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07.04.2006

Concours d'agrégation de droit public : les résultats de l'admissibilité

Les résultats du concours d'agrégation externe de droit public viennent d'être publiés sur le site du ministère de l'enseignement supérieur.

Voici la liste qui contient 46 noms.

J'hésite à proposer un service de mise en relation pour la constitution des équipes de leçons de 24 heures (par exemple sous la forme d'une boîte mail dont l'accès serait restreint et où pourraient être déposées les demandes et les "offres").

Je laisse le soin aux commentateurs de me dire ce qu'ils en pensent, et en fonction des réactions j'aviserai.

Bon courage à tous.

 

maj 8 avril 2006

Puisque ma proposition semble recueillir un certain intérêt, je suggère aux personnes qui se proposent pour des équipes de m'envoyer un mail,  et je transmettrai aux candidats intéressés. Quant aux candidats ils peuvent également m'écrire pour m'indiquer les matières et les profils qu'ils recherchent.

MAJ 11 avril 2006

J'ai reçu un certain nombre de mails de candidats ou de propositions de participations aux équipes, je les"forwarde" tous. Avec mes excuses si je ne fournis pas de réponses personnalisées à chacun de ces courriers


Commentaires

Pourriez-vous sommairement nous décrire comment se déroule une carrière universitaire en France? (du post MCF jusqu'à...). Serait-il également possible d'avoir certains renseignements sur les conditions du métier ? (salaires, heures de travail). Bref un petit exposé d'un paragraphe...
Merci beaucoup de votre réponse.

Ecrit par : contratspublics | 07.04.2006

Admissible au concours d'agrégation de droit public, j'ai beaucoup de difficultés à constituer une équipe pour la leçon de 24h en droit constitutionnel. Je suis plus qu'intéressé par une telle initiative.

Ecrit par : concours2006 | 07.04.2006

Quelles sont les qualités que doivent avoir les membres d'une équipe ?

Ecrit par : lehuron | 07.04.2006

J'ai déjà participé à une équipe de droit privé, je recommencerais volontiers en droit public, mais je préviens :
mon credo c'est la juridicisation du droit public, sa soumission au droit européen, au droit international, et plus généralement au droit, pas l'exercice consistant à donner de la logique et de la cohérence juridique à qqch qui repose sur de toutes autres bases !

Ecrit par : denis roynard | 08.04.2006

Egalement intéressé pour participer à une équipe, mon "carnet de bal" n'étant pas plein. Ma spécialité: le droit administratif (recherche et enseignement). Mon hobby: le droit constitutionnel (enseignement).

Ecrit par : cc | 08.04.2006

Tout d’abord bonjour et félicitations aux heureuses personnes encore en course … si vous avez besoin de membres pour constituer une équipe de 24h, je peux me mettre à votre disposition. J’ai déjà participé à trois leçons en droit public. Thèse effectuée en droit constitutionnel (avec option théorie du droit dirons nous) et TD en droit administratif. Si d’aventure je peux vous être d’une quelconque aide, n’hésitez pas.

Ecrit par : TD | 08.04.2006

Très intéressé par TD.

Ecrit par : concours2006 | 09.04.2006

La "juridicisation du droit public"... ?
Et pourquoi pas le salage de l'eau de mer ?

Ecrit par : gigi | 09.04.2006

Cher "concours2006" (mais ce n'est pas exclusif) si vous souhaitez me joindre, voici mon mail : thomas_deflinne@hotmail.com

Ecrit par : TD | 09.04.2006

Sur les "conditions du métier" de Pr. des universités :
- traitement : env. 2500 euros mensuels nets en déb. de carrière (on plafonne ensuite assez longtemps à 3100 euros, sauf si on est promu à la 1ère classe ou, plus rarement, à la classe exceptionnelle);
- prime (de recherche) : env. 500 euros, 2 fois par an ;
- service : 128 heures de cours par an.

Les possibilités d'arrondir les fins de mois sont nombreuses pour les professeurs de droit : heures complémentaires, enseignement extra-universitaire, droits d'auteur, conseil juridique, inscription au barreau, etc.

Ecrit par : Egon Jestaz | 09.04.2006

Quelques petits conseils (en vrac) pour la composition de l'équipe et la conduite de la leçon

1) l'équipe ne doit pas être trop nombreuse (à défaut, la "gestion" de l'équipe risque de prendre le pas sur la conception et la réalisation de la leçon) ; une dizaine de personnes est généralement suffisant.

2) n'accumuler pas trop de documentation (le but du jeu, c'est d'avoir des idées, de donner le maximum de hauteur à la réflexion, pas de synthétiser des dizaines d'articles sans intérêt); quiconque a participé à une leçon en 24 h a en mémoire les monceaux de photocopies inutilement accumulées. Quand vous préparez un cours de 45 mn, vous ne lisez pas 30 manuels et 50 articles : pour une leçon en 24 h, c'est pareil.

3) équilibrer les sous-équipes (il y a une première loi dans les leçons en 24 h : les bons équipiers se mettent ensemble, les mauvais aussi);

4) ne donner pas à rédiger la sous-partie la plus fumeuse (il y en a généralement au moins une) à la sous-équipe la plus faiblarde (idem) ; il y a une deuxième loi dans les leçons en 24 h : plus la sous-équipe est bonne, plus elle prend une sous-partie qui ne pose pas de problème, plus elle est faiblarde, plus elle se fait refiler la sous-partie "merdique";

5) faire en sorte de finir 2 heures (au moins) avant l'expiration des 24 h (sauf si vous pensez que relire 2 fois le texte de votre leçon à haute voix est radicalement inutile).

Ecrit par : Egon Jestaz | 09.04.2006

Bonjour,

Je voulais d'abord vous remercier et vous féliciter pour votre sérieuse et passionante veille juridique. Etudiant en droit, je dévorre votre newsletter dès qu'elle me parvient.

Voici ma demande : pourriez vous un de ces jours créer un post expliquant le déroulement du concours de l'agrégation de droit public ? Je connais (car elles sont faciles à trouver) les quatre leçons de celle de droit privé mais je suis vraiment intéressé par l'enseignement du droit public.

Merci à vous et bonne continuation.

Ecrit par : Tiphaine Rombauts | 10.04.2006

Pour avoir participé à 2 leçons de droit public en 2004, je confirme ce que Egon Jestaz (j'aime beaucoup l'acronyme) explique et me permets d'ajouter quelques points:

- les participants peuvent se connaitre et les groupes se font alors par affinité, ce qui n'est pas gage de réussite loin de là...

- Trouver le plan à minuit alors que le sujet a été pioché à 8h30 n'est pas une bonne chose (vecu lors d'une des leçons).

- 25 membres, c'est trop et contre productif.

- Le candidat doit au moins lire l'arrêt de base sur le sujet s'il y en a un (sinon catastrophe lors du dernier quart d'heure de la leçon avec lynchage mérité en direct)

- Il doit rédiger l'intro (ou au moins y participer) pour que ce soit personnel et il lui faut relire la leçon pour éviter et corriger les incohérences (pb récurrent dès lors que rédaction par binômes)

Ecrit par : Rahun Scepe | 10.04.2006

Félicitations aux heureux reçus.
Je propose mes éventuels services aux candidats pour une leçon de 24h sachant que j'interviens en droit constitutionnel (thèse avec Dominique Rousseau) et que j'effectue des TD en droits des contrats administratifs. De plus, je vis à Paris, ce qui est parfois plus facile.
Voici mon mail pour me joindre:
ptouhari@gmail.com
Bonne continuation à tous.

Pascal Touhari

Ecrit par : Pascal TOUHARI | 10.04.2006

Dans la liste des 46 admissibles, il y a un aspect (positif) : un début de féminisation.
Certes ce n'est pas encore la parité (19 femmes/46) mais ça progresse, sachant que le corps des professeurs agrégés de droit est le dernier bastion masculin absolu et alors même que la parité n'est pas respectée dans le jury (1 seule femme).

On sait que les facultés de droit et les professions juridiques (magistrats, avocats) se féminisent à vitesse accélérée depuis une dizaine d'année.

Ainsi en section 02, en 2005, 41% des qualifiés MCF étaient des femmes.

Encore un effort...

Ecrit par : Serge Slama | 13.04.2006

-> Serge Slama
Que vient faire la parité dans un concours ? Je croyais qu'il fallait prendre les meilleurs. Cette année, au concours d'agrégation d'histoire du droit, sur les 8 postes, 5 sont revenus à des femmes. J'ose croire que c'est parce qu'elles étaient les meilleures et dans ce cas elles l'ont mérité.

Ecrit par : Pierre | 13.04.2006

La parité intervient dans le débat tout simplement quand on regarde les chiffres: les jeunes filles sont largement majoritaires dans les deux premiers cycles, même si cela s'estompe en M2, on arrive à une quasi parité en thèse et ensuite... elles disparaissent !!

Pour avoir passé le recrutement d'ATER enceinte de 8 mois l'an passé, je peux confirmer que les Commissions ne sont pas tendres avec les femmes. Entendre dire pour justifier le classement (je n'ai eu que le dernier poste disponible alors que j'étais moniteur dans cette fac -même si je suis thésarde ailleurs- , que mon service s'était très bien passé et que j'avais déjà rédigé les 2/3 de ma thèse, ce qui était largemetn en avance par rapport aux autres candidats): "on se demande si elle est assez motivée et si elle le sera encore une fois le bébé arrivé" ...

Ecrit par : DDD | 13.04.2006

-> DDD
Certes, mais je ne parle pas de cela et vous faites la même confusion que moi sur un autre fil. Je parlais du concours de l'agrégation. Or, un concours n'a, a priori, pas grand chose à voir avec un recrutement que ce soit celui d'un ATER ou d'un maître de conférences. Sur ce dernier point, je vous rejoins complètement : les femmes sont souvent mises à l'écart. Mais il me semble maladroit de réduire ce type de débat à la question de la "parité".

Ecrit par : Pierre | 13.04.2006

Effectivement, j'avais oublié que l'agrégation est un concours où les questions d'âge, de sexe, de faculté d'origine ne devraient pas compter... on se demande comment on en arrive à omettre ce point: sans doute quand on voit comment ça se passe?

Petite question au maître de ces lieux: est-il vrai qu'il y a eu une période où le concours de l'agrégation était un vrai concours avec anonymat des copies?
Est-il vrai (la question est plus polémique ici) que c'est parce que des fils (et filles?) de Professeurs ont régulièrement échoué que l'on est passé au système des "leçons", avec toute la subjectivité que cela comporte?

Ecrit par : DDD | 13.04.2006

@DDD Il est vrai que jusqu'en 1972 (autant que je me souvienne) il y a eu une épreuve écrite et anonyme qui tenait lieu de première leçon (les copies sont d'ailleurs consultables à Cujas, sous une cote connue des candidats mais qui m'échappe à cet instant). Je n'ai pas entendu parler du fait qu'elle auarait été supprimée pour les raisons que vous dites.

Ecrit par : Frédéric Rolin | 13.04.2006

J'évoquais la parité non pas pour les candidats, pour lesquels il est absolument évident que seules les prestations doivent rentrer en ligne de compte. Il faut évidemment prendre les meilleurs.

J'évoquais la parité du jury. Je rappelle tout de même qu'elle aurait dû s'imposer mais que le CE avait estimé (dans un arrêt Catsiapis, commenté à l'AJDA par P. Cassia) que l'arrêté d'ouverture avait été publié avant l'application de la loi.
Une loi de validation est venue ensuite "couvrir" le concours de droit privé.

Mais à mon sens ce n'est pas l'aspect essentiel. En effet, si le corps des maitre de conférences et les docteurs en droit continuent à se féminiser, si les commissions de spé cessent de poser des questions sur la vie privée des candidats lors des auditions (cela constitue d'ailleurs une discrimination prohibée par le droit pénal) les choses évolueront. Enfin on peut l'espérer.

Ecrit par : Serge Slama | 13.04.2006

-> Serge Slama
Pardonnez-moi, je croyais que vous faisiez allusion au concours en lui-même.
D'ailleurs, comment est choisi un jury d'agrégation ?

Ecrit par : Pierre | 13.04.2006

Je suis partant pour les équipes, mais attention, je tiens à mettre les choses au clair :

Ok pour la "judiciarisation du droit public", mais à condition que l'on "publicise le judiciaire". Il n'y a pas de raison...

Ok pour le "salage de l'eau de mer", mais uniquement au sel de Guérande... Un peu de qualité que diable !

Et dernière précision : je suis pour la solidarité dans les équipes d'agrégation, mais contre le solidarisme juridique de Léon Bourgeois !

Ecrit par : Tartuffion | 14.04.2006

... Il n'était pas question de "judiciarisation" mais, tenons-nous bien, de "juridicisation" du droit public ! A ce compte là, n'importe quel sel fera l'affaire... Salons, salons

Ecrit par : gigi | 17.04.2006

Merci pour cette correction gigi. Mes yeux ahuris n'avaient sans doute pas voulu lire le bon texte, mais là, j'ai bien ri. Et quitte à plonger dans l'apagogique, plongeons : sans doute ai-je livré un lapsus aux termes duquel la "juridicisation" du droit public ne pourrait se réaliser que par sa "judiciarisation"...

Salons, salons

Ecrit par : Tartuffion | 18.04.2006

je souhaite revenir sur les propose de Serge Slama relatifs à la présence féminime dans le jury d'agrégation. Il est vrai que celle-ci est limitée à un seule membre (deux pour le dernier concours) mais il faut s'interroger sur les conditions dans lesquelles la composition du jury se déroule. Le président du dernier jury a fait appel à un nombre important de femmes mais a du faire face à de nombreux refus. Pour le présent jury, il est notoire que plusieurs femmes ont refusé d'y participer. La présence des femmes dans le corps des professeurs étant pour l'heure encore limitée, ce n'est pas le resultat final qui permet de juger de la féminisation du jury mais les propositions faites par les présidents de jurys (qui ne sont malheureusement pas publiques).

Ecrit par : J. | 20.04.2006

@ J.

J'entends ces objections. La composition d'un jury n'est pas chose aisée, surtout compte tenu du souci de réaliser d'autres équilibres (internationaliste/ interniste/ communautariste/ CE/ science po, etc. + Paris/Province, etc.).

Mais ces arguments me rappellent tout de même fortement les objections avancées par les partis politiques pour justifier que les femmes, même lorsque les listes sont paritaires, ne sont pas éligibles ou élues (car dans des circonscriptions "imprenables").

Il faudrait s'interroger sur les raisons de ces difficultés à trouver des professeures pour composer le jury. La sous-représentation féminine dans le corps (et le mot est faible puisque le corps des agrégés en droit est un bastion masculin) constitue certainement une explication, surtout dans la classe d'âge des membres du jury.

Mais au-delà c'est aussi vraisemblablement lié à la contrainte extraordinaire que constitue la participation à un jury d'agrégation. Nul n'ignore la charge en temps et en disponibilité que cela exige.
Et là aussi on sait que les femmes sont souvent prises par d'autres tâches (part ex. elles assument plus souvent que les hommes des charges administratives ou pédagogiques au sein des universités et souvent à des postes moins prestigieux).

Il y a certainement bien d'autres explications de type sociologique. Mais pour assurer un rééquilibrage du corps il faudrait s'y intéresser sérieusement (en menant des études sociologiques par ex.) et envisager d'adopter des mesures concrètes pour permettre aux femmes d'accéder aux corps d'enseignants-chercheurs dans les mêmes conditions que les hommes (notamment se pencher sur la question des doctorantes et des MCF qui ont des enfants et qui sont souvent discriminées de facto).

Et au delà de la question de l'accès des femmes au corps des agrégés c'est l'ensemble du concours qui constitue très largement un mécanisme de reproduction sociale qui est contestable. Frédéric Rolin a dénoncé, à très juste titre, l'investissement pécuniaire que constitue le recrutement des MCF.
On pourrait dire la même chose du concours d'agrégation, particulièrement de la leçon de 24h.

Il serait intéressant de se pencher sur la CSP des parents des candidats. J'ai bien peur que "Les héritiers" de Bourdieu soit toujours d'actualité...

Je serai aussi curieux de connaître le nombre des candidats à l'agrégation ont été boursiers par ex.

Ecrit par : Serge Slama | 20.04.2006

@ Serge Slama

Pour être doctorante et jeune maman, je peux témoigner de l'approche très conservatrice non seulement des Commissions de spécialistes (mon recrutement en tant qu'ATER l'an passé enceinte de 8 mois fut épique) mais tout simplement aussi des directeurs de thèse.
On sent bien que quelque chose se casse lorsqu'on leur apprend notre mariage (du style bon, tant pis, je pensais qu'elle allait donner quelque chose) et que la rupture est aboutie lorsqu'on annonce une grossesse (et ce même si la thèse est déjà fort avancée).

Je suis très admirative des jeunes docteurs et MCF que je connais et qui ont réussi à mener de front grossesse et fin de thèse.
A quel prix? Nul ne le saura jamais... (mais j'ai renoncé par avance à poursuivre une carrière universitaire).

Quant aux CSP représentées, il n'y a malheureusement pas grand doute sur le peu de mixité sociale... ce qui n'est pas très étonnant quand on voit le financement des thèses. Mais c'est un autre débat qui mériterait que l'on s'y attarde.

Ecrit par : DDD | 21.04.2006

Quelles sont les motivations des "équipiers": ils sont rémunérés (par le candidat ou l'Etat), sont motivés par la beauté de l'art juridique, cherchent à nouer des relations avec de futurs mandarins...?

Ecrit par : Apokrif | 21.04.2006

Ils préparent l'agrégation...

C'est en effet assurément la meilleure façon de s'y préparer 2, 4 ou 6 ans avant de passer le concours et avant de suivre la Conférence d'agrégation et de pratiquer des leçons blanches..

Aucune rémunération! Ca serait invraisemblable (et scandaleux). Hormis le remboursement des frais de transport et autres défraiements (nuits d'hôtel, repas, etc.).
Mais au total, surtout en cas de location de l'hôtel des grands hommes, la facture est salée.

La principale motivation c'est l'émulation collective: de créer une oeuvre collective, de faire corps avec le candidats pendant 24H. Généralement, que ça se passe bien ou mal, c'est une expérience humaine hors du commun, un moment important dans la formation / socialisation des universitaires.

Après ça constitue un réseau, important pour les recrutements comme MCF. Sans parler de renvoi d'ascenseur, quand dans une Commission de spé il y a des jeunes agrégés qu'on a aidé dans une leçon ou qqs MCF croisés dans une leçon, ça donne un a priori favorable...

Mais le mieux est tout de même d'avoir une équipe assez ramassée constituée de personnes de confiance et, s'il y a d'autres agrégatifs, des amis/collègues dévoués.

Il est aussi possible de faire une leçon de 24h seul. Ca a été le cas lors du dernier concours d'un candidat qui a d'ailleurs été agrégé. Il s'agit selon la dénomination officielle d'une leçon "libre" pour laquelle le seul interdit est de contacter un agrégé (et de ne pas ramener les ouvrages à Cujas).

La faire seul ou dans une équipe réduite est d'ailleurs certainement plus efficace qu'une leçon avec une équipe pléthorique et non homogène où les équipiers passent leur temps à se tirer la bourre et le chef d'équipe à faire la police.

Ecrit par : Serge Slama | 21.04.2006

@ Serge Slama

Les équipiers ne peuvent pas non plus être Conseillers d'Etat si mes souvenirs sont bons...

Je suis totalement d'accord, c'est à la fois le meilleur moyen de se préparer à une future agrégation (ou au contraire d'avoir la certitude qu'on en passera jamais le concours) et de se constituer un excellent carnet d'adresse.

Ecrit par : DDD | 22.04.2006

Blogueurs, blogueuses,

Amis du droit et de la vérité bonjour.

Comme disait l'autre :"Aristote avait raison mais il prenait l'effet pour la cause".

Petites questions donc pour les amateurs de la trop répandue et désagréable théorie du complot parisien (entendez "Parisdeuxien" bien sûr) en matière de recrutement des universitaires :

-Harvard est-elle honteusement "favorisée" par l'Académie Nobel ou met-elle en oeuvre une procédure de recrutement qui lui permet d'accueillir ceux qui, après, méritent effectivement un Nobel? (ah,j'oubliais que la France ne classe pas ses Universités, ni ses diplômes...et bientôt plus ses étudiants d'ailleurs)

-Si les "parisiens" sont cinq ou six fois plus nombreux à se présenter aux concours de recrutement, le fait qu'ils soient seulement deux fois plus nombreux que les autres à être recrutés fait-il d'eux des favorisés au sens statistique du terme? je sais c'est des maths mais il faut développer l'interdisciplinarité.(question subsidiaire aux universitaires présents dans la salle: quelles sources statistiques ou sociologiques objectives sont utilisées pour soutenir l'accusation du complot...?)


Maintenant un test (on se croirait dans "Elle à Paris"...oupss, pardon, "Elle" tout court) : Etes-vous "parisien"?

-Si faveur volontaire il y a envers les parisiens, quels sont ses ressorts mystérieux?:
a- la volonté d'humilier les provinciaux qui sentent la paille et ne démarrent pas assez vite au feu vert?
b- la volonté de travailler entre habitués oisifs de la terrasse du Soufflot?
c- parce que Paris sera toujours Paris ?
d- "j'sais pas trop, c'est comme ça, on me l'a dit" (Pierre Bourdieu)


-Vous vous inscrivez en master recherche :
a- pour faire de la recherche...(non je rigole)
b- pour lire au moins un livre dans votre cursus universitaire
c- parce qu'on a pas voulu de vous en master pro
d- pour boire des bières à la terrasse du Soufflot

-Vous préparez activement l'agrégation dès la première année de thèse, vous :
a- êtes prétentieux
b- avez des prétentions
c- n'avez rien de mieux à faire de votre vie?
d -z'en voulez dur, z'êtes un bon p'tit gars bien d'chez vous
(indice : si vous répondez "d" vous êtes tout de suite démasqué)

Vous êtes reçu dernier à l'agreg :

a- vous vous suicidez (et de ce simple fait d'ailleurs vous faites de l'avant dernier le dernier, quelle ironie)
b- vous décidez de la repasser (l'agreg, pas votre chemise, ça fallait le faire avant la dernière leçon, paysan va!)
c- vous êtes fier, mais la fac de Joinville ça va quand même être un peu dur pour les onze années à venir avant une mutation à Roubaix nord
d- c'est quoi l'agreg?

La station "Paris II" est sur la ligne :

a- 24
b- jaune
c - ya pas de station "Paris II" espèce de provincial va!
d- c'est quoi Paris II ? (comique de répétition)

Bon, il ne vous reste plus qu'à faire les calculs vous-mêmes à moins que tout cela ne soit quand même un peu trop évident. Mais les évidences ne sont peut être jamais celles que l'on croit...( aphorisme du jour et morale de l'histoire).

Ecrit par : jclc | 26.04.2006

"Ne dis pas peu de choses en beaucoup de mots, mais dis beaucoup de choses en peu de mots"

— Pythagore (585-500 av. JC)

Ecrit par : zoopol | 27.04.2006

Allons, ne nous fâchons pas. Je propose que le débat, même s'il peut être vif, reste un débat.

Ecrit par : Frédéric Rolin | 27.04.2006

Juste un petit retour sur le coût du concours, et de la leçon de 24h en particulier, de la part d'un agrégé du dernier concours qui a, pendant toutes ses études, été boursier, donc assez habitué à calculer au plus juste, et n'a pas d'antécédents familiaux universitaires.
Le coût est certes important, mais pas aussi considérable qu'on le dit souvent, à condition de garder un minimum de réalisme et de ne pas forcément vouloir louer les salles des hôtels les plus proches, qui en profitent bien.
Il y a, certes, une inégalité entre parisiens et extérieurs, mais personne ne me fera croire qu'aujourd'hui, même en ayant fait toutes ses études à Nice ou à Brest, on n'a pas un arrière-cousin qu'on n'a pas vu depuis 10 ans et qui se fera un plaisir de prêter un appartement ou un local pour une nuit. La proximité avec le lieu de passage est importante, mais pas indispensable.
Quant à l'équipe, là encore, il est tout à fait possible de constituer une équipe parisienne, même en habitant à 500km (personnellement, je n'avais dans mon équipe aucun ressortissant de mon université).
La question n'est donc pas, à mon sens, celle de l'égalité entre candidats parisiens et "provinciaux", mais celle de la capacité des candidats provinciaux à établir des relations de confiance avec des collègues parisiens. Or il est inimaginable, à une époque où on n'a que l'expression "travail en réseau" à la bouche, qu'une telle capacité ne soit pas exigible des candidats.

Ecrit par : GD | 27.04.2006

@ GD Je ne partage que partiellement votre analyse. Sans doute un "provincial" peut, parce qu'il sait mobiliser ses ressouces relationnelles de tous ordres, limiter les inconvénients de la distance Paris Province., ou plus exactement Province Paris. Il est également vrai que l'on peut raisonner en disant, après tout, l'inégalité est moins grande qu'entre celui qui tirera un sujet facile et celui qui tirera un sujet difficile.

Mais, quoi que l'on dise, il est cependant difficile de contester l'inégalité de départ. Et il n'est pas non plus contestable que dans certaines situations elle devient franchement lourde : candidats non-maîtres de conférences, matières à petits effectifs, réseau social peu étendu... Aussi bien, je suis plutôt enclin à penser qu'une réforme de la leçon de 24 heures (pas nécessairement sa suppression) sera sans doute une des conditions de l'adaptation du concours aux prochaines années.

Ecrit par : Frédéric Rolin | 27.04.2006

La leçon libre (dite en 24 h) est à l'origine d'une rupture d'égalité significative entre les candidats. Il est inutile d'y insister.

Est-il possible de rendre cette épreuve acceptable en allouant à chaque candidat une aide matérielle forfaitaire ? Ce serait sans doute une bonne chose. Reste à convaincre Bercy de l'intérêt de dépenses de cette nature (gag).

Ecrit par : Egon Jestaz | 27.04.2006

L'idée de mettre à la disposition des candidats d'autres personnes est intéressante en elle-même, car le professeur va devoir faire appel à d'autres personnes et les "conduire" dans son activité d'enseignement, qu'il s'agisse d'autres collègues enseignants, d'ATER ou personnels IATOS.

A l'agrégation de physique, des "préparateurs" sont mis à la disposition des candidats, non seulement pour leur préparer du matériel, mais aussi, dans une certaine mesure, pour leur indiquer certaines possibilités non envisagées et pour faire une partie du travail de "mise au point" à leur place. Ils ne se substituent cependant pas au candidat pour les différents choix à opérer, à qui incombe également d'évaluer la pertinence des illustrations proposées et les explications scientifiques des phénomènes présentés.

On pourrait peut-être transposer au droit en mettant à la disposition de candidats des équipiers du concours et non ses propres équipiers. Le choix se porterait alors non sur des spécialistes de haut niveau, mais sur des équipiers polyvalents et expérimentés ayant une certaine pratique, et rémunérés par le concours, comme le sont les préparateurs à l'agrégéation de physique, avec des rémunérations attractives compte tenu de leur rémunération principale sans pour autant être somptuaires, puisqu'il s'agirait de personnes payées au principal entre 2000 et 3000 euros par mois. J'ajouterais à cette équipe de juristes, d'historiens et de philosophes d'appoint (MCF, ATERs, professeurs d'agrégés "de droit commun", c'est à dire ceux qui officient actuellement comme PRAG ou en lycée) ) un(e) documentaliste de profession chargé(e) de dénicher de l'info sur instruction du candidat.
Tout ceci me semble à la fois préserver l'esprit de l'épreuve et rétablir l'égalité entre candidats, non seulement au plan financier, mais au plan des "relations" dans les milieux du droit. Ca permettrait également de "couper" les relations avec l'extérieur pendant l'épreuve (pas de téléphone, pas de fax, et l'accès internet serait effectué par la ou le documentaliste).
Je doute toutefois que l'on quitte le terrain de la passion où sévissent conservateurs et égalitaristes forcenés pour envisager une solution de compromis.
Et pourtant, comme disait B. Oppetit, l'avantage des principes est qu'ils s'aménagent, alors que le conflit de règles amène au non respect (au moins) de l'une d'entre elles. Mais comme beaucoup mettent l'accent sur des modalités plutôt que sur des principes, ça ne va pas être facile "d'aménager" !

Ecrit par : denis roynard | 28.04.2006

Le Père Noël existe-il ?

Ecrit par : ubu-esque | 28.04.2006

Les propos de GD sont si surprenants qu'il serait intéressant de savoir quelle est son université d'origine. Ne seriez-vous pas Monsieur GD "un faux provincial", c'est à dire un MCF de province qui a soutenu sa thèse à Paris.
Sur un autre plan, l'inégalité entre candidats n'est pas seulement celle entre candidats provinciaux et parisiens, elle existe aussi entre candidats provinciaux. Je m'explique. Certaines Universités (école doctorale, équipes de recherche, BU) soutiennent véritablement leurs candidats en leur accordant des aides matérielles et financières substantielles (remboursement des billets de train des membres de l'équipe par exemple, location de véhicules pour transporter les ouvrages de la BU, etc). D'autres se contentent du strict minimum et leur soutien est alors dérisoire pour ne pas dire ridicule(remboursement du billet de train du seul candidat).

Ecrit par : candidat au concours | 29.04.2006

A défaut de pouvoir rétablir l'égalité entre candidats ne serait-ce qu'en raison du coût financier que cela supposerait, la suppression est la solution qui s'imposera.
En tout état de cause, les arguments en faveur de la 24h m'ont toujours semblé pauvres et non dénués de relents corporatistes. Cette épreuve avait peut-être un sens dans l'ancien monde (peu de candidats, peu d'équipiers, peu de bouquins..), aujourd'hui elle relève surtout du bizutage. Je note d'ailleurs que le principal argument en sa faveur, à savoir son rôle dans la perpétuation d'un esprit de corps, est le même que celui qui est avancé pour justifier le bizutage.

Ecrit par : xddb | 30.04.2006

candidate aussi, j'avoue avoir été un peu piquée au vif par le commentaire de "GD" même si, à sa décharge, la candidate manque forcément de recul sur la question par les temps qui courrent. D'abord, croire que tout le monde a forcément un cousin au douzième degré à Paris, qui plus est susceptible de laisser son logement en pature à 10 inconnus, ne serait-ce que pour 24 h, c'est déjà, me semble-t-il, oublier que certaines familles peuvent vivre et se développer sans le moindre lien avec Paris (eh oui, ça existe). Autrement dit, faire preuve de ce satané "parisianisme" ! Ensuite, certes il est tout à fait possible de n'engager que des équipiers parisiens pour réduire les coûts. Il suffit d'être un peu débrouillard, c'est à la portée de tout le monde. Mais la généralisation de cette solution présente, il me semble, plusieurs inconvénients, principalement celui de ne pas former les futurs candidats à l'agrégation issus des facs de Province et d'imposer à terme une sorte de pensée unique pour le traitement des sujets. Autrement dit, retour au fameux "parisianisme" : je pense que je serais bien embarrassée aujourd'hui pour organiser ma propre 24h, si je n'avais pas été équipière (provinciale donc coûteuse pour les candidats !) lors des précédents concours !
Ceci dit, je ne suis pas de ceux qui croient au "complot" Paris II, cette fac draîne évidemment des étudiants brillants logiquement conduits à bien figurer ensuite aux concours de recrutement universitaire.
Et je ne suis pas non plus favorable à l'abandon total de la 24 h : l'epreuve est très coûteuse (minimum 3000 euros, plutôt 3500 en moyenne me semble-t-il pour un provincial entouré de provinciaux, -même "réaliste" il faut un minimum d'égards pour les équipiers ! - ceci dit ma moyenne n'est pas calculée scientifiquement donc d'autres points de vues seraient intéressants) mais elle laisse d'excellents souvenirs et, pour qui a le goût de la disputatio, c'est quand même une expérience intellectuelle et amicale intense, assez unique. Dans les équipes provinciales, la cohésion est souvent très forte et le soutien moral du candidat, sans faille, sans interruption même, jusqu'à ce que la leçon soit totalement terminée, c'est à dire présentée au jury. Il me semble que les Parisiens, favorisés à Cujas par exemple, le sont moins de ce point de vue en général. Bref : le provincial n'est pas toujours perdant au total !
Evidemment, les inégalités sont évidentes, c'est un sérieux problème, il serait étrange de le nier. Pour beaucoup d'entre nous (candidats provinciaux), nous cassons notre tirelire et avons travaillé d'arrache pied les mois précédant le concours en vue de constituer une cagnotte "en cas de 24 h". Je crois que le mythe du candidat fils à papa a vécu. C'est ainsi et il ne reste plus qu'à souhaiter que les aides publiques, encore très variables il est vrai, se développent.
J'ajoute enfin que j'ai été surprise de lire plus haut que la campagne de recrutement MdC coûtait plus cher qu'une 24 h : il me semble que les provinciaux diraient plutôt l'inverse même s'ils se mettent en délicatesse avec leur banquier dans les deux cas, c'est évident et évidemment problématique.
A ce sujet, il me semble qu'une question n'a pas été abordée îci : les postes d'ATER sont souvent des demi postes. Or les textes réglementaires interdisent à l'Université d'autoriser un cumul d'activités même dans ce cas...il suffit d'attendre de devenir MdC à plein temps pour obtenir l'autorisation en cause...Cette règle est absurde et n'aide pas les candidats MdC, souvent par ailleurs ATER, à faire face au coût du tour de France...les textes, à l'avenir, feront-ils preuve de davantage de réalisme à ce sujet ? On peut toujours rêver un peu...

Ecrit par : candidate au concours | 30.04.2006

@xddb : Il y a quand même une aure justification, c'est que la leçon en 24 heures permet de démontrer une aptitude à travailler en équipe, et à mobiliser les ressources de cette équipe pour parvenir à un résultat satisfaisant. Il me semble que par les emps qui courent, où la recherche collective est valorisée ( à juste titre), il s'agit là du principal intérêt d'une épreuve de cette nature. mais ceci posé, je ne conteste pas qu'il faudrait sans doute la réformer, soit par les voies qui ont été évoquées plus haut (financement, locaux...), soit en lui substituant une autre épreuve permettant de démontrer les mêmes qualités. Il s'agissait juste de remplacer la leçon en 24 heures par une autre leçon en loge supplémentaire, je pense que le concours n'y gagnerait pas, et que si réforme il y a elle doit être plus ambitieuse.

Ecrit par : Frédéric Rolin | 30.04.2006

Le coût de la leçon de 24 heures est certainement élevé. Mais le différentiel de traitement entre un maître de conférences et un professeur agrégé est tel qu'en cas de succès les sommes investies sont rapidement amorties.

Quant à la discrimination Paris / Province : elle est indéniable (quoique relative, un candidat parisien supporte également des coûts importants) mais je n'ai jamais entendu de voix s'élever contre l'identité de traitements des personnels de l'enseignement supérieur parisiens et provinciaux alors que les prix de l'immobilier (et le coût de la vie en général) sont incomparables entre Paris et n'importe quelle ville universitaire de province (la légende des loyers aixois équivalents à des loyers parisiens reste une légende peu conforme à la réalité).

Ecrit par : C. | 01.05.2006

Pas convaincu que ce soit dans le contexte fébrile et parfois hystérique de la 24h que l'on démontre le mieux ses capacités à "manager" une équipe voire son aptitude à la recherche collective. Rien dans ce que j'ai eu l'occasion de faire à l'Université comme activité collective (gestion d'une équipe pédagogique, préparation de colloque..), n'a de rapport avec la 24h. Pour la suppression donc. En revanche, une réflexion s'impose sur ce qui pourrait lui être substitué. Et je suis assez curieux de connaître les réflexions de l'auteur de ce blog sur ce point. J'ai cru comprendre que la 24h a été supprimé dans d'autres agrégations (sciences-po? ). quel a été le substitut?

Ecrit par : xddb | 01.05.2006

En sciences politiques, la leçon de 24h a été remplacée par une leçon en loge de 8h.

Voir ce rapport du président du jury d'agrég de sciences po 2004-2005, p.5
http://www.afsp.msh-paris.fr/activite/infosdiscipline/rappsadoun05agreg.pdf

Ecrit par : Serge Slama | 01.05.2006

Ce rapport est d'ailleurs très intéressant sur les pistes de réformes plus profondes qu'il propose du concours d'agrégation. Si l'on s'en tient à la seule problématique leçon en 24 heures, en revanche, je trouve que la substitution par une leçon en loge classique est assez décevante.

Ecrit par : frédéric Rolin | 01.05.2006

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