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10.01.2006
Gallica, pépites et déceptions dans le domaine juridique
La consultation du serveur Gallica, qui suppose une certaine habitude car le découpage en mots clefs n’est pas des plus performants, révèle, parmi les documents reproduits dans le domaine du droit de véritables pépites.
Ainsi, les historiens du droit ont accès à une belle collection de la revue historique de droit français depuis ses origines. Les privatistes peuvent également consulter quelques beaux textes comme le Traité de droit civil de Duranton ou encore les œuvres de Pothier dans une des meilleures éditions scientifiques du XIXè siècle, celle de Siffrein. Quant aux publicistes, ils se réjouiront de la publication de la grande édition du Traité de Batbie ou de nombreux textes d’Aucoc (toujours revenir à Aucoc, sans doute un auteur plus important que Laferrière). Ce ne sont là que quelques illustrations, il y a d’autres pépites à découvrir.
Mais, parce qu’il y a un « mais » :
Si on comprend bien qu’une grande et belle initiative comme ce de gallica suppose des choix, et par conséquent que certains textes soient reproduits en priorité et pas d’autres, ont peut néanmoins s’interroger sur la pertinence et la cohérence de ces choix.
Ainsi, dans les revues juridiques du XIXe siècle, pourquoi avoir publié un improbable « bulletin périodique en matière de procédure civile commerciale et administrative » qui n’est qu’une compilation d’arrêts sans véritable intérêt, et n’avoir pas mis en ligne la Thémis, alors qu’elle est introuvable et captivante à lire. En droit public, pourquoi publier de manière erratique des morceaux de la Revue du droit public et de la science politique, et non pas une suite logique des volumes.
Alors, je vais reprendre ma manie de la consultation des usagers, que mes lecteurs me pardonnent, pourquoi ne pas demander aux chercheurs, et je pense notamment aux doctorants qui sont les plus mobilisés par l’accès facile à des sources anciennes, leur avis, et procéder à une politique de publication plus cohérente. Non seulement l’intérêt de Gallica s’en trouverait renforcé pour les juristes, mais c’est même l’accès international à nos grandes œuvres juridiques qui serait amélioré.
Je livre cette proposition au débat.
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Commentaires
A mon sens, ces interrogations doivent être reliées avec le débat autour de la bibliothèque virtuelle européenne et de google print
http://www.silicon.fr/getarticle.asp?ID=12554
http://www.01net.com/article/271408.html
Six mois pour mettre un ouvrage en ligne
"À la Bibliothèque nationale de France, le problème ne se pose pas. Depuis le lancement de sa version virtuelle, Gallica , en 1997, tous les ouvrages numérisés sont indexés suivant le contenu de leur table des matières. Tout simplement, car ils sont numérisés page par page sous forme d'image au format PDF. Pour numériser les textes et pas les pages, il faudrait reconnaître les caractères dans chaque feuille, ce qui est beaucoup plus lourd.
« Une numérisation au format texte avec une recherche par mots-clés coûterait dix fois plus cher, assure la porte-parole de la Bibliothèque. Nous ne le ferons que pour certains titres de presse quotidienne. » Et le processus est loin d'être rapide. Sur les 12 millions d'ouvrages présents dans le fonds de la BNF, seul 100 000 ont été numérisés en dix ans. Il faut six mois pour choisir l'ouvrage, en retrouver un exemplaire intact, le numériser, l'indexer et le mettre en ligne !
Pourtant, l'administration y consacre environ un million d'euros par an, afin de payer des prestataires extérieurs et les 30 salariés qui travaillent à temps plein sur ce sujet. Trois autres millions seront désormais consacrés tous les ans à la numérisation des journaux. Loin des sommes récoltées, sur des fonds privés, par Google".
Ecrit par : Serge S. | 11.01.2006
L'absence d'indexation du texte est effectivement une seconde lacune dont on comprend bien les motifs en termes budgétaires. De ce point de vue, j'ignore sur le projet de bibliothèque numérique européenne s'oriente vers une solution de type gallica ou bien vers une reconnaissance de caractères qui permettrait une indexation de tout le contenu.
Ecrit par : Frédéric Rolin | 11.01.2006
En tant que doctorant, il est certain que je trouverais un intérêt à une meilleure indexation... Mais il n'est pas forcément évident de faire changer les canons de la politique de publication de la BNF.
En tant qu' "usager" du blog, je me permet donc une suggestion, en guise de commentaire.. Il serait peut être plus simple de créer à titre particulier un "fichier", alimenté par les lecteurs-internautes, dans lequel seraient indiqués les ouvrages intéressants, et les mots-clefs ayant permis de les trouver. Ce n'est sûrement pas une fin en soi, surtout pour tous les utilisateurs de la base qui ne connaissent pas ce blog, mais cela pourrait être une première étape vers une meilleure lisibilité du site.
Ecrit par : SBr | 15.01.2006
C'est une excellente proposition. Je vais créer une nouvelle catégorie "Gallica" sur laquelle chacun pourra mentionner les ouvrages juridiques numérisés qui lui paraissent intéressants et à mesure des contributions j'essayerai de la consolider.
Ecrit par : Frédéric Rolin | 16.01.2006
Je suis heureux que cette discussion ait lieu, tant, à mon sens, elle présente d'intérêts et comporte d'enjeux pour le développement de la recherche juridique, notamment en province (qui existe encore, mais si peu).
J'ai rédigé une thèse d'histoire des idées politiques, soutenue voici un peu plus de deux années. Effectuer un tel travail en province, c'est à dire en ne disposant, pour seules sources anciennes, que de celles qui ont été accidentellement (le mot n'est pas trop fort arfois) conservées par les bibliothèques municipales, les archives départementales, etc., a été durant plus de deux ans un travail impossible (j'écris "impossible").
Puis vint Gallica et, avec lui, l'élargissement considérable de mes possibilités d'investigation. Pour faire court, je dirai que Gallica m'a:
- mis en mesure d'accéder à des sources pour moi inaccessibles (il ne faut pas seulement aller à Paris pour les consulter, il faut encore y rester assez longtemps pour les travailler, etc.)
- permis de gagner un temps précieux, en facilitant la gestion des documents, notes, etc.
Bref, Gallica m'a permis de faire cette thèse.
Les imperfections techniques que présentait ce site (que je fréquente presque quotidiennement depuis sa création) ont pour la plupart disparues.
Le seul vrai problème, évidemment, reste celui de la sélection des ouvrages. Mais je serai tenté à ce propos de considérer que, comme pour le choix des acquisitions en bibliothèques, les suggestions des lecteurs manqueront toujours de l'homogénéité suffisante pour en faire un guide utile aux agents de la BnF.
Quant à moi, j'ai pris l'initiative, il y a quatre ans de cela, de télécharger ma propre bibliothèque juridique, patiemment choisie (pas seulement sur Gallica) pour être stockée sur mon propre disque dur. avec ça, déjà, je suis paré pour quelques années de réflexions.
Ecrit par : monnom | 17.01.2006




