30.08.2005
Bibliographie de la loge du concours d'agrégation
Le concours d'agrégation des Facultés de droit, par son côté de plus en plus "hors-norme" des procédés de recrutement dans la fonction publique en général et dans l'enseignement supérieur en particulier suscite de nombreux débats de principes.
Mais quel que soit le parti que l'on prenne sur ceux-ci, il reste que c'est dans certaines de ses modalités pratiques que ce concours pourrait être sensiblement amélioré. Et parmi celles-ci, l'une d'entre elles me vient directement de mon expérience personnelle, elle concerne la bibliographie contenue dans la loge du concours.
Outre le fait que la bibliothèque de la loge est pour nombre des périodiques, pas reliée et donc mal rangée et lacunaire, elle ne comporte aucune ressource électronique.
Il serait pourtant beaucoup plus commode et logique que les candidats puissent faire leurs recherches sur un support moderne, tel que les grands éditeurs juridiques en proposent.
On m'objectera sans doute le coût, d'une telle solution, ainsi que le risque de voir les candidats "aspirés par le réseau" communiquer avec l'extérieur.
S'agissant du coût, j'ai la faiblesse de penser que celui sera sans doute moins élevé que le maintien d'une collection papier, et qu'au demeurant, puisque tel grand éditeur juridique invite tous les admissibles du concours à déjeuner (jadis à la Tour d'argent...) il ne serait pas inenvisageable qu'il s'éride en collaborateur bénévole du service public en offrant un accès à ses services pour le cas particulier du concours.
Pour ce qui concerne les risques de fraude, j'observe que la leçon en préparation libre témoigne de la confiance faite aux candidats, pourquoi devrait-il en aller différemment en loge ?
Ainsi donc, les inconvénients me paraissent de peu de poids par rapport aux avantages que contient cette suggestion et qui permettrait en outre aux candidats de faire la démonstration d'une qualité indispensable au chercheur : l'utilisation des bases de données.
18:22 Publié dans agrégation de droit public | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note





Commentaires
Concernant le concours d'agrégation, s'il faut reconnaître la pertinence de l'argumentation relative aux modalités d'accès à une documentation électronique moderne, d'autant que l'on forme les étudiants à s'y référer dès la première année, un des aspects les plus sujets à critique me paraît être la rupture d'égalité financière entre candidats.
Elle réside dans l'organisation de la leçon dite d'équipe, qui a un coût élevé pour certains candidats de province à qui les Facultés d'origine n'offrent pas de subvention. FAire venir à Paris une équipe, aux frais du candidat, trouver un local où travailler, surtout la nuit quand les bibliothèques sont fermées, et assurer l'hébergement sur place constitue une véritable gageure, que ne connaissent pas les candidats parisiens, beaucoup mieux lotis en ce qui concerne la "logistique" de cette épreuve.
Une délocalisation du concours serait très facile, d'autant qu'une moitié du jury n'est pas de Paris, et que, comme on l'a vu, n'importe quelle salle de travail d'une Faculté de province sera mieux équipée en documentation que la "loge".
Fabrice GARTNER
Agrégé du concours de droit public 1994
(c'était avant Légifrance...)
Ecrit par : Fabrice GARTNER | 30.08.2005
Je partage complètement votre proposition. Délocalisation ou... allocation d'un pécule aux candidats, mais là, ne rêvons pas.
A propose de l'inégalité entre les candidats en ce qui concerne la leçon de 24 heures, il faut rappeler cette formule merveilleusement sybilline du Conseil d'Etat dans son arrêt à propos de l'avant dernier concours :
"Considérant que les dispositions précitées de l'arrêté du 18 février 1986, qui permettent aux candidats de se faire assister dans la préparation de leur leçon, n'introduisent par elles-mêmes aucune discrimination entre les candidats".
ce "par elles-mêmes" est un des sommets de l'ars réthorica jurisprudentialensis. Si ce n'est pas "par elles mêmes" comment ces dispositions pourraient elles créer une discrimination. En réalité ce "par elles mêmes" est un moyen de réserver une réponse différente au moyen, si jamais un requérant apportait des justifications supplémentaires sur les inégalités résultant complètement de l'organisation de cette épreuve . Ce "par elles mêmes " est donc, sous couvert d'une affirmation péremptoire, une menace sur la légalité de cette épreuve.
Ecrit par : Frédéric Rolin | 30.08.2005
J'ignorais qu'on parlait de la "loge" de préparation. L'agrégation de droit a un petit côté franc-maçon, non ?
Paxatagore (un juriste qui a abandonné avant la thèse pour bifurquer du côté de la basoche)
Ecrit par : Paxatagore | 31.08.2005
Au dernier concours, je crois me souvenir que certain CD-Rom étaient disponibles dans la loge, gracieusement mis à la disposition des candidats par... le Conseil d'Etat (ou son illustre représentant). Bien à toi. YK
Ecrit par : YK | 19.09.2005
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