20.09.2005
CEDH et Conseil d'Etat
Relevée, dans la dernière livraison de la RFDA (2005, p. 766) cette citation extraite des conclusions de la commissaire du gouvernement, Madame Isabelle de Silva sur l'arrêt CE Sect. 11 février 2005 c/ Pace : "Il serait quelque peu paradoxal de donner au principe d'impartialité une portée plus contraignante que celle fixée par la Cour européenne".
Si l'on retient la définition que le merveilleux Trésor de la langue française informatisé donne du paradoxe : "Affirmation surprenante en son fond et/ou en sa forme, qui contredit les idées reçues, l'opinion courante, les préjugés", effectivement, que le Conseil d'Etat assigne au principe d'impartialité des exigences plus contraignantes en droit interne que celles que fait prévaloir la Cour européenne, contredirait quelques idée reçues.
Mais si en revanche, on considère que la Convention EDH, telle qu'interprétée par la Cour, constitue un standard minimum de garantie des droits des individus, on ne voit pas quelle difficulté il y aurait à admettre, en droit interne, des obligations renforcées.
Cette citation constitue donc un aveu troublant de l'attitude du Conseil d'Etat face à la CEDH : de la garantie des droits, oui, mais pas plus que ce Strasbourg ne nous impose. Heureusement que Madame Veuve Trompier Gravier vivait à une époque où le juge administratif raisonnait autrement...
13:50 Publié dans variétés | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note





Commentaires
Et ce d'autant qu'il arrive que les juridictions françaises soient plus exigeantes que la CEDH, justement (et heureusement quand on sait la position de la CEDH sur l'édition turque ;-).
Écrit par : Paxatagore | 20.09.2005
les obligations "minimales" de la CEDH semblent parfois terriblement lourdes à porter pour certains commissaires du gouvernement; on s'étonnera toutefois de cet autre paradoxe: comment être sûr que la Cour EDH ne fera pas prévaloir bientôt une interprétation plus contraignante du principe d'impartialité devant les juridictions concernées - civiles, pénales, administratives? Cette forme de conception de l'ultra petita est en effet quelque peu déroutante...
Écrit par : cm | 20.09.2005
En fait, sans vouloir faire le pédant, Mme Trompier Gravier vivait à une époque où le Conseil d'Etat statuait tranquillement sur la mise en oeuvre du statut des juifs ...
Ca donne un arrière goût bizarre à cet arrêt.
Écrit par : Gagarine | 20.09.2005
Ou plus exactement, entreprenait un travail de reconstruction (qui débouchera notamment sur la téhorie des PGD) après avoir été effectivement une institution terriblement compromise par son positivisme aveugle.
Écrit par : Frédéric Rolin | 21.09.2005
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