est donc incontestable qu’il y a ici un problème sérieux.

Toutefois, ce n’est pas en créant une « année blanche », c’est à dire une année « non diplômante » comme le préconise le rapport, qu’on y remédiera. Le rapport du CNE dont j’ai extrait les chiffres évoqués souligne qu’il existe un système intégré d’aide à la réussite que très peu d’universités ont mis en place : l’APID « Année préparatoire à l’inscription en DEUG ». Ce dispositif est caractérisé par le fait que le succès aux examens dispense de certaines matières du DEUG, que de bons résultats en fin de premier semestre, permettent une sortie du dispositif, et qu’au contraire, les étudiants de DEUG en échec peuvent le rejoindre. Les données du CNE indiquent que le taux de réussite à l’APID est de 44%.

Dès lors, il me semble qu’un dispositif de ce type, peut-être plus intégré au DEUG permettrait d’améliorer sensiblement la situation. Sans doute, la constitution de telles filières à un coût, mais je ne le crois pas déraisonnable et il traduirait la volonté des Facultés de droit de concourir à une logique d’intégration de nouveaux publics, plutôt que d’exclusion.

- Sur l’anglais : J’évoquais le niveau des enseignants et non des étudiants (quoique ce dernier ne soit pas non plus exceptionnel). Il est impérieux que les enseignants puissent suivre des mises à niveau d’anglais car contrairement à ce que vous dites le droit n’est plus (si tant est qu’il l’ait jamais été) « stato-centré ». Reprenez les auteurs que j’évoquais dans ma note et constatez combien leur culture internationale est grande. Il est paradoxal qu’aujourd’hui les publications soient moins internationalisées qu’à l’époque, dans de nombreuses branches du droit. Qui peut prétendre, aujourd’hui, par exemple, s’intéresser aux sources communautaires d’une branche du droit sans se référer à la doctrine juridique des autres pays européens ?, qui peut faire de la théorie ou de l’analyse économique du droit sans recours à l’anglais ? La question n’est donc plus celle du droit comparé traditionnel (qui garde sa raison d’être) mais du positionnement de la doctrine française dans le concert des systèmes juridiques.


@ kaptain Karrot ( je ne dois pas être très 2.0, mais j’ai du mal à répondre aux commentaires de pseudos un peu ridicules…) : Toutes les autres disciplines (or les disciplines littéraires) font des thèses en trois ans. Alors pourquoi pas les juristes ?

@ Knock : Vous soulevez un point important. J’ai pris connaissance du blog que vous mentionnez en lien et je vais vous répondre très librement. L’exclusion des maîtres de conférences de ces réflexions me paraît effectivement contestable (quoique de nombreux membres du groupe aient été jadis ou naguère maîtres de conférences). Il est donc nécessaire que ceux-ci s’investissent dans le débat consécutif à ce rapport. Ceci étant dit, il faut aussi, plus globalement que les maîtres de conférences se réinvestissent dans la réflexion générale sur l’avenir des Facultés de droit. Alors je n’ignore pas qu’il existe parmi certains de mes collègues une forme de mises à l’écart larvée, mais symétriquement je pense aussi qu’une partie des maîtres de conférences s’excluent d’eux mêmes de la vie universitaire. Il faut donc que chacun y mette du sien.

Ecrit par : Frédéric Rolin | 30.01.2007

Merci M. Le Professeur pour ces précisions.

J'avoue que je ne connaissais pas l'APID. Ce qui est effectivement gênant avec les mesures du rapport, c'est d'une part le côté stigmatisant et discriminatoire, et d'autre part l'année blanche que vous évoquez. Néanmoins, le statu-quo n'est pas possible (merci pour les chiffres).

Dès lors, et puisque l'on tourne un peu autour du pot, ne croyez-vous pas qu'à terme, ce rapport soit la première pierre d'un système généralisé de sélection à l'entrée des universités? Cette sélection ne serait pas aussi sévère que celle que peuvent connaître les IEP par ex. mais pourrait constituer en une sorte d'épreuve de culture générale qui permettrait une évaluation du niveau de français et d'expression. Avec éventuellement pour ceux qui échouent la généralisation de l'APID que vous évoquez. Etant moi-même diplômé également d'un IEP je n'ai pas d'avis tranché sur la question, connaissant bien les avantages (pour ceux qui réussissent et pour les enseignants) et inconvénients (sociaux et "moraux") d'une telle solution.

- Pour ce qui est du caractère stato-centré, je parlais essentiellement du cursus jusqu'au Master 2. Après, je vous suis quant à l'ouverture sur la doctrine étrangère. Mais, alors, l'idée de faire une thèse en 3 ans devient de + en + dificile... Si je résume, il faut connaître parfaitement le droit positif (français et étranger), la doctrine (française et étrangère), sans oublier la nécessité de la pluridisciplinarité (je préfère interdisciplinarité d'ailleurs). Et quand bien même l'on maîtrise l'anglais (le + souvent), on nous dit qu'il faut aussi apprendre l'italien ( n'est-ce pas Pr. Brunet ;-))...
Par contre, de même que cela existe dans les sciences dures, on pourrait alors exiger la publication d'un article en langue étrangère pour la qualification au CNU (ou plutôt pour passer les travaux de l'agreg).

En tous les cas, meric une nouvelle fois de permettre la discussion, car malgré votre appel aux MCF, il existe sans nul doute une hiérarchie entre enseignants dès qu'il s'agit d'aborder la réforme des études de droit...

Ecrit par : Joseph Alois | 30.01.2007

Je viens de parcourir le rapport... le groupe d'étude(s) comprenait des professeurs, des professeurs et des professeurs...
MCF de toutes les Universités vous pouvez continuer à passer la serpillère ou à faire de la lèche dans l'espoir d'être agrégé par un "copain".

Ecrit par : Un des nombreux MCF | 30.01.2007

Joseph Alois : "il existe sans nul doute une hiérarchie entre enseignants (...)"
C'est certain -que le maître de ces lieux me pardonne car il n'est vraiment pas concerné ! : aux MCF les enseignements complémentaires, les animations de centres de recherches, les animations de recherches collectives, les tâches administratives et autres basses besognes prenantes et non rémunérées... aux professeurs (agrégés ou non, il est d'ailleurs des professeurs qui ne sont pas même docteur en droit... ;l'important c'est le titre à l'image d'un pape qui fit cardinal son...) les discours et hautes besognes souvent peu prenantes mais rémunérées. Comme dit ma grand mère "il y a ceux qui portent le piano et ceux qui en jouent"... le problème c'est que les porteurs en ont plein le dos...

Ecrit par : Demeco | 30.01.2007

A la Julien Lepers : Stop !
Je souffre d'une lombalgie chronique, les joueurs de piano me font comprendre qu'eux savent en jouer, que moi non et que chacun doit donc rester à sa place ; je suis à la fac toute la semaine, je ne file pas en sprint dans mon cabinet une fois le cours terminé, je reçois tous les étudiants qui le demandent, je fais le travail de joueurs de pianos (écriture, organisation de colloques, démarchage d'entreprises, relationnel ...) JE SUIS, JE SUIS ...
Réponse du candidat : un couillon ?
Réponse de Julien Lepers : non, un maître de conférences

Ecrit par : Encore un MCF | 30.01.2007

Oups, une précision : La référence au joueur de piano est une image bien confortable qui ne doit pas masquer le fait que certains d'entre eux, et c'est le cas du maitre de ces lieux que j'ai par ailleurs eu l'occasion de "pratiquer", n'hésitent pas à retrousser les manches et à aider le porteur ;-)

Ecrit par : Encore un MCF | 30.01.2007

Moi aussi j'en ai une bonne !

A qui un professeur (pardon au maître de ces lieux... heureusement il y a quelques exceptions) qui n'a pas envie d'entendre ses étudiants à l'oral demande ce petit service ?
Bravo ! A un MCF qui doit déjà entendre ses propres candidats... Ah oui... mais vous comprenez le professeur lui doit réfléchir sur l'enseignement du droit ! Et les étudiants ? Quels étudiants ! Et la recherche ? On ne plaisante pas avec ça Monsieur... maintenant excusez-moi on m'attend au Palais... au fait avant cela il y a un paquet de copies que je dois corriger pour demain, merci de le faire... c'est vrai vous n'êtes pas obligé... mais je peux toujours massacrer votre service au mois de mai. Finalement la véritable force du professeur ce n'est pas sa puissance de travail mais sa puissance de nuisance. Pardon pour ceux qui ne sont pas concernés...

Ecrit par : Un MCF battu | 30.01.2007

En tant que participant du réseau qui se met en place, je tiens à apporter quelques précisions : le but poursuivi n'est nullement d'opposer le corps des professeurs à celui des MCF mais plus simplement de développer, tout au moins dans un premier temps, une réflexion commune sur leur place et leur statut dans l'université. Il y a sans doute du vrai dans certain des messages qui précèdent mais dans l'immense majorité des cas, la cohabitation se passe de manière respectueuse. S'il m'est arrivé de croiser des professeurs qui ne jouaient pas le jeu, j'ai également croisé, je croise, des professeurs remarquables tant humainement que scientifiquement (et je précise pour les esprits chagrins que j'écris ces lignes sans être dans l'attente de quelque professorisation que ce soit).
L'adresse du blog du réseau : http://mcf01.wordpress.com

Ecrit par : Stéphane Darmaisin | 30.01.2007

Sur la sélection des bacheliers STT:

Il me semble difficile de justifier une telle mesure pour ce bac uniquement. Si sélection il doit y avoir, pourquoi ne pas l'étendre à tous les prétendants aux études en droit?

Je sais qu'il y a de nombreux opposants à l'idée même d'une sélection, et j'avoue ne pas avoir d'avis tranché sur la question. Je pense néanmoins qu'il faudrait se pencher très sérieusement sur une difficulté majeure rencontrée par beaucoup d'étudiants (et pas seulement d'ex-STT) : l'expression écrite et l'orthographe. C'est quelque chose qu'il faut absolument maîtriser, à mon sens, pour réussir ces études. Et malheureusement, les correcteurs de copies qui lisent ce message savent l'ampleur du problème.

Dès lors, pourquoi ne pas instaurer une forme de sélection que je qualifierais de "light"? Je m'explique : que chaque bachelier voulant s'engager dans la filière présente un "dossier", et que l'on soit particulièrement attentif aux résultats dans les matières où l'expression écrite est importante (français, histoire-géo, voire langues étrangères). Je n'invente d'ailleurs pas cette proposition, car c'est le système appliqué à l'Université de Cergy-Pontoise, où j'ai suivi mes études, en ce qui concerne une formation de juriste bilingue (anglais, espagnol ou allemand). Le taux de réussite y est meilleur, et pourtant cette "sélection" n'est pas d'une rigueur excessive. Elle a cependant le mérite, selon moi, d'opérer un choix pour certains bacheliers qui seraient voués à l'échec du fait de leurs difficultés d'expression, qui me semblent difficilement rattrapables au stade des études supérieures.

Un ATER en droit public

Ecrit par : MT | 01.02.2007

J'ai une solution en tete, mais elle risque de ne pas plaire:

La selection par dossier/concours des etudiants en entree de fac. tout d'abord cela permetterait de tester la motivation des etudiant (faire un dossier avec lettre de motivation et/ou demande de lettre de recommandation de la part de professeur montre deja qu'on a plus ou moins envie d'etudier la matiere. Ou, comme pour les bi-deug se lever a 7h du mat pour aller a nanterre pour passer un test supplementaire l'annee du bac prouve que l'on a plus ou moins l'intention d'etudier) En plus cela permettrait a l'universite de controller ses effectifs.

Les forts taux d'echecs ne sont pas du a la nullite d'une terminale ou d'une autre. Ils sont du a l'absence de motivation d'une certaine partie du corps estudiantin. Personne n'ira nier que certains s'inscrivent a la fac pour 1. faire plaisir aux parents, ou obtenir la carte imaginR, mais n'ont aucune intention d'obtenire un diplome.

J'ai use mes fonds de culottes a nanterre il n'y a pas si longtemps que cela. Parmi les choses qui me deprimaient etaient le manque de motivation qui regnait dans les amphi et les TD. Je pense que beaucoup d'etudiants seraient plus enclin a travailler si ses collegues en ont deja la motivation.

Attention, je ne promeux pas un elitisme a la dauphine. Je pense que l'univrsite devrait au moins selectioner les etudiants les plus motives (et non les meilleurs). Pour un tel systeme, je ne crains pas les risques de derive. Mon experience a nanterre m'a appris que le corps enseignant voyait l'universite comme un systeme d'enseignement de masse et je suis aussi personellement fier du pluralisme des universite. Le monde y est represente et c'est tant mieux. Mais la diversite n'implique pas d'etre laxiste dans le processus de recrutement. Et j'estime juste et raisonable que l'universite puisse choisir les etudiants les plus motives.

Ecrit par : tokvil | 01.02.2007

Bonjour à tous, la sélection des bacheliers à l'entrée de l'université me paraît être une mauvaise solution. De nombreux étudiants s'inscrivent en première année sans connaître quoi que ce soit au droit et à ses débouchés. Cela provoque un taux d'échec élevé en première année. Cependant pour de nombreux étudiants n'ayant aucun membre de leur famille dans le "milieu", il faut qu'ils essaient pour savoir si les études de droit leur plaisent. La sélection sur dossier est une mauvaise chose car de nombreux étudiants avec des notes moyennes voire médiocres au lycée ont réussi de brillantes études de droit. Le Droit a la particularité de ne s'enseigner qu'à partir de l'université. Des vocations peuvent naître lors du cursus universitaire; vocations ignorées si on interdit à certains étudiants la possibilité de s'inscrire en Droit.

Ecrit par : Jouve | 03.02.2007

Bonjour,
n'ayant pas la pratique des "blogs"...., je souhaite juste souligner deux choses comme membre du groupe auteur du rapport:
1 - Le rapport ne veut pas exclure les bacs STT et Pro. Il veut les orienter vers une capacité rénovée en un an. Ce qui veut dire qu'un bon étudiant pourra intégrer la licence 2. Voilà ce que veut le rapport qui soit être mal rédigé sur ce point. Merci de prendre en compte cette rectification. N'est-il pas plus cruel et injuste de continuer à les exclure comme c'est le cas actuellement par les notes, sans souci pédagogique, sans souci d'orientation ?
2 - Je trouve lamentable et indigne d'universitaires l'opposition Maîtres de conférences/Professeurs telle qu'elle est exprimée dans les commentaires.

Ecrit par : bigot | 07.02.2007

Cher collègue, merci pour cette précision car la proposition "103" indique que l'année de propédeutique ou de "capacité rénovée" pour reprendre votre expression est indiqué comme "n'étant pas diplômante".

Pour ce qui concerne le débat professeur /maître de conférence, j'indique que les commentaires que vous contestez proviennent en réalité d'une seule et même personne (les outils d'administration du blog me donnent accès à l'adresse IP des commentateurs), j'ai hésité à modérer les plus virulents mais j'y ai renoncé par souci de protéger la liberté d'expression.

En revanche, je dois dire que je souscris aux remarques de S. Darmaisin et à ses regrets sur l'absence de participation de maîtres de conférences à ce groupe de travail.

Ecrit par : Frédéric Rolin | 07.02.2007

Je reste fasciné par la logique de ce rapport quant à la régulation des flux d'étudiants. Il s'agit toujours de détourner certaines cohortes (bacs pro, etc.) des facultés de droit. A aucun moment n'est envisagée l'idée que c'est aux facultés de droit de s'adapter à ce nouveau public. La logique sous-jacente de ce rapport est que les facs de droit existent pour former des avocats, magistrats et enseignants ou autrement dit, l'élite des juristes. Qui n'a pas la volonté ou la capacité d'accéder à ces professions n'aurait donc rien à faire dans une UFR de droit. Aucune réflexion n'est engagée sur les professions juridiques intérmédiaires et sur les adaptations de l'enseignement que pourrait supposer la prise en compte de ces professions.

L'hôte de ces lieux virtuels à parler de malthusianisme. Ne s'agit-il pas aussi d'un élitisme? ou peut-être d'une forme de nostalgie d'une époque où les facultés de droit recevaient les seuls fils et filles de famille...

Ecrit par : xddb | 08.02.2007

professeurs de philosophie dans un lycée de province, nous enseignons chaque année à des classes de STG et nous voudrions vous faire part de notre perplexité.

nous remarquons tout comme vous les problèmes de niveau de ces élèves et nous nous interrogeons souvent sur leurs aptitudes à suivre ultérieurement quelqu'étude longue , universitaire que ce soit.

Néanmoins il nous parait difficile d'hypothéquer leur avenir: d'une part les laisser s'inscrire indistinctement amène une part importante des étudiants à l'échec, mais d'autre part allonger de façon non diplomante le cursus va être un frein à l'inscription même.Les élèves de milieu modeste qui sont la majorité dans ces sections voyant souvent la mise à niveau comme une voie de garage.

Il faudrait des possibilités de passerelles pour rattraper en cas de réussite dans cette propédeutique le cours normal des enseignements sans perte de temps .peut- être faudrait- il que les étudiants ayant une mention dans cette préparation puisse doubler les étapes et s'incrire en deuxième année de licence?
Il y a un problème matériel également qui va se poser : qu'en sera -t-il du statut des étudiants de cette propédeutique? seront-ils étudiants avec accès au crous ,aux bibliothèques , à la sécurité sociale étudiante ou comme les étudiants en capacité seront ils des "électrons libres" sans lien organique avec l'université?
Reste qu'il est paradoxal que ce soient souvent nos élèves qui n'ont pu au vu de leurs résultats s'inscrire en BTS ou en DUT,qui s'inscrivent à l'université et en faculté de Droit.
Les exigences du droit, les aptitudes nécessaires à la réussite dans ce domaine sont pratiquement inconnues dans l'enseignement secondaire, la plupart des professeur n'ont jamais eu affaire au Droit dans leurs études, il y a une méconnaissance des réquisits et des nécessité de la formation juridiquedans l'enseignement secondaire à laquelle il serait urgent de pallier.
Merci en tous les cas d'avoir publié ce rapport et d'avoir ouvert cette réflexion dans laquelle nous avons eu envie de nous avancer malgré notre incompétence!

Ecrit par : Dominique Bassano, Marie -Claude Gastou | 12.02.2007

Ecrire un commentaire